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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Jeudi 23 octobre 2008 -- «Effectivement, le chiffre, un million et demi de martyrs, n’est pas réel, mais quand on aborde le sujet, il faut bien expliquer aux gens le fondement d’une telle révélation. Il s’agit d’un mythe et ce n’est quand même pas sérieux de le discuter de manière si simple. Dans ce cas, on cherche plutôt à nourrir la polémique politique que de faire comprendre aux gens les vrais problèmes. » Voici la réponse donnée par l’historien Mohammed Harbi, en marge de son intervention, mardi dernier, au centre culturel français de Constantine, sur le rapport entre la mémoire et l’histoire, à propos des déclarations faites au sein du Parlement par un député RCD. L’historien, qui a promis d’aborder prochainement cette question, a néanmoins évoqué, dans sa conférence, les problèmes posés au présent, en se basant uniquement sur la mémoire dans l’écriture de l’Histoire. La définition de ces deux concepts, utilisés à tort de manière interchangeable, était, en effet, le point de départ de l’analyse de l’historien qui précise que la mémoire présuppose l’oubli et que le chercheur, dans ce domaine des sciences sociales, doit impérativement croiser les témoignages, puiser dans le maximum de sources, ne négliger aucune donnée et, surtout, placer les événements dans leur contexte. Autrement dit, exploiter les instruments de vérification propres à la science pour bien se servir de la mémoire de ces témoins. Des outils qui peuvent éventuellement conduire le chercheur à une autre conclusion.

    Dans le même sillage, il étaiera ses propos par le fait que le sentiment national en Algérie, société patriarcale par excellence, ne s’est pas cristallisé dans les mêmes conditions pour toutes les couches sociales, pour toutes les formations politiques, d’autant plus que les effets des coups de force, ayant toujours ponctué la chronique algérienne, se font sentir actuellement par tous les Algériens qui, explique -t-il, vivent cet état de faits, tantôt en enfer, tantôt au paradis. Un enfer, dira-t-il, parce que chaque Algérien porte en lui une nation à lui, et un paradis, simplement parce qu’il lui permet d’aspirer à un avenir autre. «Les querelles d’antan provoquent une bataille d’appropriation du passé, une véritable guerre de mémoire, qui se traduit par des interprétations différentes des événements historiques, par l’occultation de certaines vérités et la déformation pure et simple d’autres par les puissants du moment, qui mettent l’histoire officielle à leur service. Un abus de mémoire qui rend aveugle par rapport au présent, mystifie certaines références et présente le plus souvent des postures de victimes qui ne sont pas de saison, puisque les enfants des victimes d’hier peuvent devenir les bourreaux d’aujourd’hui», expliquera-t-il. Et de citer l’exemple de l’Etat juif, dont les dirigeants trouvent dans l’holocauste de leurs ancêtres un justificatif pour leurs actions, afin d’illustrer son raisonnement.

    Aussi, Mohammed Harbi, qui a mis plusieurs vérités historiques en relief à l’occasion pour réhabiliter des figures diabolisées par l’histoire officielle, récapitulera les conséquences dangereuses de l’usage abusif de la mémoire et son corollaire de refoulement de la vérité dans le ressentiment et la haine. «La complicité de l’Eglise d’Algérie dans la facilitation des déplacements des combattants algériens a été complètement ignorée. Le fait que les messalistes résidant en France étaient les premiers contribuables à la trésorerie de la Wilaya III (deux millions de francs français) a été également occulté par les dirigeants kabyles qui ont changé de position par rapport à ce mouvement nationaliste. L’itinéraire du leader de ce mouvement indépendantiste a été également effacé de l’histoire officielle », indiquera-t-il, entre autres exemples.

  2. #2
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Mardi 23 Mars 2010 -- En marge de sa visite de travail effectuée hier dans la wilaya de Batna, le ministre des Moudjahidine n’a pas manqué de répondre aux “détracteurs de la Révolution qui émettent encore des doutes” concernant le nombre de chouhada tombés au champ d’honneur. “À ceux qui doutent du nombre de chouhada tombés au champ d’honneur pour que ce pays recouvre son indépendance, nous répondons sèchement qu’ils se trompent et qu’il fallait vivre la révolution de Novembre 1954, pour qu’ils puissent constater par eux-mêmes que le nombre de chouhada dépasse un million et demi de personnes, sans compter les tortures, les privations et les injustices que le colonialisme français a fait subir au peuple algérien.” À cette occasion, le ministre des Moudjahidine a demandé à la foule, composée essentiellement des anciens moudjahidine de la région, d’avoir une pensée pour ceux qui sont morts pour que l’Algérie vive libre et indépendante. “C’est grâce à la bénédiction d’Allah et au sacrifice des hommes que nous jouissons aujourd’hui de cette indépendance largement acquise”, a-t-il encore indiqué sans omettre de rappeler les grandes réalisations accomplies par l’Algérie.

    Plus loin, il est revenu sur l’importance de la préservation des sites historiques : “Par la sauvegarde, la conservation de ces sites historiques représentant les souffrances et les sacrifices consentis par le peuple algérien, nous préserverons ainsi la mémoire de notre peuple et notre soulèvement contre l’occupant. Nous sommes en train de penser à engager une opération d’envergure pour assurer et prendre en charge la protection de tous les monuments historiques, même les centres de triage et de transit (CTT), les centres de détention administrative (CDA) et autres centres de torture et d’extermination du colonialisme français, ces symboles de la résistance du peuple contre la barbarie et le crime contre l’humanité”, a déclaré le ministre Chérif Abbas. Dans le même registre, il a visité le centre d’internement, de torture et d’extermination de Lucas, situé à 25 kilomètres au nord de la ville de Batna, en bordure de la route Batna - Sétif (côté nord), dans la commune de Djerma.

    Interrogé par Liberté, le ministre a confié que le ministère des Moudjahidine allait prendre toutes les dispositions nécessaires pour protéger et assurer la conservation de ce lieu historique et de l’équiper d’une bibliothèque, d’une médiathèque, d’une salle d’Internet et d’autres infrastructures et ce, pour la préservation de notre histoire. À Boufreïs, commune d’Ouled Fadhel, lors de l’inauguration d’une stèle immortalisant le souvenir des chouhada de la région, le ministre a improvisé un court discours, pendant lequel il a évoqué des souvenirs pénibles et les tortures et les exterminations physiques commises par le colonialisme. Fouillant dans sa mémoire, étant fils de la région, il a rappelé les noms des grands responsables de l’ALN tombés au champ d’honneur, l’arme à la main. Signalons, enfin, qu’il se rendra ce matin à Nara pour présider les festivités commémoratives de la mort de Mustapha Ben Boulaïd.

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