Mardi 28 Octobre 2008 -- Organisée par l’association Mechael Echahid, une conférence sur le 1er Novembre 1954 a été animée à la Bibliothèque nationale d’El-Hamma. Une conférence destinée, entre autres, à des lycéens, dont des dizaines ont suivi les interventions des animateurs de cette manifestation, parmi lesquels d’anciens moudjahidine. L’un des animateurs a été Abdelkader El-Ammoudi, un des 22 historiques de la Révolution algérienne. Dans son intervention relative aux circonstances dans lesquelles a été préparée et déclenchée la guerre de libération, le 1er novembre 1954, il a relaté les «différends» qui existaient entre partisans et opposants, parmi le mouvement nationaliste algérien, à l’époque, du déclenchement de cette guerre de libération.

«Il y en a qui nous ont dit que, par manque de moyens matériels et humains, et surtout des armes, on ne devrait pas déclencher cette guerre à cette date. Je dis qu’on ne peut pas placer la charrue avant les bœufs et la guerre devait commencer, même avec les armes disponibles et dont la puissance de feu était incomparable avec l’arsenal de guerre que possédait la France coloniale. Ce qui a été fait», témoigne-t-il. «Il y avait des différends entre plusieurs franges du mouvement nationaliste, dont le groupe de Ferhat Abbas», ajoute-t-il. «Il y en a qui nous disaient que nous n’avions pas d’avions militaires comme la France», lance-t-il, et de poursuivre que «malgré ces différends, tous ces mouvements nationalistes étaient au service du pays».

«Le peuple algérien a débuté sa lutte pour l’indépendance dès la fin de la première guerre mondiale. Il y a eu, par la suite, une guerre politique, suivie par celle militaire», affirme-t-il, en situant la lutte politique à la période allant de 1947 à 1954. Évoquant la création de l’Organisation secrète (OS), il a dit qu’«il fallait trouver les armes et préparer, moralement, les combattants». «Il y en a qui nous ont qualifiés de «kamikazes», qualification qui n’a rien à voir avec ceux qui, d’aujourd’hui font exploser des bombes (allusion faite aux attentats terroristes perpétrés par le GSPC, ndlr)», ajoute l’intervenant.

«Nous avons acheté quelques armes de Libye que nous avons distribuées dans plusieurs maquis, dont celui de Constantine», raconte-t-il. «Ces armes ne pouvaient être comparées à celles des colonialistes», fait-il remarquer. Il rappelle, par ailleurs, que plus de 50 % des 22 historiques étaient poursuivis par la justice et recherchés par la police coloniale. Toujours à propos des préparatifs pour le déclenchement de la guerre de libération, El-Ammoudi a dit que «les officiers (algériens) de l’armée française avaient été avertis qu’ils se retrouveraient, un jour, face à leurs frères qui combattaient pour l’indépendance de leur pays».