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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Batailles du 6 janvier et 5 mars 1959 à Aït Yahia Moussa :


    Mercredi 7 Janvier 2009 -- Bien qu’elle soit actuellement la zone la plus déshéritée de la wilaya, pour ne pas dire d’Algérie, Aït Yahia Moussa (30 km au sud du chef-lieu, Tizi Ouzou), est connue pour son engagement dans la guerre de Libération nationale. Les carrés des martyrs de Tachtiouine, de Tafoughalt et d’Ighil Nali Ouramdane (Carré des martyrs du 6 Janvier 1959) et bien d’autres sont témoins de cet engagement.

    À l’occasion du cinquantième anniversaire de cette historique bataille, une cérémonie de dépôt de gerbes de fleurs est prévue dans ce Carré des martyrs. Nous évoquons cette géhenne. Mais, peut-être avant de relater les faits d’armes de cette date, il faut dire que la commune d’Aït Yahia Moussa est classée en tête en termes de martyrs tombés au champ d’honneur. Bien avant cette offensive des paras de Bigeard, il y eut les batailles d’Assif Narmalou dans le versant ouest de l’ex-Oued-Ksari, en octobre 1956 lorsqu’un groupe de moudjahidine allait attaquer un poste militaire à Tighilt Bougueni dans l’actuelle commune dénommée M’kira frontalière d’Ath Yahia Moussa. Selon des témoignages recueillis ici et là, après la riposte, des militaires de la force coloniale s’étaient alors engagés corps à corps.

    Après que des soldats furent tombés devant la stratégie dressée par le chef du groupe Boulaouche Mohamed dit Si Moh Oulhadj, l’arsenal mis en place par l’armée française encercla toute la région et recourut à la torture systématique de la population civile ainsi qu’aux incendies de toutes les habitations du douar entier. Évidemment, cette vaste contrée connue pour être le berceau de la révolution, car rappelons-le, déjà en 1947, le futur colonel Krim Belkacem avait déjà cette idée en tête de déclarer la guerre à la force coloniale. Puis, cette zone fut dans l’œil du cyclone. Par rapport à la bataille du 6 janvier, nous avons pu apprendre qu’elle a eu lieu suite à une réunion qu’allaient organiser des chefs de la wilaya-III dont le colonel Amirouche et les colonels Si Mohammed ainsi que Omar Oussedik.

    Alors que d’autres versions disent que c’était le commandant Azzeddine qui devait transiter par la région d’Aït Yahia Moussa pour rejoindre l’est du pays. Sur informations captées par les transmissions ennemies, cette opération fut planifiée. Même au plus fort de la nuit, Si Moh Nachid, un autre grand moudjahid put tout de même organiser la sortie de ces responsables en suivant les méandres du massif montagneux du Djurdjura en les confiant à des hommes sûrs de région en région. Mais, l’armée coloniale ne renonça pas à son opération croyant venir à bout de cette organisation.

    Écoutons un témoin qui faisait partie du groupe de la logistique et des renseignements au sein du FLN narrer les quelques informations qu’il savait à ce sujet. “Nous étions désignés par les moudjahidine de la région pour prendre place sur les crêtes et surveiller tout ce qui bougeait. À vrai dire, on ne savait pas ce qui était prévu. On disait qu’une grande réunion allait se produire, mais on ne savait absolument rien sur l’identité des présents”, raconte Da Amar, un rescapé de cette grande bataille. Et de poursuivre : “Le 5 janvier au matin, nous entendîmes de gros bruits de partout.” Da Amar secoua la tête sans doute pour se rappeler de quelque chose et ajouta : “C’était le 6 janvier à l’aube. Les combats commencèrent. Au fur et à mesure que le jour se levait, ils doublèrent d’intensité. On savait alors que toute la région était encerclée. Vers la fin de l’après-midi, il y eut beaucoup de morts du côté des forces ennemies. Ce fut alors la rage. Des combats se poursuivirent dans les champs d’oliviers corps à corps. Des blessés et des morts jonchaient aux alentours.”

    Le lieutenant Chassin et le capitaine Graziani capturés vivants

    On raconta que ce jour-là, les champs de Vougarfène et d’Ighil Nali Ouramdane étaient devenus des cimetières à ciel ouvert. Beaucoup de morts furent comptés des deux côtés. Durant les combats, le lieutenant Chassin et le capitaine Graziani furent capturés vivants et ils ne furent tués qu’après que l’armée française eut appelé au secours. “Un général s’était posé à Ighil Nali Ouramdane. Il avait dit à ses troupes que c’était un échec”, se rappela notre interlocuteur qui n’a pu retenir ses larmes en évoquant la suite. “Il y avait du sang partout. Il était difficile d’identifier les morts”, poursuivit-il.

    32 000 soldats et 30 avions de guerre en action

    “À la fin de la journée, des hélicoptères appuyèrent les soldats qui grouillaient dans le maquis et dans toutes les oliveraies. Ils évacuèrent leurs blessés”, enchaîne Da Amar. Selon des recoupements de témoignages divers, au total 32 000 soldats et 30 avions de guerre étaient engagés dans cette bataille. “On entendait des bruits partout. Tous les villages étaient encerclés. Personne ne rentrait et personne ne sortait”, confirma une autre personne. Devant l’affolement général, les tonnes de napalm étaient larguées sur les habitations brûlant tout ce qui bougeait. L’armée française laissa des plumes dans une bataille pour laquelle elle avait engagé des moyens colossaux. Du côté de l’armée de l’ALN, il y eut des pertes qui étaient si minimes par rapport à celles des civils. On dénombra au total 385 morts sans compter les blessés à vie. De nombreux citoyens gardèrent les brûlures sur leurs corps pour le restant de leur vie.

    Avant de mettre fin à cette géhenne, les militaires français placèrent leur camp et des postes avancés dans toute la région pour contrôler toute la zone jusqu’à M’kira. “Depuis ce jour-là, la zone fut placée sous couvre-feu et quadrillée à jamais. Personne ne mit le pied sans présenter un laisser-passer”, conclut-il. D’autres batailles eurent lieu en dépit de ce blocus. On citera, selon des écrits laissés par un autre grand moudjahid, en l’occurrence Rekam Hocine dit “L’Hocine Oumahri”, une autre bataille du côté de Tafoughalt, le 18 mars 1959 et celle du 8 juin 1959. Aujourd’hui, le Carré des martyrs du 6 janvier surplombe l’actuel chef-lieu de commune d’Aït Yahia Moussa en quête d’un quelconque développement pour venir à bout du chômage qui ronge les héritiers de feu Krim Belkacem qui a paraphé les accords d’Évian le 19 mars 1962 en face des négociateurs de De Gaulle, notamment Louis Joxe auquel le “Lion des djebels” avait exigé l’indépendance de toute l’Algérie sans aucune concession, ne serait-ce qu’un pouce de ce vaste pays.

  2. #2
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    Mardi 9 Mars 2010 -- La bataille du 5 mars 1959, ont tenu à rappeler les moudjahidine, est survenue trois mois après celle du 6 janvier, durant laquelle plus de 385 morts furent enregistrés à Bougarfène et où les 32 000 hommes mobilisés pour cette opération et appuyés par 22 hélicoptères avaient subi de grosses pertes, dont des officiers, tels le capitaine Chassin et le lieutenant Grazziani. Aït Yahia Moussa, à quelque 30 km au sud-ouest de Tizi Ouzou, patrie natale d’un des héros de la Révolution, le colonel Krim Belkacem, et des centaines d'autres martyrs et de moudjahidine, bastion de la guerre de Libération nationale, a reçu vendredi dernier des centaines d’invités (moudjahidine, fils de chouhada, membres de comités de village...), venus des quatre coins de la wilaya, pour célébrer le 51e anniversaire de la grande bataille du 5 mars 1959. Ainsi, ils se sont recueillis au carré des martyrs du lieudit Ighil Mouhou, au village Tachtiouine où sont enterrés tous les martyrs tombés lors de cette bataille et d’autres chahids retrouvés alors dans les environs. Les autorités locales, des moudjahidine des nahia de Draâ El-Mizan, Draâ Ben Khedda, des responsables de la kasma d'Aït Yahia Moussa, de l'ONM de Tizi Ouzou, des rescapés de cette bataille, des représentants des associations de fils de chahid et des citoyens venus des villages voisins, ont marqué de leur présence ce rendez-vous avec l'histoire.Après l’allocution de bienvenue de Dda L'Hocine Chettabi, responsable de la kasma locale, on est revenu longuement sur les faits qui ont jalonné l'engagement historique de la région.

    Cette bataille, ont-ils rappelé, est survenue trois mois après celle du 6 janvier, durant laquelle plus de 385 morts furent enregistrés à Bougarfène et où les 32 000 hommes mobilisés pour cette opération et appuyés par 22 hélicoptères avaient subi de grosses pertes, dont des officiers, tels le capitaine Chassin et le lieutenant Grazziani. Dans leur affolement, de par la puissance de feu et de la résistance des maquisards dans cette bataille, les troupes françaises avaient eu recours à l'utilisation du napalm, contre même la population civile. “Le Lion des djebels et d'autres compagnons ont fait éclater la guerre ici. Personne ne pourra changer le cours de l'histoire. Il y aura toujours des vérités nouvelles sur cette grande Révolution”, dira Mohamed Zahzouh, un des rescapés de la bataille. Le témoignage de Ali Yadadène dit “Ali Ihadadène”, l'un des acteurs de cette bataille, a été des plus émouvants lorsqu’il parlait de difficultés que rencontrent, aujourd’hui encore, des veuves, des descendants de chouhada...

    Il fera ensuite la genèse de la création des katibate, juste après le Congrès de la Soummam avant d'arriver à la “katiba du Djurdjura”, dirigée alors par Amar N'Ath Kaci de Ath Bouadou, de son vrai nom Bensaâd Slimane, celle qui a été à l'origine de la bataille du 5 mars 1959. “Nous étions arrivés à Iâllalen le 4 mars au matin. Et comme chacun le savait, lorsqu’il s'agit d'un ratissage à Ait Yahia Moussa, l'armée française mobilisait tous les moyens en raison de la résistance qu’elle rencontrait dans cette zone. À 3h du matin, la région était encerclée jusqu'à Ihidoussène (Sidi Ali Bounab). Si Moh Nachid, responsable de la permanence de la zone, avait envoyé un émissaire qui nous avait signifié qu'il fallait partir. Nous avions alors essayé de rejoindre Sidi Ali Bounab. En cours de marche, nous rencontrâmes l’armada française au lever du soleil et la bataille commença”, se souvient encore le même orateur, enchaînant : “Nous avions réussi à blesser trois militaires et même à récupérer une arme. En dépit du nombre effarant de soldats, nous réussîmes à leur tenir tête jusqu'à l'arrivée des avions. Au total, nous perdîmes 36 maquisards et enregistrâmes plusieurs blessés dont trois graves. Ce n'était qu'après quelques jours que nous avions pu enterrer nos morts. Les villages étaient vides de leurs hommes. Il n’y restait que de rares femmes aptes à une telle besogne.

    De son côté, le moudjahid Ameur M'hamed connu sous le nom de guerre de M'hamed Iâkourène”, dira que beaucoup de travail reste à faire pour élucider plusieurs cas. Il insistera sur la nécessité de trouver les noms des martyrs inhumés dans ce carré et de les porter sur une plaque commémorative. La deuxième urgence, dira-t-il, c’est de faire des recherches sur les noms des personnes enterrées vivantes dans la grotte du lieudit “Afroun”, près du village Tlata dans la commune de Tadmaït, ajoute M’hamed Iakourène. Amar Mirabeau, de son vrai nom Fedjer Amar, étayera cette histoire de personnes acculées le 6 janvier 1959 dans un tunnel où l'armée française les avait aspergées de napalm avant de fermer l'entrée à l'aide de pierres et de béton. “C’étaient des civils moussebiline.” Nous allons mener toutes les démarches et les investigations nécessaires pour réaliser un monument, insistera un fils de chahid. Des intervenants relateront une autre opération qui eut lieu le 15 mars 1955 à Tafoughalt. Au total, le fichier communal d'Aït Yahia Moussa compte près de 700 chahids. Nous lançons un appel aux hautes autorités pour nous aider afin de réaliser un grand monument des martyrs, dira le maire d'Aït Yahia Moussa.

  3. #3
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    Mercredi 24 Mars 2010 -- Cinquante et un ans après, les deux batailles du 6 janvier et du 5 mars de l’année 1959, qui avaient eu lieu sur le territoire d'Aït Yahia Moussa (25 km au sud-ouest de Tizi Ouzou), sont racontées différemment par des témoins. Pour celle du 6 janvier 1959 à Bougarfène, près d'Ighil El-Vir, on parle de plus de 385 morts côté moudjahidine et des pertes très lourdes côté troupes françaises, dont deux officiers, le lieutenant Grazziani, un ancien parachutiste d'Indochine, et le capitaine Chassin, tous deux capturés vivants puis exécutés à Boumahni, dit-on, après que les forces coloniales eurent utilisé des méthodes barbares.

    Un citoyen répondant au nom de Belkai Mouloud, âgé de 89 ans, se disant avoir vécu personnellement cette action, donne une autre version des faits : “La bataille du 6 janvier 1959 s'est déroulée sur le terrain de mes aïeux, situé en face d'Iaâllalen et d'Ighil El-Vir. En contrebas de mon village natal, a été créée par l'administration coloniale une SAS où ont été tués le capitaine Chassin et le lieutenant Graziani. La katiba des djounoud de l'ALN, venant de Sidi Ali Bounab pour rejoindre l'Akfadou, avait choisi de traverser par Tizra Aïssa près d'Iaâllalen. Des mouchards avaient signalé à ladite SAS la présence de la katiba de moudjahidine. Ces derniers (moins d’une trentaine, d’après les dires de ce moudjahed) furent alors encerclés à Bougarfène. Se défendant avec bravoure, les éléments de l’ALN ont réussi presque à pénétrer dans la base de l'ennemi, et c'est là que les deux officiers français furent tués.

    Continuant sa pression sur l'ennemi, la katiba allait s'emparer totalement de la base française, n'était l'arrivée des renforts appuyés par des blindés et des GMC venant de Maâmar. Ce qui a poussé la katiba de l'ALN à se replier et à reprendre sa route. L'aviation française est intervenue en bombardant sans répit, et c'était elle qui fut à l’origine de la mort de quelques moudjahidine”, affirme ce témoin, indiquant avoir fait déjà cette déclaration le 5 janvier 1989 au carré des Martyrs d'Ighil El-Vir devant des officiers de l'ANP, du chef de daïra de Draâ El-Mizan d’alors et en présence de la presse. En cette occasion, il n’avait pas manqué d’évoquer “en leur présence, des usurpateurs de l'histoire et des personnes invitées uniquement pour meubler le décor.”

    Contestant le nombre effarant de 385 morts avancé par des intervenants, M. Belkaï Mouloud indique que les quatre bases militaires françaises installées alors dans la région ne comptaient pas, dans leur globalité, autant de personnes, alors que la katibat de moudjahidine renfermait moins de 30 djounoud. “Si nous avions ce jour-là autant de moudjahidine, nous aurions rasé les quatre bases militaires françaises, avant même l’arrivée de leurs renforts en blindés et en avions”, ajoute ce témoin, convaincu. “Où sont-ils enterrés ces 385 martyrs ? Creusez où vous voulez, je vous assure que vous ne déterreriez pas un os sur tout le site de l’action dont la durée n’a pas dépassé une nuit”, affirme l’intéressé, se disant qu'il irait même voir le responsable des anciens moudjahidine et le ministre pour dénoncer tous ces “propos fallacieux qui portent atteinte à notre révolution”.

    Concernant l'autre bataille dite du 5 mars 1959 à Tachtiouine, M. Belkaï rapporte que celle-ci n’est qu’un “vacarme”. “Le 5 mars 1959, ajoute-t-il, quatre martyrs (agents de liaison), de passage pour rejoindre l'Akfadou, sont tombés au champ d'honneur et sont actuellement enterrés dans mon propre terrain. Ces tombes existent à ce jour. Ces fraudeurs de l'histoire, qui ajoutent que 36 sont des maquisards et plusieurs blessés, dont trois graves, qu'ils n'avaient été enterrés qu'après quelques jours, demandent de l'aide à l'État algérien, 48 ans après l'indépendance, pour ériger une stèle commémorative, parce que la région d’Ouled Yahia Moussa englobe 700 martyrs. Faux ! En 1959, cette commune n'existait pas. Elle était représentée par la SAS uniquement. En 1959, elle a eu le statut d'antenne de la commune mixte de Draâ El-Mizan : des preuves existent et je suis prêt à y apporter toutes les précisions.”

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