Mardi 5 Mai 2009 -- En dehors des informations communiquées par le commandant Si Lakhdar Bouragraâ, un des proches compagnons du colonel Ahmed Bougara dit Si M’hamed, on ne peut prétendre connaître les circonstances de la mort du héros de la lutte de libération nationale. La commémoration du 50e anniversaire de sa mort organisée hier par l’Association Machaâl Echahid au centre de presse d’El Moudjahid a laissé plus d’un sur sa faim, notamment les jeunes confrères qui eurent beaucoup de mal à glaner les informations concernant la vie du chahid. Seul Si Lakhdar pouvait relater avec, faut-il le dire, une étonnante précision la période allant de mai 1956 à mai 1959 durant laquelle il avait des contacts permanents avec lui jusqu’à la mort du martyr. Il avait fait sa connaissance fortuitement du côté de hammam Mélouane alors que le chahid était en compagnie de Krim Belkacem, Abane Ramdane, Ben M’hidi et Amara Rachid qui se préparaient à assister au Congrès de la Soummam en août 1956. Ouvrant une parenthèse, le commandant Si Lakhdar fera allusion aux “calculs politiques” concernant la tenue de ce congrès soutenu par les uns et rejeté par les autres. L’idée de la tenue de ce congrès serait venue de quelques anciens de la guerre d’Indochine qui en firent part à Larbi Ben M’hidi. “Une histoire de clarifier la situation qui prévalait au sein des rangs de l’ALN, il n’y avait aucun programme et tout baignait dans le flou. D’un côté, les moudjahidine engagés par conviction de la lutte armée et de l’autre les mésalistes, les communistes, les chérifiens (Ben Chérif), les hommes de Belounis qui étaient opposés à cette idée”, dira l’ancien officier de l’ALN. Pour ce dernier, le manque de coordination entre les différentes régions et surtout de communication avec la population n’ont pas facilité l’adhésion au principe de la lutte armée. Le flou n’a été levé qu’après le Congrès de la Soummam dont les initiateurs sont qualifiés par Si Lakhdar de “nobles” tant la tâche était ardue. “Il est temps d’écrire l’histoire de la Révolution algérienne. La vraie !”, a-t-il souligné. Dans ce sens, il citera les massacres perpétrés durant la décennie noire. “Prenons le cas de Bentalha. Beaucoup de crimes, pas de coupables”, martèle-t-il. Revenant aux circonstances de la mort du colonel Si M’hamed Bougara, le conférencier tient à préciser qu’ils s’étaient quittés la veille de sa disparition, soit le 5 mai 1959 alors qu’ils étaient dans la zone d’Ouled Bouachra au nord de Ksar Boukhari. “Si M’hamed était depuis quelques jours perturbé. Plus particulièrement à son retour da la réunion qui s’était tenue dans la Wilaya II. Alors que je devait faire sortir ma katiba de la zone de danger (encerclée par l’armée française), il me conseille d’agir comme une guêpe. Piquer et prendre le départ car mes hommes étaient épuisés et des munitions manquaient. Informé que son PC était encerclé, le colonel Bougara revient à son point de départ à Ouled Bouachra. Un accrochage eut lieu à ce moment. Pendant trois ou quatre jours, nous n’avions pas de nouvelles de lui. Nous avons appris sa mort par un certain Kaddour El-Baghdadi, un rescapé de l’accrochage”, confie le commandant Bouragraâ. Pour sa part, le frère du chahid, Mohamed Bougara, a sollicité l’État afin d’intervenir auprès des autorités françaises pour rapatrier les archives pouvant aider à identifier l’endroit exact où est tombé en héros, le colonel Si M’hamed. Aujourd’hui, comme à l’accoutumée, les membres de sa famille, les compagnons d’arme se rendront à Ouled Bouachra pour commémorer le 50e anniversaire de sa mort.
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5th May 2009 16:42 #1
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Commémoration du 50e Anniversaire de Si M’hamed Bouguerra
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6th May 2009 01:19 #2
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Mercredi 6 Mai 2009 -- Le président de la fondation de la wilaya IV historique, le colonel Youcef Khatib (Si Hassan), a appelé hier la France à «lever le secret» qui entoure la mort du colonel Si M’hamed Bouguerra. «Nous n’avons, pour l’instant, aucune information qui détermine avec exactitude les circonstances de la mort du chef historique de la wilaya IV, ni de ce qu’il est advenu de sa dépouille. Aussi, nous interpellons, à nouveau, les hautes autorités françaises pour lever le voile sur cet épisode tragique de notre histoire et nous permettre d’accéder aux archives relatives à la mort de ce grand chef militaire», a-t-il indiqué, en marge des festivités commémoratives du 50e anniversaire de la mort du colonel Bouguerra. Si Hassen n’a pas jugé utile de souligner si sa requête faisait partie ou non de l’agenda de l’Etat algérien. En effet, les observateurs n’omettent pas de rappeler qu’une telle démarche devrait impliquer les autorités officielles. «Quand bien même elle serait légitime, une démarche pareille devrait transiter par les canaux officiels de l’Etat algérien», souligne-t-on. Ces festivités ont été organisées à Ouled Bouachra, à l’ouest de Médéa, théâtre de la dernière bataille dirigée par le martyr. Le président de la fondation de la wilaya IV historique, cité par l’APS, a rappelé que plusieurs démarches ont été entreprises du temps de la présidence de François Mitterrand, et plus tard, de celui de son successeur à l’Elysée, Jacques Chirac, pour connaître la vérité sur la disparition de cette grande figure de la Révolution. «Des démarches restées sans suite», a-t-il regretté, disant «ne pas comprendre ce silence de la part des autorités françaises». Il a ajouté que sa fondation continuera d’exiger la vérité sur cette question et entend mener d’autres actions pour tenter d’élucider le mystère qui a entouré sa mort, le 5 mai 1959, dans les maquis d’Ouled Bouachra.
L’histoire retient que le chahid a réussi à imposer de véritables zones libérées dans l’Ouarsenis, le Zaccar, l’Atlas blidéen et les monts de Médéa. Tout comme il a dirigé de grandes batailles à Amrouna, Theniet El-Had, dans l’Ouarsenis, à Bouzegza, dans le Zaccar et aussi à Oued El-Maleh et Oued Fodda. Les archives nationales, dont le site internet de la Fondation historique de la Wilaya IV, font état qu’au début de l’été 1959, le colonel Bougara se trouvait avec une importante unité dans la région de Médéa. Il s’agissait d’une dernière sortie puisqu’il est rappelé que, dans la nuit du 4 au 5 mai 1959, «des phares de véhicules français ont commencé à converger de toutes les directions vers la région où il se trouvait. «C’était un encerclement mené avec plusieurs milliers d’hommes. Au petit matin, la bataille a commencé. Elle a duré des heures. Plusieurs dizaines de moudjahidine y ont sont tombés. Parmi eux, Si M’hamed Bougerra», relèvent les archives de la Fondation. Dans son appel d’hier, le colonel Si Hassan dit privilégier une version, «plus plausible», corroborée par certains témoignages, selon laquelle Si M’hamed Bouguerra aurait été blessé lors de la bataille d’Ouled Bouachra, le 5 mai 1959, fait prisonnier et torturé à mort par les services spéciaux de l’armée française.
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7th May 2009 16:06 #3
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Jeudi 7 Mai 2009 -- À tous ceux qui, dans les djebels, le côtoyaient quotidiennement, il répétait souvent : «La Révolution a ses propres conditions que nous avons pleinement acceptées. Parmi ces conditions, celle du martyre, sans lequel, il n'y aura jamais d'indépendance. Et les tombes des chouhada, qui parsèmeront le sol algérien, seront et resteront à jamais les témoins vivants de ce martyre». Il, c'était le colonel Si M'hamed Bouguerra, alors commandant de la wilaya IV historique, qui fut rappelé à Dieu en chahid et les armes à la main dans l'après-midi du 5 mai 1945 et ce, dans la région de Ouled Bouachra, à 37 km au sud-ouest de Médéa. Cette petite commune, relevant aujourd'hui de la daïra de Si Mahdjoub, avait encore une fois rendez-vous avec l'histoire en cette journée très printanière de mardi dernier à l'occasion de la commémoration du 50ème Anniversaire de la mort de cet illustre héros de la Révolution algérienne. Une commémoration à laquelle étaient présentes toutes les autorités civiles et militaires de la wilaya de Médéa ainsi qu'une foule très nombreuses composée de djounoud et d'officiers de l'Armée de Libération Nationale (ALN), compagnons d'armes du chahid.
Qui était le chahid Colonel Si M'hamed Bouguerra ? De son vrai nom, Ahmed Benlarbi Bouguerra, il vit le jour un jeudi 2 décembre 1926 à Khémis-Miliana, dans l'actuelle wilaya d'Aïn Defla. Il fit ses études primaires à l'ex-école la Fayette, aujourd'hui école Hamdane Kelkouli. À l'âge de 18 ans, il se rendit en Tunisie pour poursuivre ses études à l'Université Zitouna où il resta une année. Deux années auparavant, il avait adhéré aux Scouts musulmans algériens (SMA) ainsi qu'au club sportif de la ville de Khémis-Miliana, le SKAF, afin de mieux couvrir ses activités politiques. Après les massacres du 8 Mai 1945 et sa première arrestation, il adhéra au Parti du peuple algérien (PPA) puis au Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD). Ce qui lui valut une deuxième arrestation. Et ne l'empêchera pas de poursuivre, à sa sortie de prison, ses activités politiques jusqu'au déclenchement de la Guerre de Libération nationale, et s'engagera corps et âme pour l'objectif sacré, à savoir l'Indépendance de l'Algérie. Désigné adjoint politique en 1955, il est promu au grade de commandant en 1956 et participera au congrès de la Soummam, le 20 août de la même année, à l'issue duquel il est désigné responsable politique au sein du Conseil de la wilaya IV. En 1958, il est promu au grade de colonel commandant de la wilaya IV. Il participera ainsi à la réunion des responsables des six wilayas, du 6 au 12 décembre 1958, dans les maquis de la région d'El-Milia, dans le Constantinois. Il participa à de nombreuses batailles historiques à l'image de celles qui eurent lieu à Djebel Bouzegza, Oued El-Maleh, Hannacha, Mongorno, Oued Fodda... comme il fut également le catalyseur et le rassembleur jusqu'à ce qu'il rencontrera une mort glorieuse au courant de cette après-midi du mardi 5 mai 1959.
Il reste à signaler qu'à l'occasion de cette manifestation de recueillement et du souvenir, le wali de Médéa, M. Abdelkader Zoukh, a inauguré le nouveau bureau postal de Ouled Bouachra et procédé au lancement des travaux de réalisation à Si Mahdjoub, le chef-lieu de daïra, d'un lycée et du futur siège de la Sûreté de daïra.







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