Mardi 19 Mai 2009 -- Happée brusquement par une terrible maladie, l’infatigable militante de la cause amazigh et des droits de la femme, Mme Lhadj née Chettouhi, vient de nous quitter aussi discrètement qu’elle s’est vouée aux causes justes. Elle a su concilier son engagement militant avec ses responsabilités professionnelles en tant que directrice de collège au village d’Aït Saâda dans la commune de Yatafen. Outre la mise en place d’un enseignement judicieusement aménagé et orienté sur la modernité, défiant ainsi les contraintes du formalisme absurde et sclérosant, Mme Lhadj créait au sein de son établissement des troupes théâtrales, de danse, de chant et des chorales qui ont participé à plusieurs manifestations dans la région. Elle a été à l’origine de plusieurs jumelages culturels inter-établissements dont le but était de générer un effet d’entraînement. C’est ainsi que le collège d’Aït Saâda est devenu un modèle de réussite scolaire, de rayonnement culturel et d’ouverture. Par sa ténacité et sa constance, elle força l’admiration et le respect de ses responsables hiérarchiques. Soutenue par son mari, Mme Lhadj Ouardia fut de tous les événements organisés à Tizi Ouzou, Béjaïa et Alger en faveur de la revendication berbère. Elle se distinguera particulièrement lors de la grandiose marche des femmes organisée à Tizi Ouzou durant les douloureux événements du Printemps noir de 2001. Femme de cœur et jouissant d’un immense respect dans la région, Ouardia n’a cessé, sa vie durant, d’assister les femmes au foyer et de les initier dans la vie active en organisant à leur intention des rencontres et conférences débattant de leur condition et de leurs droits. Elle fut également une poétesse hors pair douée d’une éloquence légendaire et d’un verbe homérique qui ont fait d’elle une femme exceptionnelle.
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19th May 2009 00:58 #1
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Mme El-Hadj Ouardia (née Chettouhi) n'est plus
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20th May 2009 05:00 #2
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Mercredi 20 Mai 2009 -- Jamais le village Aït Saâda n’a vu autant de monde. Ils étaient des centaines à y converger dès le lever du matin, en direction du CEM où un dernier hommage était rendu à celle qui y a consacré les plus belles années de sa vie. Famille de l’éducation, anciens élèves, anciens camarades, des figures de la cause amazigh, dont elle était une militante discrète et convaincue, ont tenu à être présents à cet ultime rendez-vous avec cette femme monumentale qui a su conjuguer parfaitement son métier d’enseignante, qu’elle assumait comme un sacerdoce, et sa passion pour les récits qui véhiculent la mémoire ancestrale. Des récits de nos mères et grands-mères qu’elle a exhumés, défrichés et fait chanter aux élèves de sa chorale qui ont porté la voix de la Kabylie dans tous les coins d’Algérie. “C’est une perte incommensurable”, témoigne Mohamed Belhanafi, dans un discours improvisé dans la salle de classe où était exposé le cercueil. Abdenour Abdeslam lui succédera pour mettre en relief le combat de cette “femme des défis”. Le meilleur hommage à lui rendre, “c’est de reprendre et de féconder son travail”, dit-il en s’adressant en particulier à ces jeunes- filles en pleurs qui doivent, peut-être ignorer que si elles ont, aujourd’hui, la possibilité d’aller à l’école, au lycée, à l’université, c’est en grande partie grâce à Mme El-Hadj et à toutes ces pionnières qui ont creusé le premier sillon du savoir en défiant les tabous et les interdits de l’époque. Mme El-Hadj est partie pour l’Éternité, mais pour tous ceux qui l’ont connue, elle restera éternelle. Repose en paix Ouardia.







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