Jeudi 22 Octobre 2009 -- Fatma-Zohra Aksouh, historienne amateure, arrive avec dans sa gibecière un délicat témoignage poignant et vivace de ce que fut sa ville durant la période noire de la colonisation française. Sur une centaine de pages, illustrées chichement, l’auteure écrivaine nous propose à la lecture un ouvrage assez léger dans le traité, mais assez riche en informations. Il s’agit plus en fait d’un témoignage de ce que le vieil Alger a vécu au quotidien durant les affres de la présence française. Cependant, Fatma-Zohra Aksouh rend compte aussi de traditions, d’us et de coutumes qui étaient en vigueur dans la région durant des années marquantes de l’Algérie contemporaine. On découvre donc au fil des pages des sortes d’escales auxquelles nous invite l’auteure, qui a composé son ouvrage sur exactement 102 postes, écrits sur un mode bref et concis. Madame Aksouh nous livre ainsi son sentiment en disant : «Il est indéniable que le vieil Alger recèle de multiples traditions qui ont permis aux Algérois de l’époque de survivre, d’explorer de nouvelles possibilités existentielles et de s’adapter aux exigences de la vie pendant la colonisation française. Tout était astuces, tout était partage dans une communauté qui savait que l’imagination féminine devait être mise à la disposition de tous. Comparativement à l’ère actuelle où chacun vit pour soi sans se préoccuper d’autrui, un véritable échange existait…» Ce sera donc à compte d’auteur que nous découvrons quelques pans divers de ce que la vie de l’ancienne Bahdja nous livre comme secrets. Entre les fossoyeurs, les vieilles pleureuses ou bien même le cordonnier, les indices ne manquent pas pour ainsi dire pour apprécier d’une manière claire et sans grande fioriture le quotidien particulier d’un peuple méprisé et écrasé par une puissance coloniale, mais qui par sa sagesse et son intelligence subtile a survécu à une humiliation sans pareille et à un écrasement de son identité et de sa culture, en sachant au passage que la lutte a été dure pour arracher le droit de vivre libre sur sa terre. D’étape en étape, on se familiarise ainsi avec les stars de l’époque, avec quelques personnages hauts en couleur comme «Baba Salem», on aura quelques bribes d’informations sur les personnes âgées et le savoir et sur l’importance des terrasses dans le quotidien féminin de l’époque. On a adoré les indices partagés par Fatma-Zohra Aksouh sur le «West eddar», les parties épiques de dominos, les perpétuels débats sur les amateurs de café ou de thé, s’inspirant même sur une chanson de Hadj M’rizek pour étayer les arguments… Ainsi se déroule ce document fort sympathique, entre tisserandes du cru et ânes pour éboueurs, comme figures pittoresques de la vieille ville. L’ouvrage promet au lecteur quelques bonne virées épiques dans les vieilles méandres de La Casbah avec quelques bonnes lampées de nostalgie. La Vie algéroise durant la colonisation française est à consulter à chaque fois que l’envie de sentir du jasmin se fait ressentir…

La Vie algéroise durant la colonisation française, de Fatma-Zohra Aksouh, 102 pages, édité à compte d’auteur