Dimanche 8 Novembre 2009 -- « …Tout le village Aït Amar Ouzeguane se retrouva soudain investi par des dizaines de soldats français armés jusqu’aux dents, ce vendredi 6 novembre 1959. Mira, le cadavre encerclé, gisait sur un brancard et, même sans âme, il continuait à susciter à la fois crainte et admiration en ceux qui venaient de l’abattre», rapportent toujours des témoins oculaires dignes de foi. Né présumé en 1922 à Beni-Melikeche, commune mixte du même nom, le chahid Abderrahmane Mira, de son vrai nom Ben-Meziane, est l’un des officiers supérieurs de l’Armée de libération nationale (ALN) à avoir donné du fil à retordre aux forces d’occupation coloniale durant la guerre de libération nationale (1954-1962 ). Moudjahid de la toute première heure, Abderrahmane Mira commença par des actions de sabotage de lignes électriques et téléphoniques entre M’Chedallah et Tazmalt dès le 2 novembre 1954. Selon l’un de ses fils, en l’occurrence Smaïl, «il (Mira) a remplacé Ali Mellah, le colonel Si Cherif, à la tête de la Wilaya VI (Sud algérien) entre 1956 et 1957. De là, il dut ensuite rejoindre la Tunisie où lui fut confiée la tâche de contrôleurs des troupes de l’ALN. Un peu plus tard, en compagnie de Saïd Iazourene, commandant de la Wilaya III, Mira fut envoyé à l’intérieur pour remplacer le colonel Amirouche «alors convoqué en Tunisie». Aït Amar Ouzeguane, village situé entre Tazaghart et M’liha, «au-dessous du village Aït-Ahyani, dans la commune de Chellata et à 3 ou 4 km d’Akbou», se souvient Smaïl Ben-Meziane dit Mira, fut le théâtre d’un événement d’une charge émotionnelle sans précédent et sans conteste une page des plus glorieuses de l’histoire de la révolution algérienne. Ce vendredi 6 novembre 1959, puisqu’il s’agissait, pour la population du village, contrainte de se rassembler «par la force des baïonnettes», en un lieu choisi par les soldats français, de constater de visu la mort d’Abderrahmane Mira, leur héro, et celle de son compagnon et ami, le moudjahid Laâfa Mouloud abattu en même temps et même décapité. «Des officiers de l’armée française se seraient recueillis devant la dépouille mortelle du chahid Mira et l’auraient saluée», affirme-t-on, «avant que celle-ci ne fût évacuée par hélicoptère vers Taghalat, dans la commune de Beni-Melikeche, afin d’être présentée à la population». Dans les années 1990, des proches de la famille du défunt héro avouaient ignorer où fut enterré Abderrahmane Mira. Si enterrement il y eut… Gloire à nos Martyrs !