Dimanche 22 Novembre 2009 -- Comme il fallait s’y attendre, la question sur le rôle joué réellement par l’Egypte durant la glorieuse révolution algérienne a été l’une des premières à avoir été posée au témoin de l’époque Abdelhamid Mehri, convié hier au forum d’El-Moudjahid pour animer une conférence sur «Les institutions de la révolution algérienne». «L’aide du monde arabe en général et égyptienne en particulier, à la Révolution a été d’ordre politique et matériel. Et cela dans les limites de leurs moyens de l’époque. Cependant, l’Algérie a été libérée grâce à la seule lutte de son peuple et aux énormes sacrifices qu’il a consentis pour cet objectif. La libération de l’Algérie était l’affaire des Algériens», a dit en substance, l’ancien moudjahid et ministre du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA). Voilà qui clouerait le bec aux «grandes gueules» qui se succèdent sur les télés égyptiennes, osant ignorer le sang de 1,5 million de chouhada pour dire que «sans l’Egypte, l’Algérie n’aurait jamais été libre» et prétendant avoir «appris la révolution aux Algériens». Modéré et fin diplomate, M. Mehri a justifié, sur un autre registre, le transfert du siège du GPRA du Caire vers Tunis par des considérations purement géographiques et de proximité. «Ce transfert a été décidé pour une plus grande efficacité de la lutte de libération. Tunis est plus proche de l’Algérie et des maquis du FLN. On ne pouvait pas militer à 4 000 kilomètres (la distance séparant le Caire de l’Algérie, ndlr) de l’Algérie», a-t-il précisé. Il serait utile de rappeler à ce propos, que d’autres témoins de cette époque avaient assuré que la décision du transfert du siège du GPRA avait été décidée par les dirigeants révolutionnaires algériens qui «étaient irrités par l’arrogance et l’attitude hautaine des responsables égyptiens de l’époque qui s’immisçaient effrontément dans les affaires internes de la Révolution». Concernant la thématique de la conférence qu’il a animée, M. Mehri a affirmé que c’est le congrès de la Soummam qui a jeté les jalons de l’Etat algérien indépendant. Il a soutenu son propos par, notamment, la création, lors de ce congrès, du CNRA (organe législatif) et du CCE (organe exécutif), sans omettre toutes les décisions relatives à l’organisation territoriale et hiérarchique de l’ALN. Ces institutions ont été consolidées par la suite, a insisté l’orateur, par la création, le 19 septembre 1958, du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA). «La création du GPRA constitue une étape importante dans l’édification de l’Etat algérien puisque ce gouvernement a été reconnu par plus de 30 pays dont la Chine, et avait signé des traités internationaux en tant que représentant unique et légitime du peuple algérien», a ajouté M. Mehri qui a laissé transparaître sa préférence pour la thèse selon laquelle l’Etat algérien est né le 19 septembre 1958 (création du GPRA) et non le 19 mars 1962 (signature des accords d’Evian). Il a en outre affirmé que «les institutions nées durant la guerre de libération sont toutes crédibles […] et il y avait des pratiques démocratiques en leur sein». En guise de conclusion, M. Mehri a plaidé pour que «la recherche en matière d’histoire de la Révolution soit libre, objective et scientifique», et ce, a-t-il souligné «dans l’intérêt du pays et du peuple». Il a également attiré l’attention sur «les travers de la politisation de l’histoire», appelant à l’éviter.
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22nd November 2009 00:09 #1
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