ALGER, Dimanche 22 Novembre 2009 -- Le ministère de la Culture organisera, les 21 et 22 novembre à Alger, en collaboration avec le centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH), le colloque international sur les mythes ancestraux dans la littérature africaine, a annoncé mardi le directeur général du centre Slimane Hachi. M. Hachi a indiqué dans une conférence de presse que cette rencontre, qui se tiendra à la salle El Mouggar sous le thème "les mythes ancestraux face à la modernité dans la littérature africaine", se veut un prolongement du premier colloque organisé sous le thème de l'anthropologie durant le 2e Festival culturel panafricain.
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22nd November 2009 01:18 #1
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24th November 2009 01:19 #2
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Mardi 24 Novembre 2009 -- Lors d’un colloque international, qui s’est tenu ce dimanche à Alger, des universitaires ont débattu les mythes anciens mis à l’épreuve de la modernité dans les littératures africaines. Les participants au colloque international, inhérent au deuxième Festival culturel panafricain d’Alger, sont intervenus pour débattre le thème «Métamorphoses du mythe et sa place dans des œuvres littéraires d’écrivains maghrébins et africains». Le chercheur français M. Hervé Sanson, de l’université Paris III, a pris comme toile de fond dans sa communication intitulée «Mythes du Maghreb et d’ailleurs à l’aune de la modernité poétique», les deux œuvres majeures de l’écrivain algérien Habib Tengour : le Vieux de la montagne et le Maître de l’heure. Il a souligné : «Qu’il s’agisse du mythe des Hachachins dans la Perse du XIIe siècle ou du Mahdi dans l’Algérie ottomane du XVIe siècle, Tengour traite poétiquement le mythe afin de lui donner de nouvelles configurations.» Il estima ainsi qu’»il existe un certain magnétisme entre l’entreprise mythologique et l’exploration poétique». Citant Tengour, lorsqu’il avait souligné lors d’un entretien que «l’intégrisme est la mort du mythe», il a relevé que «dans certains cas, le mythe le plus proche devient un asile, même si nous ne sommes pas certains qu’il est le plus juste. Tout mythe est une narration et toute narration est une quête identitaire». M. Sanson a expliqué que dans le Maître de l’heure, de Tengour, un mythe peut en cacher un autre, en faisant référence au mythe du retour de l’imam El-Mahdi dans l’Algérie ottomane, où le personnage principal, Zerouali, a été chargé par son père d’aller à Mostaganem ramener la tête de son frère Habchi, décapité par les autorités de la Régence d’Alger. «Suffoquant, on demande asile au mythe. Les mythes, même dans leurs échecs, sont les clés de lecture du réel et ses balbutiements», a encore expliqué l’universitaire français, qui a consacré ses travaux à l’œuvre de Tengour.
Pour l’universitaire et critique littéraire camerounais Emmanuel Matateyou «de nouveaux mythes se taillent une place dans la littérature camerounaise actuelle». Dans son intervention sur la littérature camerounaise à l’épreuve de la modernité, il a expliqué cette situation par les bouleversements introduits par la globalisation dans la société camerounaise, en particulier, et les sociétés africaines, en général. Il a également relevé que depuis 1990 et avec la «libération» de la parole, des mythes ont fait leur apparition, à l’image du «mythe de l’évolué» que la pièce théâtrale l’Homme vient de là-bas illustre très bien». M. Matateyou indiqua aussi que «le mythe de l’évolué réside dans le fait que la modernité vienne de l’extérieur», faisant que dans certaines œuvres, «l’évolué qui s’accoutre à l’occidentale est mis dans des situations burlesques». À la lisière de ce mythe, existe celui du «blanc» et de l’Occident, appelé aussi, selon ce chercheur de Yaoundé, «le paradis du Nord». Il a conclu son intervention, en indiquant que la nouvelle littérature camerounaise se positionne en rupture avec le mythe de «l’Afrique terre bénie», dans la mesure où les écrivains de ce pays s’efforcent aussi de montrer les côtés négatifs de l’Afrique. De son côté, l’universitaire algérienne Yamilé Guebalou Haraoui a traité le thème «Des reines aux écrivains pour une esthétique littéraire de l’affirmation féminine». Pour Mme Haraoui, il y a des mythes «constitutifs de la personnalité», s’agissant du statut de la femme dans les pays africains qui ont connu l’éclatement des structures sociales traditionnelles du fait de la colonisation et le mythe comme un «lieu de circulation des sens». Elle a expliqué que «dans le monde traditionnel africain, les femmes sont créatrices d’espaces du dire, grâce auxquels la famille s’élabore et se met en place». Elle a précisé que «certaines femmes ont accédé aujourd’hui aux formes du dire qui furent longtemps l’apanage des hommes, en passant par la langue de l’autre. Elles (femmes écrivains) accèdent enfin aux privilèges de la communication littéraire». Elle a axé son intervention sur trois femmes écrivaines, l’Algérienne Malika Mokadem et ses œuvres, Mes hommes et N’zid, la Sénégalo-béninoise Ken Buguill avec ses œuvres, De l’autre côté du regard et Mes hommes à moi, ainsi que la Camerounaise Calixte Beyala, Femme nue, femme noire et l’Homme qui m’offrait le ciel.







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