Mercredi 6 Janvier 2010 -- Abdelhafid Boussouf, le révolutionnaire aux pas de velours est un portrait signé Chérif Abdedaïm et paru en cette fin d’année 2009 aux éditions ANEP, avec la collaboration du quotidien la Nouvelle République. L’auteur, Chérif Abdedaïm, journaliste – chroniqueur à la Nouvelle République et ayant publié auparavant deux titres, nous livre une lecture utile sur une des figures historiques du mouvement national et de la guerre de libération. Abdelhafid Boussouf dit Si Mabrouk est présenté dans l’ouvrage comme étant le révolutionnaire aux pas de velours. Dans la préface, signée Brahim Lahrèche (ex-cadre du MALG, dit Ghani), il est écrit : «Après la scission entre le GPRA et l’état-major, durant la période de cessez-le-feu, Boussouf cessa toute activité politique. Il laissa derrière lui des hommes formés et expérimentés auxquels Boumediene fit appel pour édifier les assises de l’Etat algérien.» M. Lahrèche reprend «un économiste du XVIIIe siècle» pour dire : «Il n’y a pas de richesse que d’hommes.» Il va même nous rappeler Karl Marx : «L’homme est un capital vivant.» Dans l’introduction de ce livre, qui marque aussi la célébration du 29e anniversaire – 31 décembre – de la disparition de A. Boussouf, nous lisons que ce dernier «voulait la Révolution plus que l’indépendance. Son approche des faits plaide non seulement pour sa conviction d’une Algérie indépendante, mais aussi pour une Algérie postindépendante, capable de relever les défis auxquels elle serait confrontée.» Tout comme un grand nombre de militants du mouvement national, A. Boussouf était membre du PPA, de l’OS et du MTLD avant d’être membre du CRUA. Puis, il prit «la direction de la wilaya V où il mit en place une organisation des plus rigoureuses, notamment avec la création des transmissions et des premiers noyaux des services secrets. Il fit également partie du CNRA, du CCE et du CIG avant d’être nommé ministre des Liaisons et Communications puis ministre de l’Armement et Liaisons générales.» Son parcours est ainsi vu : il est «constellé de faits d’armes, qui ont fait dire à ses contemporains que la carrière d’Abdelhafid Boussouf a été celle d’un révolutionnaire total qui a renié le principe selon lequel la colonisation semble un processus irréversible.» Pourquoi cet homme s’est-il retiré de la scène politique ? D’après l’auteur, «il savait qu’aux époques marquées par le destin, il y a des situations qu’un habile diplomate ferait mieux d’éviter. Comme il n’ignorait pas du tout l’art corrélatif, l’art des arts en politique : savoir s’effacer assez tôt». Ce nouvel ouvrage est le résultat de deux années de recherche accomplie par un psychopédagogue de formation qui s’est appuyé sur plus d’une soixantaine de références bibliographiques et de témoignages de militants de la guerre de libération.

Abdelhafid Boussouf, le révolutionnaire aux pas de velours, de Chérif Abdedaïm, 308 pages, Prix : 330 DA