Samedi 16 Janvier 2010 -- Chakib Belkalafat, le petit fils de Messali Lhadj et d’Emilie Busquant a appelé à ce que cette dernière soit reconnue comme ayant été « une militante et une moudjahida » dans la lutte pour la libération de l’Algérie, assurant être en possession d’une partie des mémoires de celle-ci. Il déclare à ce sujet : « j’ai en ma possession des documents qui pourraient intéresser les historiens et les chercheurs, si l’état algérien voulaient, enfin, reconnaître le militantisme de cette dame ». La réunion organisée par l’association du 8 mai 1945 au bastion 23, mardi soir, en présence de certains amis et camarades de Messali Lhadj, à l’instar de Abdelkader Ferroudj et Ali Affouni, qui déclarera dans une communication téléphonique, depuis Paris : « Emilie a épousé Messali et la cause algérienne, aussi bien politiquement que dans la lutte et a permis l’établissement de lien permanent entre le chef et les militants lorsqu’il était en prison ».

Les informations concernant Mme Busquant ont été rares, jusqu'à l’intervention de son petit fils Chakib Belkalafat, qui a précisé : « Je voudrais d’abord dire que c’est ma grand-mère qui a cousu le drapeau national en 1929 à Tlemcen, avant qu’il ne soit transporté à Alger, où il flottera durant le match au stade de Belcourt, en 1936, avec tout ce que cela symbolisait dans le contexte politique de l’époque. Il faut rappeler qu’elle était un des membres fondateurs du parti, en Afrique du nord. Elle est née le 3 mars 1901, dans une famille constituée de 9 membres, ce n’était pas seulement une famille prolétaire, comme vous dites, son père était mineur et syndicaliste en Lorraine. Lorsque Messali Lhadj a fait sa connaissance, elle avait déjà ses propres convictions et sa propre vision de la vie, je veux dire par la qu’elle n’était pas seulement la femme de Messali, mais une militante à part entière, je dirais même que c’est à travers elle que Messali a découvert le monde contemporain ».

Il a conclut son allocution qui a impressionné les personnes présentes, en déclarant « Ma grand-mère empruntait les ruelles de la casbah, alors que cela était interdit, elle allait dans les maisons pour former des militantes et des moudjahidines, c’est qui a créée les cellules de l’organisation nationale, posez la question aux grandes militantes de l’époque », « Malheureusement les historiens ne se sont pas intéressés à son histoire, je sais que c’est un oubli volontaire, ils ne veulent pas que son nom soit assimilée à quelque épisode de la lutte nationale…elle a donné toute sa vie, ses connaissances dans la lutte et l’organisation à la cause algérienne…lorsqu’elle a connu mon grand père, elle avait déjà conscience de beaucoup de choses…elle a tissé beaucoup de liens d’amitié »

Chakib Belkalafat n’a cessé de répété que la vie de Busquant était inextricablement liée au passé historique de Messali Lhadj, dans la mesure où celui-ci était tombé dans l’oubli durant plusieurs années, à tel point qu’il était inconnu de générations entières du peuple algérien, « Ils ont résumé le passé révolutionnaire à l’émir Abdelkader, Boumama, et Boumediene….je ne serais pas étonné, si quelqu’un me disait un jour que Boumediene serait le fils de l’Emir… » M Belkalafat a enfin révélé, répondant à une question d’El Khabar, « Ma grand-mère avait rédigé ses mémoires sur des cahiers d’écoliers, avant de devoir s’arrêter en 1930, en raison d’une maladie qui l’a cloué au lit et ce, malgré le fait qu’elle ne souffrait que d’hypertension, mais la médecine de l’époque n’était pas très avancée et cela lui a couté la vie… les mémoires sont à l’abri si jamais l’état algérien voulait les publiées, nous n’y voyons aucun inconvénient et ne cacherons pas, non plus, les archives qui se trouvent en notre possession, il est temps que cette personnalité historique sorte de l’ombre, déclarant, par ailleurs, que sa mère avait elle aussi entrepris de rédiger les siennes…»