Samedi 13 Février 2010 -- La djellaba et le burnous en poils de chameau des Ouled Naïl constituent la «marque déposée» de la tribu de Messaad, au sud de Djelfa, où le génie créatif de la femme s’est mêlé à celui de l’homme pour conférer à ces habits traditionnels la double fonction vestimentaire d’apparat et de protection contre le froid des steppes. L’artisanat du poil camélidé est un patrimoine encore bien préservé par les Naïlis. Source non négligeable de subsistance, la pratique de cet artisanat assure également la pérennité de ce métier, en dépit de sa modeste rentabilité économique qu’expliquent la rareté et la cherté de la matière première. Le tissage du burnous et de la djellaba est une activité très répandue chez les Ouled Naïl. En effet, plus de 60 % des familles de Djelfa pratiquent l’artisanat du tissage de la laine et du poil camélidé, particulièrement dans la ville de Messaad, au moment où 83 % des familles de la région s’appuient pour leur subsistance sur ce type d’artisanat. Cette activité artisanale intense se traduit par une production annuelle de quelque 30 000 djellabas et burnous en laine ou poil camélidé, tissés à la main.
La confection d’une djellaba ou «kachabia» en laine de camélidé demande un travail de plus ou moins longue durée, en étapes ordonnées et successives, dont la principale réside dans la bonne sélection de la laine. Il s’agit dans ce cas, au même titre que pour le burnous, de choisir la laine la plus fine, appartenant en général à une bête d’un an d’âge et réputée être le nec plus ultra de la laine de camélidé. Suivent ensuite, tout naturellement, le tissage puis la couture et la broderie pour arriver enfin à un produit fini de haute qualité, le plus souvent offert en gage d’amitié, censé symboliser surtout la «noblesse d’âme» et la «virilité des hommes» de ces régions. D’après les spécialistes, le plus gros de la toison chez le dromadaire (animal à une bosse) se trouve généralement au niveau de la tête, du cou et des épaules, alors que le chameau (deux bosses), inexistant en Algérie, possède une toison de laine plus fournie qui l’aide à supporter le froid des régions où il évolue, notamment dans les hautes plaines asiatiques. Le poil de camélidé est réputé pour sa légèreté et sa solidité. Il est plus doux et plus souple que la laine de mouton, d’après les connaisseurs, qui expliquent que ses poils sont «vides à l’intérieur», ce qui permet à la bête de garder une chaleur constante. Ses couleurs variant du marron au brun très clair ou jaunâtre (gardées au tissage dans leurs teintes naturelles) dépendent généralement de l’espèce et de l’âge de l’animal, sachant que la quantité de la toison obtenue dépend également de chaque espèce de dromadaires et de chameaux.
Les hommes s’en mêlent
Après le tissage de la laine intervient l’étape de la confection proprement dite, qui est prise en charge par les hommes, lesquels apporteront à cet habit la touche nécessaire pour le promouvoir au rang de «produit artistique par excellence» au regard du «savoir-faire dont font preuve les artisans à l’ouvrage», affirme le vieux Abdelwahab Lakhdar, qui exerce ce métier depuis sa prime jeunesse. Selon lui, le coût de la confection d’une djellaba oscille entre 1 000 et 10 000 DA, suivant les broderies qui parent l’habit, faites soit en mechdoul, bechmar, fetla ou «tial», selon les dénominations locales, en plus des ornements de la capuche dits «nouacha» ou koumar. «La confection d’une bonne djellaba prend une semaine, au bas mot, contrairement au burnous dont la confection, moins coûteuse en temps et en moyens, dure en moyenne 5 jours», affirme encore ce connaisseur. Le burnous en laine camélidé est cédé entre 30 000 et 80 000 DA lors des marchés hebdomadaires locaux où la djellaba est négociée, elle, entre 15 000 et 50 000 DA, sinon plus, suivant la qualité ou l’importance de la demande.
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13th February 2010 01:13 #1
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Lynda Louifi :







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