De l’instrumentalisation de l’Histoire
Reste l’inévitable couplet sur la Bleuite où l’obscénité le dispute au sadisme. Là encore, M. Mebroukine s’amuse. Son approche aussi spécieuse que morbide. Il nous explique que les 6.000 victimes données par le MALG et le duo Godard-Léger sont excessives mais le chiffre de 350 retrouvé dans les archives algériennes et notamment celles de la Wilaya III est insuffisant. En comptable agréé, M. Mebroukine tâte, sous-pèse et délivre sa vérité : il coupe la poire en deux et décide qu’il y a eu 3.000 victimes, coupables et innocents confondus. Que dire devant tant de légèreté ? La Wilaya III comptait environ 9.000 hommes à la mi 1958. Cela voudrait dire qu’un homme sur trois a péri en quatre mois ! Mais quand on a dit et écrit qu’Amirouche a été à l’origine de l’affaire Melouza alors qu’il se trouvait en Tunisie, pourquoi s’embarrasser de scrupules. Cependant, le plus navrant dans les interventions qui ont suivi la parution du livre sont les attaques politiciennes et l’immoralité à laquelle elles renvoient. Monsieur Mebroukine déplore une évidence : pourquoi ai-je confirmé le fait que Chadli a mis un terme à l’ignominie de Boumediène en donnant une sépulture décente aux colonels Amirouche et Haoues alors qu’il m’a emprisonné. Plus loin, Monsieur Mebroukine me propose un deal. On ne parle pas de la séquestration mais je te confirme que les colonels Amirouche et Haoues ont été donnés à l’armée française par le MALG. On s’arrange. Tu oublies Boumediène et je t’aide à enfoncer Boussouf. À part ça, c’est moi qui instrumentalise l’histoire. Que peut-on opposer à un universitaire qui intervient dans un débat avec des intentions aussi obliques ? Passons sur les falsifications factuelles. Nous avons soutenu «la candidature de Bouteflika en 1999» — dont Monsieur Mebroukine a animé la campagne électorale — alors que nous avions appelé au boycott de cette élection au motif qu’à l’époque il n’y avait même pas possibilité d’obtenir le P-V de dépouillement au niveau des bureaux de vote. Notre intégration au gouvernement fut conditionnée par l’engagement public du chef de l’État d’engager toutes les réformes qui fondent notre programme.
Mais l’horreur tombe quand Monsieur Mebroukine déclare que nous en sommes sortis en invoquant «le prétexte » des évènements de Kabylie. Des dizaines de morts exécutés de sang froid par un corps d’élite de l’armée sans que le moindre jugement ne soit rendu à ce jour serait «un prétexte». Il y a des lapsus lourds de sens. Quel crédit peut-on avoir en versant des larmes de crocodile sur les victimes de la Bleuite et réduire à un prétexte un acte politique dont je m’honore et qui aura marqué la vie politique algérienne autant sur le plan éthique que pédagogique. Mais sans doute n’était-ce là que des victimes issues d’un cheptel qui n’a que le droit de mourir. Elles ont en quelque sorte rempli leur mission. J’ai pourtant essayé de traiter dans mon livre de ce conditionnement avec les terribles travers qui le sous-tendent assignant à la Kabylie la vocation de martyre. Il faut croire qu’il y a des fantasmes tellement intériorisés qu’ils en deviennent consubstantiels de l’âme d’une bonne partie de l’encadrement algérien, quelle qu’en soit l’origine régionale. Je me suis laissé dire qu’indépendamment de son adoration pour Boumediène, il était arrivé dans le passé à Monsieur Mebroukine d’être mieux inspiré. Aura-t-il été libre de son propos ou comme cela se dit ici et là, a-t-il été, pour des passifs mal soldés, sommé de descendre dans l’arène ? Je ne saurais le dire. Venons-en à la deuxième sortie signée par Monsieur Benachenhou. Soyons clairs. Il ne s’agit pas d’une rechute. Le texte est rédigé par le segment noir du MALG qui n’a pas du tout apprécié sa laborieuse mise au point faite l’avant-veille dans Le Soir d’Algérie. Il a donc dû endosser une mixture archéo-KGB de ses collègues.
Causa nostra en Algérie
D’entrée et pour qu’il n’y ait pas de malentendu sur l’école, l’agression est signée il y a trois jours.
1) Ceux qui n’appartiennent pas ou ne se soumettent pas au diktat de la causa nostra sont des régionalistes.
2) Il faut réhabiliter Messali.
3) Amirouche le sanguinaire a prolongé la guerre.
4) Il est interdit de parler de la séquestration des ossements des colonels Amirouche et Haoues et des milliers de victimes de l’été 1962 et d’après. J’adresse cette réponse à ces agents mais surtout aux centaines de citoyens et d’anciens maquisards qui m’ont appelé pour me témoigner leur solidarité et exprimer leur répulsion après la prose qui leur a été infligée. Il en est du MALG comme du cholestérol. Il y a le bon MALG et le mauvais MALG, comme il existe le bon et le mauvais cholestérol. L’Histoire a souvent vérifié le phénomène : dans les révolutions mitées par le populisme, le pire prend toujours le pas sur le meilleur. Des centaines de jeunes cadres algériens se sont engagés pour la libération de leur pays. Ils se sont retrouvés à leur corps défendant impliqués dans une machinerie qui les a épuisés dans un fonctionnement quasi carcéral dont l’essentiel des objectifs était, non pas de former les cadres pour l’Algérie indépendante, mais de structurer une pieuvre qui a détourné, à partir de 1958, l’essentiel des énergies et des compétences pour paralyser l’activité militaire et politique du pays au bénéfice d’un régime dont on subit aujourd’hui encore l’abus et les dégâts. On imagine l’apport de ces jeunes au pays s’ils avaient été organisés et orientés pour des tâches de développement national. Voici ce qu’écrivait Amirouche à propos du MALG quelques semaines avant de se diriger vers Tunis : «Désirons que jeunes envoyés par les wilayas soient orientés sur plusieurs branches : Nous envoyons des jeunes à l’Extérieur pour les faire profiter et les préparer à des tâches qui serviront mieux l’Algérie de demain. Or, nous apprenons que la plupart sont dirigés vers les Transmissions. C’est là une façon de ne pas porter de considération à des choses que nous jugeons en toute sincérité dans l’intérêt de l’Algérie. Nous aimerions qu’à l’avenir ces jeunes soient orientés sur d’autres branches, sans évidemment négliger les transmissions.» À chacun ses priorités.
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6th May 2010 00:46 #36
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6th May 2010 00:47 #37
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Quand l’hôpital se moque de la charité
Reprenons les arguments de ce segment du MALG. La secte qui dénonce le régionalisme a littéralement colonisé les institutions du pays, à commencer par la plus importante : le gouvernement où treize membres d’une tribu confisquent la quasi-totalité des ministères de souveraineté. Un de ses plus éminents membres vient de révolter ONG et partenaires canadiens en bloquant un financement destiné à promouvoir la protection de l’environnement au motif qu’il concerne la wilaya de Tizi-Ouzou. Ce financement ne coûte pas un centime à l’État, il a été initié par l’APW de Tizi-Ouzou, relayée par le PNUD qui a aidé à contacter les autorités canadiennes. Pour éviter les rétorsions insidieuses, l’APW de Tizi-Ouzou a accepté de partager en deux le financement en associant la région de Boughezoul au projet sans que celle-ci ait entamé la moindre démarche. La réaction des affaires étrangères est claire : ou le financement est affecté dans son intégralité à Boughezoul, ou il sera bloqué. Comme on le voit, le MALG et ses tentacules institutionnelles ou occultes sont des patriotes raffinés peu suspects de régionalisme. S’agissant du cas de Messali, je suis, pour ce qui me concerne, favorable à tout débat. À condition qu’il y ait débat. Mais vous ne pouvez pas vous émouvoir des victimes de la Bleuite en Wilaya III dont vous feignez d’ignorer qu’elle a concerné toutes les wilayas et occulter les milliers de morts engendrés par le MNA. Ces victimes ne sont ni le fait d’une infiltration de l’ennemi ni une réaction à chaud. Elles sont tombées sous les balles d’agents consciemment engagés dans un combat contre les organisations nationalistes. Du point de vue moral, une donnée fondamentale vous échappe messieurs : il y a une différence essentielle entre l’erreur et la faute.
Pour autant, je ne serai jamais de ceux qui nieront le fait que Messali fut un des premiers artisans de la lutte pour l’indépendance. Je ne cherche pas à taire Melouza mais vous conviendrez, vous qui avez toujours contrôlé l’information et voulu façonné l’opinion, que le fait de sous-traire à l’histoire le massacre de Wagram dans l’Oranie au cours duquel il y eut hélas autant de victimes qu’à Beni- Ilmane (Melouza) pose problème. Le déchaînement contre Amirouche et l’abus des manipulations des informations que vous triturez ont un avantage. Ils dévoilent votre responsabilité dans sa première et sa deuxième mort. En reprenant à votre compte les informations de l’armée française, vous confirmez la connivence qui liait l’ancienne puissance coloniale à ceux qui refusaient l’État démocratique et social de la Soummam. La souveraineté économique, bradée aujourd’hui dans des scandales dont les dossiers offerts au public sont loin d‘être les plus préjudiciables, a des origines de plus en plus claires. Je ne suis pas un partisan de l’histoire complot ni un amateur de la paranoïa qui renvoie sur l’étranger les méfaits de nos erreurs. Mais force est de constater qu’au regard de la configuration tribale du pouvoir et de ses conséquences sur le potentiel national que ceux qui, résignés à l’indépendance, vous ont aidés à prendre le pouvoir en 1962 soit directement, soit en facilitant l’élimination de vos adversaires, n’ont pas perdu au change.
Pour couper court à vos spéculations, il est bon de livrer au lecteur la position d’Amirouche sur la Bleuite : «Réclamons entrée urgente commission d’enquête : la Wilaya III a reçu lors de la découverte du complot “bleu” un télégramme de félicitations. Nous protestons contre cette méthode. Nous aurions été flattés d’avoir reçu des félicitations après enquête et rapport établi par une commission d’enquête envoyée de l’Extérieur, ou formée de cadres étrangers à notre wilaya… Nous nous élevons contre cette confiance exagérée qui peut nous causer beaucoup de préjudices. En effet, qu’un règlement de compte vienne à ensanglanter la Wilaya III ou toute autre sous couvert de “complot” et il serait pour le moins choquant qu’un télégramme de félicitations vienne sanctionner une telle purge. L’interprétation d’une telle réaction ne pourrait s’expliquer que par une manœuvre malhabile en vue de “tenir” un homme ou un comité et d’essayer d’en faire un objet docile. Nous voulons pour respecter l’organisation et l’esprit de la révolution que de telles manœuvres destinées à introduire des méthodes de corruption et de chantage soient vigoureusement bannies.»
Le fantôme d’Amirouche
Pourquoi Amirouche vous empêche-t-il de dormir plus d’un demi-siècle après sa mort ? Parce qu’il représentait et représente toujours votre image inversée. Tant que l’on parlera d’Amirouche, on invoquera patriotisme, rigueur et transparence dans la gestion, solidarité nationale qui a pour souci la protection du plus grand nombre…Vous êtes de mauvais élèves sur ce dossier. À chaque fois que vous avez commis une agression contre le colonel de la Wilaya III, la manœuvre a été contre-productive. Cela ne vous empêche pas de continuer dans la forfaiture. Vous amputez les propos de l’historien Ageron qui traitait de toutes les erreurs de la guerre et pas uniquement de la Wilaya III et vous manipulez les déclarations d’Ali Yahia pour lequel vous trouvez brusquement toutes les vertus alors qu’à ce jour, il n’a pas pu récupérer son cabinet à cause de vos sbires. Le nombre de victimes dont il parlait portait sur toutes les erreurs commises par le FLN. Sans le renier explicitement, vous présentez l’information comme si elle ne devait concerner que la Wilaya III. Enfin vous déclarez sans vergogne que le colonel Amirouche a prolongé la guerre en affaiblissant la Kabylie. De deux choses l’une ; ou la guerre de libération a été menée par le MALG et le front du Mali, et à ce moment on voit mal en quoi le poids de la Wilaya III aurait été d’un quelconque poids sur le cours de la guerre. Ou Amirouche a construit une wilaya exemplaire et alors votre férocité à en réduire l’envergure est une escroquerie intellectuelle et une hérésie politique. Votre aveuglement vous joue de mauvais tours.
En déclarant qu’Amirouche n’avait pas le droit de réunir les colonels de l’intérieur, vous dévoilez les véritables raisons qui vous ont amenés à commettre la trahison qui lui a coûté la vie. On peut lire dans un rapport d’Amirouche daté de janvier 1959 ceci : «Aimerions que relations radio soient directes entre wilayas afin de régler des questions urgentes. Aujourd’hui, les relations radio entre les wilayas doivent passer par la voie hiérarchique. Bien que ce système soit rapide, il est préférable que les relations directes entre les wilayas s’établissent. Ainsi, une affaire urgente et nécessitant des explications ne doit souffrir aucun retard.» Boussouf s’est bien gardé de libérer les liaisons entre les wilayas. En se rendant à Tunis, Amirouche voulait avec les colonels de l’intérieur peser sur les orientations politiques d’un GPRA miné par les dissensions en l’invitant à se consacrer à la lutte armée. Pour ce faire, il fallait mettre un terme à toutes les structures qui dévoyaient énergies et intelligences dans les intrigues d’après guerre. L’armée des frontières et le MALG, quelles que soient leurs opposions ultérieures étaient les deux freins du FLN/ALN en 1959. C’est bien ces deux structures que le colonel Amirouche et ses amis devaient contenir en faisant rentrer les troupes des frontières et en ramenant à un service de renseignement contrôlé par le pouvoir politique le MALG.
Il y a une dimension surréaliste dans votre logorrhée. Vous qui avez fait de la torture, des enlèvements, des assassinats et de la corruption une culture d’État avant et après l’indépendance, vous trouvez assez d’audace en 2010 pour charger Amirouche de toutes vos perversions. Tant d’impudeur démontre une chose : tant que le pouvoir reste ce qu’il est, l’Algérie ne connaîtra ni paix, ni justice, ni progrès. Autres choses : ne vous fatiguez pas à envoyer vos messages et autres menaces de mort. Pour deux raisons. Je vous en sais capables. Elles ne servent à rien. Je ne parle pas la langue de la maffia. Dernière information : que les citoyens sachent que l’indisponibilité du livre est due au fait que les imprimeurs disposant de rotatives réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires avec le ministère de l’Education nationale. Il leur a été signifié que s’ils produisaient l’ouvrage consacré au colonel Amirouche, ils risquaient de perdre les marchés de l’État. Nous sommes tenus de travailler avec des artisans garantissant un travail de qualité. La deuxième édition sera dans les kiosques à partir du 20 mai. Merci pour la compréhension de tous.
Saïd Sadi
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6th May 2010 00:54 #38
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Djeraba Mohamed, Jeudi 6 Mai 2010 :
Il m’arrive, quand les circonstances l’exigent, de m’adresser par voie de presse à des personnes, indifféremment de leurs fonctions ou de leur adresse philosophique, idéologique ou partisane, impliquant des faits et événements de la guerre de Libération nationale et qui dépasse et de loin nos cercles de pensées même si nous partageons un ensemble de valeurs humanistes. Nos chemins ne se sont pas entre-croisés même si nos parcours personnels ont connu des similitudes. Vous avez connu la prison pour vos idées, je l’ai aussi connue une vingtaine d’années avant vous. N’ayant pas la même verve discursive qui vous caractérise, je voudrais simplement vous dire que je partage avec vous l’intérêt porté aux choses de l’histoire. Ni vous ni moi sommes historiens de métier. Vous avez parfaitement le droit et le devoir, au regard de vos capacités intellectuelles, d’écrire sur un sujet d’histoire. Il en est de même pour moi et pour tout Algérien capable de le faire. Je n’ai pas encore lu votre ouvrage et lorsque ce sera fait, je pourrais émettre des critiques, des réserves, des divergences sur le contenu. C’est le droit de tout un chacun. Je pourrais aussi y voir des convergences, des similitudes ; cependant cela n’est guère important. Au-delà de toute contingence, je vous fait part de mon appui pour la démarche d’écrire indépendamment de son contenu. J’espère qu’il est de même pour vous à l’égard de ceux capables d’écrire. Depuis de longues années, j'ai écrit sur le colonel Chaâbani avec plus ou moins de bonheur (voir mes mémoires) mais je ne suis pas arrivé à faire émerger suffisamment et de façon plus marquée la personnalité de ce grand combattant. Par contre, j’ai écrit sur le colonel Lotfi, une autre icône de l’histoire algérienne. De grâce, docteur Sadi, écrivez encore et encore. Si Dieu me prête vie, je ne cesserai de vous lire et assurément vous contredire, vous critiquer ou vous appuyer, le tout dans le cadre d’un débat serein et constructif. Vous et moi connaissons des vérités comme le commun des Algériens, écrivons librement sans exclusive, dans le respect des hommes vivants ou décédés. Luttons ensemble contre l’esprit de l’autodafé, contre la récupération ou l’instrumentalisation de tel ou tel autre héros, fait ou opinion à des fins sans relation avec la grande guerre de libération, débattons mais sans polémique. Dans mes interventions (ouvrages ou articles de presse), je ne cessais de répéter, presque obsessionnellement, que 1954 fut l’œuvre des hommes qui n’étaient ni anges ni démons.
Djeraba Mohamed
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8th May 2010 00:17 #39
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تساءل المجاهد علي كافي، رئيس المجلس الأعلى للدولة الأسبق، عن الأسباب التي دفعت الدكتور سعيد سعدي إلى نشر كتابه حول العقيد عميروش في هذا الوقت بالذات. معتبرا أن رئيس التجمع من أجل الثقافة والديمقراطية ''بعيد عن التاريخ والمسيرة التاريخية للثورة، فهو لم يعايشها، وليس بإمكانه تقديم شهادة منسجمة''. وأضاف:'' إن توقيت نشر الكتاب هو الذي يلفت النظر''.
تحدث علي كافي أول أمس في لقاء خاص مع ''الخبر''، عن عدة قضايا منها قضية ''لابلويت''، ''اجتماع العقداء''، و''مؤتمر الصومام...'' واعتبر أن تاريخ الثورة لا يجب أن يُقرأ وفق نوايا سياسية وحزبية، متسائلا ''لماذا نشر سعيد سعدي هذا الكتاب؟ هل بسبب الإفلاس السياسي الذي وقع فيه حتى داخل حزبه؟ بالتالي هل يسعى للعودة إلى الساحة السياسية على أنقاض الثورة والتشكيك فيها؟''
واعتبر رئيس المجلس الأعلى للدولة بين جويلية 1992 وجانفي 1994، أن ما ورد في كتاب سعيد سعدي حول ظروف استشهاد العقيدين عميروش والحواس كلها ''دسّ وكذب مفضوح''. موضحا أن اتهام الثنائي عبد الحفيظ بوصوف وهواري بومدين بالضلوع في مقتل قائدي الولايتين الثالثة والسادسة سنة 1959، ''لا أساس له من الصحة''. مضيفا أن الوثيقة التي تحدث عنها سعيد سعدي في كتابه بخصوص ما أسماه ''ضلوع المالغ في مقتل العقيدين عميروش والحواس''، قد تكون مجرد وثيقة مزوّرة من إعداد المكتب الخامس، الذي أحدثته فرنسا خلال الثورة الجزائرية بغرض تدمير الثورة من داخلها.
لا أرد على سعدي ولا أسعى سوى لتصحيح المسار
قال علي كافي في بداية حديثه إن التصريحات التي أدلى بها سعدي في الصحف، والتي تترجم ما ورد في كتابه، جعله يفكر في توضيح كثير من الأمور التاريخية، التي وردت على لسان رئيس الأرسيدي، بخصوص ظروف استشهاد العقيدين عميروش والحواس، وقضايا أخرى مرتبطة بمسار الثورة كتب عنها سعدي، وقال كافي:''لا أرد على سعدي، بل فقط لتصحيح وضعية تاريخية. لا أعرف أن سعدي مؤرخ، فهو طبيب نفساني، وبعيد كل البعد عن الثورة والمسيرة التاريخية للثورة، فهو لم يعايش أطوارها، بالتالي ليس بإمكانه تقديم شهادة منسجمة''.
وتساءل علي كافي قبل الشروع في الكشف عن الأخطاء والمغالطات التي راجت في المدة الأخيرة بخصوص ظروف استشهاد العقيدين عميروش والحواس، عن السّر في توقيت صدور كتاب الدكتور سعدي، وقال: ''إن التوقيت في حد ذاته هو الذي يلفت النظر، فقد صدر الكتاب تزامنا مع تصريحات وزير الخارجية الفرنسي برنار كوشنير، بشأن قضية المجاهدين والأسرة الثورية، وفي الوقت الذي تحاول فيه فرنسا توجيه علاقاتها مع الجزائر وفق متطلباتها. كما صدر الكتاب تزامنا مع الرغبة في إصدار وثيقة لتجريم الاستعمار الفرنسي، التي يظهر أنها أحدثت هزّة لدى أطراف سياسية فرنسية''. وتساءل كافي قائلا: ''هل يوجد تنسيق بين كل هذه الأحداث وصدور الكتاب، أم أن الأمر لا يتعدى كونه مجرد صدفة؟
وارتأى علي كافي خلال لقائه المطوّل، الحديث عن ثلاث قضايا أساسية لدحض ما أسماه بأخطاء وأكاذيب حول ظروف استشهاد العقيدين عميروش والحواس. وتناول في البداية مسألة الاتصالات خلال الثورة، وقال: ''يقولون إن الولاية الثالثة لا يوجد فيها راديو على خلاف الولايات الأخرى. وهنا أؤكد بأن الثورة لمّا انطلقت، وفّرت جهاز راديو للاتصال لكل منطقة، بما في ذلك المنطقة الثالثة، من منطلق أن الثورة لمّا قامت كانت عبارة عن ثورة شاملة، ولم تكن تخص منطقة على حساب منطقة أخرى. طبعا تم توفير خمسة أجهزة راديو فقط، لأن الولاية السادسة عند بداية الثورة لم تكن موجودة. وإذا كان سعيد سعدي يقول إن الولاية الثالثة لم يكن بحوزتها جهاز راديو، فهذه مغالطة ودس وكذب على المسيرة الثورية وأجهزتها والتنسيق فيما بينها''.
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8th May 2010 00:18 #40
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continued.....
لكن ماذا حدث لجهاز الراديو الذي كان بحوزة الولاية الثالثة؟
عن هذا السؤال أجاب علي كافي، قائلا: ''إن ما وقع لجهاز الراديو بالولاية الثالثة مرتبط للأسف بقضية ''لابلويت'' والتصفيات الجسدية التي رافقتها. وكما هو معروف يعمل على كل جهاز مشرف على الراديو ومحلل الشفرة، وكلاهما تعرضا للتصفية خلال ''لابلويت''، فظلت الولاية الثالثة دون من يشرف على الاتصالات''. ويفهم من كلام علي كافي أن العقيد عميروش كان يعيش في عزلة تامّة عن القيادة في تونس.
وأضاف قائد الولاية الثانية التاريخية: ''هذه كلّها عبارة عن خلفيات لتوضيح نقطة مرتبطة بتشكيك سعدي في نوايا الخارج وعلاقته بالولاية الثالثة. وأضاف ''بعد تصفية المسؤول على الجهاز ومحلّل الشفرة في الولاية الثالثة، أصبح الاتصال مع قائد الولاية الثالثة العقيد عميروش يتم عن طريقي، أي عن طريق الولاية الثانية، بحكم الحدود الجغرافية بين الولايتين. فلمّا أرسل القادة في الخارج لعميروش برقية للحضور إلى تونس، تم ذلك عن طريقي. ويقول نص الرسالة.. الحضور فورا.. والمصدر هو وزير الدفاع في الحكومة المؤقتة، وعن طريق محمدي سعيد قائد أركان الناحية الشرقية.. وتم بعث البرقية إلى كل رؤساء الولايات لحضور الاجتماع، مصحوبين بتوكيل من إدارة الولاية. لما وصلت البرقية، اتصلت بالعقيد عميروش عن طريق أفراد من الولاية الثانية، واقترحت عليه أن يحضر إلينا لنذهب سويا إلى تونس. وكان رده كما يلي: ''لا تنتظرني فأنا ذاهب عن طريق أخرى''.. وتوجه إلى الجنوب دون أن يعلمني.. أما نحن فذهبنا عبر الشمال أي عن طريق خطي شال وموريس''.
وطنية بوصوف لا تسمح له بالتآمر.. وبومدين كان في الظل
وبخصوص مزاعم الدكتور سعدي من أن الثنائي بوصوف وبومدين هما اللّذان قاما بإبلاغ الجيش الفرنسي بمكان تواجد العقيدين عميروش والحواس، قال على كافي ''هذا يعتبر تشكيكا في نزاهة قادة الثورة وضربا في وطنيتهم. أعرف بوصوف جيّدا. له أخلاق عالية. كما أن تقاليده وتكوينه الوطني ودفاعه عن الوحدة الوطنية، لا تسمح له بارتكاب مثل هذه التجاوزات. عرفته شخصيا وكان مسؤولي المباشر في سكيكدة. لم يسبق له أن أبدى ميلا للاستيلاء على الثورة بطريقة أو بأخرى. ولو فعل ذلك لكان له ما أراد بسهولة، نظرا لذكائه ونشاطه وسمعته. لكنه رفض مثل هذه الأفكار، لأنه كان منزعجا من كل المتحمسين والراغبين للانفراد بالقيادة منذ أن كان ضد مصالي الحاج، الذي طالب بالسلطة المطلقة لتسيير شؤون حزب الشعب÷ انتصار الحريات الديمقراطية.. فكيف يتحوّل بوصوف بين عشية وضحاها إلى إنسان يرغب في الاستحواذ على السلطة، ويصبح محل شبهات وتتحدث عنه أطراف، وتقول إنه لعب دورا في التصفيات... هذا غير ممكن. وقد قلت هذا في مذكراتي.. إن ثورتنا لم يقم بها أنبياء، بل بشر وتحتوي على كثير من الأخطاء، وهي عبارة عن أخطاء جسيمة في بعض الأحيان. والثورة بكاملها تتحمل هذه الأخطاء. لكن الشيء الذي يبقى ولا يزول هو نجاح هذه الثورة. فهي ليست حربا، إنها ثورة قامت على فلسفة ثورية. أمّا النّكسة التي نحن فيها حاليا فهذا أمر آخر''.
وعاد علي كافي إلى ظروف مغادرة لجنة التنسيق والتنفيذ الداخل، متوجهة إلى تونس، ضاربة عرض الحائط مقرّراتها في الصومام، ومبدأ أولوية الداخل على الخارج، فوقعت في مشاكل عديدة. وهنا يقدم قائد الولاية الثانية شهادته قائلا: ''طلب منا القادة في الخارج الحضور إلى تونس لفض النزاعات التي وقعت بينهم، بعد تحول لجنة التنسيق والتنفيذ إلى حكومة مؤقتة للجمهورية الجزائرية، بشكل غير قانوني، أي دون اجتماع المجلس الوطني للثورة الجزائرية، فقد عيّنوا أنفسهم في حكومة لم ينتخبها المجلس.. فقلنا فليكن.. وبعد ستة أشهر وقعوا في أزمة خانقة، بسبب استقالة وزير الخارجية الدكتور لمين دباغين، الذي لم يكن يتعايش مع رئيس الحكومة فرحات عباس، إضافة إلى عدم استشارته في القضايا المهمّة التي تمس الثورة، فاستقال يوم 15 مارس.1959 لقد توجه قادة الولايات، حسب علي كافي إلى تونس، لحل خلافات قادة الثورة، وليس لمحاسبة الحكومة المؤقتة.
وتساءل كافي: ''هل يعقل أن يتآمر بوصوف على العقيد عميروش؟ هل أصبحت الثورة في خدمة فرنسا؟ وهل أصبح بوصوف عميلا فرنسيا، حتى يخبر الجيش الفرنسي بمكان تواجد العقيدين عميروش والحواس ويتآمر عليهما..؟ علما أن كريم بلقاسم هو الذي اتصل بعميروش لحضور الاجتماع، وليس بوصوف. فهل يعقل أن يتآمر كريم ضد عميروش، وهو الذي عيّنه على رأس الولاية الثالثة..؟ هذا كلام غير مسؤول''.
وبخصوص هواري بومدين، قال كافي: ''أما بومدين فأنا أضعه في المجهول آنذاك. لم يكن قائدا فاعلا. فقد كان يعيش في الهامش في ظل بوصوف، فكيف يتآمر على عقيد ولاية؟ بومدين عاش في الظل. والقول بأن عميروش ذهب إلى تونس للقضاء على ''المالغ '' وجماعة بوصوف، فهذا عبارة عن خيالات''.
ولتوضيح الحقيقة بشأن ما قاله سعدي في كتابه، من بأن عميروش تلقى رسالة من كريم يخبره فيها بأن يغيّر طريق توجهه إلى تونس، اعتبر كافي أن هذا الكلام غير صحيح، إذ لا يوجد طريقة أخرى للاتصال بعميروش إلا عبر الراديو الموجود بحوزة الولاية الثانية. وقال:'' كريم بلقاسم ''ماكيزار'' يعرف نفسية القائد الثوري، ويعرف جيدا أن الرسالة المكتوبة قد تقع في يد فرنسا، فكيف يقدم على مثل هذه المغامرة؟ وهل يعقل أن يبعث برسالة إلى العقيد عميروش؟ بالتالي الأمر مستحيل، بل يدخل في سابع المستحيلات''.
عبان رمضان وبّخ عميروش بسبب فراره
وفي ما يتعلق بما قاله سعدي من أن عميروش لم يترك علي كافي يحضر اجتماعات مؤتمر الصومام بسبب خلافات بينهما، أورد ما يلي: ''خلال التحضير للمؤتمر، كلّف عميروش الذي كان آنذاك برتبة مقدم، بتوفير الحماية للوفد القادم من المنطقة الرابعة لحضور المؤتمر. وقع الوفد في اشتباك مع الجيش الفرنسي، وحدثت واقعة خطيرة وهي أن عميروش فرّ أثناء الاشتباك، وترك الجماعة دون حماية تقريبا. وعلمنا بذلك لما وصلنا إلى مكان المؤتمر. وهنا كنت شاهدا على واقعة أخرى. لقد رأيت بأم عينيّ عبّان رمضان يوبّخ عميروش بسبب فراره، بينما التزم هذا الأخير الصّمت، ولم يتجرأ على الكلام بحضور عبان وبلقاسم كريم''.
ولدحض ما ورد في كتاب سعدي قال كافي: ''إضافة إلى كل هذا، كيف يمنعني عميروش من حضور الاجتماع؟ أنا كنت ضمن وفد رسمي من الولاية الثانية، وهو كان مكلفا بالحماية! أما عن أسباب مغادرتي المؤتمر فكان بسبب قضية الطائرة المجهولة، وهي مهمّة كلفت بها من قبل بن مهيدي وزيغود. وهذه وقائع تاريخية لا يعرفها سعدي لأنه بعيد كل البعد عن كواليس التاريخ''.
وبشأن التصريحات التي أدلى بها العقيد بن شريف، حين اتهم المرحوم قاصدي مرباح بالضلوع في قضية إخفاء جثتي الشهيدين عميروش والحواس، بمقر وزارة الدفاع من 1963 إلى غاية رحيل الرئيس هواري بومدين، قال كافي ''بن شريف يعرف أسرار الموضوع جيّدا، وعليه أن يدلي بشهادته في الموضوع بلا تزييف للحقائق. إن أخلاق قاصدي مرباح لا تسمح له بإخفاء جثث الشهداء''.
وبخصوص قضية ''لابلويت''، قال علي كافي ''لقد جعلوا عميروش يشك في كل شيء يتحرك، حتى أبناء الثورة كانوا محل شك. هناك حديث عن مقتل ألف وثمانمائة مجاهد بالولاية الثالثة. وقد وجدت وثيقة تؤكد ذلك وتحمل إمضاء وختم العقيد عميروش نفسه، لكنها أحرقت من قبل محمد عطايلية على سطح المنصورة بقسنطينة. صحيح أنه فعل ذلك عن حسن نية، ولم يكن يعلم أن من بين الوثائق التي عثر عليها كان يوجد وثائق تتعلق بقضية ''لابلويت''. لقد أفرغت الولاية الثالثة من إطاراتها بسبب ''لابلويت''. أرسل لي العقيد عميروش برقية أخبرني فيها بالتصفيات التي قام بها، ونصحني بالحذر من المثقفين وأبناء المدن، وأوصاني بالسير على خطاه، لكنني رفضت، لأنني كنت أدرك جيدا أنه وقع ضحية مؤامرة دبّرتها له الاستخبارات الفرنسية. وبعد أن أخبر القيادة في تونس بما أقدم عليه، تلقى برقية شكر أمضاها عبد الحفيظ بوصوف''.
وأوضح كافي في الأخير، أن الجزائر اليوم ليست جزائر الولايات خلال الثورة، وقال ''الجزائر دون جرجرة، هذه أكذوبة مفضوحة.. وكل هذا ناتج عن غياب الدولة. ولا أقول الحكومة، فالدولة فرطت في كتابة تاريخها وتاريخ الجزائر، وذبحت الأجيال الحاضرة واللاحقة، لقد دمرتهم. نحن الذين عشنا النضال والكفاح الوطنيين نرى كل طموحاتنا تسقط مرة واحة، وأجد نفسي، أنا الذي ناضلت منذ الأربعينات، أمشي في الظلام والمجهول بسبب هذه الأكاذيب''.
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8th May 2010 13:58 #41
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Riyad Hamadi :
Samedi 8 Mai 2010 -- Ali Kafi, ancien président du Haut comité d'Etat (HCE), a violemment critiqué, samedi 8 mai, Amirouche : Une vie, deux morts, un testament, le dernier livre Said Sadi sur le colonel Amirouche. Dans un entretien paru dans le quotidien El Watan, l'ancien colonel de la wilaya II estime le chef du RCD n'est pas historien. « Je ne réponds pas à Sadi, car il n'est pas historien et il est loin de la marche de la Révolution ».
L'ancien chef du Haut Comité d'État (juillet 1992 - juin 1994) a aussi démenti les affirmations contenues dans le livre de Sadi sur les circonstances de la mort du colonel Amirouche. « Boussouf ne pouvait pas comploter contre Amirouche. C'est une affabulation et un mensonge grotesque ». M. Kafi a également exclu que l’ancien président Houari Boumediene soit mêlé à la mort du colonel de la wilaya III historique. « Pour ce qui est de Boumediène, il était inconnu. Il était complètement à la marge, il évoluait à l'ombre de Boussouf. De ce fait, il ne pouvait pas comploter contre un géant comme Amirouche. Boumediène ne savait pas où a commencé l'histoire ».
Sans apporter sa version sur les conditions dans lesquelles Amirouche était tombé au champ d'honneur avec le colonel Si Houes près de Boussaâda sur le chemin de Tunis, Ali Kafi s'est interrogé sur le timing choisi par Sadi pour publier son livre sur Amirouche. Il accuse indirectement le chef du RCD d'être au service de la France. « La sortie du livre intervient au cours de cette campagne que mène la France contre les Moudjahidin et qu'on appelle communément la famille révolutionnaire ». Kafi pense également que Sadi veut rebondir sur la scène politique en utilisant des symboles de la révolution algérienne.
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9th May 2010 00:19 #42
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Dimanche 9 Mai 2010 -- Ali Kafi a réagi — sans même l’avoir lu — au contenu du livre écrit par Saïd Sadi. Le président du Haut Conseil d’Etat a profité d’une rencontre avec la presse pour s’en prendre aux colonels Amirouche et Boumediène et pour dresser un tableau noir de la gouvernance de Abdelaziz Bouteflika. Lors d’une rencontre avec des journalistes des quotidiens Liberté, El Watan, El Fedjr et El Khabar, organisée jeudi en son domicile, Ali Kafi a réagi au livre Amirouche : Une vie, deux morts, un testament. Le président du HCE, qui avoue ne pas avoir lu l’ouvrage de Saïd Sadi, conteste à l’auteur le droit d’écrire sur la Révolution algérienne. «Saïd Sadi n’a pas le droit d’écrire sur l’Histoire. Il est psychiatre et non pas historien. De plus, n’étant pas un acteur de la Révolution, il est très loin du processus historique de notre Révolution. Il ne l’a pas vécue, donc il ne peut pas s’en imprégner (…) Au vu de la faillite qui a gagné son parti (le RCD), veut-il peut-être rebondir sur la scène en enfourchant le cheval de la grandiose Révolution qui a libéré le pays ? Si Amirouche était encore en vie, il aurait exécuté son propre fils ainsi que Saïd Sadi.»
Si l’on s’en tient aux propos de Ali Kafi, aucun Algérien n’est disposé à écrire l’histoire de l’Algérie. «Nos historiens sont des lâches et des entremetteurs. Ils n’écrivent pas. Pourquoi on n’écrit pas notre histoire ? La France a-t-elle peur que l’histoire de l’Algérie soit écrite ? Y aurait-il des Algériens qui seront dérangés par l’écriture de l’histoire?», s’est-il interrogé. Revenant sur le contexte historique de l’époque, Kafi — alors colonel de la Wilaya II — a reconnu avoir été écarté des travaux du Congrès de la Soummam. «Nous étions une délégation officielle, Zighout, Ben Tobbal, Mezhoudi, Rouabhi, Benaouda et moi-même. (…) J’ai assisté à deux séances avant que Zighout ne me contacte et me confie la mission d’aller attendre un avion qui allait larguer des armes. Mais il n’y avait pas d’avion. Je n’ai pas été écarté et je ne prétends pas que j’ai participé au Congrès, mais je m’interroge sur la mission qu’on m’a confiée».
Ne manquant pas de traiter Saïd Sadi «d’affabulateur », Ali Kafi confirme, néanmoins, les informations publiées par le président du RCD. Assénant ses vérités, Kafi s’en prendra de face aux colonels Boumediène et Amirouche. Du président de la République il dira : «Moi, Boumediène je l’ignore. Il est entré à la Révolution en 1956 grâce à une lettre de recommandation d’Ahmed Ben Bella. Il ne connaît pas les tenants et les aboutissants de la guerre de Libération (…) Celui qui a rendu l’Algérie malade c’est Boumediène, il nous a laissé un héritage désastreux qui nous gouverne actuellement (…) Il a ruiné le pays. Les deux seules bonnes décisions qu’il avait prises, ce sont la nationalisation des hydrocarbures et la révolution agraire».
Pour ce qui est du colonel Amirouche, Ali Kafi tiendra des discours diamétralement opposés. Dans un premier temps, il prendra le ton de l’offense en évoquant le colonel de la Wilaya III historique : «On appelait Amirouche “Taxi Ami Salah”» rapporte- t-il en prenant soin d’évoquer dans le détail sa «fuite» face à l’ennemi. «On s’est retrouvés tous dans une maison à Michelet. Repérant Amirouche, isolé dans un coin tout empêtré dans sa kechabia, Abane l’avait sermonné devant tout le monde en le traitant de tous les noms d’oiseaux. Il lui cria à la figure : "J’emmerde celui qui t’a nommé officier" (inal bouh lisemak dhabet)», raconte Kafi.
Mais ce dernier semble finalement se reprendre : «Amirouche était plus qu’un grand frère pour moi. On avait d’excellentes relations, on se voyait régulièrement ». Et il qualifiera «d’impardonnable » la séquestration des corps de Amirouche et Si Haouès après la Révolution. «Cela ne fait pas très longtemps que je suis au courant de cette affaire. Mais je la considère comme un crime impardonnable contre les chouhada. » Au-delà de l’aspect historique, la sortie médiatique de Ali Kafi se caractérise aussi par des critiques à l’égard de la gouvernance de Abdelaziz Bouteflika. Un constat d’échec sans appel. «L’Algérie vit une faillite totale et elle se dirige vers l’inconnu. Nous avons consacré toute notre vie pour le militantisme depuis le mouvement national, avec de grands espoirs, actuellement tout sombre subitement dans l’obscurité.»







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