Mardi 27 Avril 2010 -- Un ancien soldat français, victime des essais nucléaires dans le sud algérien, Gérard Dulac (72 ans) a récemment ravivé le débat sur la colonisation française en Algérie en 1960, et ce, à l’occasion de la sortie du 1er volume de son album de bande dessinée (BD), dans lequel il évoque les détails de sa vie que les ambitions destructrices de son pays ont posté sur le point zéro de la destructrice explosion. Cette parution attendue est constituée de 500 dossiers détenus par le gouvernement français. La dégradation de l’état de santé, de Gérard Dulac, atteint d’un cancer de la peau, lui a donné l’idée de réaliser une bande dessinée le montrant jeune et dans laquelle il revient sur l’événement qu’il n’imaginait pas un instant aussi dangereuse pour sa vie et celle de 4.000 soldats ; il déclare qu’il ne cessera jamais de rappeler les données du drame de la première opération « la Gerboise bleue », le 13 octobre 1961 «nous étions, mes camarades et moi, à une vingtaine de kilomètres du lieu de l’explosion, nous n’avions pas de protection et pas suffisamment de lunettes pour tout le monde, certains se sont juste cachés les yeux avec leurs mains pour faire face à une force trois fois supérieure à la bombe d’Hiroshima au Japon». M Dulac n’a, en effet, pas ménagé ses efforts pour mettre à nu les horreurs commises par le gouvernement français, aveuglé pas ses ambitions colonisatrices et sa volonté d’entrer dans le cercle des pays nucléarisés. «Lorsque nous avons ouvert les yeux, le sable était noir, cristallisés, brulé » décrit-il, ne pensant pas que la chute de ses cheveux, des mois durant, était due aux radiations. Cette bande dessinée est une nouvelle approche pour demander à la France de reconnaitre son passé, d’ouvrir les 500 dossiers de demandes d’indemnités et de promulguer la loi d’indemnisation 2009 et c’est d’ailleurs ce que demande la ligue des anciens combattants, victimes des essais nucléaires depuis sa création en 2001.