Mardi 1 Juin 2010 -- La manifestation s’inscrit dans le cadre de la commémoration du 129e anniversaire de la bataille de Tazina, qui constitue une victoire des tribus locales contre les tentatives de pénétration des forces coloniales françaises dans le Sahara algérien. Organisée avec le concours des affaires religieuses et de l’organisation des moudjahidine de la wilaya, l’exposition a drainé un nombreux public, composé notamment de lycéens, venus puiser dans les informations fournies sur les circonstances de la résistance populaire dans la région. L’exposition a comporté des copies de manuscrits, d’anciens ouvrages et de tableaux retraçant des hauts faits d’armes des tribus installées dans la région, ainsi que des affiches et d’anciens modèles d’armes utilisés dans la bataille de Mouilek conduite le 19 mai 1881 par cheikh Bouamama contre les forces d’occupation. Selon une version journalistique sur cette bataille, contenue dans un manuscrit rédigé par les autorités coloniales, ces dernières ont essuyé une défaite avec la perte de 60 soldats et l’enregistrement de 22 blessés. Les explications fournies lors de cette exposition indiquent que les forces coloniales avaient, dans le souci de faire face aux victoires successives qu’accumulait la cavalerie de cheikh Bouamama, dépêché leurs contingents vers les régions du Sud-Ouest pour étouffer cette résistance et asseoir leur domination sur les ksour. Pour le président de l’association « Imzi pour l’écriture de l’histoire », cette exposition vise à mettre en relief les hauts faits de la résistance, à imprégner les générations montantes de la grandeur des sacrifices consentis et à les prémunir contre les tentatives de porter atteinte à l’identité nationale.

Cheikh Bouamama Ben Larbi Ben Tedj est issu de la famille des Ouled Sidi Cheikh, des Ghraba. C’était un chef de zaouïa très pieux de la confrérie des Kadiria. L’auteur Amar Amirou, dans son ouvrage Résumé de l’Histoire d’Algérie (p 229) évoque la « gentillesse, la piété et la réputation de ce grand homme qui se répandit parmi les tribus et les fidèles étaient très nombreux à l’époque. Ce qui troubla les autorités françaises représentées par les bureaux dits arabes. «Les autorités françaises interdirent aux populations de rendre visite à cette Zaouia et rapprochèrent la surveillance autour de sa personne ce qui énerva le cheikh Bouamama. Il se dirigea à El-Bayadh pour se plaindre. Il planifiait avec ses fidèles une insurrection. Il leur demanda alors de ramasser armes et munitions et de se préparer au djihad», peut-on lire dans l’ouvrage de Amar Amirou.

Appel au djihad

Voici l’appel à la guerre sainte (djihad) lancé par Bouamama en 1881 :

«À nos frères des tribus de Chaambas et particulièrement leurs notables et chefs, tribus par tribus, sans distinction; que Dieu vous donne la sagesse et vous aide pour faire du bien et le djihad : que le salut de Dieu soit sur vous. Je vous annonce et vous apprend que nous désirons vous rencontrer pour discuter du djihad. L’appel du djihad est un acte de piété tel qu’ordonné par Dieu et par son prophète Mohammed, que le salut et la paix soit sur lui. Par ordre des gens de Dieu, que celui qui répond par l’affirmative nous retrouve à Hliat. Tel est notre vœu pieux et notre sermon sincère. Nous ne désirons pas rencontrer ceux qui sont contraires à cet appel au djihad.»