Après l’ouvrage de Saïd Sadi sur Amirouche, un nouveau livre évoque les purges dans la wilaya III historique
par Mourad Allal
Mercredi 16 Juin 2010 -- Après le livre du docteur Saïd Sadi sur le colonel Amirouche, c’est au tour de Akli Mohand Oulhadj, ancien officier de l’ALN et fils du célèbre colonel Mohand Oulhadj, de publier un livre relatant la vie du successeur de Amirouche et le climat qui prévalut au sein du commandement de la wilaya III historique durant la période 1959-1962. Faisant état des purges, des dissidences dans les rangs de l’ALN et d’autres vérités sur « la paix des braves », l’ouvrage en question, dont la sortie est prévue début juillet, relancera sans doute le débat sur la guerre de libération nationale, particulièrement dans la wilaya III. Evoquant le colonel Amirouche, le fils de Mohand Oulhadj donne des précisions importantes sur cette période de l'histoire récente de l'Algérie. Il affirme ainsi qu’en ce début de l’année 1959, « le colonel Amirouche prenait route vers l’extérieur (…) Au bout d’un mois, nous apprîmes par la radio la mort héroïque du colonel Si Amirouche » et de préciser «Abderhmane Mira arriva en wilaya III et nous transmit toutes les instructions amenées de l’extérieur : cesser les purges à l’encontre du réseau "bleu". Les officiers et les sous-officiers arrêtés avant le départ de Si Amirouche sont restés prisonniers même à l’arrivée du commandant Mira ». Autant de témoignages qui susciteront à coup sûr de nouveaux débats sur les circonstances dans lesquelles les purges en question ont eu lieu et l’emprisonnement des combattants.
Plus loin, l’auteur revient sur les dissidences qui ont secoué les rangs de l’ALN dans la wilaya III et le mouvement de contestation qui s’est dressé contre le colonel Mohand Oulhadj et le plan préparé par le général de Gaulle qui visait la neutralisation des wilayas III et IV à travers « la paix des braves ». Akli Mohand Saïd écrit à ce sujet : « Un complot ourdi par quelques éléments a réussi à induire en erreur le lieutenant Si Allaoua Zioual (connu pourtant pour son patriotisme) qui prit le commandement d’un comité appelé "officiers libres". Cet authentique moudjahid a décidé, à l'issue d’un congrès, de contester publiquement l’autorité de Si Mohand Oulhadj et du commandant Mira, les jugeant incapables de faire face à la situation que vivait la wilaya III depuis l’opération Jumelles. Vu le comportement indigne de ces congressistes, le colonel Mohand Oulhadj décida d’arrêter tous ceux qui se présentaient dans la région 4, les autres se sont enfuis dans la montagne. Pendant la tournée, des commandos devraient arrêter et désarmer tous les officiers libres rencontrés. En cas de refus d’obéissance aux ordres, ils seraient abattus purement et simplement. Néanmoins, en se soumettant à leurs ordres, ils seraient gardés à vue et dirigés vers le PC de la wilaya III ».
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16th June 2010 18:12 #1
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Si Mohand Saïd raconte Amghar, de Akli Mohand Oulhadj
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4th July 2010 00:06 #2
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Dimanche 4 Juillet 2010 -- Edité par Le Savoir, l’ouvrage Si Mohand Saïd raconte Amghar a été présenté par son auteur, vendredi dernier, à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. «Même si notre destinée est de devenir comme ces sangliers qui occupent les maquis et les forêts, même si nos corps se couvrent de poils, même si nous serons contraints de manger de la terre crue pour survivre, nous n’allons jamais nous soumettre au colonisateur.» Tels sont les mots du colonel Si Mohand Oulhadj exprimés en 1956, alors que l’ALN traversait une crise immense en matière de ravitaillement mais aussi de confiance. Cet homme qui s’est entièrement consacré à la cause nationale depuis la Déclaration de la guerre de libération a été présenté, ce vendredi 2 juillet, dans le livre Si Mohand Saïd raconte Amghar, écrit par son fils Akli Mohand Saïd. Lors de cette rencontre inhérente au 48e anniversaire de l’indépendance à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, l’auteur a affirmé, à l’ouverture de la cérémonie : «Si j’ai décidé d’écrire ce modeste ouvrage, c’est que je me sentais dans le devoir de le faire. D’une part, pour réaliser l’un des vœux de mon défunt père, car il y tenait vraiment, et d’autre part, parce que j’ai cru utile et nécessaire de mettre à la disposition de notre population, composée de près de 70 % de jeunes nés après l’indépendance, un outil qui leur permettra de mieux connaître la lutte de notre peuple pour l’indépendance.» Si Mohand Oulhadj dira en effet à son fils, avant de quitter ce monde en 1972 : «Promets-moi, mon fils, que tu écriras l’histoire.»
Depuis de longues années, Si Mohand Saïd, également officier de l’ALN, n’a pu concrétiser ce qu’il a appelé «le testament» de son père. Il a précisé que ce qu’il a porté dans cet ouvrage n’est autre que les témoignages du colonel Si Mohand Oulhadj. Ce sont en effet des moments marquants du parcours d’un révolutionnaire qui ont été rapportés. Des batailles, des embuscades, des accrochages, des attentats, des harcèlements, des sabotages, des tortures, de la trahison et tant d’autres faits qui nous éclairent sur une guerre qui ne cesse de révéler ses secrets. Akli Mokrane, celui qui est devenu colonel Si Mohand Oulhadj pendant la guerre de libération, est né le 7 mars 1911 à Bouzeguène, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Il est issu d’une famille de forgerons, et ses débuts dans le mouvement national datent de la fin des années 1940. Depuis, il a gravé les échelons, jusqu’à ce qu’il devienne responsable de la Wilaya III. En 1960, sa sagesse lui a permis de mettre en échec le plan du général De Gaulle appelé «La paix des braves», qui visait à neutraliser les Wilayas III et IV. Malgré ses multiples blessures, le colonel n’a pas renoncé au combat et a continué la lutte jusqu’à l’indépendance en 1962. Il est mort en 1972 à l’âge de 61 ans. Sa détermination, sa sagesse et sa loyauté dans la lutte lui ont valu le surnom d’Amghar (le Sage). C’est pour cela que son fils a intitulé son livre Si Mohand Saïd raconte Amghar. À l’issue de la présentation de l’ouvrage, des prix ont été remis à ceux qui ont contribué à la concrétisation de l’initiative, à l’instar du directeur des moudjahidine et de la culture, l’Association des scouts, le musée de Moudjahid, le wali de Tizi Ouzou et les quatre fils de Si Mohand Oulhadj. En outre, les éditions Le Savoir ont saisi l’occasion pour décerner le prix du Cavalier nomade dans sa première édition. Il a été remis à Cherif Ould El-Hocine, écrivain de la préface du livre Si Mohand Saïd raconte Amghar, pour son ouvrage Au cœur de la bataille, qui aborde la langue amazighe. Des prix d’encouragement ont également été décernés à d’autres écrivains ayant édité chez les éditions Le savoir.
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4th July 2010 00:11 #3
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Dimanche 4 Juillet 2010 -- À la veille du 5 Juillet, fête de l’Indépendance et de la jeunesse, Akli Mohand Saïd, ancien officier de l’ALN et fils aîné du regretté colonel Mohand Oulhadj, ex-commandant de la Wilaya III historique de l’Armée de Libération nationale (ALN) a présenté vendredi dernier à la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou, son livre tant attendu intitulé Si Mohand Saïd raconte Amghar. Ce fut devant une assistance nombreuse composée de nombreux moudjahidine et de citoyens de tous âges que Si Mohand Saïd a tenu à rendre hommage au combat historique du colonel Mohand Oulhadj, son regretté père et à tous les moudjahidine de la glorieuse Révolution algérienne, tout en rendant un hommage particulier à tous les martyrs de la guerre de Libération nationale tombés au champ d’honneur. “C’est un souhait qui tenait tant à cœur à mon regretté père le colonel Mohand Oulhadj. Ce livre dédié à la mémoire et au parcours révolutionnaire de mon regretté père est un premier départ qui en appellera certainement — ou du moins faut-il l’espérer — d’autres projets de rédaction pour écrire son épopée et celle de nombreux moudjahidine qui ont sacrifié leur vie, leurs biens et leur famille pour contribuer à la libération de notre cher pays”, nous dira le digne héritier du colonel Mohand Oulhadj, entouré de toute sa famille venue de Bouzeguène et de nombreux moudjahidine et compagnons d’armes de la première heure.
“À travers le combat héroïque du colonel Mohand Oulhadj, je voulais rendre aussi un hommage particulier aux nombreux moudjahidine de la Wilaya III historique qui a terriblement souffert durant la guerre de Libération nationale et surtout lors de la fameuse “Opération Jumelles” où l’armée française tenait à raser totalement la région, considérée à l’époque comme l’un des grands bastions de la Révolution algérienne. Dites-vous bien que nos vaillants moudjahidine ont répondu héroïquement à l’appel de la patrie pour tenir tête à l’armée française après quelque deux cent soixante accrochages qui l’ont poussée à la fuite et à la déroute”, dira encore Mohand Saïd Akli. Et à la veille du 48e anniversaire de la fête de l’Indépendance, le fils ainé du regretté colonel Mohand Oulhadj demande à tous les anciens moudjahidine de se mettre à l’écriture de l’histoire authentique de la Révolution algérienne comme il invite, par là même, les jeunes de la génération actuelle à s’intéresser davantage à l’histoire extraordinaire de leur pays et de tous les vaillants moudjahidine de la glorieuse Armée de Libération nationale qui ont tenu tête à l’une des armées les plus puissantes de la planète pour libérer notre pays du joug colonial, conclut Mohand Saïd Akli, visiblement encouragé par cette première expérience en écriture et surtout profondément ému par toutes les marques de soutien et d’admiration que lui a manifesté la nombreuse assistance présente à l’évènement dans la salle de conférences de la maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou.







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