François Mitterrand et la guerre d'Algérie de François Malye et Benjamin Stora
Date de parution 13 octobre 2010
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19th September 2010 00:21 #1
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22nd September 2010 00:11 #2
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يصدر يوم 1 أكتوبر القادم بباريس عن منشورات كالمان ليفي، كتاب يتناول مسألة ضلوع الرئيس الفرنسي الأسبق فرانسوا متيران في قمع الثورة الجزائرية بين 1956 و1957، حينما كان وزيرا للعدل (حافظ الأختام) في حكومة غي مولي. الكتاب الذي يصدر بعنوان ''متيران وحرب الجزائر''، من تأليف المؤرخ بنيامين ستورا، والصحفي بمجلة لوبوان فرانسوا ماليي. كما ستبث قناة ''فرانس 2 '' شريطا وثائقيا مقتبسا من الكتاب، أياما قليلة بعد صدوره. ويقف المؤلفان عند علاقة فرانسوا متيران بالثورة الجزائرية، وكيف روج لفكرة إخضاع العدالة لمنطق الحرب، ودفاعه عن الجزائر الفرنسية لما كان يشغل منصب وزيرا للداخلية في حكومة منديس فرانس أثناء قيام الثورة، بحيث صرح أمام الجمعية الوطنية الفرنسية (البرلمان) يوم 5 نوفمبر ,1954 بأن ''الحرب هو الرد الوحيد'' على من اعتبرهم حينها بالمتمردين.
ارتبط اسم متيران بحكومة غي مولي الذي عينه في منصب حافظ الأختام. وساهم في حصول حكومة غي مولي على موافقة الجمعية الوطنية على منح الجيش كامل الصلاحيات في قمع الفدائيين خلال معركة الجزائر. وبالفعل تم تكليف الجنرال ماسو والرائد أوساريس باللجوء للعنف والتعذيب والقتل بدون المرور على العدالة، وهو ما أضفى الصبغة المؤسساتية على القمع. وصدر القانون الذي يمنح الحكومة صلاحيات خاصة يوم 16 مارس .1956 علما بأن المؤرخة الفرنسية سيلفي ثينو سبق لها وأن كشفت في كتاب صدر سنة 2001 بأن حافظ الأختام فرانسوا متيران كان على علم بكل التجاوزات التي كانت تصدر عن الجيش الفرنسي في الجزائر.
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14th October 2010 21:28 #3
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Jeudi 14 Octobre 2010 -- Quand le garde des Sceaux François Mitterrand quitte son ministère en mai 1957, en pleine guerre d'Algérie, 45 nationalistes ont été guillotinés: François Malye et Benjamin Stora dévoilent dans un livre choc un pan obscur de la vie du président qui abolira la peine capitale en 1981. Cet ouvrage, François Mitterrand et la guerre d'Algérie (Calmann-Lévy) est l'aboutissement d'une enquête de deux ans. "Nous avons épluché minutieusement de très nombreuses archives, ont quelque 400 pages de comptes rendus des séances du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) de l'époque, celles du ministère de la Justice ou encore de l'Office universitaire de recherches socialistes et découvert des documents inédits", explique à l'AFP l'historien Benjamin Stora, spécialiste de l'Algérie.
Révélation de ce livre, co-écrit avec François Malye, grand reporter au Point : pendant seize mois le ministre de la Justice du gouvernement socialiste de Guy Mollet a laissé sans broncher couper les têtes des nationalistes algériens, qu'ils aient ou non du sang sur les mains. Les dossiers sont préparés à la Chancellerie. Et le garde des Sceaux, vice-président du CSM, s'oppose à 80% des recours en grâce. Pendant ces longs mois, François Mitterrand ne fait pas mystère de sa volonté d'abattre la rébellion. La tendance de son vote au CSM ? "C'était véritablement très répressif, c'est incontestable. Mais c'était la vision qu'il avait de l'Algérie, il pensait que c'était la meilleure solution", se souvient Jean-Claude Périer, seul survivant du CSM de l'époque.
Fin politique et ambitieux, Mitterrand, qui avait alors 40 ans, devait aussi pour durer donner des gages aux durs du gouvernement, notent les auteurs. À ce moment très particulier de l'Histoire, ce qu'on peut lui reprocher, "c'est d'avoir accompagné, sans jamais le transgresser, un mouvement général d'acceptation du système colonial et de ses méthodes répressives", soulignent-ils. "L'historien Jean-Luc Einaudi, poursuit M. Stora, avait déjà ouvert une brèche dans ce passé et dressé en 1986 une première liste des exécutions pendant la guerre d'Algérie". "Mais personne n'avait encore pris à bras le corps le sujet Mitterrand", assure-t-il. "Pourquoi lui ? Parce qu'il est devenu président de la République. C'était un passage obligé", répond Benjamin Stora.
Les auteurs ont aussi recueilli, en France et en Algérie, les témoignages inédits d'acteurs de cette période, comme l'historienne Georgette Elgey qui fut témoin des événements en tant que journaliste puis conseillère à l'Elysée à partir de 1982, et de personnalités comme Robert Badinter, Roland Dumas, Michel Rocard ou Jean Daniel. Pour la première fois, ils ont accepté d'aborder cet aspect méconnu de la vie politique de Mitterrand, qu'il refusera de renier. Il fera néanmoins et aveu plusieurs décennies plus tard: "J'ai commis au moins une faute dans ma vie, celle-là". "Ce que je voulais aussi, c'était entendre les voix des Algériens et cela a été la source de révélations extraordinaires. Ainsi, le frère d'un des guillotinés ou encore un ancien responsable du PC algérien se sont confiés. Ils n'avaient jamais parlé", assure l'historien. "Ce livre est aussi le croisement des paroles et des sources des deux côtés" de la Méditerranée. Sous le même titre, un documentaire des mêmes auteurs sera diffusé sur France 2 le 4 novembre.
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18th October 2010 17:58 #4
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Lundi 18 Octobre 2010 -- Un livre de Benjamin Stora et François Malye met en lumière le rôle de François Mitterrand dans la mort de 45 nationalistes algériens, guillotinés en 1956-1957. Ministre de l’intérieur du gouvernement Mendès France, François Mitterrand se trouve au cœur de la tourmente qui éclate en Algérie le 1er novembre 1954. S’il plaide pour l’application de mesures sociales (augmentation du salaire minimum) dans ce qui est à l’époque un ensemble de départements d’outre-Méditerranée, il refuse d’envisager l’indépendance. Comme la majeure partie de la classe politique, il est favorable à l’Algérie française et le dit publiquement. Puis ses nouvelles fonctions de ministre de la justice dans le gouvernement Guy Mollet, à partir du 1er février 1956, l’amènent plus loin, jusqu’à favoriser la répression de la rébellion dans le sang, par la guillotine : c’est ce que prouvent, archives à l’appui, l’historien Benjamin Stora et le journaliste François Malye dans un livre qui vient de paraître : François Mitterrand et la guerre d’Algérie. Pour les fins connaisseurs de la IVe République et même pour les militants socialistes d’alors, cela n’est pas un scoop. Ainsi, Michel Rocard savait. Il se souvient d’avoir un jour traité François Mitterrand d’« assassin » à cause de cela. Et la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière) ne s’était-elle pas divisée notamment sur la question algérienne, permettant à une deuxième gauche de naître, celle du Parti socialiste autonome, qui se transformera en Parti socialiste unifié ?…
« J’ai commis au moins une faute dans ma vie, celle-là »
Néanmoins, au fil des ans, l’affaire des guillotinés va être oubliée. En 1981, lorsque le nouveau président de la République fait abolir la peine de mort, il apparaît aux yeux de beaucoup comme sans tache. Or, en mai 1957, lorsque François Mitterrand quitte le ministère de la justice, 45 nationalistes condamnés à mort en Algérie, qu’ils aient eu ou non du sang sur les mains, ont été guillotinés durant les seize mois où il a exercé ses fonctions. Les dossiers sont préparés à la chancellerie. Et le garde des sceaux, vice-président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), s’oppose à 80 % des recours en grâce. Les révélations du livre de Stora et Malye se trouvent dans ces précisions, qui ont pu être établies après une enquête minutieuse. Pendant cette période, François Mitterrand, qui a alors la quarantaine, n’a pas fait mystère de sa volonté d’abattre la rébellion en Algérie. Son parti pris au Conseil supérieur de la magistrature était « très répressif, c’est incontestable », se souvient l’ancien magistrat Jean-Claude Périer, dernier survivant de ceux qui y siégeaient à l’époque. Sans renier cette partie de sa carrière politique, François Mitterrand reconnaîtra néanmoins plusieurs années après : « J’ai commis au moins une faute dans ma vie, celle-là. »
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18th October 2010 20:20 #5
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Emmanuel Berretta :
Lundi 18 Octobre 2010 -- Après le film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb, France 2 creuse le sillon de la mémoire algérienne à travers deux soirées, l'une consacrée au général de Gaulle (le 2 novembre), l'autre à François Mitterrand (le 4 novembre). Il est frappant de comparer le comportement de ces deux éminents animaux politiques face à la guerre d'indépendance du FLN. Disons-le sans détour, aucun des deux n'en sort vraiment grandi. Dans le documentaire François Mitterrand et la guerre d'Algérie cosigné par le journaliste François Malye, collaborateur du Point, et l'historien Benjamin Stora, avec Frédéric Brunnquell à la réalisation, c'est d'abord l'action de François Mitterrand, ministre sous la IVe République, qui est disséquée. D'abord ministre de l'Intérieur, puis ministre de la Justice, Mitterrand apparaît dans une lumière crue comme un ambitieux, prêt à beaucoup d'arrangements avec sa conscience pour se maintenir au gouvernement en attendant d'en prendre la tête. Son calcul échoue. Grâce à des archives inédites, le film de Malye et Stora lève le voile sur les trois années (1954-1957) durant lesquelles Mitterrand, contrairement à Mendès France, a cautionné la politique répressive menée en Algérie. Lui qui abolira en 1981 la peine de mort a approuvé, pendant cette période, la mise à mort de 80 % des militants FLN. Quarante-cinq seront guillotinés, tandis que François Mitterrand est garde des Sceaux. Il refusera trente-deux demandes de grâce, en acceptera huit. Cinq avis ne sont pas connus. Le cas le plus discutable concernait le militant communiste Fernand Iveton qui travaillait à l'usine de gaz d'Alger. Une bombe est retrouvée dans son casier. Il est arrêté le 14 novembre 1956. Iveton n'a pas de sang sur les mains. Cependant, sur la base d'une intention de commettre un attentat, Iveton est condamné à mort. Sa grâce est rejetée. Mitterrand avait assuré l'avoir acceptée. Or, les documents retrouvés par les auteurs démontrent le mensonge de Mitterrand... Iveton a été guillotiné, à Alger, le 11 février 1957.
Concernant le général de Gaulle, ce sont les conditions de son retour au pouvoir en 1958 qui sont décrites dans De Gaulle et l'Algérie, un documentaire de Hugues Nancy, dont la diffusion sera précédée d'un docu-fiction illustratif (Je vous ai compris, de Gaulle 1958-1962). Le mythe d'un père de la nation vers qui la France se serait tournée pour la sauver du bain de sang algérien est largement entamé par les travaux des historiens. Les militaires algérois ont tenté un putsch et menaçaient d'envoyer les parachutistes sur Paris si de Gaulle n'était pas appelé à former le gouvernement de cette IVe République agonisante. C'est donc bien grâce à la menace d'un coup d'État, fomenté par les plus ultras de l'Algérie Française (mélange d'extrême droite, d'anciens cagoulards, etc.), que de Gaulle reprend les commandes et les pleins pouvoirs. Puis, de Gaulle s'éloigne assez vite des éléments les plus ultras et finit par revenir sur ses promesses d'une Algérie française. Il n'a de cesse de vouloir se débarrasser de ce problème. Ce qui intéresse le général, à cette époque, c'est la bombe atomique qui permet à la France de légitimer son rang au Conseil de sécurité de l'ONU et de protéger son territoire. Le documentaire souligne alors le peu de cas que de Gaulle fait des Français d'Algérie et des harkis. Le fait de "bâcler" l'indépendance a occasionné des centaines de milliers de morts...
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28th October 2010 14:30 #6
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Alain Ruscio, Jeudi 28 Octobre 2010 :
Une lumière crue sur la période occultée de la geste mitterrandienne durant laquelle le gouvernement prit la terrible responsabilité de relancer les exécutions capitales en Algérie. François Mitterrand et la guerre d’Algérie, de François Malye et Benjamin Stora. Éditions Calmann-Lévy, 2010, 304 pages, 18 euros.
On croyait tout savoir sur l’attitude de François Mitterrand lors de la guerre d’Algérie. Et le fait est que l’on savait déjà beaucoup. Le principal mérite de l’ouvrage du journaliste François Malye et de l’historien bien connu Benjamin Stora est d’ailleurs plus dans sa vocation synthétique et diverses confirmations que dans des révélations fracassantes. Lorsqu’éclate ce conflit, François Mitterrand est ministre de l’Intérieur et, de ce fait, en charge de la sécurité des « trois départements » d’Algérie. C’est à ce titre qu’il prononce, en même temps d’ailleurs que bien d’autres, la phrase définitive : « L’Algérie, c’est la France. » Les auteurs soulignent que cette formule n’est en aucun cas une concession à un consensus mou, mais qu’elle reflète alors la pensée profonde du ministre. Mitterrand n’entreprend pas, c’est le moins que l’on puisse écrire, la répression à contrecœur, même s’il insiste par ailleurs sur les réformes sociales nécessaires (une autre façon, d’ailleurs, de masquer le caractère national de l’insurrection qui commence).
Mais c’est sur le « second » Mitterrand que le livre apportera le plus d’informations, en tout cas au lecteur profane. Début 1956, Guy Mollet, qui dirige le nouveau gouvernement de Front républicain, confie à Mitterrand la direction de la justice. La simple association des termes « justice » et « Algérie », alors, donne le frisson. C’est ce gouvernement qui va assumer la terrible responsabilité de reprendre les exécutions capitales, toutes par la guillotine, en Algérie même, puis en métropole. La Constitution voulait que les exécutions capitales fussent soumises à l’approbation du Conseil supérieur de la magistrature, présidé par le pâle et suiviste René Coty, président de la République, mais dont la direction de fait revenait au garde des Sceaux. Or François Mitterrand, véritable ultime décideur, va mettre, dans 80 % des cas examinés (huit avis favorables à la grâce sur quarante-cinq examinés durant son ministère) son autorité en faveur de l’application de la peine de mort. Et « il n’y avait pas dans ses propos le moindre doute, la moindre inquiétude, la moindre hésitation ». Les auteurs s’interrogent : pourquoi cette exceptionnelle sévérité ? Ils répondent d’abord que le ministre, s’estimant en guerre avec le terrorisme, ne voulait laisser aucune équivoque sur sa volonté de répondre par une même terreur. Mais avancent également une seconde explication : considéré comme un homme politique d’avenir, il ne voulait pas, dans ce monde politique français acquis dans sa majorité à la cause du bellicisme, mettre en danger cet avenir possible. Cela porte un nom, que les auteurs utilisent : « cynisme ».
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30th October 2010 22:50 #7
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