1962-2012 : le cinquantenaire de l'Indépendance de l'Algérie approche. Cet ouvrage jette un regard critique sur les relations que ce pays continue d'entretenir avec la France, sa culture et sa langue hégémoniques. Les auteurs dressent un portrait contradictoire d'une jeune nation meurtrie, déchirée par deux guerres civiles en moins de trente ans, ployant sous les problèmes économiques et sociaux. Mais aussi d'une jeune nation active, entreprenante et riches de formidables atouts humains, politiques et industriels.
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18th February 2011 10:53 #1
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18th February 2011 10:55 #2
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Youcef Zirem :
Vendredi 18 Février 2011 -- De nombreux textes pour questionner presque un demi‑siècle d’indépendance. C’est le travail précieux dirigé par quatre universitaires qui ont tenté de comprendre un pays en métamorphose, un pays souvent méconnu concrètement. Publié aux éditions l’Harmattan, ce livre est divisé en trois parties : la guerre, nation et mémoire, représentations littéraires et enfin, société, politique et religion. «On voulait, dans ce travail, marquer plus de quatre décennies après l’indépendance, et en même temps, souligner que le passé ne cesse de jouer un rôle important dans l’Algérie indépendant», soulignent les éditeurs. Parmi les contributions à cet ouvrage, on peut apprécier celle de Guy Dugas qui revient sur le parcours de Jules Roy, ce compagnon de route complice et critique de l’Algérie indépendante. Jules Roy reste en Algérie en 1962 ; il avait pris fait et cause pour l’indépendance deux ans auparavant. Durant les années suivantes, il revient souvent au pays pour faire des reportages et comprendre ce qui s’y passe. Mais il ne saisit pas toujours le sens des décisions politiques qui sont entreprises par les autorités. De son côté, Elena Brândusa Steiciuc analyse les images de la dictature et du dictateur dans l’œuvre de Rachid Mimouni. «Écrire son pays c’est s’exposer. Il y a d’abord le compatriote qui refuse le miroir qu’on lui offre et récuse le miroir de notre art. Il y a celui qui vous accuse de mettre à nu l’être intime et secret pour l’offrir au regard des étrangers. On apparaît comme un indécent voyageur (…). Écrire son pays, c’est toujours politique et singulièrement dans les régimes non‑démocratiques. Cela s’interprète comme la volonté de donner du pays une autre image que celle que présentent les dirigeants», disait l’auteur inspiré de L’Honneur de la tribu. Il est bon de rappeler que l’enfant de Boudouaou avait écrit des textes très subversifs au temps du parti unique ; son roman Une peine à vivre, raconte, avec brio, le destin d’un dictateur dont le pays n’est guère nommé. Mort à Paris, loin des siens, durant la guerre contre les civils, Rachid Mimouni reste un écrivain dont les écrits parlent encore à ceux qui veulent saisir cette quête de liberté, de dignité, de nombreux Algériens. Najib Redouane s’intéresse à la représentation de la nouvelle guerre chez quelques écrivains algériens. Quant à Christine Margerrison, elle s’inspire d’Assia Djebbar et d’Albert Camus pour interroger le sang de l’Histoire. Dans une année, l’Algérie fêtera les 50ans de son indépendance ; des livres de ce genre sont toujours à lire car ils permettent de faire le point et, peut-être, d’avancer un peu, vers des rivages plus cléments.
Algérie : Vers le cinquantenaire de l’Indépendance
sous la direction de Naaman Kessous, Christine Margerrison, Andy Stafford et Guy Gugas
Editions l’Harmattan, Paris







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