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  1. #22
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Tarek Chaouch :


    Mercredi 20 Janvier 2010 -- Ils étaient en concert le 15 janvier dernier, en soirée, au Centre culturel algérien de Paris. Quelle belle idée pour bien commencer l’année 2010 ! Et l’invitation nous a été lancée pour apprécier Yaness et ses amis. En plus des membres du groupe, Yaness a invité pour son spectacle plusieurs amis et musiciens de talent. Il faut dire que les connaisseurs de la musique actuelle connaissent et apprécient toute la tribu affiliée au collectif Louzine Un collectif qui regroupe une série impressionnante d’artistes algériens de tous les horizons, qui manipulent les médiums les plus divers, comme les arts plastiques, la photo, le dessin, la musique… Des musiciens ou des artistes comme Azenzar, Cheikh Sidi Bémol, Daxar, Djelsa, Djmawi Africa, El-Gafla, Fatima Groove, Gaâda, Mamia Cherif, Orchestre national de Barbès, Paname Tropical, Samia Diar, Samira Brahmia, Thalweg, Zalamite Yaness, Zerda ; des dessinateurs à l’image d’Elho et Gyps, des photographes comme Halim Zenati, Mohamed Kaouche, Hamid Seghilani ainsi que des graphistes comme Mustapha Boutadjine, et enfin des artistes de la graphisterie et des écrivains comme Sid-Ahmed Semiane. Ils connaissent le groupe de musique métissée. Il faut dire, pour revenir à Yaness, que ce groupe a été créé et animé par le musicien Ahmed Lasfer. Il fait partie de la «Tribe» héritée de la région d’Arcueil (banlieue de Paris). C’est un collectif de cinq musiciens sur des guitares, des violons, des flûtes, un violoncelle, et basse et des percussions diverses, qui sont inspirés par la musique du terroir maghrébin.

    Les compositions de Yaness traduisent une synthèse réussie, qui excelle dans le brassage des différents genres musicaux que compte la région, inspiratrice du début. Les notes de musique réussissent ainsi un assemblage sincère des airs les plus chauds et les plus doux, venus des lointaines montagnes de Kabylie et enrichis par des influences tantôt chaâbies, tantôt andalouses et tantôt celles venant des contrées sahariennes, ouvrant ainsi une fenêtre musicale sur le désert et ses dunes de sable. La musique de ce groupe original est nourrie par le jeu diversifié des musiciens, venus d’horizons musicaux différents. Cette musique accompagne des textes poétiques, exprimés dans les langues arabe et kabyle, et traduisant le quotidien populaire. L’ensemble est interprété avec talent et professionnalisme, donnant à l’écoute des morceaux d’une rare qualité sonore, aux tonalités les plus enjouées et, par moments, d’une rare nostalgie. Le tout est porté de manière efficace sur les rythmes lancinants du bendir, de la derbouka ou du oudu, soutenus par les notes groovy et veloutées de la basse, qui se trouvent souvent ponctuées par la douceur de la flûte. Cet instrument cède parfois la place au violon dans une sonorité presque égale à la voix humaine.Quelques notes de guitare s’échappent aussi savamment, comme pour s’interposer entre les différentes composantes de ces instruments. Les mélodies fabuleuses de ce groupe sympathique s’accompagnent de textes poétiques exprimés dans les langues kabyle et arabe, qui traitent souvent du quotidien populaire. Cinq musiciens sur scène, venus de partout, offrent en fait un spectacle original de musique métissée et riche en perspective, même si les sujets traitent de la vie au quotidien. Il va sans dire que leur concert donné au Centre culturel algérien de Paris n’a pas manqué d’attirer les habitués et les foules venues se réchauffer le cœur dans la chaleur des folles tonalités de Yaness.

  2. #23
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    Jeudi 25 Février 2010 -- Le Centre culturel algérien à Paris propose, à partir de lundi prochain, une manifestation intitulée «Quinzaine au féminin» qui mettra à l’honneur la création féminine dans toutes ses expressions. Le coup d’envoi sera donné le 1er mars avec l’inauguration de deux expositions, l’une, des oeuvres de Valentina Ghanem, une artiste-peintre d’origine russe qui a vécu en Algérie où elle a pris part à une quarantaine d’expositions collectives et individuelles. L’autre, concerne des poupées drapées de costumes traditionnels de diverses régions du pays, proposée par la créatrice Khaloudya Kara-Mohamed. Le programme comprend trois conférences sur «la Femme entre l’exode et l’enracinement», «la littérature au féminin» et «la femme dans les mouvements de libération». Trois films seront proposés au public du CCA, deux documentaires El Ghorba légende d’Amel Kateb, Abdelkader, l’exil et le divin de Florida Sadki. La réalisatrice retrace dans cette oeuvre les contacts que l’Emir Abdelkader avait eus avec la population de la ville de Pau, où il est arrivé en avril 1848, après sa détention à Toulon et la fascination que suscite cette figure de la résistance populaire contre la colonisation française dans cette ville. «La figure du barbare laisse place à l’image de l’homme sage, érudit et pieux que sait être l’Emir Abdelkader. Deux mondes se rencontrent, deux cultures se font face. Les préjugés laissent place à la compréhension», indique la réalisatrice. Le dernier film est celui de Yamina Bachir Chouikh, Rachida, qui raconte la résistance des femmes algériennes contre le terrorisme. Le clou de cette semaine sera sans aucun doute, le double concert que donnera Naïma Dziria, L’une des valeurs sûres du genre hawzi algérien.

  3. #24
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    PARIS, Dimanche 7 Mars 2010 -- Ghorba, Légende, court-métrage de la jeune réalisatrice Amel Kateb, présenté, jeudi soir au centre culturel algérien à Paris, est un témoignage fort poignant sur la vie des "sans-papiers" en France. Dans la promiscuité d'une chambre d'hôtel du quartier de Barbès, la caméra dépeint le quotidien sordide de jeunes "harragas" algériens, fait de peur des contrôles d'identité et de petits boulots sans lendemains comme la vente des cigarettes de contrebande aux abords de la station de métro ou des petits restaurants populaires de ce quartier du 18e arrondissement de Paris. Ces jeunes "arrivés à Barbès grâce au GPS", comme le précise l'un des "personnages" du documentaire, ne s'adressent pas à la caméra. Ils parlent d'eux-mêmes, entre eux, tournent en dérision leur situation et portent un regard très critique et très noir de cet Eldorado dont ils ont rêvé et pour lequel ils ont risqué leur vie en traversant la mer à bord d'un "botti", une embarcation de fortune, qui a atteint par miracle un rivage, quelque part en Méditerranée.

  4. #25
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    Sonia Lyes :


    Dimanche 7 Mars 2010 -- Depuis quelques mois, des responsables algériens occupant des postes officiels à l’étranger ont pris l'habitude de commenter l’Histoire. Après le recteur de la Grande mosquée de Paris qui, il y a un an, provoquait la polémique avec ses propos élogieux sur Israël, c’est au tour de Yasmina Khadra de susciter la controverse. Mercredi dernier, le directeur du Centre culturel algérien (CCA) de Paris a usé d’un langage particulièrement dur pour parler des Algériens et des relations algéro-françaises. Commentant le débat actuel en Algérie sur l’écrivain Albert Camus, Yasmina Khadra, dans un entretien à nos confrères de l’Expression, a décrit les Algériens comme « des êtres sans relief et sans réelles convictions ».

    « Des êtres forgés dans la suspicion chimérique, de grandes gueules aux bras écourtés, fainéants impénitents, terrés au fond des nullités et des absences insalubres, sordides jusque dans leurs «nobles» pensées. Les a-t-on jamais vus se rassembler autour d’un idéal probant? Les a-t-on jamais vus honorer un héros, un chantre ou bien un martyr? Ils sont là, les doigts dans le nez, à ne rien fiche de la journée, et dès qu’il y a l’ébauche d’une initiative, ils s’extirpent de leur sommeil post-digestif pour ruer dans les brancards », poursuit l’écrivain.

    Pour le directeur du CCA, « la guerre est finie ». « Il est question de regarder plus loin que le bout de notre nez. Il est impératif de lire Camus pour comprendre ce que nous avons été sous le joug colonial, et ce que nous sommes devenus aujourd’hui, c’est-à-dire des êtres sans relief et sans réelles convictions », a-t-il encore décrété. En plein débat en Algérie sur la criminalisation du colonialisme, les anciens moudjahidine torturés comme Djamila Bouhired et les victimes des essais nucléaires apprécieront.

    Selon le décret présidentiel de sa nomination, Yasmina Khadra a le statut « d’ambassadeur en charge du Centre culturel algérien à Paris ». Il y a quelques années, il affirmait dans un journal italien qu’il était « plus connu que l’Algérie ». Aujourd’hui, il qualifie ses compatriotes de fainéants aux grandes gueules. On attend avec impatience la prochaine sortie médiatique de notre ambassadeur…

  5. #26
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    Youcef Zirem :


    Jeudi 26 Mai 2011 -- C’est un essai digne d’intérêt que publie, aux éditions Chihab, le journaliste et écrivain Rachid Mokhtari sur l’un des plus grands poètes d’Afrique du Nord : Tahar Djaout, assassiné au printemps 1993. Ce n’est pas toujours facile de revisiter l’œuvre colossale d’un écrivain pour en faire la synthèse et essayer d’en extraire l’essentiel. Habitué à ce genre d’investigations, Rachid Mokhtari s’en sort plutôt bien. Rachid Mokhtari a, comme Tahar Djaout, publié ses premiers textes dans la presse dans le quotidien El Moudjahid. C’était principalement pour parler de la chanson chaâbie ancienne ; Tahar Djaout a également fait d’excellents portraits de chanteurs reconnus, tel celui qu’il a publié dans l’hebdomadaire Ruptures concernant Chérif Kheddam. Dans Un écrivain pérenne, Rachid Mokhtari évoque les liens des écrits de l’auteur de Solstice barbelé avec la réalité algérienne ; le journaliste de la chaîne 2 explique que Tahar Djaout a toujours été un homme libre qui allait au fond des choses, qui avait horreur de la superficialité. Dans le chapitre, «La rébellion esthétique», il explore la magie de l’enfant d’Oulkhou, en Kabylie maritime ; une magie qui se dresse souvent contre l’ordre établi. Quand un créateur est sincère, il est obligé de se rebeller contre toutes ces usurpations et autres dérives qui ont toujours eu lieu en Algérie. Tahar Djaout, ouvert sur le monde et les différentes cultures, a consacré sa vie à tracer les chemins de la liberté et de la démocratie.

    Dans une autre optique, Rachid Mokhtari parle de l’enfance solaire de l’écrivain ; effectivement l’auteur de L’Invention du désert emprunte les sentiers de l’enfance, indéfiniment. Et l’enfance, ce territoire que tous les hommes partagent entre eux, est toujours ensoleillée. Fauché au moment où il arrivait à sa maturité littéraire, Tahar Djaout laisse néanmoins des textes très forts, très profonds, qu’on lira à toutes les époques. L’essai de Rachid Mokhtari vaut le détour pour se rappeler la grandeur d’un immense poète qui était également un gentleman et un humaniste. Oui, Tahar Djaout est un chercheur des harmonies multiples. Et demain jeudi 26 mai 2011, un documentaire réalisé par le journaliste Abderezzak Larbi Chérif, Un poète peut‑il mourir, sur Tahar Djaout, sera projeté au centre culturel algérien à Paris, à 18 heures.

    Tahar Djaout, un écrivain pérenne, de Rachid Mokhtari, Éditions Chihab

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