Lundi 8 octobre 2007 -- Un parfum d’Orient est perceptible au Louvre avec des chefs-d’œuvre islamiques et iraniens. Avec des feuillets de Coran du VIIIe siècle ou de délicates peintures de l’Iran safavide, le musée du Louvre offre, cet automne, un parfum d’Orient en présentant deux expositions consacrées à plusieurs siècles de production artistique islamique et persane.
«Le chant du monde. L’art de l’Iran safavide 1501-1736» se propose d’explorer deux siècles et demi d’un art iranien admiré et imité, de la Turquie ottomane à l’Inde moghole. «Chefs- d’œuvre islamiques de l’Agha-Khan Museum» expose une sélection de chefs-d’œuvres du monde islamique détenus par le futur Agha-Khan Museum, qui ouvrira ses portes à partir de 2011 à Toronto, au Canada.
Les deux expositions, qui s’ouvrent au public vendredi, se termineront le 7 janvier 2008. Fondamentalement, l’art iranien safavide «célèbre la beauté de l’Univers, création divine», explique le commissaire du «Chant du monde», l’historien Assadullah Souren Melikian-Chirvani.
L’exposition présente près de 200 pièces issues de musées du monde entier, dont ceux de Téhéran et d’Ispahan, objets d’art de verre ou de métal, céramiques, tissus et de très nombreuses peintures de manuscrits dont des pages du célèbre Shah-Name (Livre des rois).
Les scènes délicates de quelques dizaines de centimètres de haut, fourmillant de personnages, de paysages, d’architectures ou d’animaux multicolores, évoquent des anecdotes faisant figure de paraboles tirées des grandes légendes iraniennes.
D’autres, presque monochromes, font penser à l’art délicat du dessin chinois. La «peinture persane n’illustre jamais un texte», dit ce spécialiste de la culture iranienne, «c’est une réponse au texte dont le peintre tire parti», ajoute-t-il.
Des coupes de porcelaine, des bassins de bronze au décor omniprésent ou épuré sont des métaphores. Ainsi «ce plat vert de la première moitié du XVIe symbolise le dôme céleste», explique le commissaire. «Le vert est la couleur du ciel dans la littérature iranienne, le décor floral signifie le jardin céleste et les poissons symbolisent le ciel, souvent comparé à une pièce d’eau».
L’art iranien «n’est pas là pour faire joli», ajoute-t-il, «il ne montre pas le monde réaliste. Pourquoi le faire puisqu’il est déjà là ! Comme tous les arts de l’Orient, il essaye d’extraire de l’apparence de la réalité son essence, son intelligence céleste», affirme M. Melikian-Chirvani.
«Chefs-d’œuvre islamiques de l’Agha-Khan Museum» présente pour sa part 80 œuvres de la collection du futur musée de Toronto, dessiné par le Japonais Fumihiko Maki, qui sera dédié à l’art et à la culture islamiques. Ces œuvre – coupes, éléments architecturaux, manuscrits ou carreaux de céramique – témoignent du «foisonnement esthétique du monde islamique» de l’Espagne à l’Inde, du VIIIe au XIXe siècle, indique la commissaire de l’exposition Sophie Makariou.
L’art de la calligraphie, qui prend toutes les formes, est particulièrement évoqué. Deux pages de 50 cm de haut et 69 de largeur présentent la copie intégrale du Coran, en écriture minuscule. Une sourate est copiée à la feuille d’or sur une feuille de châtaignier et des invocations à Dieu sur les ciseaux du calligraphe.
En parallèle, le musée des Arts décoratifs, qui occupe une aile du palais du Louvre, présente des pièces de sa collection d’art islamique du 11 octobre au 13 janvier 2008.
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8th October 2007 09:44 #1
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L’art islamique au musée du Louvre :
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8th October 2007 09:53 #2
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