Jeudi 22 novembre 2007 -- Le Théâtre national algérien marquera sa participation à la treizième édition des Journées théâtrales de Carthage, en Tunisie. Dans cette nouvelle édition, qui se tient du 30 novembre au 8 décembre, le TNA prendra part avec la Langue des mères.
Mise en scène par Sonia, cette pièce a été présentée pour la première fois lors de la célébration de la Journée mondiale de la femme qui coïncide avec le 8 mars de chaque année, et ce dans le cadre de la manifestation Alger, capitale de la culture arabe 2007.
La présentation était en langue arabe classique d’après le texte d’Alexis Darnes, adapté par l’Irakien Mohamed Kassem et les poèmes de Yanis Ritousse, en collaboration avec Bouzid Harzallah. La pièce Loughat el oumahat (la Langue des mères) revient sur les moments dramatiques vécus par une mère après avoir assisté à l’exécution de son enfant par l’armée coloniale.
La pièce, qui était à l’origine interprétée par 28 comédiens, a été raccourcie par Kassem Mohamed qui a, à l’occasion, fait appel à deux comédiennes seulement, à savoir Ghania Sirouti et Tounes Aït Ali. Ces comédiennes ont su transposer, non sans dextérité, cette œuvre dramatique sur scène.
Les deux comédiennes nous donnent à voir une mère endurant le calvaire après l’exécution de son enfant. Il convient de souligner que les Journées théâtrales de Carthage, qui sont organisées sous le slogan «théâtre et volonté de vivre», sont scindées en trois sections.
La section présence, comportant des représentations de Tunisie, d’Afrique et du monde arabe, la section ouverture, qui se veut une fenêtre sur des troupes en provenance d’Europe et d’Asie. Elle vise à prendre connaissance des expériences des autres.
La dernière section, panorama du théâtre tunisien, propose des pièces produites en 2007 et en 2006.
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23rd November 2007 20:29 #1
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13e édition des Journées théâtrales de Carthage du 30 novembre au 8 décembre :
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25th November 2007 18:19 #2
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Dimanche 25 novembre 2007 -- Langage des mères, réalisée par Sonia, figure parmi la quarantaine de pièces théâtrales programmées aux 13èmes Journées théâtrales de Carthage qui s’ouvriront vendredi prochain à Tunis.
45 pièces provenant de 9 pays arabes, de 2 pays africains et de 5 pays d’Europe, pour un total de 61 représentations, sont au programme de ce festival dont la clôture est prévue le 8 décembre prochain, annoncent les organisateurs qui soulignent qu’en plus de l’encouragement de la créativité dans tous les types d’expression théâtrale, ces Journées prendront position pour défendre la culture et ce, en accueillant des théâtres de pays victimes de violences et de guerres, à l’instar de la Palestine et de l’Irak, «des pays où la volonté de vivre a pu s’imposer, surmontant tous les obstacles, où une nouvelle génération est née et où des gens de bonne volonté défient la mort, grâce à la pratique de l’art dans toute sa noblesse et sa force», dira le directeur du festival, Mohamed Driss.
L’objectif de ces journées est d’inciter à la création de réseaux Sud-Sud et Nord-Sud, afin de susciter une large diffusion des nouvelles créations, de favoriser une solidarité au profit des projets futurs et de créer une dynamique de diffusion que les pays du Sud mettront ensemble en marche, a-t-il ajouté. En marge des représentations théâtrales se tiendront d’autres activités culturelles notamment des rencontres, d’auteurs, des ateliers de musique électronique, des expositions de peinture et des récitals poétiques.
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1st December 2007 19:47 #3
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Samedi 1 decembre 2007 -- Pas moins de 50 pièces théâtrales nourries à différents courants esthétiques sont programmées dans le cadre des 13es journées théâtrales de Carthage. Les 61 représentations sont programmées. Le coup d’envoi a été donné hier soir au théâtre municipal, situé au cœur de la capitale tunisienne, par le ministre de la Culture tunisien Mohamed El Aziz Ben Achour. C’est à la Syrie qu’est revenue l’honneur d’ouvrir la manifestation européoafricaine, une manifestation qui s’étale sur 9 jours pleins, avec son spectacle Show Cola, une grosse distribution du Théâtre national tunisien.
Dix pays arabes participent à cette édition organisée tous les deux ans. La Tunisie, à elle seule, totalise 25 spectacles. Les autres pays participants viennent essentiellement de la rive Sud de la Méditerranée comme le Portugal, la France et l’Italie. L’Afrique subsaharienne est représentée par Les nègres une production sénégalo-italienne. L’Algérie est représentée dans ces 13es JTC par Loughatou El oumahatte — langage des mères — une pièce du Théâtre national algérien (TNA) réalisée par l’immense Sonia dans le cadre d’« Alger capitale arabe de la culture 2007 ».
Des personnalités du 4e art algérien ont été conviés à titre « d’invités d’honneur » à cette édition. Citons parmi elles M’hamed Benguettaf, directeur du TNA et commissaire de la manifestation « Alger, capitale de la culture arabe », Fadéla Hachemaoui, la grande dame du théâtre régional Abdelkader Alloula (Oran) qui a eu le prix de la meilleure interprétation féminine pour sa magistrale interprétation dans La maison de Bernada lors du dernier festival du théâtre professionnel d’Alger 2007 et la pétillante Lamia, digne représentante de la nouvelle génération des artistes de théâtre algérien, elle aussi premier prix d’interprétation et sacrée meilleure comédienne l’année d’avant.
Parallèlement aux spectacles qui seront donnés dans les 11 plus belles salles de Tunis, il est prévu, comme de coutume, une série d’ateliers où la priorité semble être donnée à la formation de l’acteur ainsi qu’aux nouvelles expérimentations menées autour des arts du spectacle. Rappelons que les prix ont été supprimés pour cette session placée sous le signe « Le théâtre, une volonté de vivre ».
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5th December 2007 22:19 #4
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Mercredi 5 décembre 2007 -- Les arts du spectacle, le chant, la danse et les numéros acrobatiques essayent de construire une histoire de jeunes où il est question de migration vers quelque part, une quête de soi peut-être. La mise en piste est une mise en action de figures de cirque. Les cordes n’arrêtent pas d’être sollicitées par des interprètes de sauts et de chutes calculés. Le théâtre n’arrive pas, il y a des sortes de cris collectifs mais pas de paroles, de mise en équation, en adéquation. Le 4e art n’est mis ni en toile de fond ni en toile de forme. Il est mis en position d’attente. A la frontière, mais jamais dedans, la symbiose attendue n’opère pas. Ce sont les effets du cirque qui mènent le bal. Une vieille chanson de la diva Oum Kaltoum entretient l’illusion pour ne pas dire le non-lien dans cette chorégraphie légèrement au dessus du niveau amateur. Les ressorts théâtraux demeurent vœux pieux à l’intérieur d’une représentation plus sensible au tourbillon des airs qu’au toucher du sentiment. Les relations nouées sur scène sont des relations de muscles. A la fin de ce spectacle d’environ une heure, Halfaouine, nom emprunté au quartier, une cité — mémoire de la ville de Tunis — qui abrite l’équipe, le public découvre qu’il a plus assisté à des exercices chorégraphiques qu’à une réelle fusion entre le cirque et le théâtre. La fusion projetée n’aura pas lieu.
Sur une toute autre direction, l’autre pièce tunisienne Paroles amères intervient sur le terrain de l’intime, à l’échelle de l’humain. Les trois personnages de l’histoire (deux hommes et une femme) expriment la tourmente du temps présent. Ils ont le mal-être du présent parce qu’ils découvrent sur le tard qu’ils ont été trompés dans leurs convictions, leur idéaux. Jouant juste, ils nous font revisiter leur hier fougueux et leur aujourd’hui désemparé, amer. Les personnages incarnés par les comédiens Wahiba Jendoubi, Tewfik El Ayeb et Lataiem sont otages de leurs croyances après avoir été prisonniers de leurs illusions. Leur agonie du verbe trahi se déroule dans une sorte de cabaret sombre et repoussant, c’est leur lieu de rencontre, c’est l’espace où ils dévoilent leurs égarement, c’est aussi le temps des aveux, aveux de la petitesse de l’être humain. Tout est sombre sur la scène de la salle Bouzaiene, les costumes, les éclairages, les chansons, la percussion, le dialogue échangé comme on s’échange des balles ennemies. Le spectacle qui dure une heure est d’une facture esthétique plus que satisfaisante. Visiblement les trois comédiens, notamment la comédienne, ont du métier. Ils arrivent, chacun dans son rôle à toucher du doigt l’oppression interne qui couve en chacun de nous. La mise en scène sobre sur un plateau nu ou presque pousse le spectateur à ne focaliser son écoute que sur ce que disent des interprètes et ce qu’ils disent est infiniment triste, infiniment amer. Ils sont tous les trois dans le renvoi d’images de passé cahoteux. Le public en symbiose totale avec le contenu applaudira longuement cette production de la société artistique Espaces.
Autre lieu, autre sensibilité, à la salle Mondial, le public tunisois est convié à suivre la pièce égyptienne Paroles secrètes. Production mièvre d’un niveau artistique au-dessous de la moyenne exigée en pareille circonstance. La pièce du pays du Nil tente de raconter les fantasmes de trois jeunes femmes — sur scène trois filles à peine sorties de l’adolescence. La première est danseuse selon l’histoire, la seconde actrice et la troisième chanteuse. Trois femmes avec le désir, le désir de l’homme. Elles ne parlent que de ça, se disputent entre elles pour ça, se réconcilient autour de ça. Dans une mise en scène d’une platitude inexprimable, la jeune metteur en scène Rihem Abderrazak tente d’insister sur le malaise qui ronge la femme égyptienne dans sa relation à son congénère l’homme mais elle ne fait qu’effleurer le sujet. Il n’y a ni profondeur philosophique ni épaisseur dramatique. Paroles secrètes reste un travail grandement inabouti et il serait préférable de laisser grandir les trois jeunes pousses éloignées de ce type de « réflexion » théâtrale. Les flaques de lumière tenues captives dans ces espèces de longs cornets en fils et les costumes noirs moulants ne pouvaient faire passer la pilule. On peut avoir de la sympathie pour les trois demoiselles qui se sont adonnées à cet exercice épuisant mais pas de mots d’excuse pour la réalisatrice. Il y a tromperie sur la marchandise, comme diraient les commerçants.
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9th December 2007 23:50 #5
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Dimanche 9 décembre 2007 -- Rue Shakespeare est une pièce théâtrale qui intègre la notion de cité de bout en bout dans la distribution des personnages. Elle est un lieu physique pour jouer et faire parler ses sens, mais également un lieu de mémoire et d’histoire entretenu par Zoubeir Benbouchta, auteur d’une trilogie autour de sa ville natale et son inspiration : Tanger l’éternelle.
La mémoire nous écrit pour qu’on écrive sur elle » avertit ce jeune dramaturge marocain d’une rare sensibilité, qui parle de Tanger comme on parle de son ami, de ses amours, de ses quêtes de soi et de la redécouverte de ses racines. Après Lella Jamila et sa fable du rocher, Rue Shakespeare réarticule à nouveau la symbolique de la ville autour des sentiments qui naissent et se développent dans ses murs.
La pièce, écrite dans un style classique, reconstruit les êtres physiques et symboliques à partir de l’histoire de la cité et des conflits individuels qui se passent en son sein. Les conflits de la scène sont des conflits de la vie. Sous ses hauts murs qui murmurent et ses jardins bruissants de mille rumeurs couvés par des jardiniers dévoués, il est question, dans ce récit où s’entrecroisent l’honneur, l’amour, la haine, la vengeance. Tous les ingrédients du théâtre naturaliste sont là. Tous les ingrédients de la vie « dans sa longue marche » sont présents.
Jilani Ferhani, le metteur en scène, opte pour une mise en scène réaliste. Il colle à l’œuvre écrite parce que lui aussi est en ballade. Quelques mots sur le contenu : Une femme entre les deux âges belle et fidèle jusque-là, vit un profond dilemme : faut-il aimer l’homme qui vous aime et trahir le mari qui vous entretient où préférer la voix du cœur acquise au… jardinier, quitte à tout abandonner, notamment le statut social de femme de la haute classe pour parler vulgairement ?
Tout finit par se disloquer envers et contre elle. Il ne restera ni amour ni statut social, mais reste la ville avec ses questions non éludées et ses secrets connus de tous. Les retournements de situations, empruntées au théâtre traditionnel, ne sont là que pourmieux insister sur les déchirements- dépassements qui agitent d’une cité fascinante, régulièrement agressée par le temps conventionnel, mais jamais conquises dans ses fondements, ses éternités. Zoubeir Benbouchta ne fait aucun procès, il constate, écrit et lit ses sensations à travers une pléiade comédiens qui connaissent leur métier, et c’est cela l’essentiel.
Aârs Dem (noces de sang), montée par une troupe palestininne, relate une histoire véridique qui a eu lieu au début des années 1930 en Andalousie, au sud de la presqu’île ibérique. Ecrite par la grand poète assassiné par la horde fasciste de Franco à la deuxième partie de ces mêmes et funestes années pour le peuple espagnol, la pièce raconte la fugue passionnante et tragique d’une jeune mariée qui décide de rejoindre son amoureux, lors de sa nuit de noce avec l’époux imposé par son père. Pièce violente s’il en est — elle constitue la première partie d’une trilogie comprenant Yerma et La maison de Bernada Alba — Aârs Dem est magnifiquement rendue par les fils du pays de Mahmoud Darwiche.
Dans sa relecture-réécriture, George Ibrahim a non seulement su sauvegarder la sève de l’œuvre hispanique mais a pu avec sa sensibilité d’artiste raffiné, lui insuffler le regard arabe d’aujourd’hui. Les sentiments des hommes de Lorca n’ont pris aucune espèce de rides. Ils sont authentiques et violents comme le sont les sentiments de leurs semblables d’aujourd’hui. Les âges se croisent, se confondent, se multiplient. Les temps changent peut-être mais la nature des hommes.
Accompagnés par des musiciens, les protagonistes de la parole jouent juste, ils sont dans l’humain en périphérie, sa société d’appartenance, mais aussi dans son univers intime, intérieur. La mise en scène est précise même si elle est marinée aux couleurs locales, aux senteurs moyen-orientales. Les personnages que fait évoluer Nabil Ghellal, le metteur en scène, interviennent comme des notes de musique. Il y a de la justesse dans le ton, la voix, les intonations graves, lyriques, imagées, embellies. Ils jouent juste, entretiennent une relation équilibrée et complice entre l’hier et l’aujourd’hui.
Parallèlement aux représentations théâtrales, une enrichissante rencontre théâtrale autour de l’œuvre pédagogique et artistique de Jacques Lecoq, disparu il y a huit ans, s’est tenue à l’Institut supérieur des arts dramatiques de Tunis (ISAD). Mohamed Driss, directeur des journées de Carthage, à exprimé, à cette occasion, une immense estime pour cet ancien professeur de gymnastique qui s’est totalement versé dans les techniques du quatrième art, formant des générations entières d’artistes dans les multiples disciplines des arts du spectacle.
« La famille théâtrale n’est pas restée orpheline après la disparition du maître puisque l’école de Jacques Lecoq, située au cœur de la ville des lumières Paris, continue de se développer après lui en prolongeant ses idées » déclare le directeur des 13es JTC. Rappelons que c’est son épouse, Fay Lecoq, présente à cette session, qui a pris le relais de cette institution de formation réunissant chaque année pas moins de 120 étudiants venus des quatre coins du monde. Une bonne partie provient de l’hémisphère Sud, nous apprend Mme Lecoq, la cofondatrice de l’école.







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