Lundi 10 Mars 2008 -- L’association Sherhind, versée dans la valorisation du patrimoine culturel méditerranéen, en collaboration avec le Centre de recherches interdisciplinaires sur les mondes ibériques contemporains de l’université française la Sorbonne, organise le 14 mars prochain à Paris un forum visant à «faire connaître la musique arabo-andalouse à travers son histoire, son répertoire et ses principaux représentants».
A ce propos, Sherhind a rappelé que «la mémoire des peuples vivant sur les deux rives de la Méditerranée conserve, en grande partie, l’héritage culturel qui prit naissance en Andalousie dès le 9ème siècle […]. Cette région, terre de brassage entre plusieurs civilisations, donne lieu à une éclosion sans précédent d’un art musical qui connut un important développement pendant plus de huit siècles aussi bien en Andalousie qu’au Maghreb». Et depuis 1609, «cet art perdure [en Espagne] et donne naissance notamment au flamenco». Mais «le Maghreb est devenu l’unique défenseur et continuateur de cette tradition musicale. Les confréries soufies ont joué un rôle déterminant dans la conservation des chansons arabo-andalouses», ajoutera l’association qui précisera que la musique andalouse d’expression arabe «est présente en Algérie, à travers trois importantes écoles : le ghernati de Tlemcen qui se revendique de Grenade, la ça’naa d’Alger qui se revendique de Cordoue et le malouf de Constantine qui se revendique de Séville». Chaque école interprète cette musique avec certaines nuances, mais avec cependant une constante commune, la nouba, qui correspond à une composition instrumentale et vocale se déroulant selon un ordre et des règles rythmiques et modales bien déterminées. Chaque nouba est construite sur un mode précis qui lui donne son nom.
Après un hommage à cheikh El hadj Mohamed El Ghaffour, l’association prévoit prochainement un événement avec cheikh Fergani, maître du malouf de Constantine. L’hommage à El Ghaffour se fera à travers un cycle de conférences, des intermèdes musicaux, la projection d’un film documentaire de Abdelatif M’rah et une soirée musicale qu’animera le maître du hawzi lui-même en compagnie de ses 13 musiciens. La zaouïa et l’apport de la poésie et du chant religieux dans la musique arabo-andalouse seront le thème central d’une série de conférences que donneront notamment le Dr Dalil Boubekeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris «l’Audition spirituelle Samaa, véhicule de l’élévation intérieure», Ghawthy Hadj-Eddine Sari Ali, universitaire et membre de la zaouïa de cheikh Kaddour Ben Achour El Zerhouni «les Voix dans la tarîqua» et Nassima Chabane, universitaire et chanteuse «Soufisme et chant religieux».
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10th March 2008 17:04 #1
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Forum à Paris sur l’histoire de la musique andalouse
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10th March 2008 17:08 #2
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Lundi 10 Mars 2008 -- Sherhind, une association spécialisée dans la valorisation du patrimoine culturel méditerranéen, organise, de concert avec le Centre de recherches interdisciplinaires sur les mondes ibériques contemporains de l'université française La Sorbonne, un forum sur la culture arabo-andalouse. Ce rendez-vous qui se déroulera le 14 mars prochain à Paris vise à faire connaître la musique arabo-andalouse à travers son histoire, son répertoire et ses principaux représentants.
Selon l'association Sherhind, "la mémoire des peuples vivant sur les deux rives de la Méditerranée conserve, en grande partie l'héritage culturel qui prit naissance en Andalousie dès le IXe siècle". Et l'histoire ainsi que les vesrtiges historiques sont là pour le prouver chez nous comme dans toute la péninsule ibérique. Nul n'ignore que l'âge d'or de l'islam se situe entre le IXe et le XVe siècle. Car à peine deux siècles après la disparition du prophète Mahomet, le pouvoir était éclaté et le règne des khalifes s'était étendu de l'est vers l'ouest, Bagdad, Le Caire et Cordoue où siégeaient les khalifes. Trois zones avaient cependant des influences et des pouvoirs principaux : Il s'agit des Abbassides qui couvraient l'Iran et l'Irak du Sud; les Fatimides qui s'étendaient sur l'Egypte, la Syrie et l'ouest de l'Arabie; et enfin, l'andalousie allant du Maghreb à l'Espagne musulmane.
A cette époque le monde arabo-islamique avait de solides bases culturelle, religieuse et linguistique au point où la langue arabe fut à cette même époque, la langue scientifique internationale, comme c'est le cas aujourd'hui de la langue anglaise. Celui qui parlait l'arabe était considéré comme une personne non seulement érudite mais raffinée. Ce n'était pas une langue propre aux musulmans car elle était étudiée et parlée à la fois par les musulmans les mozarabes (chrétiens sous domination musulmane) et les juifs. Amateurs de la beauté, de l'esthète et de la nature, les andalous valorisaient hautement la prose et la poésie.
Jusqu'alors le pouvoir se concentrait à Cordoue, la capitale de l'Andalousie, mais les trois période de Taifas ou régnait une anarchie totale avait provoqué sa décentralisation. La forme la plus cultivée et la plus élégante de la poésie fut la qasida, et celle plus populaire s'appelait muwashaha et zéjel, dont l'auteur le plus réputé fut Ibn Quzman (XIIe siècle), dont la renommée s'étendit jusqu'à Bagdad. Bien que l'Islam ne favorisait pas l'éclatement de la chose lyrique, durant la période arabo-andalouse, de grands musiciens ont fait leur apparition dont le célèbre Ziryab, provenant de Bagdad au IXe siècle, qui, tout en révolutionnant les modes vestimentaires, la cosmétique et la cuisine fut un magnifique joueur de luth auquel il ajouta une cinquième corde.
La prose - surtout philosophique - fut notamment représentée par le penseur Ibn Tufayl, qui se fit remarquer par son ouvrage Hayy Ibn Yaqzan, connu aussi sous le nom du Livre du Philosophe autodidacte. Des émirs et califes, tels qu' Abderrahman II, Abderrahman III y al-Hakam II furent eux-mêmes de grands érudits qui s'entourèrent de savants. Ils firent traduire les principales œuvres grecques et édifièrent des mosquées où l'on enseignait la religion et la jurisprudence. Certains furent même de grands poètes comme le roi Al-Mutamid de Séville. On créa aussi des bibliothèques publiques et privées, ce qui traduit bien la portée culturelle de cet empire. Le célèbre Ibn Hazm (994-1064) consacra de nombreuses pages au classement des sciences dans des livres comme le Maratib al-ulum ou Kitab al-ajlak. Cet auteur a été un des plus prolifiques de l'Islam qui s'est distingué en tant que poète, théologien, juriste, historien et philosophe.
Un autre des grands sages fut Saïd qui rédigea, entre autres, le Tabaqat. L'occupation arabe de l'Espagne durant huit siècles aura laissé un grand héritage scientifique et culturel. Certains historiens considèrent d'ailleurs l'Espagne musulmane comme le centre culturel le plus important du monde à cette époque.
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22nd March 2008 19:51 #3
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Samedi 22 Mars 2008 -- Des activités culturelles ont été organisées vendredi au grand amphithéâtre de la Sorbonne (Paris), en hommage au grand maître du hawzi Hadj Mohamed El- Ghaffour. Cette journée est coorganisée par l’association Ahl El-Fen de Nedroma (Tlemcen), le Centre de recherche interdisciplinaire sur les mondes ibériques contemporains (Crimic) et l’association Shirhind de Paris, activant pour la valorisation du patrimoine culturel méditerranéen.
Dans son intervention, le professeur Sadi Lakhdari, directeur du Crimic, a rappelé que cet hommage s’inscrit dans le cadre d’une série de manifestations sur la musique arabo-andalouse, entamée en juin dernier avec la Sanâa d’Alger et son représentant Sid-Ahmed Serri. Cet hommage s’inscrit dans un cadre encore plus vaste puisque les organisateurs ambitionnent de valoriser tout ce qui peut unir les peuples de la Méditerranée. «L’arabo-andalou est le genre le plus expressif du métissage et des interactions culturelles», a-t-il indiqué.
Pour lui, la musique arabo-andalouse est «un exemple de raffinement culturel et de spiritualité procurant une forte émotion et un exemple d’union, d’harmonie et de rapprochement des peuples méditerranéens, au-delà des frontières et des cultures». De son côté, le professeur Nadir Maârouf, enseignant de l’anthropologie du droit à l’université d’Amiens, et musicien, avant d’animer un récital hawzi et aroubi, a présenté une courte intervention sur le chant courtois médiéval du Maghreb. Cet universitaire a fait preuve, devant une assistance très attentive, d’une maîtrise du luth et de qualités vocales incontestables.
L’hommage s’est poursuivi avec comme événement phare le concert animé par Hadj Mohamed El-Ghaffour. La zaouïa et l’apport de la poésie et du chant religieux sanâa dans la musique arabo-andalouse, des intermèdes musicaux, la projection d’un film documentaire du cinéaste Abdelatif M’rah ont été parmi les activités de ce programme.
Né le 5 mars 1930 à Nedroma (Tlemcen), Hadj Mohamed El-Ghaffour, après un bref passage à l’école, rejoint l’atelier artisanal de son père tisserand. En 1948, son oncle percussionniste commence à s’intéresser à sa voix. Il intègre alors de nombreux orchestres de la ville, dont celui de Hadj Ghenim Naqqache, où il s’initie à la darbouka, puis à la mandoline. Il s’intéresse à la poésie des grands maîtres tels que Sidi M’hamed Remaoun, Sidi Kaddour Ben Achour Zerhouni de Nedroma, Benselha, Ben M’saib, Driss Rahal, avec lequel il restera jusqu’en 1953.
La personnalité de Mohamed El-Ghaffour sera fortement imprégnée par la zaouïa Ziania. Il va être fidèle, sa vie durant, à la fréquentation des zaouïas, à leur enseignement et à leur pratique religieuse. Mohamed El-Ghaffour a fait partie de l’orchestre de cheikh Si Driss Ben Rahal comme percussionniste. En 1954, il a créé son propre orchestre. Ses activités sont mises en veilleuse jusqu’au recouvrement de l’indépendance nationale. En 1962, il reconstitue son orchestre et imprime un cachet nedromi à la musique andalouse par ses noubas plus légères et moins académiques que celles de Tlemcen, ainsi que par ses chants et ses q’cidas tirées d’auteurs et de compositeurs nedromis comme M’hammed Remaoun et surtout cheikh Kaddour Ben Achour Zerhouni.
Après une première participation au festival de la musique andalouse de 1967 à Alger, cheikh Mohamed El-Ghaffour décroche, deux années plus tard, le premier prix grâce à sa célèbre chanson Welfi Meriem. Même si ses apparitions se font rares, cheikh Mohamed Ghaffour continue à perpétuer cette tradition musicale ancestrale tout en s’investissant dans des activités à caractère social et culturel dans sa ville natale, Nedroma.







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