Mercredi 27 Janvier 2010 -- L’artiste reste toujours aussi original avec ses moustaches qui lui mangent le visage, laissant à peine deviner un sourire vaguement ironique et souvent donné en pâture à sa timidité maladive. Son exposition a été inaugurée le 15 janvier dernier à Bagneux (Paris) pour se clôturer le 16 avril 2010. Mustapha Boutadjine est un esthète de la première heure. Il s’est souvent consacré au collage comme expression ultime. Aujourd’hui, il nous offre de nombreuses galeries de portraits avec, en avant-première, son exposition au théâtre Victor-Hugo, dans la ville de Bagneux. L’évènement, prévu du 15 janvier jsuqu’au 16 avril prochain, a débuté donc un mois avant le début de l’exposition, qui se tiendra à la maison des Arts, à l’occasion de deux spectacles présentés par des artistes africains au théâtre Victor-Hugo. Les œuvres exposées au théâtre s’organisent ainsi à la manière d’une galerie de portraits. L’ensemble de ce travail est dédié à des personnalités majeures de l’émancipation africaine, à l’exemple de Patrice Lumumba (1925-1961), figure centrale de ce combat qui, pour sa part, sera exposé à la maison des Arts. En ce qui concerne le théâtre, il s’agit, d’une part, de la pièce les Bouts de bois de Dieu, présentée par la Boyokani Kyeseli Company, sur une adaptation réalisée à partir d’un fait réel, à savoir la grève la plus longue que l’Afrique n’ait jamais connue à Dakar et à Bamako, d’octobre 1947 à mars 1948 ; celle des cheminots du Dakar – Niger, qui a eu lieu et s’est terminée avec succès.

Un parcours riche en images

Mustapha Boutadjine est défendu depuis plusieurs années par la maison des Arts. Il vit à Bagneux et travaille à Paris. Le plasticien, qui réside depuis plusieurs années en France, est né le 16 mai 1952 à Alger. Il est diplômé de l’Ecole nationale des beaux-arts d’Alger en architecture d’intérieur (1974), ainsi que de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris (1978). Il obtient un DEA en esthétique et sciences de l’art ainsi qu’en design à Paris I, Panthéon-Sorbonne (1984). Il est maître-assistant et chef de département de design à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts d’Alger (1979-1988), et enseignant associé à l’Ecole polytechnique. Il réalise, lors de son parcours, plusieurs expositions individuelles 2008, au French Kwa, Paris 20e, en 2008, La Bellevilloise, Paris 20e, en 2008, au Centre culturel algérien, Paris 15e, en 2007, au Havanita café, Paris 11e, toujours en 2007, au théâtre de Charlevilles-Mézières, et aussi en 2007, à l’Espace l’Harmathan, Paris 5e. Il sera aussi en 2006 à la galerie Arcima, Paris 5e, dans les années 1996, 1998, 2000, 2002, 2004, puis à la Mer à boire, Paris 20e, et en 2005, à l’espace Mon chien stupide, Paris 20e. On le retrouve aussi, en 2005, à la maison des Arts de Bagneux et, en 2003, au Festival d’Avignon. Il est également présent en 2003 à l’Armada de Rouen et aux Sept lézards à Paris, Paris 4e, puis en 2002, au sein de l’Agora de la Fête de l’humanité à La Courneuve. En 2002, l’Unesco à Paris 15e l’accueille, ainsi qu’en 2001, au siège central de la CGT à Montreuil. En 2000, il expose à la maison de la Culture Mont-Saint-Martin, et toujours en 2000, à l’université d’Amiens. Il est aussi, en 1998, accueilli au Magic cinéma de Bobigny, et en 1997, à l’Agropolis à Montpellier, puis, toujours dans la même année, au journal l’Humanité, à Saint-Denis. Avec aussi un passage en 1996, à la Bourse du travail à Saint-Denis 1994, Théâtre de l’Européen à Paris 17e. En 1988, il expose à Ecole nationale supérieure des beaux-arts d’Alger.

Très prolifique, Mustapha Boutadjine participe aussi à des expositions collectives, notamment à l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, maison de la Culture à Orléans, et à la mairie de Bobigny, au sein du journal l’Humanité, ainsi qu’au Salon de l’éphémère à Fontenay-Sous-Bois, puis à la galerie de la Paix à Montluçon, et au Tremplin à Ivry, avec un passage au musée de Grenoble, et à la FIAP de Paris. Il est aussi présent au Salon contemporain de Bagneux, et aux Ateliers des quais de la gare à Paris. C’est ensuite un passage par l’espace magazine Regards à Paris et par la Biennale internationale du graphisme à Chaumont… Il a une exposition permanente au Havanita café, au 9, rue de Lappe, 75 011 Paris. Dans sa deuxième exposition esthétique, appelée «Les Afriques autrement». Il propose une carte blanche au plasticien Olivier Sultan, à la maison des Arts de Bagneux, sise 15, avenue Albert-Petit, 92 220 Bagneux, du 12 février au 16 avril 2010, et ce dans une sorte de happenning ouvert aux artistes comme Berry Bickle, Joe Big Big, Barthélémy Toguo, Yazid Oulab, Kamel Yahiaoui, Kader Attia, Mustapha Boutadjine, Samuel Fosso ou Alex Burke, dont les singularités affirment autant d’identités fortes que la richesse créative issue du continent africain.

Artistes et Afriques mosaïques

Ce sont des artistes africains qui vivent et travaillent aussi bien dans leur pays natal qu’à travers le monde. Ils redéfinissent les contours d’une Afrique d’aujourd’hui. Ni «ethniques», ni «primitifs», avec humour et ironie, ils tiennent à distance les préjugés paternalistes qui sévissent encore concernant la diffusion et la réception de l’art africain. Les œuvres présentées ont pour caractéristique technique de faire appel à des assemblages, des collages et autres recyclages d’objets manufacturés ou de matériaux les plus divers, qui font référence aux moyens d’expression radicalement anticonformistes mis en œuvre par les avant-gardes du XXe siècle, pour leur offrir une nouvelle jeunesse, à la fois innovante et familière, dont les surprenantes inventions paraissent immédiatement universelles. Leurs formes diverses sont autant d’approches sensibles. Elles révèlent par leur originalité et la simplicité poétique des matières utilisées par leur révolte contre les agressions faites à l’environnement, un regard nouveau porté sur le monde. Ces artistes construisent avec la pluralité de leurs histoires, de leurs parcours et de leurs sensibilités une mémoire partagée, conjuguée au présent, et où l’avenir se dessine loin des pulsions intégristes et de tout esprit communautariste. Une série d’évènements que chapeaute Mustapha Boutadjine, qui marque aussi une présence marquée au sein de ce qu’il est communément appelé «la graphisterie», un des éléments locomoteurs du collectif Louzine. Intéressant à découvrir pour ceux qui aiment nos artistes présents sur la rive nord de la Méditerranée.