Dimanche 23 Janvier 2011 -- Le cinéma algérien continue de susciter des interrogations et à intriguer les cinéphiles d’outre-mer. Mieux, à susciter l’admiration chez certains, c’est selon. Un phénomène qui s’expliquerait par le manque d’images en provenance d’Algérie. Faire un film dans les pays de l’Afrique du Nord s’apparente à un exploit. Un défi. Un combat au quotidien. Le cinéma algérien nécessiterait-il qu’on se penche sur lui pour le décortiquer? Certaine-ment. Certains s’y attellent actuellement et on attend ce livre avec impatience! Le cinéma d’Algérie réalisé par des cinéastes d’ici et d’ailleurs est-il représentatif de la société algérienne? Pour la nouvelle génération de cinéastes, à l’instar de Tarig Teguia, Lyès Salem, Rabah Ameur Zaïmèche et consors, leur filmographie se veut comme teintée d’une forme de désenchantement, avec une certaine distanciation dans le regard, note-t-on, due sans doute à l’appel du traitement esthétique de leurs films. La filmographie algérienne de ces dix dernières années prend de plus en plus ancrage dans la réalité sociopolitique tout en la contournant tel Mascarades ou mieux, In land. Mais il faudra beaucoup plus de temps pour que les Algériens reprennent confiance en leur cinéma tant celui-ci manque souvent d’authenticité, en général. S’intéresse-t-on ailleurs plus à notre cinématographie qu’ici? Sans doute. La ville française Montpellier a choisi de consacrer le regard de son Festival régional au 7e art algérien. C’est bien, tant mieux. On ne peut que s’en réjouir. L’inauguration de cette nouvelle édition «Regards sur le cinéma algérien» aura lieu le 27 janvier à l’espace Martin Luther King avec le vernissage de l’exposition «Peinture et Cinéma» du grand peintre algérien, Tayeb Arab. Une expo qui se déclinera entre toiles, caricatures et aquarelles. Elle sera suivie de la projection du film Machaho (1995) de Belkacem Hadjadj (en présence du réalisateur). Arezki, un paysan des montagnes de Kabylie, recueille un jeune homme, Larbi, trouvé inanimé dans un sous-bois enneigé. Soigné par la femme et la fille d’Arezki, Larbi se rétablit. Il noue une liaison avec la fille du paysan et part. Le père découvrant que sa fille est enceinte veut laver son honneur dans le sang du jeune étranger. Ce film est, en fait un hommage rendu aux femmes algériennes. Il est bon de savoir qu’il est l’un des premiers films algériens à être tourné en langue kabyle. Un choix audacieux pour cette époque.
Toujours dans le cadre du festival «Regards sur le cinéma algérien», la médiathèque William Shakespeare de Montpellier convie les cinéphiles du 3 au 25 février à la projection d’une série de films algériens des plus intéressants. Au programme Harragas, le dernier film de Merzak Allouache (fiction de 2009, 90’). Comme son nom l’indique, ce film met en scène la tentative d’évasion clandestine à 200 km des côtes algériennes d’un groupe de jeunes vers l’Espagne. Un film moyen qui manque d’émotion. Mimezrane, la fille aux tresses de Ali Mouzaoui (fiction de 2008, 101’) est tiré d’un conte kabyle. Le film relate une très belle histoire d’amour, celle de la belle Mimezrane et de Hennouche, qui vécurent ensemble une enfance insouciante. Mascarades de Lyès Salem (fiction de 2008, 92’) est une belle satire de la société algérienne qui peine à ouvrir ses yeux sur ses problèmes, et que le réalisateur tente de soigner avec de l’humour. Tout le monde se moque de la soeur de Mounir atteinte de necroleptie. Mounir annonce un jour qu’elle va se marier à un riche homme d’affaires étranger. S’ensuivent des quiproquos à la chaîne. La belle au bois dormant sort enfin de sa torpeur...Enfin, Malek Bensmaïl est présent via ses deux films documentaires, Aliénations (Algérie - France, 2003, 105’) et La Chine est encore loin (2008, 120’). Dans le premier, le réalisateur s’intéresse aux malades mentaux d’Algérie et va tourner dans l’hôpital psychiatrique de Constantine. L’auteur dédie ce film à son père, l’un des fondateurs de la psychiatrie algérienne. Et si la folie était le summum de la sagesse? semble désigner du doigt ce film bien abouti. Dans le second, Malek Bensmaïl revient dans son village cinquante ans après la guerre de sept ans qui mènera l’Algérie à l’indépendance. Il y filme les habitants, entre présent et mémoire. Le rôle du savoir y est dominant à travers le filmage de ces enfants dans un coin reculé de l’Algérie. L’ignorance où cela nous mène....L’un comme l’autre, tentent de sonder la crise culturelle et politique de l’Algérie. Au menu également, Esssaha (la place) de Dahmane Ouzid. Dans la catégorie court métrage, on retrouve Khoya et Khti de Yanis Koussuim, Les Baies d’Alger de Hassan Ferhani, El Djinn de Yasmine Chouikh (2010-20’) et Le Dernier passager de Mounès Khemmar (2010-7’). Le but de ce festival est donc de favoriser la diffusion du 7e art algérien, trop souvent méconnu.
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23rd January 2011 04:23 #1
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Festival «Regards sur le cinéma Algérien 2011» à Montpellier







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