+ Reply to Thread
Results 1 to 2 of 2
-
26th March 2011 09:15 #1
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,634
-
26th March 2011 14:21 #2
Super Moderator
- Join Date
- Jan 2006
- Posts
- 289,634
Youcef Zirem :
Samedi 26 Mars 2011 -- Tout ce temps qui a passé n’a pas apporté l’oubli. La douleur elle‑même ne s’est pas totalement estompée. Le cycle infernal des violences multiples qui avait terriblement secoué l’Algérie au début des années 1990 a fauché de nombreuses vies, des femmes et des hommes de valeur. L’association «Ajouad Algérie Mémoires» veut entretenir la flamme du souvenir tout comme elle ambitionne d’entreprendre des projets pour venir en aide à ceux qui ont souffert de cette violence aveugle. Ainsi, elle organise ce dimanche 27 mars, à Paris, à partir de 16 heures, au Cabaret Sauvage, une rencontre musicale et «humaine» avec la participation d'Amazigh Kateb, Cheikh Sidi Bemol, Samia Brahmia, Essi Moh, Gaada Diwan Bechar et d’autres artistes.
«Ajouad» a déjà salué la mémoire, entre autres, de Saïd Mekbel, Tahar Djaout, Abderahmane Fardhab, Hichem Guenifi, Abdelkader Alloula, Youcef Sebti, en organisant le 22 mars une soirée de témoignages et de lecture de textes à Villejuif, dans la région parisienne. Parmi les animateurs de l’association «Ajouad», on trouve Nezim Mekbel, fils de Saïd Mekbel, ce billetiste de génie, assassiné au mois de décembre 1994 à Alger. «El Ghoul» ou encore «Mesmar Djeha» avait une plume hors du commun ; en quelques mots, il allait à l’essentiel avec talent et émotion. Saïd Mekbel, qui n’avait jamais écrit dans la presse du parti unique, n’a jamais été corrompu par un quelconque pouvoir ; il avait arrêté d’écrire ses billets à la suite du coup d’état du colonel Boumediene, en 1965 ; il avait attendu l’ouverture générée par les tragiques événements d’octobre 1988 pour reprendre son art avec la réapparition d’Alger Républicain. Saïd Mekbel pouvait fuir l’Algérie mais il est resté dans le pays de ses ancêtres même s’il se savait menacé.
Raja Alloula, la veuve du grand dramaturge fait également partie de cette association ; tout comme Amel Fardhab, la fille de Abderahmane Fardhab, docteur d’État, assassiné à Oran au mois de septembre 1994, ou encore Asma Guenifi, sœur de Hicham Guenifi, assassiné en juin 1994 à Bachdjarah. «Combien de journalistes assassinés ? Combien d’hommes ou de femmes, symboles de la culture algérienne sont morts ? Comment va‑t‑on honorer leur mémoire ? Les soumettre à l’oubli ? Leurs vies ne sont elles pas honorables, ne représentent‑ils pas la fierté de tout Algérien ?», se demande, Asma Guenifi, psychologue et présidente de l’association des femmes euro‑méditerranéenes contre les inégalités, dans un article, précieux et lucide, publié sur le site du quotidien Le Matin. Les interrogations légitimes d’Asma Guenifi ne manqueront certainement pas d’interpeller les uns et les autres. À bien des égards, un pays, quel qu’il soit, ne peut se construire sans sa mémoire.







LinkBack URL
About LinkBacks
Reply With Quote
Bangladesh
Ecuador
Morocco
Nepal
Nicaragua
Puerto Rico
Russia
Scotland
South Africa
Ukraine
Virtual Countries