Mardi 10 Avril 2007 -- Les jeunes de la troupe théâtrale de l’association Iguerbouchène, de la commune des Aghribs, ne s’attendaient pas à pareille mésaventure que celle de ce week-end à Bordj El Kiffan. Invités comme plusieurs autres associations de la wilaya de Tizi Ouzou, dans le cadre de la manifestation, “Alger, capitale arabe de la culture”, pour se produire à la Maison de la culture de la ville et présenter une exposition ainsi qu’une nouvelle pièce théâtrale intitulée Azhar Iaouedj, au nom ô combien évocateur, la suite des péripéties endurées, il ont été tout simplement empêchés de jouer leur spectacle et contraints à un retour chez eux plus tôt que prévu et ce, par l’ignorance et l’excès de zèle de certains organisateurs.

Pourtant, tout avait bien commencé pour ces jeunes et c’est donc avec un enthousiasme affiché qu’ils rallièrent leur lieu de rendez-vous à Bordj El Kiffan. Une fois sur place, un responsable de l’organisation leur a demandé de jouer leur pièce en arabe et non en tamazight, chose techniquement impossible, lui répliquent-ils, car comment faire pour la traduire et apprendre les rôles en un temps très court. C’est alors que ce dernier change de subterfuge en leur demandant de “jouer en improvisant n’importe quel sketch en arabe”, racontent-ils. Devant le refus des membres de la troupe, l’organisateur leur exige, enfin, d’écourter leur pièce qui dure réellement une heure.

Les jeunes racontent, tout en émoi, le mépris affiché dont ils ont été victimes. Ce qui s’est produit ensuite relève de l’inconscience si ce n’est de l’ignorance. En effet, dès l’entame de la pièce, le même responsable, avec ses acolytes, a coupé carrément la scène pour perturber les interprètes. Devant l’abnégation de ces derniers à continuer de se produire, ce fut le sommet du mépris et de la bêtise : ils ont mis en marche un disc-jockey. C’en est fini de la représentation et de la représentativité de l’association culturelle Iguerbouchène dans le cadre de “Alger, capitale arabe de la culture”.