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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Samedi 25 Avril 2009 -- Le département d’Interprétariat et de traduction de l’université d’Alger organisera les 27, 28 et 29 avril un colloque international intitulé “Traduction, pluridisciplinarité et traversée des frontières” au palais de la culture Moufdi-Zakaria. En effet, le département que dirige Mme Fatma-Zohra Ferchouli a récidivé pour la seconde fois de suite en prenant l’initiative d’ouvrir les débats sur la traduction en Algérie à la faveur des mutations intervenues. Selon les organisateurs, cette rencontre, ouverte au public et qui sera animée par une pléiade d’universitaires nationaux et internationaux, offrira un espace aux chercheurs, aux professionnels et aux formateurs pour débattre cette discipline et son rôle prépondérant dans le développement d’une nation. À l’heure de la mondialisation, nul n’est censé ignorer l’apport des nouvelles technologies de l’information et de la communication pour la discipline de la traduction, puisque le traducteur n’est pas enfermé dans une tour d’ivoire au milieu d’une foule de dictionnaires et de glossaires. À la lumière de cet argumentaire, les animateurs de ce colloque qui se succéderont à la tribune du palais Moufdi-Zakaria tenteront d’apporter des éléments de réponse sur le rôle du traducteur qui s’avère indispensable pour relier deux langues qui se séparent, en jetant des passerelles et trouvant des liens nécessaires. On signalera, à ce titre, la conférence de Paul Balta qui traitera de “L’art de vivre en Méditerranée, traversée des frontières”. D’autres intervenants s’attarderont sur la formation universitaire dispensée au traducteur et les exigences du marché du travail. Le contenu du cursus prodigué au “translater” est-il suffisant pour être employable sur le marché du travail ? La question s’impose aujourd’hui après l’ouverture du marché économique national, d’où la demande croissante ces dernières années sur le métier de translater. Aussi, la formation dans les langues est-elle l’unique critère pour aspirer embrasser une telle profession ? L’apport de la pluridisciplinarité dans la formation d’interprète est primordial, d’où la nécessité d’introduire des modules de langues de spécialités pour parvenir à développer la traduction spécialisée. De l’avis des chercheurs, le traducteur qui a bénéficié de formation généraliste à l’université a besoin d’un autre cycle de spécialité. Le comité d’organisation, animé par Mohamed Réda Boukhalfa, chef de département adjoint d’interprétariat, et Merakchi Khadidja, maître assistante à l’université, remercient les entreprises Sonatrach, Andru, Sidar et la maison d’édition Maison blanche algérienne pour avoir contribué à la tenue de ce colloque.

  2. #2
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Mardi 28 Avril 2009 -- Ses travaux du colloque international qui a pour thème « Traduction, pluridisciplinarité et traversée des frontières » ont débuté hier au Palais de la culture (Alger) et se poursuivront jusqu’à demain (29 avril) avec un programme qu’on est tenté de qualifier de trop ambitieux. En effet, les trois plénières et les quatre ateliers prévoient pas moins de 50 communications auxquelles il faut ajouter 11 séances-débat d’environ 15 minutes chacune et un temps finalement assez long consacré à l’ouverture solennelle durant la matinée du premier jour. En plus des Algériens, les communicants, souvent des enseignants chercheurs viennent de tout le pourtour méditerranéen (Tunisie, Liban, Turquie, Italie, France et Espagne) et les interventions sont prévues en arabe, espagnol, français et en anglais). Ce colloque, il faut le relever, fait plaisir aux étudiants de l’université d’Alger, accourus nombreux, pour profiter d’une aubaine dorénavant peu commune en Algérie.

    Pour ne pas tout gâcher ne voilà-t-il pas qu’une ex-ministre, Mme Boutheina Chériet, présidente du premier panel, se fait apostropher gentiment dès le début des travaux pour un rappel à l’ordre par l’auteur de la première communication. La conversation au téléphone de notre présidente de séance, du haut même de la tribune, était devenue somme toute un tantinet gênante. Qu’à cela ne tienne, notre dame Chériet remettra ça quelques dizaines de minutes plus tard ! Oubliant sans doute qu’elle présidait la première matinée des travaux et se devant par conséquent de veiller au maintien de la discipline pour réussir une bonne écoute, elle se mit à discuter (toujours au haut de la tribune) avec son voisin. Et, une deuxième fois, elle se fait, mais bien vertement, remettre à sa place. Ce banal et bénin incident mis à part et en déplorant le fait que les intervenants ont été contraints de rogner, avec quelques préjudices, leurs communications, il faut reconnaître que les thèmes abordés sont fort intéressants voire passionnants.

    L’intervention de Paul Balta, présentée par Mme Naïma Lafkir Lafitte, était un délice non pas seulement parce qu’elle parlait de l’évolution des cultures à travers la cuisines de la Méditerranée, mais aussi parce qu’elle mettait en évidence comment ces aires géographiques de la Marenostreum ont procédé à des échanges, se sont interpénétrées pour s’enrichir mutuellement. Erudit, chercheur infatigable, Paul Balta est allé traquer dans l’histoire et les textes sacrés des arguments pour dire que tout ou presque a été traduit afin de passer les différentes frontières et pas uniquement les terrestres. Le relais a été pris par Roland Lafitte qui alla jusqu’à l’ère de la Grèce antique pour retrouver les origines du mot « fantasia » et comment les différents peuples de la Méditerranée se le sont approprié au cours des siècles.

    Passons sur la communication de Mme Nacira Zellal, de l’université d’Alger et responsable de Labo Slancom trop savante. Elle est passée sur nombre de compréhensions et n’a pas dû laisser des traces dans beaucoup de têtes. L’universitaire tunisien, Abderrazak Bannour, avec le thème « Epistémologie de la traductologie » a tenté de faire la part entre cette dernière et la traduction. Les interventions à venir lors de ce colloque semblent prometteuses mais tout un chacun sait que le monde arabe ne traduit pas ou du moins très peu et, en ce domaine, il fait figure d’exception. Il vrai que les dirigeants arabes sont peu portés sur les sciences, toutes les sciences parce qu’ils appréhendent la traduction comme une discipline subversive.

  3. #3
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    Mercredi 29 Avril 2009 -- Le monde a découvert l’importance de la traduction à grande échelle il y a treize siècles, lorsque le souverain Abbasside El Mamoun entreprit de faire bénéficier son empire des trésors des sciences indiennes, perses et grecques en transvasant à la langue arabe des milliers d’ouvrages et autres documents relatifs à toutes les disciplines de la pensée. Telle ne semble pas être la préoccupation des actuels roitelets et autres petits tyrans du monde arabe pour qui, certainement, la traduction a forcément des relents subversifs. La situation en Algérie n’est pas reluisante, elle est même pire que dans d’autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. C’est ce qui ressort des propos de Mme Fatma Zohra Ferchouli et de M. Fassi, respectivement chef de département d’interprétariat et de traduction et, doyen de la faculté des lettres et des langues de l’université d’Alger.

    M. Fassi. Doyen d’université : « Nous n’avons ni une politique ni une démarche »

    M. Fassi, pourquoi la traduction se porte-t-elle si mal en Algérie ?

    Pour ma part, je lie cela à la culture de manière générale, en d’autres termes, la traduction est partie intégrante de la politique culturelle algérienne. Si l’on dotait la culture des moyens nécessaires et qu’on lui restituait la place qui lui revient parmi les aspects politiques importants dans le pays alors sa situation évoluera.

    L’Algérie est un pays parmi ceux qui traduisent le moins et c’est là un enfermement sur soi ; n’est-ce pas très préjudiciable !?

    Oui, en réalité tous les pays arabes vivent cette faiblesse de la traduction et l’Algérie encore plus. Nous nous contentons de traductions qui nous viennent d’Orient dans sa grande majorité. Et ces produits qui nous arrivent du Liban, de la Syrie, d’Egypte comportent souvent un travail faible et mal étudié. Quant à nous, nous n’avons qu’une participation très modeste. Ce qui est par conséquent aujourd’hui exigé de notre pays c’est qu’il se manifeste de façon plus concrète dans ce domaine. Au-delà de l’aspect civilisationnel nous devons commencer à acquérir une expérience dans les pratiques de la traduction. Cela veut dire aussi que nous allons employer des personnels et des spécialistes. Malheureusement, tout cela n’existe pas encore chez nous, on est diminué par de graves lacunes.

    Est-ce qu’une pareille situation est due à un certain immobilisme culturel ?

    C’est juste, nous n’avons ni une politique ni une démarche et ce domaine est abandonné uniquement à quelques individus qui déploient quelques efforts, contactent des maisons d’édition en vu de la traduction éventuelle d’un livre. Mais ceci n’est pas suffisant…

    Pourtant, les institutions peuvent jouer un rôle, cependant à prendre l’exemple de l’université algérienne, elle semble avoir pris le mauvais chemin en noyant le département de traduction sous un nombre effrayant d’étudiants impossible à encadrer...

    Non, je ne suis pas entièrement d’accord avec une telle vision des choses. L’université en réalité forme. Le rôle de l’université est de réussir les cursus étudiants jusqu’à leur termes.

    Mais si c’est insuffisamment encadré ?

    C’est vrai, mais cela dépend de certaines périodes. Actuellement, l’université d’Alger souffre d’un manque d’enseignants en traduction. Ceci est une réalité, une évidence…mais nous pouvons dépasser tout cela. Parfois, nous arrivons à un niveau d’encadrement satisfaisant et d’autres fois nous enregistrons des déficits. Il y a lieu de relever un autre aspect : l’université forme jusqu’à un certain niveau mais pas des traducteurs spécialisés. Par exemple, sur une promotion de 400 diplômés, nous ne pouvons compter que sur une quinzaine ou une vingtaine qui ont les compétences requises pour un travail sérieux. L’université en réalité n’arrive à assurer qu’un niveau moyen…

    Alors pourquoi inscrire 4000 étudiants seulement en graduation s’il n’est pas possible de leur assurer l’enseignement qu’il faut ?

    Pour former un certains niveau. Pour atteindre un niveau supérieur, une idée est d’ores et déjà émise et même si elle n’est pas encore en phase de concrétisation, on pense à la création d’un institut supérieur de la traduction. Je ne dis pas que cela va se faire dans une année mais l’idée est déjà là. Y accéderont, au cas où le projet deviendrait réalisation, les meilleurs étudiants porteurs d’une licence. Avec des étudiants formés ainsi nous pourrons compter sur des travaux de grande qualité.

    Le peu d’intérêt qu’on accorde à la traduction en Algérie ne découle-t-il pas du fait que le pays s’est recroquevillé sur ce qu’on appelle les valeurs ?

    Il n’y a pas de doute. Comme je le disais plus haut, il existe des faiblesses dans la manière de considérer notre culture, notre histoire, notre civilisation, le regard que nous portons sur l’autre, notre existence et notre place dans le monde. Tout cela a de l’importance.

    Pourquoi ne peut-on même pas faire mieux que les Abassides qui ont réalisé de bien meilleures choses il y a treize siècles ?

    Effectivement, El Mamoun, par exemple. Il est dans nos possibilités. Nous pouvons…

    Mme Ferchouli. Chef de département : « Nous sommes très en deçà de ce qui se fait ailleurs »

    Mme Ferchouli, quel est l’état de la traduction en Algérie ?

    Je vais vous sembler pessimiste mais la traduction en Algérie accuse un très grand retard. Déjà dans le monde arabe elle accuse un énorme retard parce que lui-même est loin derrière de très nombreuses régions du monde.

    Il semble à ce propos que l’Espagne à elle seule traduit plus que tout le monde arabe. Est-ce vrai ?

    C’est ce que l’on nous a dit, je pense que cela doit être vrai et nous savons que nous sommes très en deçà de ce qui se fait ailleurs et encore faut-il préciser, l’Algérie est en retard même par rapport à ce qui se fait dans les pays arabes. C’est peut-être dû à cette décennie noire que nous avons traversée. Je ne sais pas. C’est peut-être dû aussi au manque de soutien à tout ce qui a trait à la traduction, mais c’est un fait, notre retard est important.

    Concrètement, quel est le nombre d’ouvrages traduits en Algérie durant l’année 2008 ?

    Alors là, je suis désolée, je n’ai pas l’information exacte. Je sais par contre qu’il y a eu un petit effort parce durant l’année 2008, Alger était la « capitale de la culture arabe ». Il y a eu à cette occasion un effort certain dans le domaine de la traduction, cela reste cependant insignifiant au regard de ce qui se fait ailleurs.

    Pouvons-nous mesurer les efforts de l’Algérie dans ce domaine ? Est-ce que par exemple votre département et de manière générale l’université algérienne disposent de moyens suffisants pour former des traducteurs compétents ?

    Si nous ne croulions pas tant sous le nombre, c’est parce que nous avons des effectifs faramineux – cette année nous avons plus de 4000 étudiants en graduation seulement – alors je pense puisque nous commençons maintenant à avoir un encadrement de qualité nous pourrons faire de meilleures choses même si malheureusement il y a une très grande déperdition. Il n’y a pas lieu d’être totalement pessimiste. Dans le tas, apparaissent des personnes qui émergent et qui sont intéressantes, voir admirables parfois. Elles se détachent du lot.

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