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  1. #1
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    Amara Khaldi :


    Jeudi 25 Juin 2009 -- Du picaresque chtawala de nos amis de l'Ouest au très citadin Iheb Ighoul des enfants de l'antique Mezghena, ou le tonitruant Yi..HA de ceux de l'Est en passant par les Zaama, dial, ou l'inénarrable kima igoulou Djelfaoui et d'autres termes encore, mais en plus « salé », il y a tout un arsenal de locutions avec lesquelles on étaye machinalement son discours lorsqu'on se trouve un peu loin de ses bases habituelles.

    Ces étranges tournures, ancrées depuis la nuit des temps dans nos us, traduisent, en fonction des circonstances, souvent un état d'esprit qui peut susciter une franche rigolade sur la truculence de l'accent du terroir ou une pointe d'agacement lorsque la discussion en est saturée. Leur utilisation peut être générée par le trouble lié à un environnement inconnu, donc potentiellement inhibiteur dans lequel les plus grands érudits perdent parfois leurs moyens, ou tout simplement l'indigence de la langue parlée.

    Comme les béquilles, on les utilise pour assister ses pauvres jambes qu'elles ne pourront cependant jamais égaler !

    La réalité laisse apparaître l'incapacité de notre capital linguistique à formuler nettement une idée sans recourir à des mots étrangers. Une inadaptation de vocabulaire manifeste lorsqu'on se compare avec nos voisins qui eux, par contre, semblent disposer d'une fluidité verbale autrement plus élaborée que la nôtre.

    Hormis les tribuns de carrière, le reste des Algériens montre de sérieux handicaps dans l'expression orale surtout en langue classique. Est-ce dû au manque de pratique ou à l'absence d'un véritable bain linguistique. Il est vrai que la langue académique est rarement utilisée dans les échanges oraux sauf dans des circonstances bien déterminées ou des milieux presque ésotériques. En passant à côté d'un établissement scolaire où les études se font majoritairement en langue arabe, on est franchement étonné de voir une bonne proportion d'écoliers, surtout les filles, s'exprimer sans aucune difficulté en français comme s'il s'agissait de leur langue maternelle. Par quelle recette est-on arrivé à pratiquer et avec quelle aisance une langue qu'on étudie en appoint et qu'on fait naufrage lorsqu'on s'essaie dans sa langue fondamentale ?

    L'origine de l'émulation se confond peut-être avec l'irrépressible nécessité de frimer la nouvelle classe sociale qui commence à imposer son ascendance et ses canons comportementaux au reste de la société par l'adoption de signes distinctifs, dont le langage.

    Plus on gravit les degrés de la fortune ou de la notoriété, plus on s'éloigne de la langue arabe qui devient ainsi le mode d'expression des nouveaux prolétaires.

    Parler à son bébé ou à sa grand-mère juste descendue de sa montagne, en langue étrangère, semble représenter pour certains le must de l'émancipation et de l'ouverture et devient le label de la nomenklatura !

    Dans la vie courante, tous les formalismes sont bannis. Ce n'est même plus le francarabe qui a droit de citée, mais le francalgérien : un cocktail détonnant au relief bigarré genre : el auto crazate elmotard fi elgoudrou (l'auto a écrasé le motocycliste sur le goudron). C'est devenu la langue fonctionnelle par défaut la plus utilisée pour enjamber les tabous entretenus par les gardiens du temple. La revanche des laissés-pour-compte en quelque sorte.

    Devant un micro ou une assemblée quelconque, si on n'est pas bardé en stéréotypes religieux et politiques et d'une bonne dose d'audace on perd carrément ses moyens, on se noie au point de perdre le fil de ses idées.

    L'ostracisme développé par certains, le singularisme par d'autres constituent les principaux facteurs d'étouffement de l'expression spontanée qui s'enferre alors dans tous les tamis qu'on s'impose presque volontairement pour ne pas heurter un cabotinage ridicule en pleine floraison.

    Alors qu'un dialogue de scène en français ou en... égyptien parait des plus normaux et soulève peu de critique, on ne peut s'empêcher de lui trouver un brin de pédantisme lorsque celui-ci est élaboré en arabe classique ! Si dans tous les autres pays on est arrivé à constituer un fonds oral commun, une sorte de langue consensuelle rodée et adoptée par tous, chez nous l'usage abusif d'un langage emprunté à une religiosité à fleur de peau condamne la plus grande partie de l'auditoire au décrochage. Que d'intelligence et d'énergie ainsi marginalisées !

    Que de débats et de discussions prometteuses se sont transformés en réunions d'initiés stériles d'où sont exclus les meilleures pertinences.

    En réaction, sans doute, le côté charnel avec la langue arabe tend à s'estomper pour la placer au même niveau affectif que les autres langues sinon plus bas. On constate que le lien organique qui existait avec cette langue s'est effiloché et est moins intense que pendant la période coloniale où l'on rivalisait d'efforts pour se former et s'exprimer en langue arabe.

    Maîtriser la langue du Coran conférait une grande considération dans la société, en témoigne la place particulière qu'on réservait aux taleb de nos Médersa.

    Sans conteste, elle restera l'une des raisons, sinon la principale, qui a donné ses lettres de noblesse au fameux lycée « Franco-Musulman » de Ben Aknoun (FMBA) et de l'aura particulière dont jouissaient ses pensionnaires.

    Une grande partie des fleurons de la culture arabe et du nationalisme venait de ce prestigieux établissement qui avait le secret de « poinçonner » à jamais ceux qui avaient eu l'insigne chance de le fréquenter. Le FMBA'man existe, je l'ai rencontré !

    C'était une fierté d'appartenir à ce monument qu'on évoque avec beaucoup de déférence. Ses lauréats étaient toujours cités avec beaucoup d'admiration comme référence dans la maîtrise de la langue arabe autant que les autres matières enseignées en plus de la formation d'un modèle de conduite morale exemplaire.

    Imaginer une discussion entre plusieurs de nos compatriotes venant de régions différentes. Au démarrage, chacun essai de limer les aspérités de son particularisme oral, puis dans le feu de la discussion, pour peu que les échanges deviennent plus passionnés, on s'oublie pour retrouver ses réflexes ataviques en s'exprimant dans le patois du terroir et subitement, comme par accord tacite, on recourt au... français et parfois à l'anglais pour conforter une thèse en débat.

    Malgré tous les mérites qu'on lui reconnaît, il est hasardeux de trouver quelqu'un capable de préciser son idée en utilisant la langue arabe classique !

    Hormis nos campagnards qui n'éprouvent aucun complexe dans leur façon d'engager un brin de causette, le reste des Algériens manque singulièrement d'authenticité dans sa façon de s'exprimer naturellement. On ressent l'absence criante d'un fonds langagier commun, d'une langue conviviale qui permettrait au président de la République d'utiliser librement, pour s'exprimer, les mêmes termes que le citoyen lambda.

    Communiquer c'est être avant tout accessible et la langue capable de véhiculer harmonieusement nos idées est la mieux appropriée en dehors de tout maniérisme émasculant ou de querelle de clocher.

    Quel est celui qui pourrait se rappeler au moins d'une phrase en arabe classique puisée dans tel prêche ou tel discours. Mais par contre, qui peut oublier la charge émotionnelle irradiée par la fameuse phrase « Aângar tarbouchec a ba» ! Un slogan électoral percutant concocté par les services de communication bien au fait des cordes sensibles de la société. Non seulement, il avait fait mouche dans tous les esprits à l'époque, mais il est devenu un leitmotiv qu'on peut entendre dans n'importe quel coin du pays. Malgré l'érudition des Egyptiens, par exemple, en langue arabe classique autrement plus importante, la communication orale se fait en langue courante comprise et utilisée par tout le monde sans exclusive (discours politiques, scénarii, dialogues... etc.).

    Pourquoi chez nous on continue de cultiver la fâcheuse obsession de toujours verser dans l'excès et que certains veulent être plus Arabes que les Arabes et plus Musulmans que les Musulmans.

    Soyons Algériens c'est tout.

    Avec mes meilleures salutations à toute l'équipe de notre Quotidien !

  2. #2
    oldstone is offline Registered User
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    ze3mak !
    3endak !
    khellina !
    Plus sobres que les metlates mais un peu plus bourrés que de simples mots...
    ce sont les autoroutes d'une langue permettant de se déplacer très vite dans son expressivité...
    plus strictement des expressions idiomatiques ...

  3. #3
    BACK2MYROOTS is offline Quarantined Users
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    Thumbs down What a polava !

    Chtawala, zaama... et les autres perles de notre langage
    Hi AL-KHIYAL

    I am a linguist (with a small 'l') and I have an intense interest in language behaviour, use and attitudes. When I looked at this thread, I thought I'm in for a real treat. My french is a bit rusty at the moment due to lack of use, but I know a good piece of writing when I see one.

    I'm asolutely certain that this fellow AMRA KHADI is a very smart person and he knows what he is talking about. Unfortunately his writing is SO obscure that it spoilt the whole experience for me. The article should have come with a health warning!

    Who is this article targeting?

    In the uk, clarity of expression is key. That's why 'we' have the Plain English Campain groups here. Users of the language of the Academie Francaise sometimes seem to be totally oblivious of their excesses and of whether their message is actually getting across. Know wo' I mean? All they are interested in is to dazzle! I'm not impressed.

    UVLOSTMEMATE!

    PS: By the way, I lost interest halfway. It's a shame. Author should take note!
    Last edited by BACK2MYROOTS; 25th September 2009 at 18:01.

  4. #4
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    assif akhi, that's what comes of my shotgun approach to adding 'all things Algerian' that I have time to post - not every article is of equal merit, eh?

  5. #5
    BACK2MYROOTS is offline Quarantined Users
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    Let's not abandon this fascinating subject !

    Mush mushkil AL-KHIYAL. Perhaps I was a bit harsh.

    I find it interesting though that the article seems to suggest, among other things, that users of 'fillers' such as 'za3ma' , 'fhimtni khouya?' , 'shtawala', etc are somehow linguistically deficient. The same is often thought of code-switchers (language mixers). Examples:

    * ''fermi el-bab ya khouya''
    * ''ma na3raf, c'est pas sur''
    * ''in shallah, la semaine prochaine nous avons un autre rendez-vous ici, same time, same place keema y'goolu''

    Such jewels only fill me with wonder and and amazement at the miracle of language ( horror, as far as language purists are concerned!). Far from being incompetent, such language users are unconsciously excercising strategies to mean more than the literal meanings of the words they are using. This is not only typical of Algerians (India, Pakistan, Malaysia, many other African countries, Mexican Americans etc etc ).

    Our attitude to language is reflective of our attitude to life itself. Either you live and let live, you enjoy diversity and allow it to flourish, or you waste your life trying to stop natural language processes and developments, unless of course there is a desire by a whole community to change the direction of language change.

    Just as a small challenge. Would anyone like to try to analyse ''in shallah, la semaine prochaine ...........'' ?
    There's so much to say about it!!

    Join me in this, pleaaaaaase!

  6. #6
    Al-khiyal is online now Super Moderator
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    'Purists' of every type can be conversation killers, eh? You are correct to say that the phenomenon of the evolution of 'street speak' (and accompanying horrified condemnation by academics) is not confined to Algeria, it is indeed found all over the world. (There is a study about the contemporary Algerian situation here). If some people have modified vocabularies to enhance their ability to communicate then any criticism of how regular or grammatical such speech is is irrelevant - the djinn is out of the bottle and is not going to go back in just become some grammarians say it should. (You'll find a serious and admirable effort to address the position of Algerian Arabic here). The same grumbling was directed at the use of 'verlan' in France - maybe 'élites' believe that they alone should hold the keys to communication? Whenever such 'modernized' vocabularies emerge they reflect changes that 'traditional forms' have often not yet adapted to and provide additional material for self-expression, which is no bad thing in creative terms, eh?

  7. #7
    BACK2MYROOTS is offline Quarantined Users
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    [Devant un micro ... on perd carrément ses moyens, on se noie au point de perdre le fil de ses idées.]
    AMARA KHALDI

    I agree AL-KHIYAL. It's about creativity and freedom of speech.

    The above quote reminds me of the many people who, immediately after independence, wanted to exercise their freedom of speech on the radio and television, but were very often ridiculed and silenced by those who judged that their darja language wasn't worth listening to. It had a crippling effect on people. Ironically, those who advocated pure forms of speech rarely mastered the lingo themselves. Have you ever met an Algerian teacher of Arabic who always spoke in pure Classical or Modern Arabic in class? Not me.

    Recently, I had to make a mini-presentation on languages in Kenya. As you may know, English is the official language there, along with Swahili which is often referred to as a 'quasi-official language', but it IS recognised as THE National Language. Anyone who looks into the birth and development of SWAHILI can only be fascinated by the phenomenon.

    History is full of lessons for those who choose to live in a fishbowl.

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