Samedi 4 Aout 2007 -- Habiba Djahnine, invitée de l’association culturelle Igelfan, a présenté, mercredi et jeudi derniers à Bouzeguène, son film documentaire Lettre à ma sœur, réalisé en 2005. Fruit de 8 ans de réflexion et de maturation, le documentaire est une réponse à sa sœur Nabila Djahnine, présidente de l’association Thighri N’tmettout (cri de femme) assassinée à Tizi-Ouzou le 15 février 1995.
De Tizi-Ouzou où était basée l’association, Nabila, qui militait activement pour l’abrogation du code de la famille et la liberté de la femme, lui avait écrit une lettre où elle racontait l’escalade de la violence, la répression,l es assassinats, les espoirs si maigres en ces années de plomb. Habiba vivait alors dans une ville du Sud algérien. Lettre à ma sœur est une réponse à cette lettre de 1994, dix ans après l’assassinat de Nabila, une manière de raconter ce qui s’est passé depuis dix ans. Habiba est retournée sur les lieux pour voir ce que sont devenus Tizi- Ouzou et les gens que sa sœur connaissait et avec lesquels elle militait. A travers ce film documentaire, Habiba a voulu leur demander pourquoi l’assassinat et le massacre de civils sont devenus les seules réponses aux conflits qui opposent les Algériens. Durant les riches débats, les intervenants, parmi eux de jeunes cinéastes, ont reproché à la documentariste de ne pas avoir cherché à poser la question : qui a assassiné sa sœur et pourquoi ?
Habiba, qui a expliqué la démarche et la forme cinématographie qui ont prévalu pour la réalisation de son film, a trouvé indigne d’enquêter sur l’assassinat de sa sœur, alors que beaucoup de figures emblématiques du combat pour la démocratie et les libertés sont tombées bien avant elle, soulignant qu’il n’y a pas de réponse directe et claire à toute la tragédie vécue par les Algériens, la question étant ailleurs, le propos étant de voir l’effet et l’impact de cet assassinat sur son entourage. Son film n’est pas un hommage non plus, Habiba parlant de sa sœur comme si elle était encore vivante. La lettre à outre-tombe raconte aussi ce qu’est devenue l’Algérie dix ans après, un pays où les gens n’arrivent pas encore à construire une action collective. La veille, elle a été au rendez-vous du village Ahrik, point de départ du documentaire où sa sœur Nabila avait tenu une mémorable conférence- débat devant une salle comble. Habiba a rencontré toutes ces femmes, arpenté les ruelles tranquilles du village, ses potagers et ses douces senteurs qui rappellent sa sœur Nabila et son combat.
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4th August 2007 04:06 #1
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Lettre à ma soeur, de Habiba Djahnine







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