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  1. #1
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    Chacun sa vie, de Ali Ghanem

    Samedi 17 novembre 2007 -- Après 3 ans de tournage et plus de 7 ans de préparation, le film Chacun sa vie de Ali Ghanem est enfin achevé, un peu grâce au commissariat d’«Alger, capitale de la culture arabe». Tourné en partie en France et une autre en Algérie, ce long métrage tire son essence d’un autre film réalisé par Ali Ghanem en 1997. C’est l’histoire de deux amis algériens originaires de Jijel, partis à 40 ans tenter leur chance en France. Un film qui traite, notamment de la solidarité entre ouvriers français et algériens. Il s’agit de L’Autre France. Si l’un deux finit par décéder et son corps est rapatrié en Algérie, le second se mariera et aura une vie prospère. Il rêve après sa retraite de rentrer au bled. Or, sa femme et ses enfants, étant nés Français, ne l’entendent pas de cette oreille. Pour eux, leur pays, c’est la France.

    Ceci est le versant de l’histoire de Chacun sa vie qui nous plonge de plain-pied dans le quotidien d’une famille ordinaire, immigrée en France, avec ses hauts et ses bas, son train-train, ses colères et ses ras-le-bol..«Je n’ai pas voulu montrer les Maghrébins tels qu’ils sont décrits habituellement, c’est-à-dire vivant dans des bidonvilles et subissant le racisme. Je montre plutôt une famille standard», nous expliquera Ali Ghanem lors d’une interview réalisée en 2005.

    Entre passé et présent, des images de L’Autre France surgissent et viennent accompagner dans sa rêverie notre vieil immigré. Nous retrouverons ces deux amis des années plus tard, en effet, dans Chacun sa vie. Le père, Rachid, campé avec finesse par Ahmed Taybi, travaille dans une morgue, sa fille prend des cours de piano, le garçon, 20 ans, traîne un peu avec ses copains tandis que la seconde fille, 30 ans, divorcée, est à la charge de la famille. Mais elle finit par prendre conscience de son individualité, quitte le cocon familial et va s’installer à Marseille où elle travaillera dans la boutique d’une amie.

    «Ce sont des gens qui vivent au sein de la société française et ce, pour donner l’image du vécu d’une famille qui a réussi. Cependant, il se produira une cassure au sein de cette cellule eu égard à une certaine modernité, à l’évolution de la société.» Le père est bien décidé à aller revoir son village. Entré par bateau à Alger, y restera-t-il? Vous connaîtrez la réponse demain, lors de l’avant-première qui aura lieu à la salle El Mougar, à partir de 18h.

    Tous les cinéphiles et fidèles à L’Expression sont conviés à assister à cette projection. Attaché à ses thèmes de prédilection, à savoir l’analyse de la société avec délicatesse et sensibilité, Ali Ghanem ne déroge pas à la règle dans ce film où il signe une oeuvre pleine de qualité. Chacun sa vie dévoile, sans grandiloquence ni cliché, le vécu d’une famille ordinaire en France qui peut buter parfois sur les us et coutumes des parents, comme le mariage par exemple.

    Le film d’une heure trente minutes prend le temps de nous transporter dans les rues de Paris mais aussi d’Alger au gré des flâneries de son acteur principal. Il y a comme un air de nostalgie qui plane dans ce film où l’envie de partir est écrasante dans le regard de ce vieux qui s’obstine à vouloir rentrer à tout prix, maintenant que sa vie est derrière lui et qu’il a fini par prendre sa retraite et vu ses enfants grandir. «Je veux les protéger!» dira-t-il à sa femme alors que celle-ci lui reproche d’avoir attendu que sa fille obtienne une bourse pour qu’il l’invite enfin au restaurant. Chacun sa vie se veut aussi un témoignage et un vif hommage aux ouvriers algériens qui ont sacrifié leur vie pour subvenir aux besoins de leur famille. Un film touchant qui pourrait interpeller plus d’un...

    Notons que Chacun sa vie rassemble une pléiade d’acteurs maghrébins. Ce choix n’est pas fortuit, le réalisateur a voulu sciemment marquer ce brassage de cultures maghrébines et leur cohabitation en France, et donner la chance à tous ces comédiens professionnels de jouer dans un film de qualité.

    Pour rappel, Ali Ghanem a signé plusieurs oeuvres cinématographiques dont Mektoub (Prix médaille d’argent de la ville de Vérone, Italie, 1971), L’Autre France, Une Femme pour mon fils... Avec Chacun sa vie, Ali Ghanem signe pour la première fois la réalisation d’un long métrage.


  2. #2
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    Dimanche 18 2007 -- Dans un univers où les cinéaste triment des années pour tourner ne serait-ce qu’une image, la naissance d’un film est un événement culturel heureux. Heureux qui comme Ali Ghanem, va aujourd’hui montrer son dernier né, Chacun sa vie, réalisé et produit par lui-même. Un long métrage enfin pondu après près d’une décennie de “ mendicité ” pour reprendre l’expression de l’auteur de Une femme pour mon fils. Si vous rencontrez Ali Ghanem qui, actuellement, vit entre Alger et Paris, vous allez tout de suite sentir qu’il a du dépit, presque de la hargne face aux difficultés que vit la famille du 7e art chez nous. Car cet autodidacte à qui le destin a souri à une période de sa vie – son livre a eu un succès immense, traduit dans plusieurs langues - a toujours considéré que les cinéastes ne peuvent produire quelque chose de visible s’ils ne travaillent pas cigare au bec, c’est-à-dire dans l’opulence la plus totale.

    Grand drame pour celui qui n’a pas bouclé Chacun sa vie, qu’après avoir supplié des années durant – le film a nécessité 7 années de recherche et trois années de tournage -, entreprises publiques, privées, et ministère pour son montage financier. Revoilà donc Ali Ghanem certainement soulagé d’avoir mis en boite son dernier né dont l’avant-première est prévue aujourd’hui à partir de 19h à la salle El Mougar. Sans se méprendre, le cinéaste et écrivain qui a vécu plus de quarante années à Paris est conscient qu’après cette naissance il aura à galérer de nouveau pour un prochain produit…sauf si le film crève l’écran jusqu’à faire des entrées historiques ! Et pourquoi pas ! La chance n’a-t-elle pas déjà souri au fils de Aïn El Fakroun - dans le Constantinois - parti en aventure dans le Paris des années 60 et en revient comme Ulysse avec un nom et des œuvres... ?

    Chacun sa vie, est un film à 100% social. C’est sans doute un peu l’expression d’une angoisse que vivent tous ses émigrés – comme Ali d’ailleurs - à un certain moment de leur vie, la retraite. La terre natale, il l’ont toujours eue dans le cœur malgré les distances et c’est justement là qu’il feront leur nid pour un retour triomphal au bercail. Mais si ce retour est vécu comme un mythe, c’est aussi un drame. Un vrai, puisque le retraité a des enfants nés de l’autre côté de la mer, et le retour au pays sera un véritable déchirement pour la nouvelle génération de Maghrébins nés en France.

    En plus clair, ce film est le récit de “deux amis algériens originaires de Jijel, partis à 40 ans tenter leur chance en France. Un film qui traite, notamment de la solidarité entre ouvriers français et algériens. Il s’agit de L’Autre France. Si l’un deux finit par décéder et son corps est rapatrié en Algérie, le second se mariera et aura une vie prospère. Il rêve après sa retraite de rentrer au bled. Or, sa femme et ses enfants, étant nés Français, ne l’entendent pas de cette oreille. Pour eux, leur pays, c’est la France”. Thème d’actualité par excellence, Chacun sa vie semble être une leçon sur la vie.


  3. #3
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    Mardi 20 novembre 2007 -- Ouf ! Chacun sa vie de Ali Ghanem était dimanche dernier sur les écrans de la salle El Mougar après une décennie d’attente ! Produit par le réalisateur lui-même, ce film a pu voir le jour grâce à l’ultime aide du commissariat d’ “Alger, capitale de la culture arabe ”, ainsi qu’à celle du tout début de Hamraoui Habib Chawki, directeur général de l’ENTV. “J’ai vendu l’idée à HHC avant même que je n’écrive le scénario” a confié le cinéaste très soulagé d’avoir bouclé cette œuvre qu’il mijotait depuis 1998.

    Chacun sa vie peut être classé dans cette catégorie de films qui s’adressent à la communauté maghrébine vivant à l’étranger et, par extrapolation, à la communauté émigrée désireuse du retour au bercail après la mise à la retraite. Au hall de la salle El Mougar, nous avions rencontré un homme en pleurs. “ Je n’ai pas pu me contenir ” raconte ce comédien du Théâtre régional de Annaba confiant que son frère émigré souffre depuis quelques années de solitude. Dans une confidence aveugle nous apprendrons de cet homme que son aîné a divorcé et qu’il est forcé de rester dans le Nord de la France pour ses trois enfants.

    Le film de Ali Ghanem parle en revanche de cette envie presque mythique de retourner au bercail, de retrouver la terre natale, un pied d’accueil, un éternel point d’attache dans la mère patrie. Se pose alors la question d’une progéniture maghrébine qui est née en France et qui n’a comme idée de “ la mère patrie ” que le discours. Ni œuvre pour grand-public, ni œuvre de grand auteur, Chacun sa vie pourrait cartonner dans ce Minilmontant, où tous les vieux Maghrébins réinventent sur les bancs publics leur histoire passée dans les faubourgs de leur enfance. De par le rythme, le film pousse à l’ennui. Le personnage principal, un Marocain fétiche du réalisateur, était très bien dans son costume d’ancien émigré, pantalon velours et veste large…Son visage à la moustache turque, cache des nuits entières passées dans les bistrots enfumés, dans l’espoir d’oublier ou de se rappeler les solitudes des exils forcés.

    La plupart des comédiens sont marocains, et on arrivait difficilement à capter le son de ce film défectueux sur le plan du réglage. Chacun sa vie et un film que même Ali Ghanem reconnaît comme n’étant pas un film commercial. Il ne porte pas les ingrédients qui font de lui d’une œuvre à succès. C’est juste un regard d’un homme, Ali Ghanem, lui-même émigré, sur ses compères après des années passées loin des odeurs de l’enfance. Juste un regard sur le temps qui passe, sur celui qui nous rattrape.


  4. #4
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  5. #5
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    Samedi 30 Août 2008 -- Sans actu ! Ali Ghanem a organisé une projection spéciale de son dernier film. Chacun sa vie a été diffusé en privé, mercredi après midi dans les locaux de IVP-Maison de la presse. C’est en petit format que l’on découvre les séquences du drame des Algériens en exil depuis plus de quarante ans. Un thème qui colle au réalisateur. Comme une seconde peau, Ali Ghanem macère et asticote ce qu’il maîtrise le mieux. Sa vie, son quotidien, il les projette en grand format, depuis toujours. Dans ses veines, coule cette espèce de revanche contre ces Français d’après-guerre. La communauté maghrébine dans ses états d’âme, ses rêves. Ces générations avortées sur les dérives du rêve à l’américaine. De ces foyers des banlieues parisiennes avec leurs HLM, les machines des usines Renault des échos retentissent. A La Villette ou chez Bachir à Roubaix, il y a du boulot. Rachid est aux premières heures de l’échec français. Il fait partie de ces ouvriers, chevilles ouvrières, vomis aux quatre coins de l’Hexagone. Histoire de ne pas oublier, mais juste, parce que l’émigration passe aujourd’hui par la sélection positive. Des œuvres comme Chacun sa vie s’imposent. Pour l’histoire, pour ne pas oublier et pour s’affranchir d’une identité caduque. Le récit de Chacun sa vie force le respect des plus sceptiques. Du racisme au délit de faciès en passant par les conditions de travail précaires, Ali Ghanem nous fait voyager à travers l’itinéraire emprunté par nos pères. Et de nos pères aujourd’hui qui vivent la même misère à des degrés divers. De la première à la cinquième génération d’Algéro- Français et de sans papiers, brebis galeuses d’un système fondé dans un Etat de droit. Coincés puis ballottés à gauche, à droite et rarement au centre : voilà ce qui transperce le scénario de Chacun sa vie. Touchant, bouleversant ! Précieuse contribution. Chacun sa vie est cette tranche de notre histoire rarement montrée au grand public. Ces bâtisseurs de la France, relégués dans un coin sombre … de l’histoire. Ces oubliés qui tentent désespérément de garder un pied dans leur pays d’origine. Ecartelés, nulle part, désormais, ils ne seront chez eux. Ali Ghanem, le mendiant du 7e art, comme il se plait à le répéter, ne s’est pas encore essoufflé. Actuellement, il est en production. Un film pitché sur la complicité grandissante de deux femmes autour d’un homme. Une histoire d’amour, noyée dans de l’eau fraîche, sortira bientôt sur le grand écran, évidemment dès que le réalisateur aura fini de réunir son budget !

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