Monsieur Beiji, la soixantaine fatiguée, se traîne sur le chantier naval du port dans un emploi devenu pénible au fil des années. Père de famille divorcé, s'attachant à rester proche des siens malgré une histoire familiale de ruptures et de tensions que l'on sent prêtes à se raviver (et que les difficultés financières ne font qu'exacerber), il traverse une période délicate de sa vie où tout semble contribuer à lui faire éprouver un sentiment d'inutilité. Il réussit pourtant à trouver l'énergie pour mener à bien un projet de restaurant sur un bateau. Le dîner d'ouverture peut commencer...
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Thread: La graine et le mulet
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14th December 2007 13:57 #1
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La graine et le mulet
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14th December 2007 14:13 #2
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Film about family's couscous dinners wows critics and wins prizes
December 14, 2007 -- Couscous is to French cuisine what chicken tikka masala is to Britain. The north African semolina dish was voted France's second favourite meal last year, beating steak frites and boeuf bourguignon. And couscous could now provide the surprise recipe that saves France from cultural decline.
Paris is reeling from Time magazine's recent verdict that French culture is dead. But critics have been lifted out of their depression this week by an epic film about a Tunisian immigrant family's couscous dinners.
La Graine et le Mulet, which loosely means fish couscous, has been hailed as a social and political masterpiece and the filmmakers hope it will force an inward-looking French establishment to open up to the creative talent of its second-generation immigrants.

The couscous saga has already won a standing ovation at the Venice film festival and taken home three prizes. This week it opened to applause in France and won the Louis Delluc prize for film of the year.
The film's director, Abdellatif Kechiche, who grew up on a council estate in Nice with his builder father and Tunisian family, has been compared to Truffaut and the Italian neo-realists. "He's the major auteur that France has been waiting for," announced the culture bible Les Inrockuptibles.
The film, which in Britain will be called The Secret of the Grain, tells the story of 61-year-old Slimane, a boat-builder in the southern French port of Sète, who involves his vast extended family in an epic project to set up a couscous restaurant. Its often comic, lengthy, scenes in French Mediterranean council blocks are reminiscent of British kitchen-sink dramas. The actors are mostly amateurs. Slimane is played by a man who once worked with the director's father on Nice construction sites. The actors were made to fast before filming so they would be hungry during the couscous scenes.
"At last, we've found our Ken Loach," announced Paris Match yesterday. Didier Péron, the film critic of Libération, said: "This is the great political film we were missing. It both takes your breath away and suddenly makes the air around you easier to breathe."
The French president, Nicolas Sarkozy, served vegetable couscous to the Libyan leader, Muammar Gadafy, in Paris this week. But Sarkozy's likening of troublemakers on immigrant estates to "scum" still rankles with France's north African community, including the film's director.

There is a feeling among observers that the artistic energy of the high-rises is going untapped, despite the success of the young writer Faïza Guène, whose debut novel about teenagers in the tower blocks turned out to be an international hit.
"As long as France refuses to realise how lucky it is to have a young population so rich and diverse, as long as it insists on seeing that diversity and difference as a problem, France will miss out on the abundance of energy, culture and possibility," Kechiche, 47, warned this week.
His earlier film, about France's suburban housing estates, L'Esquive, earned him four Césars, the equivalent of the Oscar, and sold about 400,000 cinema tickets. Now he hopes to reach a bigger audience, particularly on screens near the estates where his characters live.
Asked about his brand of realism, Kechiche said he had simply set out to show French descendants of north African immigrants as they really were "at a time when, unfortunately, they're being portrayed as stereotypes".
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14th December 2007 14:28 #3
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Bande annonce : La Graine et le mulet
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10th January 2008 06:51 #4
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Jeudi 10 janvier 2008 -- Avec ce film, considéré comme le meilleur de l’année en France, Abdellatif Kechiche confirme son immense talent. Assi bien la critique spécialisée que le public ou les récompenses (prix spécial du jury de la Mostra de Venise, prix Louis Delluc 2007), « La graine et le mulet », troisième long-métrage d’Abdellatif Kechiche césarisé quatre fois il y a trois ans pour « L’Esquive » est sans conteste le succès français de l’année.
Côté public d’abord. Alors que sa longueur (2 h 30) le prive d’une séance quotidienne, ce film a réussi un excellent démarrage avec 85 000 entrées en 5 jours d’exploitation et dans une petite combinaison de 90 salles seulement, soit une moyenne de 946 spectateurs par salle ! Et la deuxième semaine s’est avérée toute aussi brillante avec une trentaine de salles en plus, lesquelles résultent d’un excellent bouche-à-oreille qui relaie les articles dithyrambiques. Un concert qui salue celui que l’on peut désormais considérer comme un grand directeur d’acteurs, évoquant çaou là le Maurice Pialat de A nos amours ou le John Cassavetes de Une femme sous influence.
Au départ, la rencontre entre un réalisateur et un producteur français parmi les plus importants de la place, Claude Berri, qui demande à rencontrer Abdellatif Kechiche après avoir vu L’esquive en projection. Chose rare, sans même s’informer des projets de cet ancien acteur franco-tunisien qui a fait ses débuts en 1974 dans Le thé à la menthe de l’Algérien Abdelkrim Bahloul, Berri s’engage à lui produire ses deux prochains longs métrages. Du coup, Kechiche a sorti de ses tiroirs une ébauche de scénario conçu en 1995, en forme d’hommage à son père, entre temps disparu. Pour incarner ce rôle, il réussit à convaincre l’un des proches amis de son père, Habib Boufarès, qui n’a jamais vu une caméra de sa vie ! Le résultat est surprenant quant à la justesse de jeu et de ton d’un acteur non professionnel qui fait passer énormément de choses avec une certaine économie de dialogues.
L’intrigue en soi renvoie à la simplicité mais le résultat, lui, est bouleversant d’émotion et d’humanité. La soixantaine fatiguée, le personnage de Slimane n’est plus en mesure de tenir les cadences des chantiers navals de Sète où il a passé la quasi-totalité de sa vie professionnelle. A une situation sociale déprimante, s’ajoute une vie personnelle et familiale à la fois compliquée et éclatée. Il est séparé de sa femme, Souad (Bouraouia Marzouk), tout en la voyant régulièrement ainsi que ses enfants, et plus particulièrement Karima, aux prises avec sa gamine qu’elle traite de tous les noms. Le quotidien de Slimane se résume à un petit hôtel miteux dans lequel il partage de temps à autre la couche de la tenancière Latifa (Atika Karaoui). Il y côtoie la fille de cette dernière, Rym, ainsi qu’un groupe de vieux chibanis, des retraités qui étirent le temps au rythme du ‘oud et de la derbouka.
Malgré ce vécu plutôt tourneboulé, une idée va germer dans l’esprit de Slimane : transformer un vieux rafiot en un restaurant de couscous au poisson (d’où le titre : La graine et le mulet). Dans ce projet, Slimane va bénéficier du concours de Rym et c’est à un véritable mode d’emploi pour la création d’une entreprise auquel nous invite Kechiche, à travers le maquis des démarches administratives et bancaires. Ce qui fait la singularité et la force émotionnelle du film, c’est l’incroyable talent du réalisateur à donner une dimension quasi-documentaire à un projet cinématographique qui reste une fiction de bout en bout. Cet hyperréalisme de la mise en scène éclate notamment dans une séquence de repas de famille où la caméra s’insinue dans les interstices d’une véritable explosion de vie qui parcourt la vingtaine de convives. C’est en même temps une leçon de cinéma quant à l’art et la manière de dessiner différents personnages sans qu’aucun d’entre eux ne soit réduit à la dimension de silhouette. On pense parfois dans cette séquence au célèbre « Déjeuner sur l’herbe » de Jean Renoir.
Autre temps fort du film, un tête-à-tête entre la tenancière de l’hôtel et sa fille Rym, laquelle lui dit ses quatre vérités tout en lui déclarant son amour filial. L’interprétation de Hafsia Herzi, révélation féminine d’un film qui lui a valu le Prix du Meilleur espoir féminin à Venise l’année dernière, est magistrale. Elle incarne le personnage de Rym dans un mélange de force et de sensibilité qui ressort d’une galerie de portraits aussi réussis les uns que les autres, à l’instar d’un Robert Altman qui avait cette qualité rare de faire exister à l’écran vingt-sept personnages. De la séquence finale nous ne dirons rien, sinon qu’elle peut être résumée par cette phrase prononcée dans Les Cahiers du Cinéma par le réalisateur : « Rendre la vie au cinéma, c’est quand, malgré un texte, des perches, des lumières, un groupe de personnes sont dans un état d’ébullition, un mouvement intérieur, presque de transe, et qu’ils réussissent à vivre, vraiment ».
La critique, en accord avec le public, ce qui est de plus en plus rare, a adhéré complètement à cette vision. Ainsi, Jacques Mandelbaum, dans Le Monde, écrit : « L’intrigue ne paie pas de mine. Et pourtant Kechiche parvient à en faire un film épique qui mêle le romanesque à la chronique sociale, le mélodrame à la comédie, la trivialité du quotidien à l’ampleur de la tragédie ». Quant à Olivier Séguret dans Libération, il ne voit pas « quel autre cinéaste aujourd’hui en France conjugue aussi bien et avec autant d’efficace élégance, le lyrisme et le réalisme, la politique et les sentiments, l’héroïsme et la discrétion, le social et le cosmique. Le cœur pléthorique de comédiens qu’il réunit sous sa bannière est l’un des plus saisissants que l’on ait vu sur grand écran, la direction d’acteurs formant de toute évidence l’un de ses plus précieux talents. » C’est tout dire de ce film qui mériterait d’être vu en Algérie.
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10th January 2008 07:05 #5
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Cette autodidacte a crevé l’écran dans le rôle de Rym qui lui entrouvre les portes d’une consécration mondiale

Hafsia Herzi (Actrice principale du film) :
Un rêve de petite fille
Parlez-nous de vos origines et de votre parcours jusqu’à la rencontre avec le monde du cinéma ?
Je suis née d’un père tunisien et d’une mère algérienne qui vivent à Marseille depuis 20 ans. Pour ma part, je suis née à Manosque. Mon père est ouvrier dans le bâtiment et ma mère, femme de ménage dans un collège. J’ai 4 frères et une grande sœur, je suis la benjamine. J’ai fait des études jusqu’à la faculté de droit et ma vocation seconde était d’être infirmière si ça ne marchait pas pour le métier d’actrice. Toute petite, j’ai toujours voulu jouer, chanter et danser. A 10 ans déjà, je lisais les annonces de casting auxquelles j’adressais mes photos. J’ai dû faire une figuration par an jusqu’à mes 18 ans.
Comment avez-vous été choisie ?
Une directrice de casting avait déjà mon dossier de figuration. Or, il se trouve qu’elle était en charge du casting de « La graine et le mulet » et elle m’a fait appeler pour un essai. Au bout de deux essais, Abdel (Kechiche) est venu à Marseille et m’a vue sur cassette. Certes, il ne voyait pas encore quel rôle me confier, mais une chose était sûre, il me voulait dans sa distribution. Bizarrement, au départ, le personnage de Rym peu important devait disparaître, et c’est notre rencontre commune qui a fait changer d’avis Abdel. De là, sa décision de faire de Rym un personnage central…
Parlez-nous de Rym. Comment la voyez-vous ?
Rym est une idéaliste à la fois volontaire, insouciante et affectueuse. Ce qui me rapproche d’elle, c’est que tout en étant insoumise, elle est aussi à l’écoute des autres. Dans le film, elle est à l’écoute de Slimane jusqu’à porter son projet de restaurant, comme si c’était le sien. D’autre part, je n’ai eu aucune difficulté à créer des relations affectives avec Slimane et les musiciens retraités car je suis moi-même d’une nature affectueuse.
Comment travaille-t-on un tel personnage ? En quoi interviennent les qualités de direction d’acteurs du réalisateur ?
La prise de poids, à la demande du metteur en scène, m’a beaucoup aidée à créer le caractère de mon personnage. C’est-à-dire un personnage fort et mature qui va jusqu’à conseiller sa propre mère (dans une des scènes les plus inoubliables du film, ndlr). Avec Abdel et tous les acteurs, il s’est créé un formidable climat de confiance et à partir de là, on ne pouvait qu’exprimer au mieux sa volonté de réalisateur. Il y a eu énormément de répétitions hors caméra, parce qu’il y avait beaucoup de dialogues à jouer et à se mettre en bouche selon le caractère de chacun. Tout le travail de création s’est construit sur ce climat de confiance et de respect de chacun.
Comment vous êtes-vous appropriée la scène incroyable et fortement sensuelle de danse orientale dans le restaurant ?
Je n’avais aucune notion de danse et, même dans les fêtes familiales, j’étais nulle. Je suis donc partie de zéro. J’ai pris des cours, du poids, et fait du sport pour donner à l’écran l’effet le plus naturel possible. En même temps, Abdel m’a freinée au niveau des cours pour que la technique élaborée ne l’emporte sur l’émotion telle qu’elle est rendue à l’écran. On a beaucoup répété avec les retraités de l’hôtel qui, dans la vie, sont de vrais musiciens. Ainsi Rabah Khalfa, sans doute le meilleur drebki sur la place de Paris, a accompagné toutes les grandes vedettes de la scène maghrébines et arabes. Par rapport à la danse et au rythme, il m’a beaucoup aidée, d’autant qu’une forme de dialogue s’instaure entre la danseuse et la derbouka notamment. Avec Abdel, on a choisi la musique ensemble.
Après ce rôle et le Prix du Meilleur espoir féminin remporté à Venise, comment voyez-vous votre avenir ?
Moi, j’ai un rêve de petite fille : jouer le rôle d’une princesse des Mille et Une Nuits ou celui de Mata-Hari. Sinon, j’ai quelques projets et l’espoir qu’Abdel fasse de nouveau appel à moi, tant nous avons été en osmose sur « La graine et le mulet ». Je souhaiterais enfin me rendre à Alger pour une avant-première du film devant le public algérois. Inch’Allah !

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14th January 2008 07:46 #6
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January 13, 2008 -- Julian Schnabel’s “The Diving Bell and the Butterfly,” a biopic of the vivid inner life of a paralyzed French fashion editor, took best picture at this year’s Prix Lumieres in Paris.
The Lumieres are Gaul’s equivalent of the Golden Globes, with winners being decided by a committee of some 200 foreign journalists based in France.
“Diving Bell,” which had earned Schnabel a director nod at Cannes, was a massive critical, if not commercial, hit in the U.S., with just over 315,000 first-run tickets sold.
Mathieu Amalric (“Munich”) also won for actor for his portrayal of the stricken editor in “Diving Bell.”
Director nod went to Abdellatif Kechiche for “The Secret of the Grain,” (La graine et le mulet) which also netted Hafsia Herzi honors for top female newcomer.
Male newcomer kudo was awarded to Jocelyn Quivrin for his work in Jan Kounen’s big-budget black comedy “99 Francs,” which, despite taking more than $10.8 million domestically and counting more than 1.23 million admissions, was considered an underperformer in France.
The French domestic and international hit of 2007, “La Vie en rose,” earned the actress nod for Marion Cotillard, as well as event sponsor TV5Monde’s World Public Award. The Edith Piaf biopic sold more than 5.23 million tickets in Gaul, grossing more than $46 million.
Alfred Lot took the screenplay prize for his thriller “La Chambre des morts,” which he also directed.
Helmer Nadir Mokneche’s Franco-Algerian drama “Delice Paloma” won for French-language foreign film.
Perhaps the most emotional moment of the low-key affair was master of ceremonies’ Claude Lelouch’s glowing tribute to thespian Jean-Pierre Marielle for his 50 years and 54 films as an actor.
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21st February 2008 20:43 #7
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PARIS, February 21, 2008: The César awards, to take place Friday, are a French version of the Academy Awards. Marion Cotillard, who swept the Golden Globes for her role as Edith Piaf in La Môme (international title: La Vie en Rose), is the favorite to win its best actress award. The Césars are voted by artists and professionals who tend to keep things in the family; rare are talents from beyond the circle who win a statuette created by the late sculptor César.
This year, the award for most promising actress may well go to Hafsia Herzi, a 21-year-old law student from Marseille. She is the fast-talking, pint-size revelation of Abdel Kechiche's La graine et le mulet (The Secret of the Grain), a surprising hit about a dynasty of Maghrebian workers in the fishing town of Sète in the south of France.
"The César, yes, I hope so," Herzi said, fervently. "Ever since I was little, acting has been my dream. It's all about instinct, I haven't had training."
The actress, who is 1.6 meters, or 5 feet 3 inches, tall, has no pedigree, unlike past winners, such as Charlotte Gainsbourg. She is a phenomenon as was Sandrine Bonnaire, in Maurice Pialat's A nos amours, for which Bonnaire won the César for most promising actress in 1984.
Herzi's favorite actresses are Béatrice Dalle and Emmanuelle Béart. "But I never saw that many movies, and mostly on TV," she said. "I don't have any favorite directors - before I met Abdel, I hadn't seen his movies."
The Tunisian-born director is known for L'Esquive (Games of Love and Chance), set among high school students in the restive Paris suburbs, a big winner at the 2005 Césars.
And La graine et le mulet may be an even bigger phenomenon. The film won the special jury prize at the 2007 Venice festival, as well as best young actress for Herzi. It also won the French Union of Film Critics' top award.
Everything about Kechiche's latest film is surprising: that Claude Berri, known for more classic Pagnolesque ventures, was won over by the script and produced it, and that a two-and-a-half-hour film shot in digital video with a cast of nonprofessionals could attract 600,000 moviegoers, about double the usual number for an art-house film in France.
The film is made in a sequence of close-ups of dysfunctional families that look nothing like the dysfunctional families most movies depict these days: La graine is not a feel-good film. The story, inspired by the director's memories of his father, who immigrated in the 1960s, is a project that he has carried around with him for years.
There are families divided, disappointing sons, first and second wives who brim with spite; characters who turn on each other, but can also come together. And Rym, Herzi's part, is a unique portrait of a budding pasionaria who speaks "tchatche," or high-speed slang, and does the dance of today's post-immigration generation.
In real life, Herzi represents a vision of contemporary France and this is what has hit home with audiences. She is a natural whose Algerian parents met and raised a family in Marseille. The youngest of six, she wasn't spoiled, she said, but perhaps a bit protected.
She was in her first year at law school when she was invited to a casting session. "I was in another world, nothing to do with acting! A couple of times a year, I had worked as an extra, and a casting director who knew me called me in."
Rarely has there been a performer of such raw talent - and so few words. Herzi is not shy, but in interviews she is seized by excitement, trusting. The words will come. She has proven her mettle speaking the torrent of impassioned words written for Rym.
In the film, Rym goes to bat for her stepfather, fired after 35 years on the docks. He has a mad scheme to set up a floating restaurant on an abandoned wreck of a boat. She pleads his cause in high places, wheedles, charms, engages fierce dialogues to obtain the permits. Perhaps Herzi's interest in law has, after all, something to do with her performance as a Portia of the shipyards.
On the eve of the inaugural banquet on the boat, Rym wins a 10-minute confrontation with her mother, Latifa (Hatika Karaoui), persuading her to come to the party - even though it is the first wife who is making the couscous. At the film's climax, Rym performs a sensual ritual belly dance to a captive audience of local dignitaries.
Herzi had never taken dancing lessons, but she took several different kinds to do that dance. "All sorts of dance, oriental dance. And I had to gain 15 kilos because Abdel wanted me to be a plump girl who talks in this speedy sing-song southern way. The weight helped me."
The weight is featured in her dance - sheer puppy fat - and adds to her performance: making her more sacrificial lamb than vamp. She dances away as the guests await the pièce de resistance, the promised couscous - the grain of the title - which has mysteriously vanished. The evening, and the venture, seem doomed, to be saved by a modest coup de théâtre.
"When I met Abdel, we rehearsed a scene together, and he told me that he wanted me for the film," Herzi said. "But I didn't know what my part was going to be for a long time."
The part of Rym had been cut from the script when they first met. Kechiche put her back in, and made the part bigger. "We talked a lot about the character. He told me how passionate she was about the project of the restaurant. Certain lines were improvised, and some were changed, but the structure is there."
Kechiche works intensely with his cast; long rehearsals give an improvised look to his films.
After the Césars, the film will open in New York this spring. It will be interesting to see if it captivates audiences who have less knowledge of France's difficult relationship with its immigrants. When the movie was shown in Venice, The Hollywood Reporter summed up its review thus: "Long in-your-face scenes detract from an otherwise tasty family drama."
Recently, Herzi went to Rome and Dubai with the movie. "It went over big in Dubai," she said.
Since La graine, the actress has made L'aube du monde, a movie directed by Abbas Fahdel that was shot in Egypt and is set in Iraq. She is in the midst of a new movie, playing the part of a young maid in Francis Huster's Un homme et son chien, (A Man and his Dog) with Jean-Paul Belmondo.
"Really nice, adorable," she said of the two men. "I have the desire to go on working. I may even want to direct someday."







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