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  1. #1
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Rachid Alliche n'est plus


    Mercredi 19 Mars 2008 -- La cause amazigh perd un grand militant

    Né le 7 avril 1953 à Taguemount Azouz dans la daïra d’At Dwala, Rachid Alliche est titulaire d’un DES en physique, décroché à l’université d’Alger. il a eu aussi un DEUG en lettres obtenu à l’université Lyon II. Il a exercé durant de longues années en tant qu’enseignant à Lyon en linguistique africaine.

    Convaincu par ses origines kabyles, Rachid Alliche n’a pas lésiné au cours de sa vie à offrir à cette langue et culture le meilleur de lui-même. En effet, il est l’auteur de deux romans en kabyle. Asfel, édité en 1981 et Faffa, en 1986. Avec ces deux romans, notamment Asfel, Rachid Alliche a apporté un nouveau regard sur la littérature kabyle. Il a su donner un nouveau souffle à cette culture, menacée d’extinction, ses fils en proie à une acculturation certaine, menée par une idéologie arabo-baâthiste des plus menaçantes. Le travail intellectuel réalisé par Alliche durant le plus clair de sa vie de militant déterminé, est plus qu’un acte militant. Il est en soi l’incarnation d’une culture préservée oralement des siècles durant. Au delà du rôle important qu’il a joué dans tous les mouvements de protestation qu’a connu le Kabylie depuis les années 70, Rachid Alliche constitue la pierre angulaire de cette quête de berbérité. Ses travaux littéraires resteront à jamais pour témoigner de son abnégation et de son dévouement pour cette juste cause. Rachid Aliche est de ceux qui ont fait de leur vie une tribune de combat sincère et juste. Aujourd’hui, il est mort à 55 ans, et c’est toute la berbérie qui perd un farouche défenseur, un digne fils et un intellectuel.

    Outre son apport à la nouvelle littérature kabyle, Rachid Alliche était animateur à la Chaîne II de la Radio nationale. Sa voix envoûtante chargée de sincérité manquera sûrement à ses fidèles auditeurs.

    Tamazgha se souvient inévitablement de ce fils prodige. Il a marqué par sa sincérité et son engagement indéfectible tout un combat. Il a inscrit son nom en lettres d’or dans les annales de la revendication identitaire de toute l’Afrique du Nord. Reposes en paix Rachid, la Kabylie saura rendre hommage à ses dignes enfants, en préservant leurs mémoires et surtout en continuant le combat pour lequel vous avez sacrifiés toute votre vie. Dans un message de condoléances adressé hier à la presse nationale, Ferhat Mehenni, président du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie, MAK, souligne que le défunt Alliche, " était modeste et érudit, calme mais révolutionnaire en son genre puisqu’il a été pionnier de la littérature kabyle ". Le MAK, par la voix de son président s’incline devant la mémoire de cet écrivain, " qui nous laisse un patrimoine indélébile sur notre mémoire ", et d’ajouter que " ses textes contribueront à nourrir l’imaginaire de nos générations futures ".

  2. #2
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Mercredi 19 Mars 2008 -- Rachid Alliche, auteur et homme de radio, s’est éteint hier à l’âge de 55 ans à l’hôpital Mustapha Bacha où il a été admis samedi. La maladie qui fut sa seule « compagne » durant deux ans a eu raison de lui. Natif de Taguemount Azzouz, dans la commune d’Aït Mahmoud, à Beni Douala, Alliche était à l’avant-garde du combat pour l’identité berbère en écrivant le premier roman en langue amazighe à une époque où la parler fut un blasphème. Ahcene, son frère aîné, nous dira que Rachid a poursuivi des études de médecine, mais s’en désintéressera pour les mathématiques, spécialité qu’il ne terminera pas à cause de ses « démêlés avec l’administration ». Ses « fréquentations » ne plaisaient guère. « Rachid aura des problèmes avec l’administration en raison des cours de Mouloud Mammeri qu’il suivait », insiste-t-il. Par la suite, il ira à Lyon, en France, où il étudiera la linguistique, avant de publier un livre en langue amazighe qui fera date, Asfel, en 1976. De retour en Algérie, il fera « la traversée du Sud » avec Mammeri avant d’être engagé à la Chaîne II où il animera l’émission consacrée aux enfants. L’homme s’y connaît puisqu’il était dans une école pour enfants handicapés à Lyon, soutient son frère. Consultant aux éditions Enag qui lui rééditera son livre, Faffa, tout aussi « dérangeant » que Asfel, Alliche travaillera par la suite à l’ONDA, organe où il a entrepris la collection du corpus poétique féminin. Précurseur, le défunt l’est à coup sûr. Pour Rachid Mokhtari, critique et auteur, Alliche aura été le pionnier du roman en langue amazighe avec Asfel, paru en France en 1976, et préparait un roman qui restera malheureusement inachevé. « Il a fait cavalier seul et saura aborder le problème identitaire de front, avant même les soubresauts que l’on connaît. Rachid était dans le continu et la recherche et non pas dans le combat idéologique », assène-t-il en affirmant que Mouloud Mammeri, à qui il a envoyé le manuscrit du roman Asfel, appréciera son écriture et lui fera la préface. Rachid Alliche, qui laisse deux enfants, sera inhumé demain dans son village natal de Taguemount Azzouz.

  3. #3
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Mercredi 19 Mars 2008 -- C’est avec beaucoup de peine et d’affliction profonde que nous apprenons la disparition du premier romancier moderne de langue berbère. Rachid Alliche, auteur des ouvrages littéraires comme Asfel et Faffa s’est éteint suite à une longue maladie. Il est pénible d’avoir à parler de lui maintenant au passé, mais comment ne pas rendre hommage à cet homme forgé d’une gentillesse, d’une bonté, mais surtout d’un militantisme déterminé pour la cause amazigh. Très tôt, il se frotta à Mouloud Mammeri, alors directeur du CRAP dans les années 70, auprès duquel il consolidera ses qualités et ses prédispositions à se lancer dans le domaine de la littérature. Son premier roman Asfel a été édité sous la forme totalement dactylographiée en raison du manque de moyens financiers.

    Aujourd’hui, ses ouvrages sont un précieux support pédagogique dont se servent les enseignants de langue berbère, et plusieurs de ses textes serviront de composition des épreuves de berbère au bac français. Lors d’un séjour à Paris, pour subvenir à ses besoins d’étudiant, il réussira le coup de génie d’animer, par la parole et le geste, des contes berbères pour les petits Français dans des écoles primaires.

    Son attachement au monde de l’enfant le conduira plus tard à réanimer à la Chaîne II, avec le talentueux et son ami fidèle Arezki Graïne, l’émission enfantine qui avait été éliminée dans les programmes de la chaîne durant les années d’ostracisme culturel imposé. Il éditera également aux éditions Enag et en direction des enfants du premier palier scolaire un fascicule d’apprentissage de l’écriture sous le titre Amnir. La quête du sens toponymique des villes, villages et lieux de Kabylie était aussi sa passion.

    Nous nous sommes relayés dans les années 90-2000 et à la même chaîne pour donner des cours radiophoniques de langue berbère. Entre temps, il tenait aussi une rubrique culturelle dans le journal Liberté où il s’attelait à donner une dimension sociale universelle aux contes kabyles. Très attaché à sa terre avec laquelle il avait un rapport charnel dans son village natal de Tagmount Azzouz, Rachid Alliche a vécu discrètement en homme effacé, loin des tumultes bouillonnants des cadres organisés. Il nous quitte hélas aussi secrètement qu’il a vécu parmi nous. Merci Rachid d’avoir existé pour nous !

  4. #4
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