Lundi 16 juin 2008 -- Le Petit prince, célèbre récit féerique et symbolique de l’auteur français, Antoine de Saint-Exupéry, est traduit en arabe algérien. Cette nouvelle publication, qui est le fruit des efforts conjugués de Zahia Talbi et Lucienne Brousse, est en fait une adaptation du texte original avec illustration originale de l’auteur après achat des droits d’édition. L’œuvre ainsi traduite du pilote français, disparu en 1944 lors d’un vol de reconnaissance, intéressera, en premier lieu, les chercheurs spécialisés dans l’étude des langues dialectales. « En entamant ce travail dans le cadre de l’enseignement audiovisuel, nous avons pensé non seulement à répondre aux désirs des étudiants intéressés par les recherches en matière de langue dialectales, mais aussi de sortir des sentiers battus. Tout en sachant que le français utilisé par Saint-Exupéry relève d’une langue recherchée, il s’avère que le passage d’un niveau de langue supérieur à une langue dialectale n’est pas chose aisée. Cela ne veut pas dire que le dialectal est une langue au rabais. Tout au contraire, il est considéré comme une langue immensément riche. Ce qui fait que l’œuvre est très belle encore », confie L. Brousse. Par ailleurs, il convient d’informer que la présentation de cette nouvelle publication aura lieu aujourd’hui, à l’établissement Espace Noun, sis à la rue Rabah Noël, en présence des deux auteurs et du représentant des éditions Barzakh.
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16th June 2008 07:10 #1
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Le Petit prince, par Antoine Saint-Exupéry, est traduit en arabe algérien
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18th June 2008 19:52 #2
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Kahina Hammoudi :
Mercredi 18 Juin 2008 -- L’Espace Noûn a abrité avant-hier la vente-dédicace de Zahia Talbi et de Lucienne Berous autour de leur livre, publié aux éditions Barzakh, intitulé El-Amir Assaghir, une traduction du Petit prince de Saint-Exupéry, à l’arabe dialectal. Cette traduction de l’un des livres les plus lus de la littérature pour enfants dans cette langue est une première. Car jamais une œuvre n’a été traduite en une langue dite orale et non académique. Ainsi, durant cette rencontre littéraire, ces deux dames, Zahia Talbi (enseignante en arabe dialectal et depuis près de vingt ans au service de la méthode audiovisuelle de l’enseignement dialectal) et Lucienne Berous (spécialiste en linguistique et dans les méthodes de l’enseignement de l’audiovisuel) ont avoué leurs difficultés à traduire cette œuvre : «Il faut imaginer les difficultés ; non seulement nous avons traduit le Petit prince d’une langue à une autre langue complètement différente, mais en plus à une langue qui est orale plutôt qu’écrite», déclare Lucienne Berous.«Quand le mystère est trop impressionnant, on n’ose pas désobéir. Aussi absurde que cela me semblât à mille milles de tous les endroits habités et en danger de mort, je sortis de ma poche une feuille de papier et un stylographe. Mais je me rappelai alors que j’avais surtout étudié la géographie, l’histoire, le calcul et la grammaire et je dis au petit bonhomme (avec un peu de mauvaise humeur) que je ne savais pas dessiner. Il me répondit : «Ça ne fait rien. Dessine-moi un mouton» .
extrait du Petit prince.
Avant de parler de la traduction, il est nécessaire de remonter dans le temps vers l’année 1943. Une date choisie par Antoine de Saint-Exupéry, alors qu’il était à New York pour écrire son conte poétique, le Petit prince. Ce livre qui a révolutionné la littérature pour enfants est illustré par des aquarelles de l’auteur. Ces mêmes dessins pourront être appréciés par les jeunes et les moins jeunes dans la nouvelle édition en arabe dialectal.
Ce livre qui est le plus vendu au monde, déjà traduit dans plusieurs langues, raconte l’histoire d’un aviateur qui est le narrateur du livre. Donc un aviateur (tout comme Antoine de Saint-Exupéry lui-même) qui tombe en panne en plein désert. Le lendemain de son atterrissage forcé, l’aviateur est réveillé par une petite voix, celle du Petit prince, lui demandant : «S’il vous plaît…dessine-moi un mouton !». A partir de cette demande, une conversation s’engage entre ces deux personnes à travers laquelle le Petit prince relate son histoire. Nous apprenons ainsi qu’il a quitté son astéroïde après s’être fâché avec sa rose, qu’il a voyagé, depuis, de planète en planète, qu’à travers ces voyages, il a rencontré des personnages mystérieux avant d’arriver sur terre et enfin de comprendre que dans la vie, ce qui compte le plus ce sont l’amour et l’amitié.
La simplicité à première vue de ce livre nous laisse prétendre qu’il est fait pour les enfants. Or il s’adresse aussi bien à des lecteurs adultes. Car au premier degré de lecture, nous retrouvons certes, des successions de séquences, d’épisodes distincts qui sont marqués par des personnages archétypaux respectifs tels que l’économiste, l’allumeur de réverbères, le géographe etc. Une histoire qui appartient au domaine de l’irréel par ses animaux et ses plantes qui parlent, par l’Univers qui est décrit où l’on erre de planète en planète. Un espace spatio-temporel mis en place pour les enfants, renforcé par des maximes et des messages à l’instar de «c’est véritablement utile, puisque c’est joli», «si tu réussis à bien te juger, c’est que tu es un véritable sage», ou encore la célèbre «on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux». Puis au second niveau, nous trouverons des sens symboliques à l’histoire comme la découverte d’un monde où un adulte s’oppose à l’enfant, où la solitude règne, où les objectifs des activités des êtres sont souvent absurdes, etc.
Enfin, il est impératif de poser la question de savoir si cette traduction ne trahit pas la poétique et la symbolique que recèle l’œuvre originale de Saint-Exupéry. Car malgré les débats existant depuis la nuit des temps autour des problèmes de la traduction littéraire, qu’on le veuille ou non, «traduire c’est trahir». D’autant plus que dans ce livre la poésie et toute la symbolique riche dans le Petit prince en langue française sont quasiment absentes au détriment d’une traduction littérale se rapprochant des contes populaires, racontés par nos grands-mères.
Aujourd’hui, la mort de Saint-Exupéry n’est plus un mystère. En 2000, des morceaux de son appareil, le train d’atterrissage, un morceau d’hélice, des éléments de carlingue et surtout du châssis, sont retrouvés en Méditerranée au large de Marseille. Le 7 septembre 1998, un pêcheur avait déjà trouvé sa gourmette dans son chalut, près de l’île de Riou au large de Marseille. Remontés à la surface en septembre 2003, ils sont formellement identifiés le 7 avril 2004 grâce à son numéro de série. Les restes du Lightning sont exposés au Musée de l’air et de l’espace du Bourget, dans un espace consacré à l’écrivain aviateur.
En mars 2008, un ancien pilote de la Luftwaffe, sur Messerschmitt Bf 109, Horst Rippert, affirme dans le journal la Provence avoir abattu un avion de type P-38 lightning le 31 juillet 1944 dans la zone où Saint-Exupéry se trouvait. En mission pour retrouver un avion ennemi qui survolait la région d’Annecy, Horst Rippert tourne plusieurs minutes au-dessus de la Méditerranée sans rien repérer. Soudain, un avion allié le croise, 3 000 mètres au-dessous de lui. Horst Rippert tire et touche la cible. L’avion s’enflamme et tombe à pic dans la Méditerranée. Saint-Exupéry est porté disparu ce jour-là, donnant lieu au mystère de sa disparition. «Si j’avais su que c’était Saint-Exupéry, l’un de mes auteurs préférés, je ne l’aurais pas abattu», a déclaré Horst Rippert.
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21st June 2008 15:20 #3
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Fella Bouredji :
Samedi 21 Juin 2008 -- «Le Petit prince en arabe dialectal, c’est vrai ? » C’est ce qu’a lancé, toute surprise, Selma, une jeune algéroise qui venait d’apprendre que les éditions Barzakh avaient traduit le célèbre conte d’Antoine de Saint-Exupéry en dialecte algérien. Non loin d’elle, Mourad, un autre jeune algérois exprimera, lui, une petite réserve : «Je me demande ce que cela peut donner.» C’est à quelques mots près le même étonnement que nous retrouverons chez les différentes personnes qui en font la découverte. Certaines sont tout de suite enthousiasmées, d’autres expriment quelques réticences mais toutes sont curieuses de feuilleter cette petite étrangeté qu’est le Petit prince en «daridja» ! Et pour cause, cette traduction est vraiment une première. Après avoir été vendu à plus de 80 millions d’exemplaires et traduit en plus de 180 langues et dialectes depuis sa publication, en 1943 à New York, le petit chef-d’œuvre de la littérature universelle vient donc de gagner les terres littéraires d’Algérie.
C’est l’histoire d’un aviateur perdu dans le désert du Sahara qui raconte avec délectation les souvenirs de sa rencontre avec un petit prince venu d’ailleurs. Le petit enfant extraordinaire qui a du mal à comprendre le monde absurde des adultes s’interroge et se lie au narrateur en lui racontant ses diverses tribulations. Des échanges simples mais hautement allégoriques se succèdent et le conte met ainsi à nu les plus belles vérités du monde, dont la plus célèbre reste celle qu’il découvrira à la rencontre du renard : «On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour yeux.» C’est Zahia Talbi, enseignante d’arabe dialectal au centre des Glycines d’Alger, et Lucienne Brousse, sœur blanche, enseignante d’arabe dialectal, de français et d’arabe littéraire et conseillère en pédagogie au centre des Glycines, qui en sont les principales initiatrices. Elles sont d’ailleurs venues en parler avec beaucoup d’entrain et de fierté, lundi dernier, lors d’une vente-dédicace qui a été organisée à l’espace Noun d’Alger-centre. «Nous l’avons conçu comme un support pédagogique car nous avions la volonté de sortir des sentiers battus en proposant quelque chose de nouveau à nos élèves», s’accorderont-elles à dire d’emblée.
Traduire un récit d’une langue écrite vers une langue qui même à l’écrit ne doit pas perdre son caractère oral, car c’est bien cela qu’est notre «dialecte algérien», n’a pas été une mince affaire. Respecter l’esprit du récit, être vigilant avec les référenciations, trouver les mots adéquats, ne pas trahir le rythme du texte, transférer justement les images d’un système linguistique à un autre, sont autant de préoccupations qui ont tarabusté l’esprit de nos deux traductrices tout au long de leur travail de recherche. Après les Tunisiens et les Marocains qui ont entrepris depuis quelques années déjà la traduction vers leurs dialectes du plus célèbre texte de Saint-Exupéry, les Algériens ont maintenant droit à leur version algérienne du Petit prince. Une version parsemée d’expressions bien de chez nous, certaines ont des références religieuses telles que «Wallah man khellik» qui traduit «Je ne te quitterai pas» ou encore «Djabli Rabi» pour traduire «Il me semble». Mais celles-ci n’entament en rien l’esprit de l’œuvre originale car ces référenciations n’ont pas de portée religieuse en elles-mêmes. Elles ne font que renvoyer à un savoir culturel algérien à travers ses expressions communes. Bien sûr que cette lecture ne peut produire les mêmes effets poétiques que ceux du texte original mais elle a tout de même le mérite de nous saisir, autrement.
Cette traduction avait comme objectif premier de devenir un support pédagogique, mais en réalité elle ne devrait aspirer qu’à sa noble et véritable vocation : le plaisir des contes qui peut prendre d’autant plus d’importance avec l’arabe algérien qui est une langue orale. On pourrait aussi la considérer comme un acte symbolique pour la valorisation de notre culture et de l’un de nos dialectes. Un moment de pureté et d’évasion : loin du français qui, quoique réadapté à notre culture, ne peut pas vraiment porter toutes les expressions de notre identité algérienne et loin de l’arabe littéraire qui, au-delà du texte sacré, ne correspond pas vraiment à la réalité quotidienne des Algériens. Quatre années après que cette idée a commencé à germer dans l’esprit des traductrices et deux années après que les éditions Barzakh ont adhéré au projet, le livre conforme aux illustrations de son auteur et aux exigences de ses ayants droit est là et n’attend qu’à être apprécié ! Son prix est, d’ailleurs, relativement abordable : 350 DA. Les Algériens désireux de découvrir ou de redécouvrir le conte philosophique le plus émouvant et attendrissant qui soit peuvent donc se laisser bercer par les vaticinations lumineuses d’un petit prince bien imprégné de la culture et de l’imaginaire collectif algériens. Un plaisir à lire…
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15th November 2010 16:06 #4
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