Mardi 30 Septembre 2008 -- Qui n’y a pas été confronté un jour ? L’univers kafkaïen de la bureaucratie est brassé avec succulence dans le film Hadj Lakhdar et la bureaucratie, présenté en avant- première, dimanche soir, à la salle Ibn Zeydoun de l’office Ryad El Feth d’Alger. Le public y était en nombre et l’ambiance ramadhanesque aussi. Celui qui a crevé l’écran avec L’Imara, y campe le rôle principal soutenu, à l’occasion, par des d’artistes qui lui donnent souvent la réplique dans ces comédies. Réalisé par Abdelkader Merbah, le scénario co-écrit par Lamine Merbah et Aïssa Cheriet raconte les mésaventures d’un taleb d’une école coranique venu de son village natal passer un concours organisé en ville. Toujours succulent et ayant la réplique facile qui agace par moments, Lakdar monte en ville, non pour y tenir le haut de l’affiche, mais pour participer à un concours lancé sur la voie des ondes par un improbable comité de lutte contre la bureaucratie. Il y sera confronté, lui et des personnages tout aussi succulents.
Lamine Merbah, le scénariste, s’efforce à travers ce film de faire revivre des situations « absurdes » et abracadabrantes auxquelles chacun est confronté. Il saura faire reprendre à son compte l’adage qui dit que « la seule chose qui nous sauve de la bureaucratie, c’est l’inefficacité. Une bureaucratie efficace est l’une des pires menace à la liberté ». L’exercice est réussi malgré quelques imperfections liées aux dialogues ennuyeux par moments. Le carnaval qui était dans la dechra, nom d’une comédie dans laquelle est apparu Boukhros, se retrouve à la faveur de ce film dans la ville, Alger en l’occurrence. Le pauvre bougre qui ne manque pourtant pas de piquant et de piques y est affronté. Tournée en vidéo et tirée en 35 mm, la comédie loufoque de deux heures a pu réunir des acteurs connus comme Hamid Achouri, Bakhta, Mourad Khan, Lynda Sellam et Farid Rocker. Chacun y a mis du sien avec les réparties qui leur sont connues.
La bande originale du film ne manque pas aussi de faire adhérer le public au thème de la bureaucratie, souvent repris dans les films des réalisateurs algériens. Le groupe pop rock D’zaïer, toujours plus innovant, a su voir et écouter avec des sonorités toutes nouvelles, des situations que vit le quidam. Si ce ne sont pas les disputes de mégères, ce sont les affronts de guichetiers. La comédie Lakhdar et la bureaucratie sera dans plusieurs salles en octobre, dans pas moins de 12 villes d’Algérie, à raison, assure-t-on auprès du producteur, d’une semaine par lieu de projection. Le long métrage continuera à être projeté à la salle Ibn Zeydoun jusqu’au 5 octobre. Le témoin sera passé à la salle l’Algéria du 15 au 21. A Oran, Sétif et Blida, il sera projeté du 2 au 8, et à Annaba du 10 au 16 octobre. A Sidi Bel Abbès et Tlemcen, il passera à partir du 11 octobre. Viendra le tour de plusieurs autres wilayas de l’est et de l’ouest du pays.
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Thread: Lakhdar et la bureaucratie
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30th September 2008 20:44 #1
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4th October 2008 17:24 #2
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Jaoudet Gassouma :
Samedi 4 octobre 2008 -- Lakhdar Boukhars est sans nul doute l’homme de l’année. Il revient sur les grands écrans. Cet ersatz de l’inspecteur Tahar, Ariouet et Boubagra nous lance à la face un nouvel opus qui, à défaut de faire exploser le rire, réussit à arracher des sourires. Lakhdar et la bureaucratie est un long, très long métrage qui reste dans son fondement loufoque, très loufoque ! On peut se dire choqué par l’absence de Lakhdar Boukhars et des trois quarts de ses comédiens lors de l’avant-première du film, organisée dimanche 28 septembre dernier (il est à noter qu’à cause de la fête de l’Aïd, la parution de cet article a été décalée), mais aussi par le fait, que la présentatrice ait annoncé la présence du comédien alors que celui-ci brillait par son absence. De même, l’on peut aussi se dire choqué d’avoir reçu les images de ce film de plein fouet, sans même une transition pour l’annoncer. Mais bon, ce n’est pas le Festival de Cannes et les réflexes de simple correction par rapport à l’équipe qui a travaillé dur méritait un geste émanant de Lakhdar, qui semble ces jours-ci faire corps avec son personnage acariâtre… El-mouhim, comme le dirait sans nul doute Madani Meslem.
Le film, malgré ce premier couac a commencé sur des chapeaux de roue. Du coup, on ne sait plus si Lakhdar manque d’imagination, ou s’il rend hommage à Mohamed Zinet dans Tahia ya Didou, les dix premières minutes du film laissant pantois sur une volée de gamins avec un petit dernier qui court : une scène clé du film cité plus haut. Prenons cela comme un hommage, l’indulgence est aussi preuve d’élégance. Lakhdar Boukhars vient donc de finir son long métrage, en faisant un immense film de télévision sur cinéma. L’image est sursaturée. On sent la Digital Vidéo «grossie» sur 35 mm. Cela dure longtemps, très longtemps, exactement 121 minutes qui pèchent par quelques leviers de freins facilités par un scénario qui s’avère, outre le ressort rigolo de la bureaucratie, englué dans des fariboles scénaristiques vaguement humoristiques. Le héros est donc un mouâlim qui enseigne la langue aux enfants du village. Sympathique et bon enfant, Lakhdar garde sa panoplie du rural intégral avec pantalon approprié et lunettes brisées qui font le principal avec le chèche, el-guennour, de circonstance. Il est appuyé dans ce rôle par son alter ego, Madani Meslem, très bon et très fluide, qui incarne l’épicier de service dans un rôle sur mesure.
Casting chargé comme un bourek !
Lynda Sellam gagne une place dans le film. Elle n’est plus la fille, elle devient la femme de Lakhdar. On ne sait point quoi penser. Lynda nous a montré des jours meilleurs au théâtre. Le reste de l’histoire prend un tournant étrange, survolté. Là, on commence à sourire, puis à rire. De la bonhomie première, villageoise et bucolique, on se trouve plongé dans un voyage vers l’enfer de la ville, mais aussi celui des autres. Notre héros, malgré lui, se trouve embarqué dans une énigmatique opération de politique contre la bureaucratie, qui donne lieu à un concours étrange. Lakhdar Boukhars, avec ses convictions et ses principes, participe à ce concours bizarre. Bien sûr, il va subir les affres d’une bureaucratie dans laquelle il va se trouver embringué dans un mauvais vaudeville. Les personnages du casting comme Hamid Achouri, vont se démultiplier, mais les talents d’acteur de Hamid sont insuffisants, une fois passé l’effet de surprise du début. Même chose pour Fawzi Saïchi. Mais le film est sauvé par des situations rocambolesques. Il est question des pérégrinations de Lakhdar dans cette ville trop grande pour lui, caricaturale pour les paysans et un peu acides pour ces arrivistes qui se font arnaquer dans les grandes avenues. Le film est manichéen et un peu convenu : «T’es paysan, reste à ta place !»
Lourdeur quand tu nous tiens !
Quand on sort de l’épisode bureaucratique, qui est une lutte titanesque et foncièrement rigolote, l’aventure de Boukhars, outre un jeu très correct, prend un tour tragi-comique. Elle devient laborieuse à une demi-heure de la fin, trop longue et rocambolesque, jusqu’au bout. Le film se termine en demi-queue de poisson, mais la morale scénaristique est sauve.
Boukhars sera… vacciné !
La distribution pèche par son déséquilibre. Farid le rocker est survolté et sympathique. Mohamed Bessam hilarant, Fawzi Saïchi tout juste moyen. Le reste des acteurs est à oublier. Le montage reste inégal en général et le film garde quelques légèretés. C’est au final une bonne petite comédie qui porte l’empreinte de l’inspecteur Tahar dans plusieurs scènes (restaurant, magie, déguisements pour la scène d’«Alhane wa chiab» etc.). L’ombre d’Ariouet plane aussi sur le film, avec la diatribe de Boukhars sur la «Cratia», ou simple détail de la bureacratie. On a rit de bon cœur sur quelques exercices de style. Ce film est à placer dans le divertissement simple et basique. Prenons le comme tel et allons le voir au cinéma, juste pour le plaisir de rire. C’est tout !
Lakhdar et la bureaucratie
Un film avec Lakhdar Boukhars.
Genre : fiction comédie.
Durée : 121 min.
Année de production : 2008.
Coproduction : Amine Intaj et ENTV.
Directeur de production : Lamine Merbah.
Réalisation : Abdelkader Merbah.
Directeur de la photo : Ismaïl Zerrouki.
Ingénieur du son : Lotfi Adamo.
Montage : Ibtissem Djenane.
Postproduction : Cinedia-Paris avec le concours du ministère de la Culture et du Centre national de la cinématographie algérienne.
Distribution : Lakhdar Boukhars, Hamid Achouri, Bakhta, Harroudi, Fawzi Saïchi, Madani Meslem, Omar Taïri, Mourad Khan,
Mohamed Bessam, Farid le rocker, Fatiha Nesrine, Nesrine Zerrouki et Lynda Sellam.
Musique : groupe D’zaïr.
Diffusion nationale : Isser Arts Prod.







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