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  1. #1
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    Journal d’un homme libre, de Mohamed Benchicou


    Vendredi 17 Octobre 2008 -- La sortie de Journal d’un homme libre, le nouveau livre du journaliste et directeur du journal Le Matin Mohamed Benchicou, a été bloqué par la police nationale à l’imprimerie Mauguin de Blida, indique aujourd’hui un communiqué de l’auteur. La sortie de livre était programmée à l’occasion du Salon international du livre d’Alger. C’est la deuxième fois en l’espace d’une année que l’auteur fait l’objet de censure en Algérie. « L’an dernier, l’abus de pouvoir consistait à prohiber Les geôles d’Alger du Salon du livre d’Alger et à murer le stand de mon éditeur, ce qui nous plaçait déjà dans l’outrance médiévale et le grotesque », souligne le communiqué. Une conférence de presse aura lieu dimanche à 12 heures à la Maison de la presse, à Alger.

    Document : le communiqué de Mohamed Benchicou

    Cette année encore, le Salon international du livre d’Alger sera marqué par un grave scandale : la police algérienne vient de bloquer, et à l’imprimerie même, la sortie de mon nouveau livre Journal d’un homme libre, sortie qui était programmée à l’occasion du Salon.

    C’est la deuxième année consécutive que la censure méchante, absurde et irréfléchie frappe mes écrits.

    L’an dernier, l’abus de pouvoir consistait à prohiber Les geôles d’Alger du Salon du livre d’Alger et à murer le stand de mon éditeur, ce qui nous plaçait déjà dans l’outrance médiévale et le grotesque.

    Cette année, pour ne pas innover, c’est au moyen d’une descente policière musclée dans les locaux de l’imprimerie Mauguin de Blida, où le livre Journal d’un homme libre était en fabrication dans la perspective du Salon, que la censure s’est magnifiquement réalisée.

    L’escouade de police, instruite par je ne sais quelle sombre autorité, et après une spectaculaire perquisition, a saisi tous les documents se rapportant au livre et intimé l’ordre à la directrice de surseoir à son impression !

    Tout dans cet inqualifiable procédé est illégal et arbitraire.

    Le livre Journal d’un homme libre ne souffre, en effet, d’aucune entorse à la réglementation. Il a été dûment enregistré auprès de la Bibliothèque nationale qui, en retour, lui a délivré un numéro de Dépôt légal et un numéro d’ISBN.

    La fabrication du livre a fait l’objet d’un bon de commande règlementaire auprès de l’imprimerie Mauguin.

    Nous sommes donc, une fois encore, devant un fait du prince qui se moque des lois et du droit.

    Seul compte l’impératif de brûler un livre dont on redouterait, à tort ou à raison, qu’il écorne l’unanimité de façade sur laquelle repose la légitimité du pouvoir.

    A quelques jours du 13è Salon du livre d’Alger, cet oukase d’un autre âge vient, hélas, nous rappeler que nous sommes plus proches de la République de l’autodafé que d’une République moderne qui ambitionne de tenir salon à la face du monde.

    Par cet acharnement contre mes écrits, et après m’avoir emprisonné et suspendu le journal que je dirige, le pouvoir algérien entend me désigner comme le récalcitrant à une sorte d’allégeance collective qui ne dit pas son nom, qui s’imposerait au monde de l’édition en Algérie, et à laquelle nul écrivain ou éditeur ne saurait se soustraire sans se rendre coupable de la fitna.

    Je refuse ce statut d’insoumis, je ne suis qu’un auteur parmi ceux qui font vivre l’expression dans mon pays.

    Je dénonce, et je dénoncerai toujours, la censure médiévale, cet étranglement du verbe et de la parole qu’entend instituer le pouvoir par la force et la prébende, un fait accompli qui abolirait, dans l’Algérie du 21è siècle, la liberté d’éditer et de lire et qui consacrerait, à jamais, le livre comme une affaire de clous, de grandes planches et de brigades de police.

    Je continuerai à me battre, par tous les moyens, pour que le livre Journal d’un homme libre voie le jour dans les librairies de mon pays, comme je ne me renonce pas à imposer le retour du quotidien Le Matin sur les étals de nos buralistes.

    Une conférence de presse aura lieu dimanche à 12 heures à la Maison de la presse, à Alger.

  2. #2
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    Dimanche 19 octobre 2008 -- Mohamed Benchicou refuse de se taire. L'écrivain et directeur du quotidien en ligne le Matin veut aller jusqu'au bout dans son nouveau bras de fer avec le pouvoir. Au cœur de cette nouvelle bataille : la saisie par la police du manuscrit de son nouveau livre Journal d'un homme libre à l'imprimerie Mauguin de Blida. «Le livre sera publié en France fin octobre et si les imprimeurs refusent de le publier en Algérie, je le mettrai sur internet. A l'heure d'internet, on ne peut plus interdire la publication des livres », a-t-il annoncé dimanche au cours d'une conférence de presse à la Maison de la presse d'Alger.

    Mohamed Benchicou fait désormais de sa détermination à publier le livre en Algérie un énième combat pour la liberté d'expression et d'éditer. «Ce qui s'est passé est inacceptable, intolérable. Le livre a été interdit avant sa sortie. Personne ne l'a lu encore. Ce triste épisode est un signal clair du pouvoir aux intellectuels, journalistes et écrivains comme quoi vous êtes sous surveillance», a-t-il estimé. «Il ne s'agit pas d'une simple affaire de livre, mais de la liberté d'éditer et de la liberté d'expression», a soutenu M. Benchicou. «Ce n'est pas le contenu du livre qui dérange, mais le nom de Mohamed Benchicou. Le pouvoir veut faire de moi l'exemple à ne pas suivre pour les intellectuels de ce pays. Il aurait aimé que je sorte de prison diminué, brisé, mais ce n'est pas le cas», a-t-il ajouté.

    Dans son nouveau livre, Benchicou raconte sa vie depuis sa sortie de prison le 14 juin 2006 jusqu'au 14 juin 2008. «Le contenu n'est pas très favorable au régime, concède t-il. Il porte un regard sur ce que nous avons vécu ces dernières années et principalement la guerre des clans pour le troisième mandat présidentiel. C'est une suite du livre les Geôles d'Alger».

  3. #3
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    Mardi 21 Octobre 2008 -- C’est le black-out total après la saisie à l’imprimerie avant même sa parution du nouvel ouvrage intitulé Journal d’un homme libre du journaliste et auteur Mohamed Benchicou (ex-directeur du journal Le Matin). Notre collaborateur du bureau de Blida s’est rendu hier après-midi à l’imprimerie Mauguin, où le fait du prince a été commis par des policiers qui ont saisi le manuscrit et intimé la suspension de son éventuelle impression sous prétexte que le certificat de dépôt légal était faux alors que le livre saisi a souscrit à toutes les procédures réglementaires en vigueur, selon Mohamed Benchicou, et ce, pour s’enquérir quant à cette censure. Notre journaliste nous rapportera que, d’après le préposé de la réception, Mme Chantal Lefèbvre, directrice de cette imprimerie, ne pouvait le recevoir car elle était en réunion et que personne n’était disponible pour se prononcer à propos de cette désormais « affaire ». Et qu’il fallait rédiger une demande mentionnant les questions et attendre la réponse. Cette demande a été formulée à cet effet.

    Joint par téléphone, le directeur général de la Bibliothèque nationale, Amine Zaoui, ayant certifié le dépôt légal et le numéro ISBN du livre Journal d’un homme libre de Mohamed Benchicou et transmis la fiche technique de l’ouvrage pour impression – qui par la suite se rétractera à travers une correspondance à la directrice de l’imprimerie Mauguin de Blida dont la teneur portait sur l’annulation du dépôt légal renfermant une erreur – nous demandera de le rappeler plus tard pour une déclaration concernant cette contradiction « livresque ». Cependant, rappelé à maintes reprises, le téléphone portable du directeur de la BN ne répondait pas. Mohamed Benchicou, commentant ce mutisme assourdissant, nous déclarera : « Ce silence et cet embarras montrent que l’acte est démesurément injustifié. Il n’y a absolument rien à dire ! Ce silence embarrasse et valide l’acte bananier qui vient d’être commis. Je crois que c’est le moment pour les créateurs, écrivains, artistes, journalistes et autres cinéastes de s’unir pour rétablir le droit à l’expression. Ils sont surpris par leurs propres outrances et de ne savoir quoi dire. Et le comble, c’est que cela se passe le même jour de la résolution du sommet de la francophonie insistant sur le respect des droits humains... »

  4. #4
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  5. #5
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    Mardi 21 octobre 2008 -- La décision d'interdire l'impression en Algérie d'un nouveau livre du journaliste-écrivain Mohamed Benchicou a été prise pour "banalisation des crimes coloniaux et propos antisémite", a déclaré mardi la ministre algérienne de la Culture Khalida Toumi.

    Mme Toumi a affirmé que ce livre, Journal d'un homme libre, "banalise" les crimes de la colonisation, car "son auteur fait un parallèle entre un militant de la cause nationale et un général responsable de l'assassinat de 4.000 Algériens, de 5.000 disparus et de la systématisation de la torture pendant la guerre de libération nationale". "Dans ce livre, il y a aussi de l'antisémitisme", a-t-elle dit.

    Mme Toumi a affirmé qu'elle assume la décision d'interdire l'impression du livre, prise par ses soins "conformément aux dispositions de la Constitution qui interdisent toute atteinte à l'honneur des personnes et des corps constitués, après avoir consulté un nombre important d'avocats". Mme Toumi, citée par l'APS, s'exprimait au cours d'une conférence de presse consacrée à la deuxième réunion des ministres africains de la Culture à Alger. La ministre a rappelé que le code pénal algérien dans ses articles 144 et 296 consacrent "l'inviolabilité" de l'honneur des personnes. La ministre a affirmé avoir lu le manuscrit du livre. L'auteur "accuse des responsables de vol, sans pour autant donner une seule preuve" et porte atteinte au ministre de l'Intérieur.

    L'écrivain-journaliste Mohamed Benchicou avait affirmé dimanche que le manuscrit de son nouveau livre avait été saisi à l'imprimerie avant sa parution, "sans aucune explication". "Dans cet ouvrage, je raconte ce que j'ai vécu depuis ma sortie de prison le 14 juin 2006 jusqu'au 14 juin 2008. C'est une suite du livre Les geôles d'Alger. Le contenu n'est pas très favorable au pouvoir", avait dit M.Benchicou.

  6. #6
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    Mardi 21 octobre 2008 -- La ministre de la culture Khalida Toumi a reconnu, mardi 21 octobre, avoir pris la décision d’interdire l’impression du livre de Mohamed Benchicou, Journal d’un homme libre. «J’ai lu cet ouvrage et j’ai pris la décision d’empêcher son impression» a-t-elle indiqué lors d’un point de presse à Alger. Selon la ministre, l’ancien directeur du Matin aurait accusé, dans son ouvrage, des personnes sans preuves et aurait tenu des propos antisémites. Tout comme il aurait banalisé les crimes coloniaux. «La constitution garantit la protection de l’honneur des citoyens et le code pénal condamnent les atteintes à la révolution, à l’honneur du chef de l’Etat et celui des fonctionnaires des corps constitués», a-t-elle justifié.

    Par sa décision, l’ancienne figure de proue du mouvement féministe et ancien cadre du RCD, soutient qu’elle a évité «la prison à Benchicou». «Par ma décision, je vous suggère de penser que, peut-être, j’ai évité à Mr Benchicou de retourner en prison. Et j’assume cette décision.» . De son côté, le ministre de la communication Abderrachid Boukerzaza, s’exprimant à l’issue du conseil de gouvernement tenu mardi a infirmé l’existence d’une censure en affirmant que «cette affaire concerne des procédures réglementaires au niveau local, ni plus ni moins». Selon Mohamed Benchicou, son livre est une fiction évoquant le troisième mandat présidentiel. Le livre devrait être publié en France avant la fin du mois en cours.

  7. #7
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