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  1. #1
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Ben Boulaïd d’Ahmed Rachedi


    Mercredi 17 Décembre 2008 -- Le lion de la révolution algérienne revient par la grande porte. Le héros discret qui a longuement fait parler de lui, des années durant, revient à travers l’image cinématographique. Ahmed Rachedi, réalisateur emblématique, a signé cette œuvre avec la volonté d’un retour en force dans le cinéma algérien. Mais il a aussi voulu un retour en force avec le soin précis d’intégrer nos héros nationaux dans une nouvelle mythologie. Ce qui nous met d’ailleurs en face d’un grand film, d’un film sans nul doute trop grand pour Ahmed Rachedi. Même si le président de la République a encensé ce film intéressant au plus haut point, cela ne veut pas dire que le film ait atteint la perfection. Ce film mérite toute l’attention qu’on lui porte par le principe, même figées dans le temps, d’intégrer nos gloires nationales dans une nouvelle mythologie. Que nos jeunes générations sachent que ces héros, qui ont été charismatiques, ne peuvent plus être sur des photos en noir et blanc. Hollywood l’a compris, allant jusqu’à nous bassiner avec de faux héros, juste pour incarner cette Amérique qui gagne.

    Dans le film Ben Boulaïd, Sadok Bekkhouche, qui signe le scénario originel, un scénario classique, où la vie de Mustapha Ben Boulaïd est évoquée de manière tranquille mais frontale, le militant n’est pas encore un homme accompli. Il perçoit les inégalités et les injustices d’une colonisation qui s’impose aux Algériens avec une poigne de fer. Inéluctable voie de sortie : la Révolution. On apprend également avec Bekkhouche l’évolution vers le syndicalisme et la lutte militante dans les milieux ouvriers. Ben Boulaïd est un être sensible, ayant une dimension humaine riche. Il met un point d’honneur à mettre au service de l’Algérie toutes ses richesses. Le film, selon le premier script, se déroule ainsi. Puis, Ahmed Rachedi prend le chemin d’un allant hollywoodien. Il veut que Ben Boulaïd soit cinématographique, grandiose, digne d’un péplum. Sur plus de 500 comédiens, c’est Hassan Khechache, médecin affable et comédien à ses heures perdues, qui fait le grand saut… au point de se casser quasiment une hanche pour incarner le grand chahid.

    Le jeu est correct, la direction d’acteurs est impeccable. Quelques plans sont d’anthologie, mais Ahmed Rachedi possède cette méchante manie d’improviser, malgré la préparation de régisseurs et d’équipes diverses (décorateurs, producteurs, …) qui ont sué sang et eau pour honorer cette œuvre du cinéma. On constate qu’il travaille sans plan précis et toute l’équipe peut jurer que jusqu’à ce jour, nul ne peut se vanter d’avoir eu un scénario complet du réalisateur. Si l’on connaît le nombre d’équipes en déco, accessoires, régie et directeurs photos qui ont été réquisitionnées pour ce film, on serait effaré et donc très peu étonné de relever des incohérences graves comme, par exemple, des chapelets de faux raccords, ou encore d’erreurs de montage qui tranchent à l’écran, sans oublier les quelques notes historiques qui prennent dans ce film des voies quelque peu insolites. Voilà ce qui se passe quand des chefs déco travaillent des mois durant à se documenter et à donner des indications sont ignorés du fait que des accessoiristes ne suivent pas ces indications parce qu’un peu trop proches d’un réalisateur qui fait fi de celles-ci.

    Le film paie ses incohérences, et dans le cinéma, certaines actions ne pardonnent pas puisque cela se révèle à l’écran. Un film se monte, se prépare et se réalise en équipe, et si cette dernière n’est pas soudée, l’écran et le public resteront de marbre ou exploseront de rire sur un film qui n’est pas comique dans son fondement. Il est à souhaiter que cette œuvre, au demeurant très bien menée sur de nombreux points, soit au moins revue pour une meilleur appréciation du grand public qui ne manquera pas d’en apprécier la teneur autant artistique qu’historique. Et ce ne sera là que justice. Nous nous permettons de le prescrire de cette manière, ayant contribué grandement à de nombreuses étapes de cette grande aventure qui inaugure, malgré tout, une nouvelle ère du grand cinéma algérien.

  2. #2
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Sihem Ammour :


    Jeudi 8 Janvier 2009 -- Dans le cadre de ses activités culturelles et historiques, l’Association Machaal Echahid a inauguré le programme de 2009 par une rencontre-débat avec le réalisateur Ahmed Rachedi autour de son film Assed El Djazaïr (Le Lion de l’Algérie) sur Mostefa Benboulaïd. Après la projection de la bande-annonce du film, Ahmed Rachedi est revenu sur la genèse du film, soulignant que «face à la prolifération de films français, ces dernière années, il s’avérait urgent que l’Algérie réponde avec une production qui porte un regard national sur la guerre d’indépendance». Il a aussi expliqué que la plupart des films algériens produits sur la révolution algérienne portaient le peuple comme héros et qu’il était temps de faire la lumière sur des personnes qui sont les symboles de cette révolution, à l’exemple de Mostefa Benboulaïd.

    Interpellé par l’un des présents sur certaines inexactitudes dans le déroulement de certains épisodes de l’histoire rapportés dans le film, le réalisateur a rétorqué qu’avant de faire le film, en partenariat avec le scénariste Sadek Bekkouche, de longues recherches ont été effectuées et basées sur des témoignages et des documents historiques. Il a, toutefois, mis en exergue le fait que le long métrage est une œuvre esthétique et non un documentaire. Il a tenu à préciser que «le rôle du cinéma n’est pas d’écrire l’histoire mais
    d’éclairer une période historique».

    À propos de la controverse sur la mort de Benboulaïd, il dira que la famille du chahid avait contesté cette scène, arguant que les circonstances de sa mort n’ont pas été élucidées, mais que lui s’est «basé sur des documents authentifiés et des témoignages vivants de compagnons du chahid», ajoutant que «si Benboulaïd avait été assassiné par ses frères, je ne l’aurais jamais mis dans le film», ajoutera-t-il.

    Concernant le choix de Hassen Kechache pour l’incarnation du personnage principal, Ahmed Rachedi a expliqué qu’il ne cherchait pas un clone physique du regretté martyr de la révolution algérienne, mais qu’il s’agissait avant tout de trouver un comédien capable d’imposer, sur grand écran, la forte personnalité de Benboulaïd. Pour cela, il a dû auditionner plus de 600 comédiens à travers tout le territoire national avant d’opter pour Hassen Kechache. Ce dernier, qui était également présent à cette rencontre, a déclaré : «Lorsque j’ai été choisi, cela a été pour moi un grand honneur. Mais j’ai eu quelques appréhensions, car c’est une grande responsabilité. Finalement, je me suis beaucoup documenté et j’ai relevé le défi en jouant du plus profond de mon cœur et de mon âme.»

    Par ailleurs, le réalisateur a affirmé que le film sera bientôt diffusé dans les 48 wilayas. Il a toutefois tenu à rappeler les difficultés que subit le 7e art en Algérie, soulignant qu’il a fallu l’intervention du président de la République pour que le film puisse continuer à être financé et voir, enfin, le jour, après une interruption de tournage de 6 mois. Il a affirmé qu’il y a peu, les Impôts ont réclamé une taxe de 70 millions de dinars au producteur. Il s’est insurgé à ce propos en disant qu’il était temps que l’Etat subventionne la production cinématographique avec, entre autres, des mesures fiscales adaptées.

    Sur la longueur de certaines scènes, telles que celle de l’évasion, il a annoncé que le film était en plein remaniement et qu’il sera raccourci d’une demi-heure afin de lui donner plus de rythme. Il a conclu en déclarant : «Le plus important pour nous était de transmettre aux nouvelles générations les étapes essentielles de la vie du martyr Mustapha Benboulaid. Maintenant, c’est au public de nous juger».

    Le cinéaste a par ailleurs déclaré que des projets de films sur 23 personnalités de la guerre de libération, dont Larbi Ben M’hidi, Didouche Mourad, les colonels Lotfi et Amirouche, sont actuellement à l’étude. Le Lion de l’Algérie, qui a été projeté en avant-première le 10 décembre 2008, en présence du président de la République, a coûté 230 millions de dinars. Le film est co-produit par les ministères des Moudjahidine et de la Culture et l’entreprise Missan Belkais.

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