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  1. #1
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    “Droit d’aînesse”, un nouveau film en tamazight


    Dimanche 4 Janvier 2009 -- Un nouveau film en langue amazighe sera bientôt en chantier. Réalisé par Smaïl Yazid, le film, une coproduction de AV2M et Chromavision, a eu déjà l’accord du Fdatic en sus d’une subvention du ministère de la Culture. Le projet de film est une fiction long-métrage (90mn) sous-titré en arabe et en français. Le tournage est prévu en Kabylie, précisément à Oudhias, pour une période de six mois. Le premier tour de manivelle sera donné ces jours-ci, nous apprend Fatiha Allilèche, assistante du réalisateur. Les rôles principaux seront campés par Yazid Aït El Djoudi et Arezki Siouani.

    L’histoire se déroule dans un village de Kabylie dans les années 1960, où la société villageoise chavirait entre la tradition omniprésente et régulée par le droit coutumier et l’aspiration à la modernité concrétisée par la fréquentation de l’école de la jeune génération. Le synopsis résume la problématique qui concerne l’héritage et le partage familial. L’aîné d’une famille nombreuse rentre définitivement de France où il a, des années durant, trinqué sa santé et ses biceps dans les mines de charbon. Durant son séjour dans les “caves” de l’Hexagone, Mokrane envoyait régulièrement des mandats pour son père, un patriarche autoritaire. N’ayant que deux filles, il supplie son père de procéder au partage avec ses quatre frères ; de la sorte, il attribuerait une parcelle de terre à ses deux filles.

    Mais il fallait compter sans la roublardise de Saïd qui manipule son frère Larbi, sans instruction, contre toute la famille. Mokrane formaté dans le moule de la tradition familiale bâtie sur la solidarité, est désespéré des valeurs familiales qui s’effilochent les unes après les autres, devant un individualisme rampant. “Aujourd’hui, les ressorts qui sous-entendent la cohésion familiale commencent à se désarticuler. Je vois là les prémices d’une totale désintégration. Il y aura l’individu mais plus de famille. Nous, à l’époque, nous n’existions et ne vivions que pour la famille. Je n’ai épargné ni ma santé ni un sou qui pourrait sauver demain mes filles. Mes gains, je les envoyais au père, c’est-à-dire pour toute la famille”, se lamente l’aîné de la famille devant son cadet Kaci.

    Celui-ci, sensible à la plainte de son frère, informe son père, qui procède alors — certes un peu tardivement — au partage de ses biens, mais pas comme l’aurait voulu l’aîné de la famille, qui ne tardera pas à décéder. Mais la cupidité et la voracité de Saïd et Larbi vont désarçonner Kaci et ses deux nièces après la mort du vieux. Larbi s’approprie la parcelle de terre qui était patrimoine des deux filles de Mokrane. De fil en aiguille, il finit par les déposséder de ce bout de terre qu’il vendra. L’argent du négoce servira à meubler le logis de Saïd, en prévision de son mariage proche.

    Non content d’avoir exproprié son frère, aujourd’hui six pieds sous terre, Larbi et “le renard” Saïd accablent Kaci sur lequel ils rejettent tous les torts. “Depuis la nuit des temps, après la disparition du père, c’est à l’aîné que reviennent les charges de chef de famille”, disent-ils à l’endroit de Kaci. Celui-ci, universitaire et bien outillé sur le plan intellectuel, en concertation avec son benjamin Meziane, recourt, non pas comme de tradition à la djemaâ du village, mais à la justice et aux lois de la République, pour trancher le différend. Qui a tort et qui a raison ? L’intrigue est palpitante, le suspense l’est également.

  2. #2
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Jeudi 22 janvier 2009 -- Droit d’aînesse est le titre d’un nouveau long métrage en amazigh, dont le premier coup de manivelle a été donné jeudi dernier à l’hôtel Amraoua de Tizi Ouzou. Le film du réalisateur Smaïl Yazid est une coproduction des boîtes audio-visuelles Multimédia Av2M et Chromavision. Avec une équipe d’artistes assez expérimentés dans le domaine, à l’instar d’Anissa Mizaguer, Achrouf Idir, Yazid Aït Djoudi et Arezki Siouani, le réalisateur nourrit l’ambition de relever un nouveau défi et d’enrichir le paysage cinématographique d’expression kabyle, qui compte déjà plusieurs œuvres depuis que Malek Bouguermouh a réalisé la Colline oubliée ou Thawrirt yetwattun.

    Le scénario du film écrit par Hocine Khirèche met en évidence le passage de la société kabyle d’une période où le droit coutumier régissait les rapports entre les individus d’une même communauté à une période où les conflits familiaux finissent souvent devant les tribunaux. Des mutations que le scénariste a traduites à travers la famille de vava Mouh, qui agit toujours en conformité avec les règles qui régissent la société pour maintenir la solidarité familiale. Cet homme âgé, père de cinq garçons et deux filles, est le père, le juge et le saint auquel sont soumis tous les membres de la famille, qu’ils soient mariés ou célibataires. Personne n’ose le défier ou aller à l’encontre de ses décisions, de peur qu’une malédiction de Dieu ne les frappe.

    Contrairement à lui, Kaci, instruit et le plus jeune des cinq garçons, développe une mentalité contraire à l’ordre établi. Saïd, son frère aîné, a une vision assez différente de celle de son frère. Le troisième, Larbi, est un illettré ; il est considéré comme une marionnette entre les mains de ses frères. Et puis il y a Mokrane qui est atteint d’une maladie incurable suite à son travail dans les mines de charbon en France et qui a à sa charge deux filles.

    Du côté des filles, on retrouve Ouerdia, Dehbuia et Tassaâdit, dont aucune n’est scolarisée. Les deux premières s’occupent des travaux domestiques, tandis que la troisième est bergère. Les premiers conflits apparaissent lorsque Mokrane, sentant la mort approcher, demande à son père d’attribuer une parcelle de terrain à ses filles pour leur assurer une subsistance, dans la dignité, après sa disparition. Son frère Saïd, avide, commence à remonter Larbi contre tout le reste de la famille, en promettant de partager avec lui l’héritage de leur père, sans associer les autres membres de la famille. Mais à leur grande surprise, le père, vava Mouh, va procéder au partage de son vivant, avant même la mort de son fils Mokrane.

    Ainsi, les deux filles de celui-ci obtiennent la parcelle de terrain espérée, en plus de celles de leurs oncles Kaci et Meziane qui n’ont plus le temps de pratiquer l’agriculture. Larbi, sur les conseils de Saïd, propose ainsi d’aider les deux orphelines en construisant un hangar sur les terres de Kaci. Plus tard, il accapare la maison du défunt Mokrane et renvoit sa femme chez ses parents tout en gardant les deux filles. Désormais, la famille est complètement décomposée et Kaci, pour régler le problème, décide d’ester ses deux frères, Larbi et Saïd, en justice au lieu de recourir, comme de coutume, à la tajmaât du village. Une histoire qui se déroule dans les années 1970 et qui est reprise dans Droit d’aînesse.

    Ce long métrage de 90 minutes, dont le tournage se fera en Kabylie, précisément aux Ouadhias et à Chorfa, dans la wilaya de Tizi Ouzou, pourra être vu par le public dans les salles de cinéma d’ici la fin de l’année, a-t-on appris par le directeur de production du film, Mohand Chérif Allilèche. Notons que le projet a bénéficié d’une subvention de 1 milliard de centimes de la part du ministère de la Culture.

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