Lundi 14 Septembre 2009 -- Le film documentaire Lamine, la fuite, de Samia Chala, a été projeté, jeudi 10 septembre, en avant-première mondiale à la librairie Socrate News, dans le cadre du programme des activités du mois de ramadan, les Mille et une News. Ce film, d’une durée de 90 minutes, retrace le quotidien d’un jeune algérien désabusé, «dégoûté et rêvant de vie meilleure», qui tentera par tous les moyens de rejoindre l’autre rive. Lamine, 35 ans, chômeur et vivant avec ses parents, se dit incapable de vivre encore en Algérie. Cette société qu’il juge renfermée, bourrée de préjugés et avare de liberté, l’exaspère de jour en jour et le jeune désespéré ne trouve d’autre issue que de tenter l’immigration. Le documentaire prend naissance à Alger, où des images du quotidien monotone et sans surprise de Lamine nous sont exposées avec nonchalance, côté caméra, et humour acerbe et ravageur, côté personnage. Il n’y a quasiment pas de voix-off et Lamine devient acteur principal. Mais du mot acteur, il ne faut pas comprendre scénario et jeu de rôle, mais une prestation naturelle, telle qu’on en voit tous les jours dans les rues et les cafés d’Alger. Lamine, surnommé par ses amis «Lamine la fuite», vu l’ardeur de son désir de partir, tourne son désespoir et celui de ses compatriotes en délicieuse dérision. La misère, l’ennui, les frustrations, les refus continuels d’octroi de visa et le mal-être ont pris, grâce à cet humour noir bien de chez-nous, une allure moins macabre. Le public s’est d’ailleurs délecté des tirades savantes du personnage et des fous rires éclataient ça et là, comme pour atténuer la lourdeur de cette triste vie qu’est celle de Lamine. Au bout de quelques semaines en sa compagnie, la réalisatrice réussit à lui obtenir un visa d’un mois. Arrivé à Paris, notre fugueur national passe rapidement de l’euphorie au désenchantement. Le jeune rêveur vadrouille dans la ville des Lumières, mais n’arrive pas à apercevoir celle qui était censée l’attendre au bout du tunnel. Il s’aperçoit très vite que loin de ses repères et de sa douce oisiveté algéroise, il est complètement perdu. Après quatre mois seulement en France, le retour s’impose ! La réalisatrice, Samia Chala, a elle aussi quitté son pays en 1994. Elle travaille depuis avec plusieurs chaînes télévisées françaises pour le compte desquelles elle réalise des documentaires exclusivement liés à l’Algérie. On ne le voit, d’ailleurs, que trop bien, ce style documentariste propre aux réalisateurs immigrés. En effet, malgré la prestation remarquable de Lamine la fuite qui, par son authenticité, a offert au film une crédibilité considérable, on est hélas ! déçus par l’aspect «commercial» de l’œuvre. Trop de lenteurs et de radotages enlèvent à ce film sa souplesse et son élasticité. La réalisatrice a, sans doute, voulu nous transmettre, voire nous faire vivre, l’ennui mortel dont souffre Lamine. Chemin faisant, elle a versé dans la surenchère et abusé de «l’exotisme algérien» dont raffolent les médias français. Cela dit, la soirée fut un succès sur le plan divertissement, puisque le public a pris le parti d’en rire.
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Thread: Lamine la fuite, de Samia Chala
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14th September 2009 00:17 #1
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Sarah Haidar :







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