Jeudi 17 Septembre 2009 -- Une rencontre-débat autour du thème «La littérature algérienne d’expression française» a eu lieu lundi dernier au siège de la librairie Socrate News. Plusieurs écrivains jouissant d’une certaine renommée depuis les années 2000 ont pris part à ce débat. Il s’agit de : Hamid Grine, Djamel Mati, Kamel Abdellaoui, Mohamed Lakhdar Maougal et Amar Zentar. Chacun de ces romanciers et universitaires a abordé la question de la littérature algérienne d’expression française de manière différente, mais en convergeant souvent en plusieurs points. M. Maougal, connu surtout pour ses recherches universitaires sur le sujet, a opté pour un aperçu anthologique sur la littérature francophone algérienne. Il estime que les premières générations d’écrivains avaient notamment un rapport militant à l’écriture. Il souligne, de ce fait, l’acharnement qu’ont subi les écrivains de langue française des puristes arabophones, qui les ont injustement accusés de francophilie et d’alliance avec l’ennemi. À titre d’exemple, il cite Kateb Yacine et Mouloud Feraoun qui, malgré leurs styles et approches différents, ont fait de la littérature une arme anticoloniale et une loupe sociale incontournable. Selon l’intervenant, «la littérature de Kateb et de Feraoun a décolonisé la langue française et permis aux générations suivantes d’écrire en français sans complexe». Les années 1970 et 1980 ont connu, d’après le chercheur, un rééquilibrage entre littérature francophone et arabophone, d’où sont nés «un partage et une expression différenciée de l’algérianité».
Le journaliste et écrivain Amar Zentar juge, pour sa part, la littérature francophone algérienne d’aujourd’hui comme étant une écriture de turbulence et d’actualité. Plusieurs écrivains sont, selon lui, préoccupés par les questions contemporaines de leurs pays et du monde, à l’image de Yasmina Khadra, dont l’écriture «s’inscrit dans la réalité algérienne et européenne», et Mustapha Benfodil, dont les ouvrages sont gorgés de questionnements modernes qui, pour être propres à l’Algérie, n’en sont pas moins universels. Le romancier Djamel Mati, qui en est à son cinquième roman intitulé L.S.D, estime que les écrivains d’aujourd’hui ont d’autres objectifs qui s’éloignent peu ou prou des préoccupations politiques et sociales, au profit d’une introspection teintée dans l’ouvrage de beaucoup d’ironie. Ce jeune style moderniste et contemporain engendrera, selon l’auteur, un nouveau courant littéraire dans les années à venir. L’ancien journaliste et romancier ultraproductif Hamid Grine nous a offert, quant à lui, un long aperçu sur sa carrière d’écrivain et annoncé la sortie prochaine de son nouveau roman intitulé Il ne fera pas long feu. Quant au thème du débat, l’intervenant s’est contenté de plaider brièvement en faveur d’un «roman limpide et facile à lire».
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17th September 2009 00:12 #1
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