Lundi 28 Septembre 2009 -- Il arrive un jour à la rédaction, attend patiemment, le regard serein, la mine tranquille. Costume bien mis, élégance naturelle. Le regard bleu azur surmonte une barbe bien taillée, blanche comme neige qui fond. Mohamed Boussadi est là, il est écrivain. Né en 1938, Mohamed Boussadi suit un parcours qui ne sera pas atypique. Il grandit dans les limites du quartier Soustara, dans les méandres de la Casbah d’Alger. Études et certificat d’études en poche, l’Administration lui ouvre les bras après un détour en Institut des sciences politiques. Et puis, le parcours s’allonge entre dossiers et rencontres factuelles. Une de ces rencontres justement, si elle n’a pas été déterminante, constituera du moins un déclic. De là, par réaction épidermique, Mohamed Boussadi, être affable, élevé dans le respect des choses, se met à la plume. Il la prend et la trempe dans son énervement d’avoir été quelque part mal compris. Le sens de la sublimation fait le reste, il va écrire… C’est alors que naissent quelques poésies qui éclairent la route des amis, et ensuite le texte grandit pour devenir livre. L’année 2003 donne naissance à son œuvre les Années sombres, parue aux éditions Anep. Elle constitue une sorte de chronique de l’histoire algérienne contemporaine très ancrée dans l’autobiographie. Grisé par ce livre, Mohamed Boussadi continue d’écrire, il se retourne vers les vieilles images de son enfance et produit alors un livre «en noir et blanc», écorné comme de vieilles pages manuscrites. Il plonge alors, de manière vivace, dans le passé de la Casbah d’Alger. Ce sera alors le deuxième livre intitulé Soustara (1er prix de la ville d’Alger). Une plongée en apnée dans la Casbah des années 1940, qui content les tressauts d’une ville à l’orée d’un siècle naissant, et ce à travers le regard d’un enfant de moins de dix ans. Le parcours naturel de l’écrivain se voit accompagné d’une inspiration sans cesse renouvelée. L’écrivain n’a eu de cesse de témoigner de son enfance et de son vécu au sein d’une ville matrice qui en a vu d’autres, jusqu’à cette journée fatidique d’octobre 1988 qui n’a, à ce jour, encore point livré ses secrets. Peut-être les écrivains ont-ils pu expliciter par la fiction inspirée de faits réels ce que d’aucuns considèrent comme une révolution. Mohamed Boussadi appelle son livre la Descente aux enfers. Il l’illustrera d’une basket, la célèbre «Stan Smith», symbole vert et blanc d’une révolte algérienne à laquelle, symboliquement, il ne manquait que le rouge du sang de cette jeunesse, versé en offrande à une démocratie à laquelle on croyait tous. Le livre paraît aux éditions Yamcom, il est encore chaud. Inspiré d’évènements authentiques, le texte reprend des faits qui ont été narrés par des personnes proches. C’est l’histoire d’un jeune appelé Nazim qui va, de jour en jour, changer de comportement à la lumière, ou sous l’obscurité, de ce que son pays va subir… Le reste sera rehaussé par un style d’écriture limpide, bien élaboré, à l’ancienne. Mohamed Boussadi apporte tout son talent au service d’une fiction qui laisse un goût amer. Un mal nécessaire qui nous aidera un tant soi peu à apporter, de l’intérieur, un soin particulier, et ce pour mieux saisir ces évènements. Mais l’écrivain ne s’arrête pas en si bon chemin, il écrit une légende kabyle, comme dans le bon vieux temps, qui s’appelle El-Kaïssa, la folle d’Ighil Ouffela. Cette dernière paraîtra bientôt. En attendant, Mohamed Boussadi poursuit cette aventure livresque, en nous abreuvant de bons mots et d’histoires à dimension humaine. Ne boudons pas le plaisir de le lire.
La Descente aux enfers, de Mohamed Boussadi, éditions Yamcom, Alger 2009, 190 pages
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28th September 2009 00:14 #1
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Jaoudet Gassouma :







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