Samedi 10 Octobre 2009 -- Cet espace est situé rue Zabana, à proximité de Radio El-Bahdja et du lycée Omar-Racim. Lieu de convivialité, de rencontre et d’échange, l’Île lettrée inaugurera son activité avec un programme d’animation. Notamment deux expositions de peinture et de photos artistiques, une vente-dédicace et présentation d’ouvrages, rencontre autour d’un métier ou d’une profession entre des lycéens et des spécialistes, tous les mardis et, cerise sur la gâteau, des débats littéraires et philosophiques tous les mercredis. L’île lettrée s’assigne aussi le lancement d’une revue professionnelle trimestrielle de critique littéraire.
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10th October 2009 00:08 #1
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Ouverture d’un café littéraire : “L’Île lettrée”
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12th October 2009 00:22 #2
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Lundi 12 Octobre 2009 -- Oyez ! Oyez ! Un autre espace culturel viendra, cette semaine, renforcer l’existant situé à quelques encablures du lycée Omar Racim, à proximité de radio « El Bahdja », il se propose, en tant que tel de mettre un peu de baume au cœur de la capitale. Et selon les promoteurs du projet, ça va démarrer plutôt fort. Jugez-en : deux expositions mensuelles de peinture et de photos artistiques, une vente dédicace et présentation d’un ouvrage, tous les samedi, rencontre hebdomadaire (mardi) autour d’un métier ou d’une profession entre spécialistes et lycéens, débats littéraires et/ ou philosophiques tous les mercredi, lectures de textes, projections de documentaires, « sertis » de prise de parole, en fonction de l’actualité. Nonobstant d’autres activités tel le lancement d’une revue de critique littéraire trimestrielle, l’instauration d’un prix littéraire des lecteurs qui sera décerné annuellement. Bien entendu et pour joindre l’utile à l’agréable, les initiateurs de ce projet à vocation pédagogique et didactique, boissons chaudes et fraîches, gâteaux et viennoiseries seront proposés, moyennant une modique participation financière, à l’assistance. Bref et tout le monde l’aura compris : Sid -Ali, le sympathique patron de la librairie « Mille-feuilles », n’est jamais à court d’idées quand il s’agit de réanimer « l’île lettrée ». Dont acte…
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6th January 2010 19:51 #3
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Ouverture d'un café littéraire "L'île lettrée"
«Au bonheur des lettres»
Son antre de la culture et de la lecture a ouvert ses portes il y a à peine un mois et vous donne rendez-vous tous les lundi, mardi et jeudi.
Pas beaucoup de monde au Café littéraire «L’île lettrée» de Sid Ali Sakhri, sis rue Ahmed-Zabana, l’après-midi de lundi dernier. A part des idées bien développées et argumentées, il n’y a pas grand chose qu’on ne connaisse déjà: «Quel regard porte le lecteur sur le livre?» Et c’est le propriétaire de la libraire Mille Feuilles qui était chargé de répondre à cette question, aidé en cela par les quelques personnes présentes parmi l’assistance.
Bref, après un tour d’horizon de la situation du livre en Algérie, plus précisément de l’édition et son passage des mains du secteur public à celui du privé, le public est invité à donner son avis sur la question. Sakhri ne manque pas une occasion pour lancer un coup de gueule, arguant qu’il faut dire la vérité mais de façon intelligente.
Il est le seul maître de cérémonie, le maître à bord... Il cite un nombre d’éditeurs algériens qui font de la qualité à nombre égal, mais regrette que certains écrivains algériens se fassent un nom quand ils sortent de leur pays alors qu’ils sont ignorés chez eux. Déplorant le déni d’importance accordée au livre en Algérie, néanmoins, il prend l’exemple de Barzakh dont la qualité de présentation n’a rien à envier à celle des livres importés.
Évoquant son expérience dans le domaine, Sid Ali Sakhri fera remarquer que s’il disposait au moins de 20%des conditions de travail des éditeurs en langue française. Aussi, relève-t-il: «Le métier de diffuseur manque en Algérie. On le confond souvent avec celui de distributeur.» S’agissant du rôle des journalistes et le manque de critique littéraire, il dira que la plupart notent seulement la quatrième page de couverture du livre sans faire d’analyse approfondie de l’ensemble.
«Le lectorat se crée grâce à la famille, l’école, la télévision, or les pouvoirs publics sont absents», dit-il. M. Sakhri notera que la cherté du livre est relative en Algérie, tout en estimant qu’à l’époque de la Sned, la subvention était un cadeau empoisonné car le monopole de l’entreprise ne poussait pas les gens à se former au métier de l’édition qui, selon lui, nécessite d’être au fait de certaines techniques et esthétique à respecter.
«Ce n’est pas le cas chez nous. Or le métier d’éditeur est tout une culture.» M. Sakhri évoque le nombre réduit de livres édités chaque année en Algérie, estimant que la majorité du lectorat qui achète des livres, notamment dans sa libraire Mille Feuilles, est à dominante féminine et francophone, amateurs des livres d’histoire et de cuisine.
Abordant les livres pour enfants, M. Sakhri fera remarquer d’emblée, qu’ils ne sont pas représentatifs, comparés à ceux importés. «Quand il y a la qualité, le prix ne compte pas», estime- t-il.
Et d’ajouter: «L’Etat doit favoriser les conditions professionnelles liées au papier. C’est pourquoi je me suis posé au tout début la question: l’ édition est-elle une pratique pour les pays démocratiques seulement?» Présent parmi l’assistance, le chanteur chaâbi Réda Doumaz, relèvera que le livre est exclu de l’école. «Dans les années 1970, les livres, on ne pouvait peut-être pas se les procurer ou les acheter, mais il y avait les polycopies et on apprenait des choses.»
La psychologie enfantine a été aussi évoquée tout en relevant son importance dans la confection de livres pour enfants. M. Sakhri se demande si les pages supplémentaires «culturelles» répondent à l’attente du lecteur et regrette également l’absence d’ouvrages pour adolescents en Algérie «Nos éditeurs ne pensent pas à eux.»
Qualifiant son espace de «Café littéraire où l’on peut discuter librement et de façon intelligente dans une ambiance de café», M. Sakhri indiquera les objectifs de son lieu précieux quant à le familiariser avec les élèves du lycée Omar-Racim, lequel est juste à côté.
«Mon ambition est de ramener au moins une dizaine de jeunes ici où l’on offre une bibliothèque gratuite, un espace d’expo, avec une valeur ajoutée comparée aux autres cafés: les femmes. Celles-ci peuvent venir parler de culture en toute tranquillité ce qui n’est pas le cas dans un café à Bab El Oued ou autre.»
Utopique peut-être, M. Sakhri dira croire dur comme fer en cet adage: «Celui qui maîtrise le verbe, maîtrise sa violence.»
À cet effet, il informa l’assistance de l’ouverture de son espace, jeudi prochain pour les femmes moudjahidate, et le mardi aux représentants de métiers en passant bien évidemment par celui du livre. Il citera quelques professions dont le métier de pilote, d’architecte et de médecin.
Un ancien inspecteur de l’enseignement à la retraite dénoncera le niveau bas de la langue parlée par les jeunes d’aujourd’hui qui ne lisent pas. Des femmes d’un certain âge se sont rappelé, quant à elles, la période où elles apprenaient à lire à l’école.
Une corvée qui s’était transformée en passion. «C’est comme cela qu’on a pris goût à la lecture», a fait remarquer une dame.
«Je vais aussi réunir des sponsors pour parler avec eux de culture. Cet espace ne peut exister que par vous!», soulignera, fort enthousiaste, M. Sid Ali Sakhri.
[L'Expression - 30 décembre 2009 par O. Hind]
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6th January 2010 20:03 #4
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En remontant le trottoir qui longe le lycée Omar Racim sur une cinquantaine de mètres, on tombe sur l'entrée du café littéraire l'Ile lettrée. On aurait pu le rater. Avec sa devanture et son enseigne discrètes, il passe inaperçu. Il faut le chercher pour le trouver, dirions-nous pour user d'une sympathique lapalissade. Mais quand on marque la double porte en plexiglas et aluminium, Sid Ali Sakhri, le patron de l'Ile lettrée, s'empresse de vous inviter à entrer.
A l'intérieur, tables (sept) et chaises attendent le consommateur. Les étagères ployant sous les livres attendent, elles, le lecteur. Il y en a pour tous les goûts. Thé, café, jus et gâteaux à qui veut juste siroter une boisson en grillant une cigarette dans un cadre agréable. Ouvrages philosophiques, littéraires, sur les arts... pour qui veut allier le plaisir de la lecture à celui de la dégustation... un café littéraire en somme. Et pour compléter le tableau, afin que l'Ile lettrée soit un véritable café littéraire, Sid Ali, comme l'appelle tout le monde, a établi un programme d'activités et de rencontres au cours desquelles des personnalités sont invitées ès qualités à présenter un sujet donné et à en débattre avec l'assistance.
Pour le thème inaugural de ces rencontres, le choix de Sid Ali s'est porté sur le mécénat et le sponsoring au bénéfice des artistes et des activités culturelles, un sujet d'une importance cruciale en ces temps où la culture est considérée et traitée comme une vulgaire marchandise ou, pis, complètement ignorée et maintenue sous perfusion pour devenir un faire-valoir politique. Le débat sera animé par l'économiste Aïssa Belmekki qui aura à ses cotés le journaliste Moncef Kaïdi comme modérateur.
Avant toute chose, Moncef tiendra à souligner l'importance du mécénat. Il en voudra pour preuve l'apport des hommes d'affaire italiens au Moyen ge à la culture qui est détaillé dans un livre qu'il montre à l'assistance. En Italie et dans d'autres pays européens, les grandes familles de la bourgeoisie ont été à l'origine de la Renaissance en Europe.
M. Belmekki prendra le relais pour revenir sur l'origine du mot mécénat (du nom d'un chevalier et homme politique romain, Caius Cilnius MÃoecenas, proche de l'empereur Auguste, qui a été le promoteur des arts et des lettres et le parrain des poètes Virgile, Horace et Properce) et son histoire. La différence entre le mécénat qui est un investissement désintéressé et le sponsoring qui, au contraire, est un placement impliquant des bénéfices à court terme est ainsi établie. Qu'en est-il en Algérie ? L'orateur expliquera que l'économie de rente et les rentiers qui constituent la pseudo-bourgeoisie en Algérie, ne peut, par définition, s'accorder avec le mécénat. Il ne reste dès lors que le sponsoring. Mais ce dernier peut déboucher sur une aliénation de l'artiste. La solution ? De l'avis d'un journaliste auquel se rangeront le conférencier et le modérateur, l'implication de l'Etat en tant que mécène d'abord (l'utilisation de la caisse de la zakat est suggérée) et comme régulateur (en encourageant le mécénat et le sponsoring) ensuite, est plus que nécessaire. Mais en attendant l'action de l'Etat qui n'a que trop tardé, la société civile, voire les citoyens, peuvent se poser comme alternative.
Ce citoyen qui a entrepris de restaurer et d'exploiter un ksar que les autorités locales délaissaient est un exemple à méditer.
Le café littéraire où nous dissertions est un autre exemple d'engagement d'un citoyen qui justement a besoin du soutien des artistes, des défenseurs de la culture et de tout citoyen. Il suffit d'y aller et de consommer pour permettre à l'Ile lettrée de flotter encore et encore. «Fluctuat nec mergitur, non ce n'était pas de la littérature, n'en déplaise aux jeteurs de sorts», chantait Georges Brassens. Une phrase qui va comme un gant à ce café littéraire que nous devons soutenir pour qu'il ne sombre pas.
[Hassan Gherab, 6 Janvier 2010, La Tribune]
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13th February 2010 00:14 #5
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Sarah Haidar :
Samedi 13 Février 2010 -- Le café littéraire L’île lettrée abrite jusqu’à la fin du mois une exposition de peinture de l’artiste peintre et poétesse Saleha Imekraz. L’exposition est divisée en deux parties : la période bleue et la période terre. La première est, comme son nom l’indique, caractérisée par la couleur bleue. Le style dominant cette période est l’abstrait ou l’abstrait expressionniste. On y voit des étendues de bleu nuit traversées de rayons de jaune ocre. L’artiste dit être attirée par le thème de la lumière et affirme avoir tenté de traduire sa vision du sujet dans cet ensemble de toiles. La deuxième série de tableaux, La période terre, prend, entre autres thèmes, le cycle de vie d’un arbre, de l’éclosion jusqu’à la mort. Attachée aux valeurs de la terre et au prisme des origines, Saleha peint également des signes ancestraux, des tapis berbères, des gravures rupestres, etc. Le non-figuratif est également à l’honneur avec une femme enceinte, entourée de signes magico-mystique où l’artiste révèle sa maitrise et son talent dans ce genre très particulier de la peinture algérienne.
Saleha Imekraz est également poétesse. Elle a publié son premier recueil, Tala, en 1997 aux Editions du Panthéon. Découverte par le grand public algérien lors de la journée internationale de la femme en 2008, elle participe à plusieurs éditions poétiques collectives, tel le recueil Arbres bleus, fantasmes naufragés, publié par les éditions Mille Feuilles dans le cadre de sa collection Souffles et réunissant les poétesses Dalila Hassan Daoudji, Noria Adel, Nassira Belloula et Saleha Imekraz. L’artiste a déjà exposé en Tunisie et en Algérie et ne manque pas de projets pour l’avenir. Sa peinture, bien que nécessitant un grand travail de perfectionnement et de recherche, laisse deviner une âme sensible et un regard curieux et fin observateur porté sur les innombrables sources d’inspiration qu’offre la terre des ancêtres. À propos d’inspiration, l’artiste, possédant une maison au sommet du Mont Chenwa, puise son verbe et sa peinture de ces paysages hallucinants que lui offre cet endroit magique, chanté et aimé par d’innombrables poètes algériens et étrangers. Cet attachement à la nature, aux espaces ouverts et aux horizons larges se voient d’ailleurs clairement dans son œuvre.







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