Lundi 23 Novembre 2009 -- Parmi les nouvelles éditions 2009 du Haut commissariat à l’amazighité figure un ouvrage d’étude intitulé Introduction à la littérature berbère, signé par Mohand Akli Haddadou, docteur d’Etat et spécialiste de la question amazighe. L’auteur tente de réaliser une anthologie de la littérature berbère depuis l’Antiquité jusqu’à l’ère moderne, tout en étudiant les différents genres littéraires, oraux et écrits, qui ont marqué son évolution. Mohand Akli Haddadou déplore, dans son avant-propos, le manque d’études dédiées à la littérature berbère. Il souligne, de ce fait, que seules les universités de Béjaïa et de Tizi Ouzou lui ont consacré des modules. L’auteur revient, en outre, sur la rareté des ouvrages écrits dans l’alphabet berbère, «pourtant l’un des plus vieux systèmes d’écriture au monde».

Cette carence est néanmoins compensée par deux points positifs : la richesse de la littérature orale (contes, poèmes, proverbes, énigmes…) et la forte présence des écrivains berbères, ayant écrit dans d’autres langues et ayant intégré, de la sorte, le registre de la littérature universelle. Pour la première, l’auteur souligne qu’elle est aujourd’hui en majorité transcrite ; quant aux littérateurs berbères qui ont acquis une renommée dépassant les frontières du Maghreb, les exemples ne manquent pas : Apulée de Madaures, Saint Augustin pour la période antique ; Ibn Rachiq, Ibn Battouta pour la période médiévale ; Jean Amrouche, Mouloud Mammeri, Kateb Yacine pour la période moderne. M. Haddadou consacre ensuite un large pan à la littérature kabyle qui, sans être la seule à représenter la culture berbère, est à ce jour la plus répandue et la mieux connue en Algérie. L’auteur expose d’abord les caractéristiques des différents genres littéraires kabyles en commençant par le proverbe (anzi ou lemtel), puis l’énigme (temsaarekt), le conte (tamachahut) et enfin le récit bref (taksit).

Tout cela accompagné d’un large panel de textes destinés à illustrer chaque chapitre. L’auteur tente également de donner à son ouvrage un aspect pédagogique afin d’orienter les lecteurs vers des références beaucoup plus spécialisées. Pour cela, il propose une longue liste de livres et d’études consacrées à la littérature kabyle en particulier et à la littérature berbère en général. La deuxième partie du livre présente une sélection de textes kabyles inédits de la région d’Ath Waylis (vallée de la Soummam), classés par ordre alphabétique.
Introduction à la littérature berbère s’avère donc être un ouvrage de référence pour tous ceux qui s’intéressent à cette littérature (professeurs, étudiants, élèves et lecteurs curieux). Une littérature qui, faut-il le dire, n’a pas eu droit à l’intérêt et à la consécration qu’elle mérite. Auteur d’une dizaine d’ouvrages ayant trait à la dimension berbère de la culture algérienne, Mohand Akli Haddadou est titulaire d’un doctorat de troisième cycle en linguistique à l’université d’Aix, et d’un doctorat d’Etat en linguistique berbère. Il est actuellement professeur d’université et encadre des thèses de magistère et de doctorat.