Mardi 12 Janvier 2010 -- Le documentaire Retour vers la nature, signé par le jeune réalisateur algérien Rabie Rahou, a été projeté en avant-première dimanche 10 janvier, au palais de la Culture Moufdi-Zakaria. Réalisé par Rabie Rahou et produit par l’entreprise algérienne d’audiovisuel El-Kawakib, le film documentaire Retour vers la nature, d’une durée de 52 minutes, jette un faisceau de lumière sur les richesses naturelles de l’écosystème algérien, plus que jamais menacé par l’homme. La grande majorité des séquences ont été tournées dans le parc national de Chréa ; un sublime paradis terrestre où l’on peut découvrir, peut-être pour la première fois, un monde parallèle. Un monde où vivent des espèces animales et végétales rares et menacées de disparition. Mais avant de s’engager dans la dense forêt de Chréa, le réalisateur commence par un clin d’œil à la Cité, représentée par une chambre exiguë et des rues noires de monde avec ce commentaire : «Il nous est tous arrivé de vouloir quitter cette chambre étroite, rêver d’espace et d’air frais. Mais où peut-on les retrouver ?» Nous sommes alors invités à découvrir cette fameuse échappatoire : verdure, points d’eau, montagne et air pur. Cet endroit s’appelle le parc national de Chréa.
La caméra de Rahou nous propose de suivre la croissance d’un aiglon, carkayet, une espèce rare en voie de disparition. Un sublime rapace planeur au riche plumage doré, construisant son nid sur les hauteurs des arbres et se nourrissant essentiellement de reptiles. Mais Retour vers la nature n’est pas uniquement un documentaire animalier. C’est aussi un plaidoyer écologique destiné à sensibiliser l’homme moderne quant à la préservation et au respect de cette nature qu’il ne cesse de profaner. Le réalisateur nous expose, sans concession, les nombreux cas d’incivisme et d’insouciance dont font preuve les visiteurs du parc. Les chiffres sont effroyables et parlent d’eux-mêmes : une moyenne de 5 tonnes de déchets ramassés chaque mois, selon le directeur du parc, M. Ramdane Dahal. Ce dernier ne peut cacher son amertume face à ce manque total de respect vis-à-vis de la nature : «Il y a des espèces végétales rares que l’on brûle sans scrupules, qui pour faire un pique-nique sauvage, qui pour simplement s’amuser ! C’est vraiment désolant.»
Le commentaire, dit par la voix grave de Faycal Adjaymi, ne lésine pas non plus. Volontiers réprobateur, il condamne fermement les agissements de certains visiteurs et les dégâts considérables qui en résultent. Les espèces animales protégées n’échappent pas non plus à ce flagrant irrespect pour la nature. Les singes maghrébins, une race ne vivant qu’en Algérie, au Maroc et à l’île de Gibraltar, se sont déviés de leur alimentation naturelle à cause des friandises, sucreries et produits industriels que leur donnent les visiteurs. Cela est évidemment nocif pour leur santé et risque de menacer sérieusement la survie de l’espèce. Le regard critique et lucide que porte le réalisateur fait de ce documentaire une œuvre assez mature, avec une excellente qualité d’image et un scénario consistant. À la fin du film, la caméra revient en ville, dans la même chambre étroite aperçue au début, comme pour dire : si l’homme ne se réconcilie pas avec la nature, il sera condamné à vivre enfermé dans un cocon de béton et de solitude ! Au sortir de la salle de projection, on ne peut que regretter que toute cette beauté sidérante dont jouit l’Algérie soit ainsi injuriée, piétinée et mal-aimée par la plupart des Algériens. Le grand philosophe roumain, Emil Cioran, avait donc raison : «L’homme est le cancer de la terre» !
Retour vers la nature
Réalisation de Rabie Rahou
Scénario de Mohammed Bouragaa
Voix off de Faycal Adjaymi
Producteur d’El-Kawakib
Durée : 52 minutes
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12th January 2010 00:12 #1
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Sarah Haidar :







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