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  1. #1
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Si tu cherches la pluie, elle vient d'en haut, de Yahia Belaskri


    Déhia, jeune femme universitaire, promise à un avenir radieux, se heurte dans sa propre famille à l’extrême violence de l’histoire récente algérienne. Belle femme dans une société où la religion, la corruption, la violence tiennent lieu de boussole, comment peut-elle vivre, comment tracer sa voie sans se perdre ? Adel, cadre dans une entreprise, s’accroche à ses idéaux, essaie d’échapper aux pressions, petites et grandes, avant de tenter sa chance loin, très loin... Deux mémoires saccagées, une femme et un homme au passé amer qui prennent le chemin de la vie, malgré tout, ensemble. Un deuxième roman, après Le bus dans la ville paru en 2008. Un récit d’une grande sensibilité qui raconte l’histoire douloureuse, d’un couple d’Algériens, des êtres qui tentent de mener leur vie envers et contre tout. Portrait de la société algérienne contemporaine, dans sa peine et sa sensibilité lumineuse. Dans une langue tout en finesse, l’auteur brosse des portraits exemplaires et uniques.

  2. #2
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Youcef Zirem :


    Mardi 28 Septembre 2010 -- Pour son deuxième roman, Yahia Belaskri revient sur les dernières années algériennes qui ont vu tant d’événements tragiques et tant de pertes de repères. Après Le bus dans la ville, l’écrivain nous donne à lire Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut. C’est un texte poignant qui dit les errances multiples d’un peuple, d’un pays ; c’est une fiction qui tire ses personnages et sa trame dans une réalité souvent amère, connue de tous. Sans nommer aucun lieu, Yahia Belaskri utilise le présent narratif pour faire évoluer ses personnages ; c’est le même procédé qu’utilise Kateb Yacine dans son merveilleux roman Nedjma. La chronologie est également laissée aux vestiaires dans cette histoire qui vire, dans bien des cas, au tragique.

    Ainsi Déhia, une jeune femme universitaire est presque détruite quand sa mère est égorgée par ses propres garçons, devenus inhumains à force d’ingurgiter le discours islamiste intégriste. Les malheurs de Déhia ne s’arrêtent pas là ; son amoureux Sélim meurt également assassiné. De son côté Adel, jeune homme d’une grande culture, même s’il est issu d’une famille modeste, n’a pas été épargné par la tragédie : la femme qu’il aime succombe à un attentat. Et pourtant, Adel et Déhia vont se rencontrer, s’aimer et partir, loin, très loin de cette terre qui les rejette.

    «Ici, c’est fini, il n’y a plus rien à attendre. Je t’en conjure : prends Déhia et partez ! Sur cette terre maudite, il n’y a que du sang qui coule, dans nos rues, dans nos jardins. Dans les oueds et les puits. Cette terre est assoiffée de sang ; plus le sang coule, plus elle en demande ; la mort est partout, elle devenue familière, elle habite avec nous», dit le père de Déhia à Sélim avant qu’il ne devienne complètement fou à la suite de la mort de sa femme, tellement aimé, tellement choyée.

    Badil est le frère d’Adel ; il n’a pas eu d’instruction, son passage sur terre n’a été qu’une suite ininterrompue de malheurs. Condamné à dix ans de prison pour vol, il est violé le premier jour de son entrée en maison d’arrêt. Après sept ans, il sort de sa captivité sans savoir où aller. Sa mère, son père, ne sont plus là ; ses sœurs vivent misérablement et ne peuvent pas le soutenir véritablement. Badil passe encore par un nombre impressionnant de traumatismes avant de se décider à prendre une pirogue pour aller, de l’autre côté de la mer, rejoindre son frère Adel.

    Mais il n’est guère facile d’arriver vivant dans ces embarcations de fortune qui symbolisent tout le désarroi algérien de notre époque. Le corps de Badil sera recueilli dans un petit village du versant nord de la Méditerranée : et terrible coïncidence : son frère Adel est au même moment en vacances dans ce village avec Déhia. La rencontre entre Adel et Badil a donc eu lieu ; Déhia est présente à ses insoutenables retrouvailles. «Elle pleure la douleur de cet homme qui partage sa vie, elle pleure les plaies qui s’ouvrent en lui», écrit Yahia Belaskri.

    Si tu cherches la pluie, elle vient d’en haut, de Yahia Belaskri, éditions Vents d’ailleurs, 126 pages, 14 euros

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