Mardi 8 Mars 2011 -- C’est un roman plein de tendresse, un témoignage poignant sut le vécu souvent simple d'une génération. Une bande de copains qui avait des rêves et des aspirations. Une écriture simple et fluide guide le lecteur l'espace d'une centaine de pages. Le livre de Khaled Naili se veut un cri d'espoir dans un pays où il est difficile d'espérer. Ce texte raconte la vie de tous les jours, avec ses hauts et ses bas. Mais à travers les pérégrinations des personnages, on se rend compte qu'on vient de passer en revue l'existence d'une génération. Une génération qui a fait l'immense béton de Bab Ezzouar et qui n'est pas sortie indemne de cette université où manquent terriblement les lieux du questionnement véritable. Un rendez-vous impressionnant de milliers d'étudiants mais qui s'avère au final peu humain et peu innovateur.

Khaled Naili narre les jours heureux et moins heureux de cinq personnages principaux : jeunes, beaux, romantiques, artistes et parfois réalistes. Certains d'entre eux tentent de se faire un chemin en Algérie même, d'autres ne pensent qu'à s'enfuir ailleurs. L'auteur apporte aussi quelques doses de tristesse avec la mort, en pleine jeunesse, d'un des personnages de cette trame romanesque. La copine de ce jeune homme fauché à la fleur de l'âge ne supporte pas cette injustice. La bande de copains vit mal également cette séparation mais telle est la vie ; elle ne fait pas de cadeaux pour paraphraser un certain grand poète belge, Jacques Brel.

Dans ce roman, Khaled Naili met de la poésie et du théâtre. Parfois ces «greffages» sont réussis, parfois non. Mais ces initiatives ne laissent pas indifférent le lecteur qui entre facilement dans cette histoire près de la réalité algérienne de ces dernières années. Khaled Naili ne manque pas d'humour et de trouvailles, comme ce jeune homme mélancolique et absent qui est atteint de «fitzgéraldisme» (en référence au parcours tumultueux du grand écrivain américain, auteur, entre autres, de Gatsby le Magnifique et de Tendre est la nuit).

Si Seulement... rappelle le roman de Farid Abache (paru au début des années 90 et intitulé La Camisole de gré). Il y a dans ces deux textes une certaine fraicheur enviable et qu'on devine d'avance sincère. La lecture de ce texte vaut le détour. Le fait même que des jeunes comme Khaled Naili s'essayent à la littérature est peut‑être une raison de croire que tout n'est pas définitivement perdu pour la culture, pour la littérature en Algérie. On oublie souvent de dire que ce sont la culture, le savoir et l’éducation qui, dans les moments difficiles, sauvent un pays.

Si Seulement..., de Khaled Naili, Éditions El Ikhtilef