Lundi 4 Avril 2011 -- Il est des romans qui vont au plus profond du malaise, qui approchent avec talent la vérité, qui tracent avec certitude des parcours difficiles. Il aura pitié de nous, de Roshd Djigouadi, en fait partie. Ce texte, paru aux éditions Chihab, semble parler pour toute une génération ; une génération qui n’a pas eu de chance, prise tout de suite dans les rets de la violence et des combines douteuses. Parfois, avoir vingt ans et déborder d’énergie, n’est pas toujours une chance quand les horizons sont d’avance bouchés. C’est le cas d’Adel, qui se cherche dans un pays qui a connu le terrorisme, qui ne sait pas encore de quoi sera fait son avenir.
L’action de ce roman se passe dans l’Algérie de la fin de la décennie 90 et le début des années 2000 ; le narrateur, retrouvé mort sur les côtes espagnoles, raconte son triste parcours. Il est question de drogue, d’une relation amoureuse virtuelle et de désir de partir ailleurs. «La littérature a, il me semble, pour devoir de permettre à la société d'exorciser les démons qui la hantent mais aussi de permettre à la société de croire en son avenir, même s'il est difficile d'être optimiste aujourd'hui. La littérature algérienne d'aujourd'hui sera le reflet pour les générations futures des crises multiformes que nous avons vécues et que nous vivons en léguant les doutes, les peurs et les espoirs des écrivains qui font partie d'une société qui se cherche et qui se retrouvera peut être dans les mots de ses romanciers», affirme Roshd Djigouadi.
Également cinéaste, l’auteur sait donner de l’émotion à ses lecteurs ; il est un observateur averti de ce qui se passe dans un pays qui subit de multiples métamorphoses, qui ne veut pas se libérer de lui‑même. Les personnages de Il aura pitié de nous donnent l’impression d’être toujours sous l’emprise de ce cycle infernal de violences multiples qui ont secoué l’Algérie même si, sur le plan sécuritaire, la situation s’est améliorée. Adel vit toujours chez ses parents ; son vécu n’est guère meilleur que celui d’Oumarou, un Malien, qui rêve de l’Europe au moment où celle‑ci se ferme et a peur de l’étranger. Auteur également d’un roman policier, Nuit blanche (paru aux éditions Apic), Roshd Djigouadi est le réalisateur d’un long métrage remarquable et émouvant, Les Ailes brisées, un film qui raconte l’existence misérable des enfants de la décharge de Oued Smar. Écrivain sensible et profond, Rosdh Djigouadi apporte un vent de fraîcheur certain à la littérature algérienne.
Il aura pitié de nous, de Roshd Djigouadi, Éditions Chihab
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4th April 2011 19:40 #1
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Youcef Zirem :







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