Vendredi 8 Avril 2011 -- Vivant en France depuis longtemps, Ahmed Kalouaz raconte avec une âme algérienne sa douleur de vivre et ses espoirs. C’est le cas dans son livre Leçons d’absence. Texte profond et captivant, Leçons d'absence est plein d'enseignements. «Même les fleuves qu'on envie pour leur longévité s'assèchent un jour. Le soleil les happe, les hommes les canalisent derrière des digues de barrages ; comme un caillot vers le cœur, leurs artères se bouchent et la mort les emporte. L'éphémère est en tout», raconte Ahmed Kalouaz dans ce livre. Remarqué au départ pour son texte Point kilométrique 190, l'auteur ne cesse d'approfondir sa relation avec les mots en faisant de fréquents détours avec le théâtre. «Je me saoule d'écriture, de paroles, de dialogues, d'une pièce à l'avenir problématique», confie l'écrivain. Dans Leçons d'absence, la sœur du narrateur est victime d'un accident de voiture. C'est le drame. Il ne veut pas oublier cet être proche de lui. «Comment savoir s'il y a de l'injustice à oublier ceux et celles qu'on n'entend plus, celle qu'on ne voit pas revenir, et dont le domicile est éternel. L'oubli, c'est plus que la mort, me disait un ami ou un simple anonyme», écrit l'auteur. Cet événement malheureux lui donne l'occasion de prendre du recul avec sa vie de chaque jour. C'est l'occasion de situer et d'apprécier ses relations avec son père, sa mère, sa compagne et puis de faire un long voyage en Allemagne et aux États‑Unis d'Amérique en guise de continuation de cette introspection. «Je me suis toujours tenu à la périphérie de ma famille. Tout est si dur à dire, ou à chasser de l'enfance finalement ratée», avoue le narrateur. «Si les mots s'installent trop en moi, ce sera le silence qui manquera. Le temps bâtit les mots et les efface. Les lèvres, les langues s'assèchent d'avoir trop parlé, trop aimé», souligne ce créateur de talent. Parfois l’écrivain peine à trouver sa place dans la société, il se cherche. «Ceux qui partent se perdent. Ceux qui restent sont perdus», tranche le narrateur. Mais rien n'est détruit inexorablement, une autre perception des choses est possible, un autre regard est à amadouer car «ce sont les yeux qui font le monde». Il faut aussi voir devant parce que «l'amour s'use à ne regarder que derrière». Les yeux noisette de la sœur disparue se couvrent de fleurs et la nuit accapare son souvenir dénué de toute violence. «J'ai mal à la tête, au crâne, comme souvent depuis un an. Une douleur vive derrière la nuque, avec laquelle je garde mes distances. Ma sœur s'est fait broyer les vertèbres à cet endroit. Juste une coïncidence. Car je ne sais pas si on peut, à ce point, porter la douleur des autres», affirme l'écrivain.
Leçons d’absence, d’Ahmed Kalouaz, Éditions N. Blandin
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8th April 2011 19:10 #1
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Youcef Zirem :







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