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  1. #169
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Lundi 1 decembre 2008 -- La dernière intervention de l'Etat pour réguler le marché de l'acier a, certes, mis un frein aux nombreuses spéculations mais n'a pas réussi à mettre un terme à la crise dans le marché des matériaux de construction. Les promoteurs immobiliers ne sont pas rassurés pour autant puisque, affirment certains, il n'y a pas eu de baisse des prix mais juste un retour à la normale du prix de l'acier qui avait atteint les derniers mois la barre des 12.000 DA le quintal. Des promoteurs indiquent cependant que cette baisse n'aura pas d'incidences du moins immédiates sur le prix du logement qui devrait se stabiliser à des niveaux très élevés s'il ne continue pas d'augmenter. Selon un promoteur d'Alger interrogé par l'APS, plusieurs raisons sont derrière la hausse constante du prix du logement neuf, «notamment la pénurie de certains matériaux et la spéculation dans leur distribution mais surtout la flambée des cours de l'immobilier».

    « Le quintal d'acier vendu entre 4.200 et 5.400 DA actuellement n'est pas un gain pour nous mais seulement une régulation qui a contribué à stabiliser le marché de l'acier », affirment les professionnels. « Beaucoup reste à faire dans ce domaine et l'intervention de l'Etat devrait s'élargir aux autres matériaux de construction dont les prix ne cessent d'augmenter », a souligné le président de l'Union générale des entrepreneurs algériens (UGEA) d'Oran, M.Akeb. Ce dernier ajoute que « pour le rond à béton, le problème a été réglé et nous sommes tranquilles depuis que nous avons signé la semaine dernière une convention avec Trefilor TPL pour l'approvisionnement en acier. Nous sommes rassurés sur ce plan jusqu'au mois de janvier ».

    Le problème le plus dur réside dans l'approvisionnement du ciment et des agrégats dont l'offre est considérablement supérieure à la demande et pour satisfaire leurs besoins, les promoteurs disent avoir recours au marché noir et payer des prix très élevés. « A l'exception du prix de l'acier qui a repris son cours normal, nous sommes toujours confrontés aux mêmes problèmes déjà vécus auparavant. Ce n'est pas le pic comme il y a quelques mois mais tant que le marché des matériaux de construction n'est pas régulé, la crise persistera », estime le représentant de l'UGEA. Selon ce dernier, «la baisse du prix de l'acier est un point positif qui a réussi à instaurer une stabilité dans le marché de l'acier mais notre combat se poursuit pour nous approvisionner des autres matériaux dont le prix n'a pas bougé ».

    Un aperçu sur les prix affichés. Les promoteurs ont eu la surprise ces derniers jours en achetant le gravier entre 18.000 et 20.000 DA les 10 tonnes. Deux fois plus que d'habitude, puisque le matériau étant cédé auparavant à 11.000 DA les dix tonnes. Le prix du bois n'a enregistré aucune baisse. Il est vendu à 900 DA le mètre linéaire. Aucun changement pour le prix du cuivre et celui du sable.

    Le président de l'Union nationale des promoteurs immobiliers (UNPI), M. Chemam, fera le même constat sur la situation du marché. Il affirme, pour sa part, que la baisse du prix de l'acier n'est qu'un retour au prix initial qui a été déjà pratiqué. La crise persiste. La dernière nouvelle qui est tombée hier est le gravier qui a atteint les 20.000 DA les 10 tonnes. Ajouter à cela la crise du sable qui ronge le secteur. Le responsable de l'UNPI précise sur ce point que « le marché connaît une pénurie sévère de ce matériau. Des rumeurs circulent que des usines vont fermer et des carrières sont mises en vente et bientôt le seul recours sera le sable d'oued et de la mer bien que la loi l'interdit pour l'instant. Ceci en absence d'un matériau de rechange ». « La pénurie du ciment est le casse-tête de tous les promoteurs », affirme le même interlocuteur. Ce matériau est très peu disponible et l'offre n'arrive pas à satisfaire la demande avec les nombreux projets qui sont en cours de réalisation.

    Concernant les répercussions de cette crise sur le logement, le représentant de l'UGEA indique que le LSP à 250 millions de centimes ne sera valable que pour les anciens programmes. Pour les nouveaux projets, le prix va grimper à 280 millions de centimes en prenant en considération l'aide de l'Etat qui est passée de 500.000 DA à 700.000 DA. Pour le président de l'UNPI, le maintien du prix du LSP plafonné à 250 millions de centimes sera difficile. Le coût de réalisation est difficilement tenable.

    La spéculation est pointée du doigt par des promoteurs car, selon eux, elle explique en partie le surenchérissement des coûts des logements. Et de citer la flambée des cours du mètre carré de terrain qui consomme la quasi-totalité des investissements engagés par le promoteur et destinés à la construction. Comme solution, certains promoteurs demandent la libéralisation du prix du logement et aussi la mise en vente des terrains appartenant aux domaines publics pour ainsi réguler le marché du foncier. Mais avant il est primordial d'assainir la situation juridique des terrains pour éviter tous les litiges qui risquent de surgir.

  2. #170
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    Lynda Bedar :


    Lundi 1 decembre 2008 -- La nouvelle fera certainement plaisir à des millions d’Algériens en quête d’un toit. Pour acheter un logement neuf, acquérir un logement auprès de particuliers, construire une maison individuelle ou simplement réaliser des travaux d’extension, le Crédit populaire d’Algérie (CPA) propose des prêts dont le montant peut atteindre au maximum 80% du coût d’achat du logement. Ce montant est déterminé en fonction du revenu et de l’âge de l’emprunteur.

    Le remboursement peut atteindre vingt ans pour les non-épargnants et vingt-cinq (25) ans pour les épargnants. Le remboursement du prêt doit intervenir dans la limite d’âge de 65 ans. Il peut aller jusqu’à 70 ans dans le cas où la pension de la retraite resterait égale à 100% du revenu précédemment perçu. Le remboursement se fera par mensualités constantes à hauteur de 30% du revenu global net mensuel (Rgnm). Quant au taux d’intérêt, il est variable selon les conditions générales de banque en vigueur. Concernant l’apport personnel, il est de 20% au minimum du coût d’achat du logement. S’agissant des conditions d’éligibilité, il s’agit de toute personne physique de nationalité algérienne, résidente en Algérie, non résidente, ou en situation de détachement à l’étranger pour des missions temporaires.

    En outre, il faut justifier d’un revenu stable et régulier égal ou supérieur à douze mille (12.000,00) dinars. L’emprunteur doit disposer d’un apport personnel de 20% du prix d’achat du logement. Pour ce qui est des garanties à présenter, il faut remettre une hypothèque notariée de premier rang sur le logement financé au profit du CPA, une assurance décès et invalidité absolue et définitive (IAD) et une assurance multirisques habitation, avec subrogation au profit du CPA, un acte de caution personnel et solidaire du conjoint dans le cas où le revenu de celui-ci est pris en compte. C’est ce qui ressort de la conférence de presse animée hier à la Safex d’Alger par le directeur des crédits spécifiques et aux particuliers au CPA, Rachid Métref. Le CPA accorde en moyenne entre 2000 et 5000 crédits, annuellement, pour les différents motifs, à savoir achat, extension, travaux d’aménagement...

    La formule d’achat de particulier à particulier semble la plus convoitée. Selon M.Métref, les prêts immobiliers représentent entre 5 et 10% de l’ensemble des crédits au sein des banques généralistes. Ce type de crédit constitue un investissement pour les personnes et les ménages. C’est aussi un investissement qui permet aux entreprises, notamment celles du bâtiment, de mieux fonctionner. L’Algérie fait face à un marché en pleine émergence, certes, qui requiert cependant une maîtrise parfaite. En termes plus clairs, le crédit aux particuliers, de manière générale nécessite, en fait, une «emprise» permanente et irréprochable du budget familial. Les 900.000 créditeurs recensés doivent avoir, de ce fait, cette culture de l’endettement.

    Dans ce domaine spécifique du logement, ce n’est pas la première formule. En 2007, la Cnep a mis en place, le prêt immobilier destiné aux jeunes Algériens de moins de 30 ans. La Cnep-Banque avait décidé de prendre en charge le financement du logement à hauteur de 100%. La même banque s’est proposée, il y a cinq mois, de lancer le crédit location-habitation. Une formule destinée aux personnes physiques désirant louer une habitation auprès d’un particulier, annonce la Cnep-Banque. Le crédit location-habitation permet d’obtenir le financement nécessaire pour couvrir le paiement anticipé du loyer sur la base d’un contrat-bail notarié. Le montant maximum du crédit accordé est de 300.000DA. La durée du bail doit être de 12 mois au minimum et de 18 mois au maximum.

    Les dirigeants des établissements financiers auront, quant à eux, à anticiper les risques. Et l’installation, dès 2009, de la centrale des risques au sein de la Banque centrale permettra aux institutions financières de vérifier à tout moment le niveau d’endettement d’un ménage afin de l’aider à éviter tout risque de surendettement. Le crédit particulier ou crédit à la consommation est un segment naissant qui évolue à un rythme accéléré en Algérie. Sur les 210 milliards de DA de prêts aux particuliers accordés en 2007, deux tiers, soit 140 milliards de DA, concernent l’immobilier.

  3. #171
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    Mercredi 10 decembre 2008 -- Peut-on prétendre à l'achat d'un logement en Algérie ? La réponse est évidente. A moins d'avoir un sac de billets de banque plein à ras bord, il est impossible d'acquérir ne serait-ce qu'un petit appartement dans un immeuble déglingué. Les salaires étant ce qu'ils sont, il faut avoir deux vies pour rassembler l'argent nécessaire à l'achat d'un logement. Les prix volent très haut. Ce qui pousse bon nombre de ménages issus de la couche moyenne à s'adresser au marché locatif. Et là, bonjour la saignée ! C'est un drame vécu quotidiennement. Car dès qu'on entre dans ce cercle vicieux, on ne peut plus en sortir. A peine l'année de location entamée, on pense à la prochaine qui arrive, la peur au ventre de se retrouver à la rue. Ceux qui se font piéger dans cette spirale infernale grossissent les rangs des pauvres. Ils ne dévoilent pas toujours leurs angoisses et attendent qu'un miracle se produise et qu'ils puissent être tout simplement traités comme des citoyens qui accomplissent leurs devoirs et jouissent de leurs droits. Ceux rencontrés dans les agences immobilières que nous avons approchés pour les besoins de l'enquête en ont gros sur le cour. Il faut dire que toutes les catégories professionnelles sont touchées par ce problème. Il n'est pas rare de voir des enseignants, médecins, journalistes et autres universitaires qui vivent de leurs salaires s'endetter pour louer leurs appartements. Selon les locataires que nous avons pu aborder, «il faut cavaler longtemps, faire plusieurs agences immobilières, feuilleter les journaux des petites annonces, dépenser une fortune en frais de téléphone, demander à droite et à gauche si on a entendu parler d'une location pas chère et pas très loin du centre-ville mais c'est souvent un rêve inaccessible. Il faut sortir hors d'Alger et si on ne possède pas de voiture, on va devoir jouer des coudes dans les bus et les taxis. C'est dire qu'on est saigné quoi que l'on fasse. Le moral après une fin de journée passée à faire le pied de grue devant les arrêts de bus est sapé».

    Youcef est un agent immobilier activant au centre-ville. Il est dans le circuit depuis cinq ans. C'est un métier qui lui permet de bien gagner sa vie. «Je peux atteindre jusqu'à 50 000 DA, voire plus par mois. Cela dépend des transactions et de leurs nombre.» Il a rendez-vous avec Hakima, cadre commerciale dans une agence de communication qui cherche un F2 ne dépassant pas les 15 000 DA. Youcef fait la moue. A ce prix-là, il sait qu'il va avoir du mal à trouver la perle rare. A la question de savoir comment elle fait pour trouver un équilibre à son budget de ménage, Hakima manque de peu de pleurer. «La location m'a ruinée ! répond-elle, mon mari vient de perdre son emploi, il fait une dépression nerveuse. J'ai un enfant malade. Je suis obligée de fractionner mon salaire. Je donne 20 000 DA au propriétaire et je dois vivre, moi, mon mari et mes deux enfants, avec 10 000 DA ! Autant vous dire que je souffre le calvaire, je suis surendettée, mes parents, mes frères, mes sœurs, mes amis, mes collègues, je dois de l’argent à tout le monde. Je fuis mes débiteurs et je sais que j'ai perdu l'estime des gens qui m'entourent. » La mine défaite, elle poursuit : «Dans un mois, je dois débarrasser le plancher. Le propriétaire m'a fait comprendre qu'il voulait augmenter le loyer. Il veut 25 000 DA par mois, même en faisant la manche, je n'y arriverai pas.» Youcef lui promet de faire tout son possible pour lui trouver ce qu'elle cherche mais au fond, il a très peu d'espoir. Il nous explique que des opportunités pareilles se négocient sous le manteau et en dehors des circuits habituels, il y a une tension sur les studios et les F2, en hivers les prix baissent légèrement mais en été, ça flambe. Une heure plus tard, Saïd débarque. Il est fonctionnaire. Après une vive dispute avec ses parents, il a plié bagage avec femme et enfants. Il en a trois. «Deux filles et un garçon qui sont très perturbés par cette situation», nous confie-t-il. «A quarante-cinq ans, je n'ai pas de logement et quand on n'a pas de logement, on n'a rien. J'ai dû changer de domicile trois fois en trois ans. Heureusement que ma femme travaille, sinon je n'aurais pas pu tenir le coup. J'ai déposé mon dossier à l'AADL et j'attends que mon rêve et celui de ma famille d'avoir, enfin, un toit se réalisent.»

    À ce propos, il nous révèle qu'il a peiné pour retirer un certificat de résidence de la mairie dépendant de la commune où il résidait. Il a fallu une intervention pour qu'on lui en délivre un. «On m'a signifié, relate-t-il, que le contrat de location n'était pas valable. Quand j'ai demandé un certificat d'hébergement à mon propriétaire, ce dernier a refusé de me le donner quand il a su que c'était pour l'acquisition d'un logement ». «C'est de l'humiliation», déplore-t-il. Youcef, lui, a programmé une visite d'un F2. Nous demandons à Saïd s'il accepte qu'on l'accompagne. Il acquiesce du bonnet. L'agent immobilier lui parle d'un appartement «propre» qui signifie dans le jargon professionnel «pas trop délabré». Mais là, surprise ! L'appartement situé à la rue Burdeau est un «bouiboui», ne contenant pas de fenêtre, à peine une lucarne qui donne sur le voisinage. Un patio lugubre, deux petites chambres. Pas de couloir, pas de salle de bains, mais des WC avec un receveur de douche. Les murs sont crasseux. L'appartement ressemble à une vieille cave transformée en habitation. L'agent immobilier tente de minimiser «l'horreur». «C'était un bureau de transitaire ! Un coup de peinture et ça ira.» Saïd affiche une mine circonspecte. «Le prix est quand même élevé, 20 000 DA pour ce taudis, c'est de la folie !» Youcef, rodé à ce genre de situations, va essayer de négocier avec la propriétaire qui se trouve à Ghardaïa d'où elle est originaire. Il se retire dans un coin, sort son téléphone portable et appelle la dame. Après un bref conciliabule, il revient vers Saïd qui montre des signes d'agacement. «J'ai parlé avec la propriétaire. Elle est prête à le lâcher pour 18 000 DA fermes. La peinture est à votre charge.» Saïd froisse les sourcils. Il refuse l'offre. «Trouvez-moi autre chose.» Youcef lui donne rendez-vous pour le lendemain. «Il y a un appartement à Beni- Messous après le commissariat. Dans un immeuble neuf, au quatrième étage. Il est spacieux. Je peux vous l'avoir pour 17 000DA.» Saïd est démoralisé. Il accepte de faire la visite ; cependant, il doit payer 400 DA pour le transport. C'est la règle et si l'appartement lui convient, il devra débourser une année d'avance, payer les frais du notaire et verser la prestation de l'agent immobilier qu'on appelle communément le treizième mois et, dans son cas, elle est de 17 000 DA.

  4. #172
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    La colocation fait recette

    Beaucoup de locataires ont recours au système D, celui de la débrouille. On finit au bout de quelque temps par s'habituer à la galère. L'objectif étant de survivre et de prendre son mal en patience. Les petites annonces dans les journaux fournissent un aperçu sur la moyenne des tarifs de location pratiqués actuellement. Tout le monde a dû croiser des annonces du genre «Particulier cherche une colocation, un appartement à Alger- Centre. Contactez-moi (numéro de téléphone portable). Non sérieux s’abstenir» ou encore «Jeune femme cherche des colocataires sérieuses pour louer un appartement à Alger- Centre pour 11 mois. J'ai loué cet appartement type F2 à 18 000 DA par mois.» «Jeune médecin cherche une colocation à Hussein-Dey.» «Cherche colocataire, étudiante ou résidente en sciences médicales.» On remarque même des sites internet qui se spécialisent dans ce créneau. Il suffit de taper sur le clavier et entrer «colocation» et vous voilà servis. Un message vous accueille ainsi : «Que vous soyez à la recherche d'un appartement, d'un locataire ou d'un colocataire, n'attendez plus ! Consultez les annonces ou publiez-en une gratuitement si vous le désirez ! Publier votre annonce (demande ou offre).» Bien entendu, ce circuit est aventureux et comprend des risques car on ne sait pas toujours sur qui on tombe. Les célibataires, étudiants ou travailleurs ont recours à la formule de colocation pour alléger le poids du loyer qu'ils ne peuvent supporter seuls. Parfois, le loyer équivaut à leurs salaires et quand on sait ce qu'endurent les jeunes à trouver un boulot et se prendre en charge, on devine aisément que la colocation reste un bon moyen pour ne pas se ruiner totalement. Il est vrai qu'à la fin du mois, il ne reste pas grand-chose de la paie. Mais c'est mieux que de se rouler les pouces notamment pour ceux qui viennent de l'intérieur du pays à la recherche de moyens de subsistance. Salim, journaliste dans un quotidien d'information, nous dit : «Les gens croient que nous autres journalistes, sommes mieux lotis que les autres cadres mais dans la profession, il y a de vrais cas sociaux. Mon salaire ne me permet ni de prétendre à un logement social, ni à celui d'un logement LSP. Pour ce dernier, il faut payer cash 800 000 DA. Ce qui représente 32 mois de salaires à raison de 25 000 DA par mois. Je ne dois ni boire, ni manger pour économiser pendant près de trois ans. Je ne sais pas comment le gouvernement s'arrange pour faire ses calculs, ils sont totalement faux !» Salim a pris une colocation à Réghaïa avec deux autres collègues. Il paye 5000 DA par mois sans oublier qu'il doit subir les affres du transport public qui lui bouffe presque le même montant. «On parle d'un quota de logements, révèle-t- il, pour les journalistes. Un dossier pris en charge par l'ancien ministre de la Communication. Apparemment, avec le changement opéré dans l'exécutif, c'est tombé à l'eau», conclut-il. Les femmes et les jeunes femmes seules, étudiantes ou travailleuses, ont aussi leur circuit. Il s'agit des pensionnats. En général, ce sont des familles qui louent au mois une chambre pour quatre ou cinq filles à raison de 5 000 DA à 6 000 DA, voire plus. Quelques rares auberges proposent la même formule comme celle de la place du 1er- Mai. Un circuit qui s'est développé ces dernières années à la faveur des exodes ruraux pour cause de terrorisme, paupérisation et absence d'emploi mais aussi pour des raisons liées à l'évolution de la société qui ne voit plus dans le travail de la femme un aspect dégradant ou honteux. Beaucoup de familles paysannes laissent leurs filles travailler dans les grandes villes. Ça leur permet de souffler financièrement. Et sur le plan social, ces familles ont compris que les jeunes femmes qui se prennent en charge ont plus de chances de trouver un mari en ces temps durs où on doit travailler à plusieurs pour joindre les deux bouts.

    La vie facile des nantis

    Le marché locatif en Algérie est totalement libre. Il n'obéit à aucune réglementation. C'est à celui qui sait tirer son épingle du jeu et il faut faire attention aux arnaques qui sont légion. C'est un filon en or, une source d'enrichissement facile. Surestimation des honoraires des biens immobiliers, absence de relations contractuelles avec le client, fraude fiscale. Ce marché est une pétaudière. L'Etat reste désespérément absent. Certains qui construisent leurs villas avec des locaux commerciaux au rez-de-chaussée n'hésitent pas à exploiter la misère des gens pour en faire un fonds de commerce. A Bordj-El- Bahri, El-Hamiz et en des lieux à forte concentration commerciale, des niveaux de villas en cours de construction sont loués au noir à des ouvriers, des tâcherons et des manœuvres. Ce sont des travailleurs qui viennent des villes intérieures et des wilayas limitrophes pour travailler sans aucune protection sociale. Pour 2 000 DA à 3 000 DA, on s'entasse à plusieurs dans quatre murs, sans eau ni électricité. L'hiver de cette année plonge ces habitations dans la gadoue. Les travailleurs acceptent ces conditions difficiles car ils n'ont guère le choix. En entamant notre enquête, nous avons appris l'existence de pratiques des plus curieuses. Des logements sont loués à la journée pour un montant de 10 000 DA. Ce sont des appartements situés dans les quartiers résidentiels de la capitale qui servent d'escale à des étrangers, des hommes d'affaires qui y concluent des transactions loin des badauds et en dehors des hôtels chics. Des hommes mariés volages et riches d'Alger ou qui viennent parfois de l'intérieur du pays «réservent» ces appartements pour se «distraire ». Ils louent aussi à l'année sauf que, dans ce cas-là, ils payent moins. Des émigrés, que le change avantage, y trouvent aussi leur bonheur pour passer quelques jours au bled pour ne pas aller chez la famille. Salah, qui fait dans ce business ne travaille plus avec «les pauvres» comme il dit. «J'ai arrêté les apparts à 15 000 et 18 000 DA, je perds un temps fou dans les déplacements, les clients trop regardants sur les prix sont fatiguants et jamais contents. J'ai de gros clients, quatre appartements haut standing au Debussy, Val d'Hydra, Sacré-Cœur et Sidi-Yahia. Je gagne ma vie rien qu'on les louant sans contrat pour deux jours, une semaine ou 15 jours». Ces appartements sont à vous ? demandons-nous. Il réplique avec désinvolture «Celui de Debussy est à moi, les trois autres appartiennent à de hauts responsables.» Il n'en dira pas plus, nous savons au moins qu'il y a «des Algériens d'en haut» qui louent pour le plaisir. Ce qui n'est pas le cas de la majorité. Salah sait vendre ses produits. «C'est fou ce que certains nouveaux riches sont capables de dépenser pour leur confort (rires). Le magnifique studio de 55 m2 situé au Val d'Hydra est sublime, cuisine américaine et vue imprenable. A l'année, je le loue pour 45 000 DA le mois.» Les appartements et les villas haut standing, avec l'arrivée des investisseurs étrangers, sont loués en euros.

  5. #173
    Al-khiyal is offline Super Moderator
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    Crise de logement ou mauvaise gestion ?

    Le 5e recensement général de la population et de l'habitat est passé pratiquement inaperçu sur une vérité qui donne froid dans le dos et atteste de l'ampleur de la gabegie, la corruption et la mauvaise gestion qui caractérisent le secteur de l'habitat en Algérie. Les données statistiques du parc logements de cette année ne souffrent aucune équivoque. Sur un total de 6 748 057 logements constituant le parc national, 5 244 947 logements sont habités. Soit 1 503 710 de logements inhabités. Il y a un excédent de logements et non un déficit, comme on a tendance à le faire croire. Une fausse crise de logement exacerbée par la spéculation, un business qui rapporte gros. Sans doute aussi gros que les importations, le banditisme et le trafic de drogue. Sur le tableau récapitulatif du parc logements fourni par l'ONS, nous avons tenté de trouver un quelconque déficit, en vain. Dans les 48 wilayas du pays, des logements restent désespérément inoccupés. Même la ville de Chlef qui vit au rythme d'émeutes cycliques dues en grande partie au problème de relogement des sinistrés dispose de logements vides. Cette région, lourdement éprouvée par le terrorisme et les catastrophes naturelles, détient un parc de 173 883 logements. Sur ce nombre, 139 410 logements sont habités contre 34 473 inhabités. Quant à la capitale, elle dispose d'un parc de 638 804 logements dont 508 775 sont habités et 103 029 inhabités. Idem pour les grandes villes. Alors où se situe la faille ? Il est vrai que tout le monde fait la même réflexion dans la rue. L'Etat dépense des fortunes colossales dans le secteur de l'habitat qui représente 2% du PIB, les lois de finances complémentaires ne sont jamais dénuées d'enveloppes supplémentaires pour construire plus de logements et faciliter leur acquisition mais la crise de logement n'est toujours pas résorbée. Il semblerait même qu'elle se complique de plus en plus. Un jour on accuse les EPLF de faillir à leur mission en semant la panique chez les acquéreurs qui ont payé rubis sur l’ongle leurs futurs appartements, une autre fois, c'est l'AADL qui est dans le collimateur en annonçant à demi-mot sa disparition.

    C'est dire que le gouvernement tâtonne et peine à trouver des solutions idoines. Seront-ils les lampistes qu'on sacrifie à chaque fois qu'on est appelé à rendre des comptes ? Il faut le croire. Pourtant, grâce à ces deux dispositifs, on a bien servi la junte à coups d'injonctions et de réquisitions. Les rapports à ce sujet ne manquent pas. Celui des EPLF que Le Soir d'Algériea publié (au mois de septembre dernier) mentionne les travers de la politique en matière d'habitat concernant ce promoteur public. Nous nous sommes rendus sur le terrain pour voir de visu certains immeubles dont on a appris par ouï-dire la vacance. Nous avons constaté que beaucoup d'entre eux, aussi bien au cœur de la capitale, dans ces immeubles cossus datant de l'époque coloniale appartenant à l'OPGI comme dans les banlieues où d'anciennes forêts et vallons ont subi des coupes franches pour leur construction, sont inhabités ou occupés par quelques personnes. A Saïd- Hamdine, Bordj-El-Kiffan (première grande agglomération), El- Achour, Baba-H'sen, Birtouta, Beni-Messous, pour ne citer que ces quartiers d'Alger, des appartements finis dont on ignore les noms des propriétaires sont inoccupés. Et pourtant, ce sont des logements appartenant à l'Etat, tous promoteurs confondus : (EPLF, Cnep, OPGI et LSP). Pour ceux qui ont l'habitude de prendre l'autoroute, que ce soit du côté ouest ou est, ils ont dû remarquer des immeubles à perte de vue qui grignotent chaque jour des terrains vagues dépouillés de leur verdure, lesquels en dépit du fait qu'ils soient finis, ne montrent aucun signe de vie en leur sein. Au mois d'août dernier, l'actuel Premier ministre, alors chef du gouvernement, annonçait la mise en place d'une commission interministérielle chargée d’élaborer des propositions contre le phénomène des logements inoccupés. L’objectif recherché, a-t-on précisé «est de préparer le terrain à des opérations de contrôle à travers le territoire national quant aux logements attribués de manière douteuse et exploités à des fins parasitaires ». Cette structure réunit des représentants des ministères de de l’Intérieur, de l’Habitat et de la Justice. Il était question que le gouvernement trouve «les instruments requis, y compris législatifs et incitatifs, pour mettre un terme à la subsistance d’un important parc de logements inoccupées, acquis ou loués auprès de l’Etat, ou réalisés avec un soutien public alors que le déficit national de logements demeure sensible».

    En outre, «un fichier national du logement est censé consigner l’ensemble des décisions d’attribution de logements sociaux ou d’aide de l’Etat, regroupant les logements publics locatifs, les logements sociaux-participatifs, les logements cédés dans le cadre de la location-vente, des terrains à caractère social ainsi que les aides de l’Etat attribuées pour l’achat ou la construction d’un logement». Ira-t-on jusqu'au bout de ce processus qui doit prendre deux ans, sachant que les détournements de logements obéissent aux critères du népotisme, du passe-droit et de la «chipa», des pratiques qui gangrènent l'administration. Certaines personnalités se sont allégrement servies en s'accordant des logements pour eux et pour leurs proches quand ils occupaient des postes supérieurs et même que certains y sont toujours. C'est un secret de Polichinelle, cependant, personne n'ose les identifier ouvertement. Bien que les autorités reconnaissent en haut lieu «le phénomène» des logements inoccupés, aucune mesure concrète n'a été prise pour le juguler. Il y a un parc important qui n’est ni vendu, ni exploité sous forme de location. On parle de dispositions apportées dans ce domaine pour permettre la mise sur le marché locatif des logements dormants. Il était question que la Cnep et l'OPGI participent à cet effort pour soulager les fonctionnaires et autres salariés du secteur privé. S'agissant de la vente, on continue à traiter les demandes de logement en matière d’apport personnel de manière uniforme. Et même les formules comme «la promesse de vente» pour l'acquisition d'un logement ainsi que le recours au financement par les banques se heurtent à l'envolée des prix, notamment dans les agglomérations chefs-lieux (ACL). L'Algérie est sans doute le pays du paradoxe et de la contradiction. L'argent coule à flots, des réserves de change attirent les «affairistes» de tout acabit, des capitaux stagnent dans les banques mais les citoyens vivent une misère à tous les niveaux. Ils constatent, impuissants, l'existence d'immeubles vides alors qu'ils sont ruinés par la location.

  6. #174
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    Samedi 13 decembre 2008 -- La majorité des membres du bureau national de la Fédération nationale des agences immobilières, activant sous l’égide de l’Union générale des commerçants algériens (UGCAA), ont retiré, le 3 décembre dernier, leur confiance au président de la fédération. C’est ce qui ressort d’un communiqué émanant de la FNAI. Le président de cette fédération a été suspendu, expliquent les membres du bureau, et toutes ses prérogatives ont été gelées. La fédération a annoncé, par ailleurs, la tenue d’une réunion pour le 18 décembre prochain en vue du renouvellement du bureau national. Mme Mameri, désignée pour sa part comme coordinatrice du bureau national de la FNAI, a précisé que le retrait de confiance a été inspiré par une question de mauvaise gestion «Le dossier de l’affaire a été remis aux responsables de l’UGCAA qui ont confirmé le retrait de confiance et le gel des activités du président de la fédération», explique Mme Mameri. Les membres du bureau dénoncent, ainsi disent-ils, la gestion unilatérale du président de la fédération qui, précisera Mme Mameri, «a fait fi des statuts de la fédération et a outrepassé ses prérogatives» et de poursuivre «il y va de la crédibilité de la profession. Notre slogan c’est le sérieux de l’agent immobilier et nous nous dirigions vers le contraire du but que nous nous étions fixé.» Les membres du bureau de la FNAI avanceront aussi l’argument selon lequel le président de la fédération ne respectait pas les recommandations. «Nous sommes des bénévoles et nous sommes là pour moraliser la profession», souligne notre interlocutrice. Une nouvelle équipe devrait donc être désignée dès la semaine prochaine pour la gestion de la fédération. Il s’agit, diront ses membres, de concentrer les efforts sur l’essentiel c'est-à-dire d’arriver à un statut qui régira le travail de l’agent immobilier ainsi que l’organisation de la profession et sa réglementation.

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    Samedi 20 Décembre 2008 -- L’Assemblée générale élective «pour la sauvegarde de la FNAI», organisée jeudi au siège national de l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) à Alger, s’est déroulée dans une ambiance très tendue. Une grande pagaille a régné lors des travaux de cette réunion qui s’est achevée par l’élection d’un bureau national transitoire et d’une secrétaire générale par intérim en la personne de Zehoua Maâmri, ancienne membre du bureau national de cette fédération. Le conflit de légitimité sur la direction de l’UGCAA qui oppose depuis quelques mois l’aile dirigée par Salah Souilah, secrétaire général, et celle de Maâmar Hentour, secrétaire général par intérim, semble déteindre sur la FNAI, affiliée à la puissante organisation syndicale. Des membres de la FNAI, les uns acquis à Salah Souilah et les autres à Maâmar Hentour, se sont livrés à un virulent échange d’accusations lors de l’AG élective de jeudi. Pour l’ancien secrétaire général de la FNAI, M. Djebbar, évincé pour «mauvaise gestion des affaires de la fédération», cette réunion est «illégale car elle va à l’encontre des statuts et du règlement intérieur de la FNAI». «Il fallait convoquer une assemblée générale extraordinaire à la demande du président de la fédération ou des deux tiers des adhérents. Or, vous ne m’avez pas laissé me défendre contre les accusations que vous me portez et en plus sur 800 adhérents à jour que compte la FNAI, une trentaine seulement sont présents », conteste M. Djebbar qui refuse de reconnaître Maâmar Hentour en qualité de SG de l’UGCAA. Un avis qu’il partage avec d’autres membres du bureau national de la FNAI, restés fidèles à Salah Souilah et qui avaient exigé la présence de ce dernier en sa qualité de premier responsable de l’Union. Plus loin, M. Djebbar accusera ses détracteurs «d’avoir utilisé le siège de la fédération à des fins politiques et d’être derrière la disparition de 50 000 DA, appartenant à une cliente, du coffre de son bureau». L’affaire est au niveau du procureur de la République de Hussein- Dey. Déterminés, les contestataires avaient bruyamment exprimé leur désapprobation à l’égard de «cette usurpation de fonction, cette tentative de casser l’UGCAA et ces procédés illégaux employés pour convoquer une assemblée générale élective en catimini». «C’est en intégrant l’UGCAA que l’ex-Union nationale des agences immobilières, devenue FNAI, a pu obtenir un agrément et activer dans la légalité», a rappelé Zehoua Maâmri. «Vous et tous les adhérents ici présents avez toute la latitude de décider de l’ordre du jour. Si vous avez quelque chose à dire faites-le devant l’assemblée», a-t-elle martelé en direction des protestataires. Après des invectives mutuelles, M. Djebbar et ses compagnons décidèrent de se retirer «pour ne pas cautionner un assemblée illégale ». Un retrait qui permettra aux autres adhérents de la FNAI, restés dans la salle de conférences, d’élire, par un vote à main levée et en un tour de main, la nouvelle composante du «bureau national transitoire» faite de 11 représentants de wilayas (Bouira, Béjaïa, Sétif, Skikda, Aïn-Defla, Annaba, Bordj-Bou-Arréridj, Tizi-Ouzou, Alger, Boumerdès et Jijel), ainsi que la secrétaire générale par intérim, Zehoua Maâmri qui, pour rappel, a été désignée pour coordonner la préparation de cette AG élective. Cette direction provisoire sera chargée de gérer les affaires courantes de la fédération jusqu’au congrès national de l’UGCAA, prévu en janvier prochain.

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