Lundi 28 Mars 2011 -- Une vague d’émeutes touche les quartiers populaires d'Alger depuis le début de l’année. Outre la question du chômage et de la cherté de la vie, c’est le récurrent problème du logement qui alimente chaque jour la colère des jeunes de Diar Echems, Diar Mahçoul, Diar Afia, Oued Ouchayeh, de Climat de France et dernièrement du quartier Mohamed Zekal. Certains protestent contre l’exiguïté et l'insalubrité de leurs habitations, d’autres contre leur précarité. Les habitants de Diar El Mahçoul se sont levés, le 16 mars dernier, pour réclamer leur relogement. Ils avaient pendant quelques jours bloqué une route à proximité du Monument des martyrs reliant la commune de Kouba au centre d’Alger. Ceux de la cité perchée sur les hauteurs du rond point de Trioley à Bab El Oued (Climat de France) sont passés à l’action, dans la matinée du mercredi 23 mars, pour protester contre la démolition de plusieurs baraques construites quelques jours auparavant à côté des immeubles de la cité. Un bidonville édifié pour attirer l’attention des pouvoirs publics quant à la misère dans laquelle ils vivent. «Les ménages de cinq à huit individus vivent dans des F1 et des F2 dans cette cité», reconnait un élu de la commune qui souhaite rester anonyme. Il ajoute que plusieurs remarques ont été faites aux responsables concernant la distribution de logements sociaux dont ne jouissent désormais que les habitants de bidonvilles. Les locataires de cette cité, qui a été construite dans les années cinquante, n’en ont jamais bénéficié. Chose qu’ils n’ont pas manqué de rappeler lors des violents affrontements avec la police.
À quelques différences près, les habitants de Diar Echems, de Diar El Afia, de Oued Ouchayeh et mêmes de quelques autres quartiers au cœur de la capitale, font face à la même situation. Ils déposent des dossiers dans l’espoir d’un éventuel relogement. Un brin d’espoir, en fait constamment ébranlé par les rumeurs qui courent dans ces quartiers sensibles sur tel voisin ayant profité d’un relogement grâce à quelques accointances avec le président d’APC. «Je connais très bien le maire de Sidi M’Hamed, il n'a accordé des appartements qu’à ses connaissances, je peux vous donner plusieurs exemples. Vous devez faire des enquêtes…», tonne un habitant du quartier Mohamed Zekal où se trouve la salle Harcha. «Ces jeunes entendent tous les jours les nouvelles de relogement de tel quartier qui aurait déclenché la veille une émeute», tente d’expliquer un vieux du quartier Mohamed Zekal. «Dès lors, ils croient avoir trouvé la solution. Ils font de même», ajoute-t-il. Même si elle frôle l’absurde, l’équation est d’une simplicité déconcertante pour ces jeunes. «Beaucoup d’entre eux partagent une chambre de deux mètres carrés avec des sœurs, des frères et parfois même des cousins. Ils entendent parler de telle ou telle affaire de corruption et observent ce qui se passe autour d’eux. Ils ne sont pas insensibles», indique notre interlocuteur.
Selon Makhlouf Nait Saada, inspecteur général de l'urbanisme auprès du ministère de l'Habitat et de l'Urbanisme cité par Horizons dans son édition du 18 mars, l'Algérie compte 560.000 habitations précaires dont 35.000 dans la capitale, soit 11% du parc immobilier national. A peine un foyer de contestation éteint, les pouvoirs publics doivent faire face à un autre. Le programme d’un million de logements du Président de la République n’a pas pu mettre fin à la crise de logement. Pour de nombreux spécialistes, il s’agit d’un problème de gestion et non de disponibilité.
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28th March 2011 11:43 #428
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Hadjer Guenanfa :
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16th April 2011 18:54 #429
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Rania Hamdi :
Samedi 16 Avril 2011 -- L’Algérie compte actuellement 1.178.000 constructions inachevées, a‑t‑on appris samedi auprès du Collège national des experts architectes. La loi 08‑15 du 23 juillet 2008 fixant les règles de mise en conformité des bâtisses et des locaux commerciaux et leur parachèvement n’a pas donné les résultats attendus. Les autorités ont fixé un délai de cinq ans pour régulariser les constructions érigées sans permis de construire et ne possédant pas de certificat de conformité à condition qu’elles soient entièrement achevées notamment au niveau du ravalement des façades, selon le texte. À deux ans de l’expiration de ce délai, uniquement 20.000 dossiers de régularisation de logements et 267 d’équipements sont à l’étude au niveau du ministère de l’Habitat et de l’urbanisme, selon le Collège des architectes. C’est dire que la démarche du gouvernement, qui avait déjà suscité à l’époque, du scepticisme du côté des acteurs du secteur de l’habitat, n’a guère amélioré, pour l’heure du moins, le paysage urbain défiguré par l’émergence, dès l’entame de la décennie 1990, de quartiers sauvages sans respect des règles d’urbanisme.
Selon les experts architectes, donner un délai de cinq ans à ces propriétaires immobiliers pour entreprendre des travaux sur leurs constructions ne règle pas le problème, en ce sens que la majorité des propriétaires de biens immobiliers sans papiers s’accommodent de cette situation, même s’ils ne peuvent pas disposer librement de leurs biens (ils n’ont pas, dans l’absolu, le droit de le vendre ou de le louer). Le Collège des architectes propose de leur fournir un certificat d’existence provisoire – assorti de pénalités – qui leur permettra de céder la propriété à des tiers qui ont les moyens financiers et surtout la volonté d’achever la construction. Au‑delà de l’aspect financier, les experts soulignent l’impératif d’accompagner la loi susmentionnée par «des mesures correctives sur les plans urbain, architectural et structurel, à savoir l’étude parasismique».
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20th April 2011 15:31 #430
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Khaled Yahyaoui :
Mercredi 20 Avril 2011 -- Plus d’un millier de souscripteurs au programme location‑vente (AADL‑CNEP) de 2001 ont tenté ce mercredi 20 avril d’observer un rassemblement devant le ministère de l’Habitat. À leur arrivée sur les lieux, les protestataires se sont heurtés à un impressionnant dispositif sécuritaire. Des centaines de policiers ont quadrillé le siège du ministère, repoussant les manifestants les plus téméraires. Aux coups de pied et de matraque qui s’abattaient sur eux, les protestataires répondaient par des slogans tels que «AADL‑Corruption», «y en a marre de la hogra» ou encore «nous demandons nos droits». Les affrontements entre policiers et manifestants se sont soldés par l’arrestation de quelques personnes, qui ont cependant été relâchées par la suite. À la mi‑journée, les protestataires ont quitté les lieux et marché jusqu’à la Grande Poste où ils se sont séparés dans le calme tout en promettant de revenir mercredi 27 avril. Inscrits sur les listes de l’Agence nationale de l’amélioration et du développement du logement (AADL) depuis le lancement de cette formule en 2001, ces souscripteurs ont exprimé leur mécontentement quant à la manière avec laquelle cette agence travaille. Ils réclament ainsi «une enquête parlementaire» sur la gestion des logements. Les protestataires revendiquent leur droit d’avoir un logement. Ces derniers ne sont pas au bout de leurs peines puisque le ministère n’a pas daigné répondre favorablement à leurs doléances. Ils comptent poursuivre leur combat jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause. Ils ont eu déjà à organiser plusieurs rassemblements devant le siège de l’AADL dont les responsables sont directement mis en cause dans ce conflit qui s’envenime de jour en jour. En effet, les protestataires ont demandé à l’AADL d’afficher la liste des bénéficiaires des 4.000 logements en chantier à Rouiba et des 4.000 autres programmés à Réghaïa. En dépit des assurances du ministre de l’Habitat, Noureddine Moussa, les souscripteurs ne décolèrent pas. Ils exigent des actions concrètes dans les plus brefs délais. Les protestataires refusent l’exigence de l’AADL qui veut impliquer les délégués des souscripteurs dans la confection des listes.
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19th May 2011 16:46 #431
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Feriel Driss :
Jeudi 19 Mai 2011 -- Des centaines d'habitants de Boumerdès ont procédé, ce jeudi 19 mai, à la fermeture du siège de la daïra pour protester contre la lenteur dans la distribution des logements sociaux. Selon les protestataires, il y a près de cinq cents logements dont les travaux ont pris fin depuis des années mais qui n'ont toujours pas été livrés pour des raisons qu'ils ignorent. À ce titre, ils rappellent les dernières instructions du président de la République incitant à la distribution des logements même avant l'ameublement. Dans une déclaration à TSA, les protestataires précisent que les dossiers qui ont été déposés sont complets et que toutes les conditions sont remplies par les candidats. Les dates relatives aux dépôts remontent à des années, ajoutent-ils. Aujourd'hui, ils exigent la distribution immédiate et transparente de tous les logements sociaux disponibles. Les bénéficiaires doivent être de la région et être parmi ceux qui en ont le plus besoin. Certains louent, d'autres vivent toujours avec leur famille composée généralement de douze membres et ce depuis des années. Au cas où les autorités locales ne procèderaient pas à la distribution immédiate et transparente des logements sociaux, les habitants menacent de radicaliser leur mouvement.
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24th May 2011 14:30 #432
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Sonia Lyes :
Mardi 24 Mai 2011 -- Les dernières augmentations de salaires dans le secteur public n’ont pas fait que des heureux parmi les salariés. Conséquence de cette forte hausse des revenus, de nombreux demandeurs de logements de type LSP dont les dossiers n’avaient pas été instruits auparavant se retrouvent exclus de la formule. Les futurs demandeurs qui n’ont pas encore déposé leurs demandes vont se retrouver dans la même situation : ils ne seront pas éligibles à cette formule de logement aidé. «Je suis candidat à un logement LSP. J'ai déposé mon dossier auprès d’un promoteur, j’ai versé l’apport initial en janvier 2009, mon salaire jusqu'à avril 2011 était de 39.000 DA, celui de ma femme de 35.000 DA (revenu global : 74.000 DA). Donc, nous étions éligibles au LSP. Mais malheureusement nos dossiers n’ont pas été remis à la caisse nationale du logement (CNL), ce retard incombe au promoteur et à la bureaucratie de l’administration (délivrance du permis de construire au promoteur à la fin 2010). Entre‑temps, on a bénéficié d’une nouvelle augmentation de salaire durant ce mois de mai 2011 qui a porté nos revenus à 92.000 DA. On sort du plafond fixé qui est de 90.000 DA », témoigne Sofiane.
De nombreux salariés se retrouvent aussi exclus des aides non remboursées octroyées par l’État pour l’habitat rural et le logement promotionnel aidé (LPA). Ces aides sont de 700.000 dinars lorsque le revenu est supérieur à une fois le salaire national minimum garanti (SNMG) et inférieur ou égal à quatre fois le SNMG. Elle est de 400.000 dinars lorsque le revenu est supérieur à quatre fois le SNMG et inférieur ou égal à six fois le salaire minimum. Le SNMG est de 15.000 DA en Algérie. Enfin, des salariés qui ont bénéficié des récentes augmentations vont se retrouver inéligibles aux crédits à taux bonifiés pour les logements. Comme les aides de l’État, ces crédits sont soumis à des conditions de revenus. Aucune statistique n’est disponible concernant le nombre de personnes qui pourraient être concernées. Il est également difficile de quantifier ce phénomène. Mais depuis le début de l’année, plusieurs fonctionnaires et salariés d’entreprises publiques ont bénéficié d’importantes augmentations de salaires : policiers, médecins, salariés de Sonatrach, de Sonelgaz, d’Algérie Poste… Des hausses importantes – jusqu’à 70% pour Sonatrach par exemple – avec un effet rétroactif et qui concernent des centaines de milliers de personnes. Les plafonds permettant d’accéder aux aides de l’État pour l’acquisition d’un logement n’ont pas été modifiés pour tenir compte de ces hausses de salaires. Les salariés nouvellement augmentés pourraient ainsi se retrouver dans une situation paradoxale : disposer de plus d'argent sans pouvoir l’utiliser pour accéder à la propriété. Car en dehors des formules aidées par l’État, les logements sont souvent hors de prix notamment dans les grandes villes comme Alger.
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6th June 2011 13:58 #433
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Abdallah Allab :
Lundi 6 Juin 2011 -- Des dizaines d'habitants de la commune d’El Mouradia ont tenté de marcher ce lundi matin vers le siège de la Présidence de la République pour dénoncer l’attribution de logements sociaux. Selon eux, 60 logements ont été attribués à des personnes non nécessiteuses. Les forces de sécurité, fortement présentes sur les lieux, ont empêché les manifestants d’atteindre la place de la Présidence où ils voulaient organiser un sit‑in. Les protestataires ont procédé alors à la fermeture du siège de la commune d’El Mouradia et bloqué la circulation automobile sur l’axe reliant la Présidence au siège de la mairie. Les manifestants reprochent aux autorités de ne pas avoir respecté les critères d’attribution de logements sociaux comme ceux de la priorité et du besoin. «Des célibataires figurent dans cette liste alors que des familles sans logements n’ont pas été bénéficiaires», affirment des protestataires.







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