Vendredi 3 Juillet 2009 -- Cheb Mami a été condamné à cinq années de prison ferme. La réaction de Marie Dosé, l'avocate de l'ex-compagne du chanteur :
Comment a réagi votre cliente à la décision rendue ?
Camille est très soulagée de voir que le tribunal a pris en compte la violence extraordinaire qu'elle a subie et se réjouit que cette affaire soit enfin terminée.
Pourquoi n'est-elle pas venue au tribunal ?
Elle souhaitait d'une part conserver son anonymat, ce qui est particulièrement difficile dans le cadre d'un délibéré si médiatisé. Elle avait, d'autre part, très envie d'être avec ses enfants lors de l'annonce de la décision.
Comment appréhende-t-elle l'avenir ?
Elle tient à expliquer à sa fille les circonstances de sa venue au monde dès qu'elle sera en âge de comprendre, car elle n'a pour l'instant que trois ans. C'est un moment qu'elle redoute particulièrement. Camille espère qu'un jour, si Cheb Mami ouvre la porte à sa fille, cette dernière pourra lui pardonner. Il ne l'a pour l'instant jamais vue et ne l'a pas reconnue. Camille, en revanche, ne lui pardonne pas. On ne peut pas pardonner ce genre d'acte.
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3rd July 2009 19:20 #64
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3rd July 2009 21:19 #65
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July 3, 2009 -- A French criminal court on Friday (July 3rd) imposed a 5-year prison sentence on Algerian rai superstar Cheb Mami (Mohammed Khalifati) for a 2005 forced-abortion attempt on his ex-girlfriend, international press reported. Characterising the alleged crime as "violence from another era", the female prosecutor on Thursday requested a 7-year prison term. During the hearing, a sobbing Mami confessed that he made a grave mistake.
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4th July 2009 00:00 #66
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4th July 2009 00:08 #67
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Samedi 4 Juillet 2009 -- Cheb Mami a protégé son secret pendant presque quatre ans avant de craquer ce jeudi 2 juillet, devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Il est 15h40 quand le prince du raï, chemise blanche à manches courtes et pantalon noir, passe enfin aux aveux. La voix tremblante, une main qui essuie le front, une autre essuyant une larme, cheb Mami, de son vrai nom Mohamed Khelifati, se décharge de son lourd secret. « J’étais dépassé... c’est vrai... Je ne sais pas, je ne sais pas... J’ai fauté... » Interrogé quelques instants plus tôt par le président du tribunal, Jean-Dominique Launay, le prévenu qui a toujours prétendu être à Oran au moment où son ex-compagne subissait un avortement sauvage dans sa villa à Alger fend enfin l’armure. « J’étais dans ma résidence quand Kader m’a appelé pour me dire qu’il arrivait avec Isabelle... Il y avait un problème à la clinique, elle ne pouvait pas avorter dans la clinique. Kader m’a demandé de dégager de là... Alors je suis parti à l’hôtel Hilton avec un ami... Le lendemain, quand je suis revenu de l’hôtel, Kader m’a dit que tout s’est bien passé. Il m’a montré dans sa main le fœtus.. Le fœtus je l’ai vu... Je ne sais pas, je ne sais pas... J’ai fauté... » Mami écrase deux larmes et se rassoit. Adossé au box des accusés, son avocat, maître Aci, jette son stylo sur le pupitre, marmonne un juron et se tient la tête. Il sait, lui, qu’en cet instant même où Mohamed Khelifati venait de reconnaître sa présence sur les lieux du délit, le procès est plié. Poursuivi pour complicité d’enlèvement, séquestration, violences, administration de substances nuisibles, menaces et intimidation sur la personne de son ancienne maîtresse, Isabelle Simon, photographe de presse, cheb Mami, 42 ans, a donc été condamné vendredi à cinq ans de prison ferme. Son manager, Michel Lévy (Michel Le Corre) a écopé de 4 ans alors que les autres complices, Kader Lallali et Hicham Lazhar, jugés par contumace, ont écopé respectivement de six et de trois ans ferme.
Sur les Hauteurs d’Alger
La plaignante, Isabelle Simon, devra percevoir un dédommagement de 95 000 euros. Réfugié en Algérie depuis mai 2007 alors qu’il était placé sous contrôle judiciaire en France, cheb Mami a été arrêté lundi dernier à sa descente d’avion et incarcéré à la prison de la Santé, là où il avait déjà séjourné entre le 28 octobre 2006 et le 2 février 2007. Il devrait y rester pour cinq ans. On attendait ce procès pour enfin connaître toute la vérité sur cette affaire sordide à laquelle est mêlée la star du raï, on a eu droit à des dérobades, des reniements, des dénégations, des pleurnicheries aussi bien de la part de cheb Mami que de son ancien manager Michel Lévy. Quant aux deux autres prévenus, Kader Lallali, homme de confiance de Mami, et Hicham Lazhar, collaborateur de Lévy, ils étaient absents. Le premier étant en fuite en Algérie, le second n’a pas daigné se présenter au tribunal. Mami et Lévy se chargent mutuellement et se renvoient la responsabilité de cet acte que l’avocate de la partie civile qualifie de « barbarie », la victime s’est montrée sobre, digne. Cheveux courts, une écharpe mauve autour du cou, trench et pantalon beige, la plaignante ne s’est pas défilée devant la barre. Son témoignage aussi concis qu’un précis de maths a ému l’assistance. Elle raconte. Le 28 août 2005, Isabelle, enceinte de Mami, débarque à Alger pour effectuer un reportage sur des chanteurs de raï. A son arrivée, elle est accueillie par Hicham Lazhar, qui l’emmène directement dans un bungalow situé dans un complexe touristique alors qu’elle devait séjourner chez une amie à elle. Là, Hicham lui fait boire plusieurs verres de jus d’orange au goût amer. En réalité, le breuvage contenait de la drogue. Engourdie, elle est ensuite conduite de nuit dans un taxi dans lequel se trouvait Kader. Direction la villa du chanteur sise sur les hauteurs d’Alger. Quoique semi-inconsciente, la jeune femme tente tout de même d’emmagasiner des images, de photographier des lieux, pour pouvoir raconter un jour. Dans une chambre de la résidence, Kader supervise le travail des rebouteuses. Isabelle : « J’ai été traitée de sale chienne, salope, t’as fauté. Ils m’ont balancée sur le matelas et m’ont arraché le pantalon. Il y avait deux femmes à califourchon. On m’a fait trois piqûres, une (femme) appuyait sur mon ventre et l’autre me mettait la main dans le vagin et grattait. »
« Je ne voulais pas d’un enfant illégitime »
Dans cette salle improvisée en clinique clandestine, le sol ressemble à un abattoir après égorgement d’un bœuf. Le calvaire dure jusqu’au petit matin. La besogne achevée, Kader met Isabelle dans un taxi avant de lui lancer cet avertissement : « Si tu parles, on s’en prend à ta fille... » Mami écoute le témoignage de son ex. sans ciller, le visage sombre. De temps à autre, il boit une gorgée d’eau, s’essuie le front avec un mouchoir. De retour à Paris, Isabelle consulte un gynécologue qui lui annonce que le bébé est en vie. La jeune femme veut le garder, le père ne veut pas cet « enfant illégitime ». Cheb Mami presse alors Isabelle d’avorter, malgré les délais largement dépassés. Il menace. « Ne me pousse pas à faire des choses qui pourraient m’envoyer en prison et ruiner ma carrière », lui lance-t-il au cours d’une de leurs conversations téléphoniques – il y en a presque une centaine - que la police a dûment enregistrées pour les besoins de l’enquête.
« C’est contraire à mes principes »
Kader n’en fait pas moins, il la menace à partir d’Algérie de s’en prendre à sa fille. Pour se sortir de ce problème inextricable, le couple tente un compromis financier par le truchement du manager, Michel Lévy. Mami accepte de payer 30 000 euros contre un abandon d’une plainte. Isabelle reçoit un acompte de 5000 euros, ni plus ni moins. Mami refuse de payer davantage, mais il propose quand même à son ex. une enveloppe de 100 000 euros pour se faire avorter en Grande-Bretagne. Michel Lévy avertit Isabelle et lui conseille de porter plainte. « Mami est devenu fou », lui dit-il. Pour lui, le bébé est inconcevable. Le manager explique alors à la jeune femme que le chanteur est prêt à tout, même à kidnapper sa fille, âgée de trois ans et demi. « C’était la goutte qui fait déborder le vase, explique la jeune femme devant la barre. J’avais peur qu’il s’en prenne à ma fille... » Elle se rend alors au commissariat de Saint-Denis pour porter plainte contre le chanteur. Le 28 novembre, alors qu’elle faisait sa déposition, cheb Mami appelle. Il campe sur ses positions et refuse d’admettre que la boucherie commise dans sa villa à Alger n’ait pas abouti à la perte du bébé. La conversation est enregistrée. Le président du tribunal fait lecture des propos tenus par la star du raï : « Le sang, je l’ai vu, chez moi, ils t’ont grattée avec les doigts, on a rentré les cinq mains, euh, les cinq doigts, on a apporté un truc qui ressemble à un foie. T’es une malade, y a plus de bébé ! » À ce moment, Mami craque. « J’étais dépassé », dit-il en sanglots. « C’est contraire à mes principes, à ma religion. Je n’arrive pas à l’expliquer. J’ai fait une faute, c’est grave, le cauchemar. Je n’étais pas dans la villa, mais je savais ce qui se passait... » Le président lui demande alors pourquoi a-t-il toujours nié en soutenant être à Oran au moment des faits. « C’était un secret, c’était mon secret jusqu’à maintenant », répond-il. Ce secret, Mami s’est bien gardé de le révéler même à ses avocats qui assistent à ses aveux en direct.
L’avortement : Une idée de Lévy
Certes, cheb Mami reconnaît être à Alger lorsque la plaignante se faisait « dépecer », il admet encore qu’il était au courant de la préparation de la tentative d’avortement illégal, il regrette les faits et demande pardon à son ex., mais sa ligne de défense aura été constante : il a été victime d’un piège tenu par Lévy, Hicham et Kader. « C’était l’idée de Michel, dit-il au président du tribunal. J’ai accepté dans la panique. S’il n’avait pas proposé cette possibilité, je n’aurais jamais pensé à ça. Mais je n’ai rien fait pour l’arrêter. » Michel Lévy, lui, niera en bloc toutes les accusations portées contre lui, faisant ainsi sourire le président du tribunal, qui lui fait remarquer que depuis sa garde à vue en octobre 2006, il aura livré 9 versions différentes les unes des autres.Quel avenir pour la star du raï qui aura vendu quelque 20 millions de disques dans le monde ? Une chose est sûre : sa carrière artistique est « cramée ». En Algérie, son image de garçon gentil, du prince du raï, est passablement écornée pour ne pas dire davantage. Quant à ses affaires – Mami fait dans la spéculation immobilière qui lui rapporte entre 4 à 5 millions de dinars par mois–, elles risquent de pâtir durablement suite à son emprisonnement. La vie a réservé à cheb Mami un spectaculaire retournement de situation. C’est à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, que le môme de Saïda a entamé, en 1986, sa carrière internationale. Vingt-trois ans plus tard, c’est au tribunal de Bobigny, à quelques encablures de la salle où il poussait la chansonnette, qu’il a été jugé et condamné. Cruel ? Non, pathétique.
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4th July 2009 00:09 #68
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Samedi 4 Juillet 2009 -- Isabelle Simon devait-elle subir un avortement illégal dans une clinique à Alger ou plutôt dans la résidence de cheb Mami ? À la barre, le chanteur affirme que son homme de main, Kader Lallali, avait tout organisé pour que la victime soit prise en charge dans une clinique située non loin d’un complexe touristique. Il explique ensuite que le même Kader l’appelle pour l’informer que la clinique a refusé de faire admettre la jeune femme. « C’est Kader qui m’annonce que la clinique n’en veut pas, on vient chez toi, faut que tu partes, on fait cette merde pour toi... C’est Kader qui me dit qu’il a peur d’être arrêté dans un barrage, alors il a décidé de pratiquer ça chez moi, mais je voulais pas que ça se passe chez moi. » Face au président du tribunal, cheb Mami prétend alors qu’il a quitté les lieux pour se rendre à l’hôtel Hilton avant de revenir le lendemain pour constater que le fœtus a été extrait du ventre de son ex-compagne. Or, cette version des faits est peu plausible.
Explications. Lorsqu’elle arrive à Alger, Isabelle Simon est prise en charge par Hicham Lazhar qui l’emmène vers un bungalow avant de lui administrer un breuvage contenant de la drogue. Quelques instants plus tard, une femme arrive et tente de faire une piqûre à la victime. Celle-ci refuse. Peut-on sérieusement hospitaliser une femme pour un avortement en lui faisant boire au préalable une substance illicite ? Difficile à croire. Pendant tout le temps où Isabelle se trouvait au bungalow, Hicham n’a à aucun moment évoqué devant elle la possibilité d’une hospitalisation dans une clinique. Hicham a attendu Kader pour lui confier Isabelle, toujours droguée. Sa mission se termine ici. Lorsque Kader arrive au bungalow, nous sommes déjà en fin de journée.
Existe-t-il des cliniques privées qui acceptent de recevoir une patiente de nuit, même quand celle-ci vient de la part d’un certain cheb Mami ? Si, comme il le prétend, Kader a essuyé un refus de la part de la clinique censée faire avorter Isabelle, comment a-t-il eu le temps, alors qu’il était dans le taxi avec Isabelle, de trouver deux rebouteuses expérimentées, des seringues et des médicaments qui serviront à pratiquer l’avortement sauvage ? À supposer qu’il ait pu dénicher ces deux faiseuses d’ange par téléphone et en urgence, il lui faudrait encore se charger de les ramener vers la villa en question ensuite quitter les lieux pour se rendre dans une pharmacie pour se procurer les seringues et les médicaments. Or, on sait que Kader n’a pas quitté Isabelle d’une semelle depuis qu’il l’avait récupérée du bungalow le 28 août au soir jusqu’au petit matin du 29 août. Sauf à s’appeler Superman et être doté de superpouvoirs, il est difficile de croire que l’homme de main de Mami ait réussi à échafauder un plan B en si peu de temps. Et si en vérité, il n’y a jamais eu de plan B ?
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4th July 2009 00:33 #69
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Samedi 4 Juillet 2009 -- Le chanteur, qui a échappé à la cour d’assises à cause d’une correctionnalisation des faits qui lui sont reprochés, a eu moins de chance devant le tribunal de Bobigny qui l’a condamné à 5 ans de prison, alors que le procureur avait requis 7 ans. Son manager Michel Lévy a écopé de 4 ans de prison. Hicham Lazaâr, l’homme de confiance du chanteur, et Abdelkader Lallali, soupçonné d’être son homme de main en Algérie, ont été condamnés par contumace à respectivement 3 ans et 6 ans de prison. Présentés par le procureur comme des “exécutants”, les juges ont lancé des mandats d’arrêt contre eux. Il avait promis de dévoiler un “complot”, dont il aurait été victime de la part de son manager “juif”, mais il a craqué devant le tribunal. Cheb Mami a avoué son “secret”. Il a reconnu sa “faute”. Sa responsabilité dans un acte “monstrueux”, selon ses propres termes. “J’avais mon secret jusqu’aujourd’hui”, a-t-il dit sans hésitation, surprenant même ses avocats. Me Claire Doubliez et Djafar Aci ne semblaient pas s’attendre à ces aveux.
Chemisette blanche sur pantalon en coton gris, mocassins miel, la star ne parvenait pas à dissimuler son malaise dans le box des accusés. Lorsqu’il est interrogé, sa voix s’étrangle à plusieurs reprises. Il se prend le visage dans les mains, éclate en sanglots et manque de vaciller. Que s’est-il donc passé en cette fin d’août 2005, entre des protagonistes liés par une amitié supposée solide, mais surtout par des intérêts avérés ? Outre Mami, il y avait son manager Michel Lévy-Le Corre, le collaborateur de celui-ci Hicham Lazhar, directeur artistique, Abdelkader Lallali, l’homme de confiance de Mami en Algérie, un personnage à la réputation sulfureuse. Il y avait aussi Isabelle Simon. Photographe à l’agence Sipa, elle est appréciée par Michel Lévy qui en fait sa photographe attitrée à partir de 1997. À partir de janvier 2004, elle noue une relation avec Mami. Une relation discrète mais sans projets, admettent-ils. Marié une première fois avec une femme vivant à Rotterdam (Hollande), Mami a une fille. Il se remarie en 2006 avec une jeune cousine qui lui donnera un garçon. Il n’a donc jamais envisagé de “lendemain” avec Isabelle Simon qu’il va voir de temps en temps chez elle. La photographe reconnaît une autre liaison avec un musicien. Mami parle d’une “relation périodique” rythmée par 6 ou 7 rendez-vous. La photographe en évoque une quinzaine jusqu’à ce voyage en Égypte en juin 2005 où la rencontre se conclut par une grossesse. Mami en est informé le 20 juillet. D’abord incrédule, il est ensuite sonné. “C’était la honte pour moi d’avoir un fils ou une fille illégitime”, explique-t-il en parlant de sa réputation, de ses valeurs, de sa religion. Un projet d’avortement est alors conçu en France mais n’aboutit pas puisque la partenaire décide de garder le bébé. Déjà mère d’une fille, elle veut le garder jurant qu’elle n’allait pas réclamer reconnaissance de paternité, ni pension alimentaire comme c’est le cas avec le père de son premier enfant.
En août, un projet de mission en Algérie plusieurs fois reporté se met en place. Il s’agissait de promouvoir un disque le Son du bled avec des chanteurs algériens inconnus. Isabelle Simon est du voyage pour réaliser les photos. Accompagnée de sa fille, elle arrive à Alger le 28 août avec l’intention d’être hébergée par une amie. Elle est accueillie à l’aéroport par Hicham Lazhar qui la conduit effectivement chez son amie, avant d’insister pour l’amener, sans sa gamine, dans un bungalow qui ne sera jamais situé. Accablée par la chaleur, elle ingurgite plusieurs verres du jus d’orange qui lui étaient offerts. Commencent ensuite des engourdissements. “J’étais dans le cirage. Je vacillais, je n’arrivais pas à prononcer un mot.” La photographe s’allonge alors sur un lit. Une femme arrive pour lui faire “une piqûre de vitamines”. Vers 23h00, elle est invitée à quitter le bungalow. Arrive un taxi où elle est poussée et découvre Kader, “un homme que je ne sens pas”. La portière se referme comme un piège. Une demi-heure après, elle se retrouve dans une villa qui sera identifiée plus tard comme celle de Mami à El-Biar. Elle est jetée sur un matelas et insultée. Le pantalon arraché, une femme se met à califourchon sur son ventre tandis qu’une autre introduit sa main dans le vagin pour la “gratter”. Les saignements sont abondants mais le fœtus résistera miraculeusement car Isabelle Simon a été dotée par la nature d’un utérus rétroversé. Le scénario est tel, mais qui en est l’auteur ? Devant le tribunal, les contradictions n’ont pas été dissipées d’autant que Hicham Lazhar et Abdelkader Lallali n’étaient pas là. Pour Mami, le scénario a été écrit par Michel Lévy qui a fini par l’influencer et ne se serait pas déroulé comme prévu. “L’avortement devait se dérouler de manière honnête et légale dans une clinique, mais il y a eu un imprévu au dernier moment. Kader a alors paniqué. Il m’a appelé et m’a dit “c’est toi qui nous a foutus dans la merde. On vient chez toi, dégage’”. Mami prétend avoir quitté sa villa pour se rendre à l’hôtel Hilton. Il n’aurait donc pas assisté à la séance d’avortement.
Sa version ne convainc pas la procureur Ophélie Champeaux qui ne croit surtout pas à la thèse de la clinique du moment que l’avortement est interdit en Algérie. Pour elle, Mami a incontestablement participé à l’écriture du scénario lors d’une réunion dans le bureau de Michel Lévy chargé, pour sa part, d’envoyer la photographe en Algérie sans éveiller ses suspicions. D’où la mission pour le Son du bled. Il aurait fourni l’argent qui a servi à l’achat de la “drogue du violeur” par Lazhar. Les analyses, réalisées bien après les faits, n’ont pas permis d’identifier le produit utilisé. À la fin de la “séance”, à cinq heures du matin, Mami aurait passé un coup de fil à son manager resté à Paris pour lui dire que “tout s’est bien passé”. Revenue en France, la photographe s’est aperçue de la viabilité du fœtus. Elle le fait savoir et se trouve l’objet de menaces de la part de Kader qui jure, selon ses dires, de s’en prendre à sa fille de 3 ans et demi. Un compromis est trouvé en octobre grâce à un avocat. Contre le versement de 30 000 euros et sa tranquillité, Isabelle Simon renonce à déposer plainte. Seul un montant de 5 000 euros lui sera versé. Mami et ses proches la soupçonnent de mettre un ballot sous ses vêtements pour cacher la perte du fœtus. La plainte est finalement déposée le 26 novembre 2006 au commissariat de Saint-Denis, près de Paris. Le 28, alors qu’elle se trouvait avec les policiers, la plaignante reçoit un appel du chanteur qui le compromet définitivement. “J’a vu le sang. Ils t’ont grattée. Ils ont mis les cinq mains, pardon les cinq doigts. T’as plus le bébé...” La conversation, enregistrée, signifie une présence du chanteur sur les lieux du délit. Il s’en défend. Devant le tribunal, il dit qu’il évoquait en réalité “quelque chose” (un caillot de sang, semble-t-il), que Kader lui avait apporté comme preuve de la réussite de l’avortement.
Michel Lévy se défend d’avoir participé à l’écriture du scénario. Ses avocats en veulent pour preuve ses conseils à la photographe pour l’amener à déposer plainte et le déclin des affaires de Mami en France. Depuis 2003, le chanteur se livre à la spéculation immobilière en Algérie. Son avocate, Me Doubliez, reconnaît des “faits légitimement reprochés”. L’autre, Me Aci, parle du piège tendu par la victime pour amener Mami à une paternité qu’il ne voulait pas. Appelé à dire un dernier mot, le chanteur a affirmé regretter tout ce qui s’est passé. “Je demande pardon à Isabelle”, a-t-il dit. Le môme de Saïda a admis avoir “pété un plomb”. Les faits ne correspondent pas à la personnalité du chanteur couvert de tous les éloges par les témoins. Gentil, attentif, poli et pas folichon. Star internationale, Mami n’a pas d’amis à Paris. Sa vie, c’est la musique. Mais surtout sa famille. Pour chasser le démon de cette sordide affaire, il s’est débarrassé de sa somptueuse villa d’El-Biar dont l’achat avait nourri tant de rumeurs.
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4th July 2009 00:38 #70
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Samedi 4 Juillet 2009 -- L'icône du raï, Cheb Mami, a été condamnée hier, à cinq ans de prison ferme, par le tribunal correctionnel de Bobigny (Paris), pour des violences infligées en août 2005 à son ex-compagne, qu'il voulait voir avorter. Le parquet avait demandé sept ans de prison ferme jeudi. Cheb Mami encourait une peine maximale de 10 ans de prison. Chemisette blanche, visage fermé, le chanteur a pleuré après la prononciation du verdict. Il a ensuite été emmené sous escorte policière. «Nous n'allons pas faire appel», a déclaré Claire Doubliez, avocate du chanteur, affirmant que ce dernier avait accueilli sa condamnation avec «soulagement parce que tout ça est fini, mais aussi avec angoisse parce qu'il va devoir passer 5 ans en prison». Son agent Michel Le Corre est condamné à quatre ans de prison ferme et arrêté à l'audience pour avoir organisé le voyage de la victime en Algérie. Comparaissant libre, il a été immédiatement écroué. Des peines de trois ans et six ans de prison ferme, assorties de mandats d'arrêt internationaux, ont été prononcées respectivement contre Hicham Lazaar, 27 ans, et Abdelkader Lallali, 42 ans, exécutants présumés des violences, qui ne sont pas venus au procès. Absents du procès, ils restent sous le coup de mandats d'arrêt internationaux décernés à leur encontre durant l'instruction.
«Quand il s'est constitué prisonnier, il savait qu'il ne venait pas pour un mois et demi de prison», a dit l'avocate de Cheb Mami, aux journalistes. «C'est une peine lourde mais le tribunal a tenu compte du contexte de l'affaire», estime-t-elle. Condamné pour complicité d'enlèvement et de séquestration, violences aggravées et complicité d'administration de substances nuisibles, Cheb Mami est relaxé du chef d'accusation de menaces. Dans ce dossier où il jouait son avenir, le chanteur algérien de 42 ans, de son vrai nom Mohamed Khelifati, est en prison depuis lundi. Il est revenu en France pour faire face à ses juges après deux années de fuite en Algérie. Au terme de l'audience jeudi, peu avant minuit, Cheb Mami a demandé pardon à sa victime. «Je regrette tout ce qui s'est passé. Je lui demande pardon, je regrette», a-t-il dit. Le tribunal retient qu'il était «l'instigateur et l'organisateur» de la séquestration de son ex-amie les 28 et 29 août 2005 dans sa villa personnelle d'Alger. La jeune femme, photographe, était tombée dans un piège organisé par Michel Le Corre au prétexte d'un voyage professionnel. Il a ordonné avec son agent les brutalités infligées toute une nuit par Abdelkader Lallali et deux «avorteuses» non identifiées, dit le tribunal. Le procureur les avaient qualifiées «d'actes d'un autre âge».
Pendant le procès, Cheb Mami a parlé de «faute» mais il ne s'était jamais adressé à son ex-amie. «J'étais dépassé par toute cette histoire folle. C'est contraire à mes principes, je n'arrive pas à l'expliquer», a-t-il dit. «J'étais dépassé», a-t-il dit en sanglots. «J'ai fait une faute, c'est grave, le cauchemar. Je n'étais pas dans la villa mais je savais ce qui se passait», a-t-il déclaré. «Je regrette tout ce qui s'est passé. Je lui demande pardon, je regrette», a-t-il lancé après les plaidoiries de ses conseils. Il a rejeté la faute sur son ex-impresario : «C'était l'idée de Michel Lecorre, s'est défendu Cheb Mami, campant sur sa ligne de défense. «J'ai accepté dans la panique. S'il n'avait pas proposé cette possibilité je n'aurais jamais pensé à ça. Mais je n'ai rien fait pour l'arrêter», a-t-il reconnu. Malgré les brutalités, sa victime a pu garder l'enfant, né en bonne santé en mars 2006. En plaidant, l'avocate de la jeune femme a déclaré que cette dernière était encore prête à un apaisement pour leur enfant. «Si dans un an, deux ans, dix ans, il souhaite demander pardon à sa fille, la porte sera ouverte et ma cliente espère que sa fille lui pardonnera», a dit l'avocate.
Cheb Mami devrait avec les remises de peine recouvrer la liberté dans un peu plus de deux ans. Il avait avoué en sanglots «sa faute grave» mais soutenant avoir été «piégé». Parce qu'il ne voulait pas de l'enfant que portait sa compagne, Cheb Mami, qui aura 43 ans le 11 juillet, a donc été reconnu coupable d'avoir orchestré un avortement forcé dans l'une de ses villas à Alger. Le chanteur est mis en cause depuis novembre 2005 par Isabelle S., une photographe avec qui il entretenait une liaison. La jeune femme enceinte avait été amenée de force dans une villa d'Alger après qu'elle eut annoncé sa grossesse à Cheb Mami. Une fois dans la villa, elle dit avoir été droguée et avoir subi des violences visant à provoquer, en vain, un avortement. Coupable d'avoir livré la jeune femme, étourdie par un jus d'orange drogué, à ses trois bourreaux, une nuit d'août 2005. Une opération qui échouera : cet automne, leur fillette fêtera ses quatre ans. Après le verdict, la victime s'est dite satisfaite « de voir qu'à travers ces peines d'emprisonnement, le tribunal a compris les violences qu'elle a vécues ». En mai 2007, alors qu'il était sous contrôle judiciaire avec obligation de rester sur le territoire français, Cheb Mami était entré clandestinement en Algérie, d'où il ne pouvait être extradé.




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